Accès aux soins de ville, les difficultés se font plus aigües

18 Novembre 2019
Deux enquêtes successives mesurent les difficultés grandissantes éprouvées par les populations pour accéder aux soins. Et sur certains territoires plus qu’ailleurs.
https://www.fncs.org/acces-aux-soins-de-ville-les-difficultes-se-font-plus-aigues
L’accès au médecin traitant devenu aléatoire.
Dans son n°586-déc. 2019, le magasine Que Choisir publie un article intitulé « Médecin Traitant (MT) : Espèce en voie de disparition« . En effet l’enquête menée auprès de 2 770 généralistes dans 78 départements tend à rendre visible la pénurie d’accès à un médecin traitant. Si 44% des médecins de l’échantillon déclarent ne plus prendre de nouveaux patients en tant que médecin traitant, 47% répondent favorablement à priori.
La principale raison : une patientèle déjà trop nombreuse. Le nombre de généralistes est passé de 94 261 en 2010 à 87 801 en 2018, soit une baisse des effectifs de 7%. En 2018, l’Assurance maladie enregistre 10% de patients de plus de 17 ans sans médecin traitant.
Si ces refus sont inférieurs à 20% dans le Bas-Rhin, le Morbihan, la Meurthe et Moselle, les Pyrénées Atlantiques ou Paris, en revanche sur d’autres territoires il est devenu quasiment impossible de trouver un médecin traitant. Les taux de refus MT : Sarthe 92%, Ardèche 88%, Seine et Marne 86%, Tarn et Garonne 81%, Charente 78%.
Malades chroniques et handicapés en première ligne.
France Asso Santé publie l’enquête BVA : Les français et l’accès aux soins dont les résultats sont alarmants.
Deux Français sur trois (63%) ont déjà dû reporter ou renoncer à des soins, pour raisons financières ou faute de médecins disponibles. C’est le premier enseignement de cette enquête : les difficultés d’accès aux soins touchent tous les Français, quels que soient leur âge, leur situation économique ou leur lieu de vie. 49% des répondants déclarent avoir dû renoncer ou reporter des soins en raison du manque de médecins disponibles, tandis que 45% font part de difficultés financières (impossibilité d’avancer les frais ou restes à charges trop élevés). Des renoncements qui touchent en particulier les malades chroniques (67%) et les personnes en situation de handicap (77%). Extrait des résultats BVA
France Assos Santé publie ce jour en exclusivité dans le JDD les résultats d’une enquête sur les difficultés d’accès aux soins rencontrées par des millions de Français. Entre barrières économiques et inégalités territoriales de santé, cette enquête BVA confirme nos remontées de terrain : un système de santé à plusieurs vitesses et un accès aux soins de plus en plus dégradé. Avec des conséquences directes sur la santé des personnes concernées. En première ligne, les personnes en situation de handicap, précaires ou malades chroniques cumulent les difficultés.
Deux Français sur trois (63%) ont déjà dû reporter ou renoncer à des soins, pour raisons financières ou faute de médecins disponibles. C’est le premier enseignement de cette enquête : les difficultés d’accès aux soins touchent tous les Français, quels que soient leur âge, leur situation économique ou leur lieu de vie. 49% des répondants déclarent avoir dû renoncer ou reporter des soins en raison du manque de médecins disponibles, tandis que 45% font part de difficultés financières (impossibilité d’avancer les frais ou restes à charges trop élevés). Des renoncements qui touchent en particulier les malades chroniques (67%) et les personnes en situation de handicap (77%).
Un impact potentiellement grave sur la santé et la qualité de vie des personnes. Ces renoncements aux soins ne sont évidemment pas sans conséquences. Au-delà de l’impact sur la qualité de vie (angoisse et anxiété pour 43% des répondants), ils entrainent une augmentation des symptômes dans un cas sur 3, et aboutissent une prise en charge urgente dans 12% des cas (complications, hospitalisation).
Un report fréquent vers des services d’urgences déjà surchargés. Lors des 24 derniers mois, 17% des Français déclarent avoir dû se rendre aux urgences faute de médecin disponible. Un taux qui grimpe à 24% chez les malades chroniques, et à 31% parmi les personnes en situation de handicap
Des barrières financières de plus en plus marquées, qui entérine un système de santé à plusieurs vitesses. Cette enquête le montre : de plus en plus de Français n’ont tout simplement plus les moyens de se soigner correctement. En raison notamment de la désertification médicale, les dépassements d’honoraires qui devraient rester l’exception deviennent la règle : 67% des Français y sont confrontés « au moins de temps en temps » (75% en Ile-de-France), et même « souvent » pour un français sur trois. Un quart (24%) des bénéficiaires de la CMU ou de l’ACS se sont vus refuser un rdv en raison de leur statut, et 58% des répondants considèrent que leur reste à charge a augmenté ces dernières années.
Des temps d’attente de plus en plus longs pour obtenir un RDV chez un spécialiste, même en cas d’apparition ou d’aggravation des symptômes. Ces délais d’obtention de RDV dépassent les 3 mois pour une part non négligeable des répondants. Dans 39% des cas pour un RDV ophtalmo, dans 26% des cas pour un rdv dermato, et pour 13% des femmes nécessitant un RDV gynéco.
Les personnes en situation de handicap cumulent les difficultés. Cumulant difficultés de mobilité et précarité financière, les personnes en situation de handicap sont les grandes perdantes de l’accès aux soins : davantage de renoncement aux soins (77%), davantage de conséquences sur leur santé (79%), d’avantage de report vers les urgences (31%). Juste derrière, les malades chroniques et personnes à faible revenus paient aussi les frais de ce système de santé à bout de souffle.
France Assos Santé fait part de ses plus vives inquiétudes quant à cette dégradation rapide et continue de l’accès aux soins dans notre pays. Nous appelons le gouvernement à agir vite et à agir fort. Il faut de toute urgence :
- Prendre des mesures fermes pour encadrer ces dépassements d’honoraires généralisés,
- Développer l’offre de soins de proximité et de premier recours, en généralisant notamment les maisons médicales de garde,
- Mieux informer les citoyens sur l’offre existante et sur leurs droits en tant qu’usagers du système de santé,
- Réguler l’installation des médecins, afin de mieux répartir l’offre de soins sur le territoire.
Les résultats de notre enquête en intégralité ci-dessous :
Contact presse : Antoine Henry – Tél. : 01 40 56 94 42 / 06 18 13 66 95 – ahenry@france-assos-sante.org
Espèce en voie de disparition ?
Que choisr N°586 20 décembre 2019
https://kiosque.quechoisir.org/magazine-mensuel-quechoisir-586-decembre-2019/
Sur beaucoup de territoires, l’accès aux soins est compromis en raison d’une pénurie de médecins. Débordés, les généralistes en activité n’acceptent plus guère de prendre de nouveaux patients. Impossible alors pour certains de trouver un médecin traitant : 5,2 millions de Français étaient dans ce cas en 2018. L’enquête réalisée en juin dernier par téléphone grâce aux bénévoles de l’UFC-Que Choisir auprès de 2 770 généralistes est révélatrice de cette problématique. Elle dresse un état des lieux inquiétant puisqu’en moyenne, 44 % d’entre eux refusent de nouveaux patients, avec des taux qui dépassent les 80 % dans certains département