Frédéric Valletoux dévoile les premières propositions de la FHF pour l’élection présidentielle et exhorte les candidats à ne pas faire l’impasse sur l’avenir du système de santé
(Communiqué de la Fédération Hospitalière de France – FHF)
Recherche08/11/2021
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Émis par : FHF
Pour l’ouverture du salon SantExpo 2021, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, a tenu un discours de combat, célébrant la résistance de notre service public de santé à la déferlante Covid grâce à l’engagement exceptionnel des femmes et des hommes qui le portent à bout de bras malgré des décennies de diète budgétaire.
Le Président de la FHF a rappelé combien les établissements publics, dont les agents incarnent les valeurs de la République (respect de la liberté de choix, égalité de traitement, neutralité, laïcité sont en particulier au cœur de leurs obligations professionnelles), étaient un bouclier pour la population dans un contexte de tensions exacerbées.
SANTEXPO 2021
Paris, le 08/11/2021
FRÉDÉRIC VALLETOUX DÉVOILE LES PREMIÈRES PROPOSITIONS DE LA FÉDÉRATION HOSPITALIÈRE DE FRANCE POUR L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE ET EXHORTE LES CANDIDATS
À NE PAS FAIRE L’IMPASSE SUR L’AVENIR DU SYSTÈME DE SANTÉ
Pour l’ouverture du salon SantExpo 2021, Frédéric Valletoux, président de la FHF, a tenu un discours de combat, célébrant la résistance de notre service public de santé à la déferlante Covid grâce à l’engagement exceptionnel des femmes et des hommes qui le portent à bout de bras malgré des décennies de diète budgétaire. Le Président de la FHF a rappelé combien les établissements publics, dont les agents incarnent les valeurs de la République (respect de la liberté de choix, égalité de traitement, neutralité, laïcité sont en particulier au cœur de leurs obligations professionnelles), étaient un bouclier pour la population dans un contexte de tensions exacerbées ;
À cette occasion, Frédéric Valletoux a présenté les grandes lignes du projet présidentiel de la FHF, « Ambition Santé 2022 », et versé trois premières propositions fortes de la communauté hospitalière dans le débat. Ces mesures ayant vocation à être appliquées dès le début du quinquennat.
-Un choc de recrutement : 25 000 infirmiers et aide-soignants, 100 000 professionnels supplémentaires dans le médico-social et 1000 postes hospitalo-universitaires ; –Des lois de programmation sur la Santé et l’Autonomie prévoyant un taux minimal d’évolution des financements hospitaliers, et l’ouverture d’une réflexion sur les missions de l’Assurance maladie obligatoire et des complémentaires ; –Un Pacte pour l’accès aux soins de tous, partout, à toute heure. La question des déserts médicaux, de la permanence des soins est complexe. C’est pourquoi il faut une méthode de concertation exceptionnelles débouchant sur des mesures fortes pour renforcer l’accès aux soins. Sur le plan de la méthode, après le Ségur, la FHF appelle à poursuivre dans la voie de la concertation et de la responsabilité avec la réunion d’Etats généraux de la santé des territoires à l’été 2022, qui devront arrêter un diagnostic et des solutions concrètes, autour du futur Président. D’ores et déjà, la FHF verse dans le débat plusieurs pistes de mesures : obligation de participation à la permanence des soins dès 2023, quelle que soit la modalité d’exercice, restriction à l’installation en secteur 2 sur certains territoires pour les spécialistés
Surtout, Frédéric Valletoux a profité de cette tribune pour rappeler le politique à ses responsabilités : constatant l’absence de vision claire et globale sur le sujet à ce stade, il a exhorté des candidat(e)s déclaré(e)s à l’élection présidentielle à ne pas « commettre une faute politique » en négligeant l’avenir de notre système de santé
« Ambition Santé 2022 » : Un projet présidentiel de combat pour sauver le système de santé et défendre « un des ferments de notre République »
Après une crise inédite au cours de laquelle le service public de santé aura pleinement joué son rôle de bouclier sanitaire de la Nation – 84% des patients COVID hospitalisés l’ont été à l’hôpital public, les Ehpad publics ont le mieux résisté – mais dont il sort aussi affaibli par l’intensité des événements, il y a urgence à défendre l’hôpital public. Comme l’a exprimé Frédéric Valletoux, alors que la déferlante se calme à peine, « tous ceux qui rêvent à voix haute de livrer la santé de nos compatriotes aux vertus du marché, et qui, malgré les faits et l’expérience de ces derniers mois, continuent de faire croire que notre hôpital public serait inefficient et bureaucratique, sont déjà de retour ».
Dans ce contexte, la FHF est déterminée à mener le combat pour le service public de santé et pour tous les professionnels du secteur public qui y concourent, ces « sentinelles de la République » qui font vivre nos valeurs cardinales – liberté, égalité, fraternité – 24h/24 et 7j/7, au service de tous, sans distinction d’origine, de croyance, de genre ou de classe. Forte des 1 000 hôpitaux et 3 800 ESMS publics qu’elle représente et de sa position d’agitratice d’idées dans le débat public, la FHF a présenté ce jour son projet politique pour l’élection présidentelle : « Ambition Santé 2022 », un projet pour refonder et
consolider notre bouclier pour la décennie à venir.
Ce projet d’ensemble repose sur 30 propositions organisées autour de 4 chantiers prioritaires :
1/ Mieux organiser la prévention et les soins à l’échelle des territoires. C’est-à-dire traiter les questions de déserts médicaux, de gouvernance en santé, de place des collectivités, de prévention ; 2/ Répondre aux enjeux de l’égalité, de l’excellence et de la pertinence pour la santé de demain. Soit fournir les meilleurs soins à tous, promouvoir la recherche et le faire de manière économiquement pertinente ; 3/ Acter la « priorité recrutement » : former, recruter et accompagner en nombre les professionnels de santé aux compétences spécifiques qui pourraient être nécessaires en cas de crise sanitaire mais aussi aux compétences évolutives, agiles, nécessaires au quotidien pour répondre au mieux aux besoins de santé de la population ; 4/ Refonder la Santé publique et placer l’Autonomie au cœur de notre projet social.
Recrutements massifs, loi de programmation, Pacte pour l’accès aux soins de tous, dans tous les territoires : de premières propositions chocs pour lancer le débat
À cette occasion, Frédéric Valletoux a également présenté trois premiers chantiers majeurs pour la FHF afin de lancer le débat sur l’avenir de notre système de santé et d’inciter toutes les parties prenantes du secteur à s’en emparer.
1. Première proposition : un choc de recrutement et de formation
Alors que le service public manque encore cruellement de personnels – 30 % des postes de praticiens hospitaliers, 5 % des postes d’infirmiers et 2,5 % des postes d’aide soignants sont vacants -, la FHF propose un véritable choc de recrutement :
– Recruter environ 25000 infirmier(e)s et aides-soignants à l’hôpital d’ici à 2025. Soit l’augmentation de 25% des places en instituts de formation en soins infirmiers et de 45% des places en formation d’aides-soignants, afin de rendre possibles les futurs recrutements, réduire les tensions, et investir dans l’emploi. – Recruter 100 000 personnes dans le médico-social sur 5 ans. Faire face au mur du vieillissement nécessite de faire sauter le verrou du médico-social et de recruter 20 000 professionnels en plus par an (ce qui représente 4,5Mds€ de dépenses en plus par an d’ici 5 ans). – Créer 1000 postes hospitalo-universitaires d’ici la fin du quinquennat et favoriser la participation des PH aux missions d’enseignement. La suppression du numerus clausus doit s’accompagner de moyens humains et financiers supplémentaires
2. Deuxième proposition : définir un cadre stratégique, sur plusieurs années, pour la Santé et pour l’Autonomie, par la voie de deux lois de programmation.
Les chantiers de la Santé et de l’Autonomie ont besoin d’une vision, d’un cap, et de moyens prévisibles sur le moyen terme. C’est pourquoi deux lois de programmation, mettant l’accent sur la recherche et l’investissement, sont indispensables. Celles-ci devraient prévoir – Un taux d’évolution minimal des financements des hôpitaux publics, révisé en fonction de l’inflation, ou des priorités de santé. – Des objectifs en matière de pertinence des soins, à l’hôpital comme en ville, pour s’attaquer aux 20 à 30 % des dépenses totales de santé qui sont jugées inadaptées ou ne respectant pas la qualité des prises en charges par l’Assurance Maladie(1) ; et des objectifs en termes de recrutements, de formation d’accès aux soins. – Enfin, évidemment, il faudra aborder l’enjeu de la refonte de l’Assurance maladie. Les missions del’Assurance maladie obligatoire et des complémentaires doivent être remises à plat, de même que le sujet des frais de gestion immenses du système, peut-être les plus élevés au monde.
(1) Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépense, propositions de l’assurance maladie pour 2020, juillet 2019.
3. Enfin, troisième proposition : un pacte pour l’accès aux soins de tous et à toute heure dans les territoires, sanctionné par la tenue d’États généraux de la Santé à l’été 2022
Alors que la désertification médicale progresse et participe, de fait, à entretenir la dynamique d’engorgemement des urgences hospitalières, il y a urgence à mettre tout l’écosystème du soin à contribution pour faire de l’accès aux soins de tous, partout et à toute heure une réalité.
Pour cela, sur un sujet complexe, il faut une méthode de concertation forte, et des arbitrages au plus au niveau de l’Etat. C’est pourquoi, après le Ségur, la FHF appelle à des Etats généraux de la Santé des territoires à l’été 2022, autour du futur Président de la République. Cette grande concertation, conclue par le Président, devrait arrêter un plan de bataille pour l’accès aux soins et des mesures opératoires applicables dès début 2023.
La FHF propose d’ores et déjà trois mesures pour y parvenir : – Rétablir l’obligation de participation à la permanence des soins, quelle que soit la modalité d’exercice, dès janvier 2023, avec les moyens appropriés et après discussions avec les acteurs. Concrètement, les professionnels auraient jusqu’au 1er janvier 2023 pour s’organiser et s’inscrire sur une ligne de permanence des soins, en ville ou l’hôpital. – Mettre fin à la possibilité de s’installer en secteur 2 dans certaines zones sur denses, où la densité de médecins d’une spécialité donnée serait supérieure de 25% à la moyenne nationale par bassin de vie, après analyse fine par spécialité et concertation. – Accélérer le déploiement des infirmier(e)s de pratiques avancées, y compris en ville, pour mieux coordonner les parcours, ce qui permettrait notamment de réduire la charge de travail des médecins.
Une mise en garde aux candidats : négliger la question du système de santé serait une « faute politique »
Enfin, Frédéric Valletoux a souhaité adresser une mise en garde aux candidates et candidats à l’électionprésidentielle.
Alors qu’à six mois d’une échéance cruciale pour la Nation et l’hôpital public, aucun prétendant à la magistrature suprême n’a dessiné de vision globale et cohérente pour notre système de santé, le président de la FHF a rappelé que : « Ni les Français, ni les hospitaliers, ni la communauté médicale ne comprendraient que la santé, que le service public de la santé ne soient pas au cœur des débats de l’élection à venir ».
Et il a ajouté : « Celles et ceux qui pensent pouvoir mettre le sujet de la santé de nos concitoyens, la question de l’avenir de notre système de santé sous le tapis ne feront pas que se tromper. Ils n’auront pas entendu le pays et commettront une faute politique en pensant que cela n’est pas une priorité pour les Français ».
Pour mettre le sujet au cœur de la campagne, le président de la FHF a lancé une invitation à l’ensemble des candidates et candidats à la présidence de la République pour un temps d’échange et de débat, le 17 mars 2022, date anniversaire du 1er confinement de 2020. « Nous allons faire de cette date du 17 mars une journée dédiée à l’avenir de la santé, de l’hôpital public, et des soignants, et il me parait indispensable qu’à cette occasion, les projets de chacun pour nos Solidarités puissent être exposés et présentés aux Français » a précisé Frédéric Valletoux.
Contacts presse : FHF – g.papin@fhf.fr
Publié le 09/11/2021
Pour sauver l’hôpital public le patron de la FHF plaide pour une refonte de la médecine de ville

Paris, le mardi 9 novembre 2021
– Régulièrement, les lignes de tension entre la Fédération hospitalière de France (FHF) et les représentants des médecins libéraux se réactivent. Ce début novembre est une nouvelle étape dans cette relation tumultueuse.
Dans les colonnes du Journal du Dimanche, le patron de la FHF, Frédéric Valletoux avait annoncé vouloir convier tous les candidats à la Présidence de la République à prendre position vis-à-vis d’une plateforme de propositions à l’occasion d’une rencontre le 17 mars prochain. Concernant ces préconisations, plusieurs ont déjà été formulées hier par le directeur de la FHF à l’occasion de l’ouverture du salon Hôpital Expo. Et sans réelle surprise, de l’aveu même de ce dernier, qui en est parfaitement conscient mais le déplore, elles devraient susciter quelques remous chez les représentants de la médecine libérale. Une nouvelle fois en effet, Frédéric Valletoux propose de rétablir l’obligation de participation à la permanence de soins pour tous les médecins quel que soit leur mode d’exercice à partir de janvier 2023. Il est vrai qu’outre les conditions de rémunération, une des raisons souvent avancée par certains jeunes médecins pour expliquer leur désir de rejoindre le secteur privé concerne le poids des astreintes et des gardes. Frédéric Valletoux veut faire le pari qu’en partageant mieux la mission de permanence de soins entre le privé et l’hôpital, l’attractivité de ce dernier sera meilleure… et en tout état de cause le premier perdra au moins un de ses atouts séduction.
Limiter le secteur II dans les zones sur-denses et déployer les IPA
Frédéric Valletoux préconise également comme il l’avait déjà fait d’interdire l’installation en secteur II dans les zones où la densité de médecins est supérieure de 25 % à la moyenne nationale.
Enfin, en plein débat houleux autour de l’accès direct aux paramédicaux et des transferts de compétences, le patron de la FHF plébiscite le déploiement des Infirmières de Pratique Avancée (IPA) « pour mieux coordonner les parcours, ce qui permettrait notamment de réduire la charge de travail des médecins » a-t-il expliqué.
L’hôpital public incontournable rempart face à la crise
Si le président de la FHF croit en la légitimité de ces propositions, c’est qu’il a rappelé l’effort majeur réalisé par le secteur public face à l’épidémie. Il a en effet signalé qu’il a pris en charge 84 % des patients atteints de Covid hospitalisés. Une telle mobilisation a eu des répercussions importantes sur le reste de l’activité avec 2,3 millions d’hospitalisations programmées annulées, tandis que la baisse d’activité s’est poursuivie en 2021 (- 6 % par rapport au 1er semestre 2019) quand les établissements privés voyaient pour leur part de nouveau leur activité progresser.
Aurélie Haroche