Handicap : des revalorisations salariales pour 20 000 soignants supplémentaires
Cette revalorisation, qui « concernera plus de 20 000 professionnels », sera inscrite sous forme d’amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale en cours de discussion au Sénat, a précisé le chef du gouvernement.
Le Monde avec AFPPublié hier à 18h32
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La décision se veut une réponse aux difficultés de recrutement du secteur. Le gouvernement va étendre les revalorisations salariales accordées lors du Ségur de la santé à quelque 20 000 soignants supplémentaires, salariés des établissements pour personnes handicapées financés par les départements, a annoncé le premier ministre lundi 8 novembre.
« Il n’est pas concevable de conserver ces inégalités de traitement entre deux soignants exerçant le même métier », au seul prétexte que leurs établissements respectifs ne sont pas financés de la même manière, a observé Jean Castex lors d’un déplacement dans une maison d’accueil spécialisée située à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
Cette revalorisation, qui « concernera plus de 20 000 professionnels », sera inscrite sous forme d’amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale en cours de discussion au Sénat, a précisé le chef du gouvernement, accompagné de la secrétaire d’Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel. Selon l’entourage du premier ministre, elle représente une enveloppe de 120 millions d’euros.
Depuis plusieurs mois, le secteur médico-social, lequel comprend l’aide aux personnes âgées et handicapées, mais également aux sans-abri ou aux enfants en danger, avertit de graves difficultés de recrutement.
Une campagne de communication
Cette pénurie de personnel s’explique en partie par des disparités de traitement entre salariés : les hausses de rémunération de 183 euros par mois, octroyées à l’été 2020 lors du Ségur de la santé aux personnels des hôpitaux et des maisons de retraite, n’ont ensuite été étendues que progressivement et partiellement à d’autres secteurs, entraînant une fuite des compétences pour les secteurs mieux rémunérés.
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Pour répondre à cette problématique, les revalorisations en faveur des établissements pour personnes handicapées financées par la Sécurité sociale seront effectives dès le mois de novembre et non, comme prévu initialement, le 1er janvier, a annoncé M. Castex, pour un coût de 60 millions d’euros.
Pour aider les établissements à recruter, les agences régionales de santé (ARS) vont par ailleurs se doter d’une « cellule exceptionnelle d’appui RH », et les agences Pôle emploi proposeront des « formations courtes qualifiantes », financées par le gouvernement, a précisé M. Castex.
L’exécutif va aussi lancer une campagne de communication pour « attirer de nouveaux professionnels au service des personnes handicapées » et organisera, avant le 15 janvier, une « conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social ».
Dans ce cadre, si les départements, financeurs d’une partie du secteur, et les partenaires sociaux font preuve de « responsabilité », « nous serons prêts à mobiliser de nouveaux moyens », a assuré le premier ministre.
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