Russie, Pologne, Grèce, Danemark, Pays-bas, Allemagne… l’Europe confrontée à une hausse des cas de Covid-19, l’OMS s’alarme
Préoccupant
Par Ella Micheletti
Publié le 04/11/2021 à 10:41
Une part importante de l’Europe est actuellement sujette à une hausse des cas positifs de coronavirus. Les pays d’Europe centrale et de l’Est, où la vaccination reste faible, sont touchés de plein fouet, quand certains pays de l’Ouest accusent un rebond. La situation pourrait déboucher sur un demi-million de morts supplémentaires en Europe d’ici février selon l’OMS.
Deux ans après le début de la pandémie de coronavirus, les contaminations repartent à la hausse cet automne en Europe et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’alarme ce jeudi 4 novembre du rythme « très préoccupant » de transmission du Covid-19 sur le vieux continent. Le retour à la vie normale semble encore relever de l’utopie pour les pays d’Europe centrale et de l’Est qui subissent une quatrième vague virulente.
En Pologne par exemple, près de 8 000 nouvelles contaminations sont recensées en moyenne chaque jour. Et le taux d’incidence explose : 143 cas pour 100 000 habitants. Pour autant, le nombre de décès quotidiens reste faible. Déjà soumis au port au masque à l’intérieur, les Polonais doivent se plier à de nouvelles restrictions depuis le 24 octobre, date à laquelle tout le territoire est passé en zone rouge. Les piscines et clubs de sport sont fermés, ainsi que plusieurs écoles primaires. Les rassemblements sont limités à cinq personnes. Les restaurants et cafés peuvent servir de la nourriture, uniquement à emporter. Les mariages sont prohibés et le nombre de clients ou d’usagers est restreint dans les commerces, les églises ou les transports. Quant au télétravail, il est vivement encouragé.
UN DURCISSEMENT DES MESURES EN GRÈCE
La situation empire en Grèce, où le taux d’incidence atteint les 302 cas pour 100 000 habitants. 4 600 nouvelles contaminations sont observées quotidiennement. En conséquence, des mesures restrictives supplémentaires ont été décrétées par le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis. À partir du 6 novembre, les personnes non-vaccinées devront présenter un test PCR ou antigénique négatif pour se rendre dans les administrations publiques, les magasins, les banques, a annoncé mardi 2 novembre le ministère de la Santé.
Les salariés du public et du privé qui ne veulent pas se faire vacciner doivent justifier d’un test négatif deux fois par semaine. Le test reste à leur charge. Les amendes en cas de non-respect des règles dans certains établissements sont doublées et passent à 5 000 euros. Par exemple, les restaurants sont soumis à des contraintes fortes : tous les clients de plus de 12 ans doivent montrer leur certificat de vaccination ou un certificat de rétablissement/guérison de plus de 30 jours et moins de 180 jours. Pour les plus petits, entre 4 et 11 ans, un autotest de moins de 24 heures est obligatoire.
L’ÉTAT D’URGENCE DÉCRÉTÉ EN LETTONIE
Plus à l’Est, les autorités lettones recensent plus de 2 200 cas quotidiens dans ce pays qui ne compte que 1,9 million d’habitants. L’état d’urgence a été annoncé le lundi 1er novembre. Il devrait durer trois mois en raison de la résurgence des infections. Les hôpitaux sont submergés si bien que « nous sommes obligés de refuser les autres patients qui ont des diagnostics sans risque pour la vie. Les équipes d’urgences médicales ne peuvent même pas répondre à tous les appels », a confirmé Karlis Racenis, le chef d’une association de jeunes médecins, lors d’une conférence de presse. « Je vous demande de ne pas vous rassembler, ne pas vous rendre visite et de réduire vos contacts », a exhorté le Premier ministre Krisjans Karins.
Dans les Balkans, les gouvernements ne parviennent pas non plus à contenir la pandémie. Tous les voyants sont au rouge en Bulgarie (6,9 millions d’habitants) : 140 personnes meurent chaque jour du coronavirus, 4 600 nouveaux cas sont détectés et le taux d’incidence a atteint les 462 cas pour 100 000 habitants, ces sept derniers jours.
Malgré la mise en place de l’état d’urgence épidémique et d’un passe sanitaire, le nombre de cas augmente et les hôpitaux sont incapables d’accueillir tous les patients. Fin octobre, le ministre de la Santé Stoycho Katsarov a annoncé qu’un confinement n’était pas à exclure. En attendant, des malades vont être envoyés à l’étranger pour être soignés.
LA CATASTROPHE RUSSE
En Russie et en Ukraine, 1 100 et 700 morts sont déclarés tous les jours. Au moins 40 000 cas sont recensés au quotidien en Russie et plus de 22 000 chez son voisin ukrainien. Les mesures censées juguler la propagation du virus restent malheureusement trop faibles sur le sol russe. Les restaurants, écoles, crèches, boîtes de nuit, cafés, restaurants et magasins non alimentaires sont fermés depuis le 28 octobre et ce jusqu’au 7 novembre à Moscou mais les habitants peuvent toujours visiter des zoos.
Vladimir Poutine refuse de mettre entièrement le pays sous cloche et préfère opter pour une période chômée sur tout le territoire national du 30 octobre au 7 novembre. Une mesure qu’il a déjà prise trois fois en un an et demi. Concrètement, le gouvernement renvoie les salariés chez eux, mais ceux-ci ne sont pas forcés de demeurer à domicile. Ce mode d’action revient à « transférer la responsabilité aux entreprises », estime la politologue Tatiana Stanovaïa.
Exception faite de la Grèce, le point commun de ces pays reste leur faible taux de vaccination, comme l’explique l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale, à Ouest France. « La tradition de santé publique était une des fiertés des régimes communistes. Le rejet de cette époque s’est accompagné d’une défiance pour la santé institutionnelle », ajoute-t-il. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 17,3 % des Ukrainiens et 33 % des Russes sont entièrement vaccinés. Les Bulgares ne sont que 20 % à avoir reçu leurs deux doses.
UN REBOND À L’OUEST
À l’Ouest, la situation sanitaire est plus apaisée, en particulier en Espagne ou en Suisse. On ne peut pas en dire autant du Royaume-Uni, qui doit faire face à 39 000 nouveaux cas quotidiens. Pour Antoine Flahault, ce pays a réagi « à contretemps », notamment par rapport à la France. Quand Paris mettait en place le passe sanitaire, le Royaume-Uni « levait toutes les restrictions à partir du 19 juillet. Boris Johnson a fait le pari que la vaccination seule suffirait ».
La France et l’Allemagne ne sont pas épargnées non plus. Selon les données de Santé Publique France, 6 764 malades du Covid-19 sont hospitalisés en France ce jeudi 4 novembre, soit 84 de plus que la veille. 1 096 se trouvent en réanimation (+5) et 39 personnes sont décédées mercredi 3 novembre. Plus de 10 000 nouveaux cas ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, mais ce chiffre doit être considéré avec précaution, en raison d’un décalage potentiel dans la remontée des résultats, lié au jour férié du 1er novembre.
Ce rebond est également observé en Allemagne, avec un total de 20 000 nouveaux cas par jour. Le ministre de la Santé Jens Spahn évoque d’ailleurs une pandémie « massive » chez les non-vaccinés, tout en appelant à un durcissement des mesures.
Covid-19 : en Allemagne, une quatrième vague accueillie avec déni et lassitude
Le taux d’incidence et le nombre d’hospitalisations remontent dangereusement dans le pays. Dans l’arrondissement de Meissen, dans la Saxe, l’un des plus touchés, la gravité de la situation ne saute pas aux yeux.
Par Thomas Wieder(Meissen (Saxe), envoyé spécial)Publié hier à 05h53, mis à jour hier à 15h02
Temps de Lecture 5 min.

Depuis quelques jours, les rapports quotidiens que l’Institut Robert-Koch consacre à l’épidémie de Covid-19 en Allemagne ont un air de déjà-vu. Jeudi 4 novembre, on apprenait ainsi que le taux d’incidence était de 154 cas pour 100 000 habitants, que 2 226 patients étaient hospitalisés en soins intensifs et que 165 personnes étaient mortes dans les dernières vingt-quatre heures. Dans son rapport du 4 novembre 2020, l’Institut Robert-Koch donnait des chiffres à peu près similaires.
Sur le plan géographique, la dynamique de l’épidémie rappelle également celle de l’automne 2020. Comme à l’époque, le virus se diffuse avec une rapidité spectaculaire près des frontières autrichienne et tchèque, à l’intérieur d’une bande parfois large de plus de 100 kilomètres. C’est le cas pour l’arrondissement de Meissen, à l’ouest de Dresde (Saxe). Jeudi, le taux d’incidence y était de 506 cas pour 100 000 habitants. Sur les 294 arrondissements du pays, seuls huit affichaient un taux plus élevé.
Sur place, avouons-le, la gravité de la situation ne saute pas aux yeux. Au contraire. Dans les magasins de Meissen, le port obligatoire du masque est globalement respecté, mais les « oublis » ne donnent pas toujours lieu à des rappels à l’ordre. « On ne va pas mentir : il y a du relâchement. Moi-même, j’ai arrêté de faire systématiquement la police. Aujourd’hui, si un client entre sans masque, je ferme les yeux », admet un caviste du centre-ville, avant d’ajouter : « Qu’on nous foute enfin la paix ! Les règles qui changent en permanence, ce n’est plus possible. »
Extension de la « règle des 2G »
Davantage que la flambée de l’épidémie, accueillie avec plus de résignation que de peur, c’est surtout la perspective de nouvelles restrictions qui anime les conversations, ce mercredi, à Meissen. Décidées la veille par le gouvernement régional de la Saxe, celles-ci vont se traduire par « l’extension de la “règle des 2G” », comme le titre, ce matin-là, le quotidien local. Concrètement, cela veut dire que l’accès à certains lieux, comme les restaurants, les cinémas ou les salles de concerts, sera réservé aux seules personnes vaccinées (« geimpft ») ou guéries (« genesen »). En revanche, celles qui ne sont que testées (« getestet ») ne pourront plus entrer.
Alors que la Saxe est le Land où le taux de vaccination est le plus faible (56 % de la population, soit 10 points de moins que la moyenne nationale), la mesure a un objectif clair : inciter le plus de réfractaires possible à se faire vacciner pour empêcher le nombre de cas graves de monter en flèche et éviter une saturation du système hospitalier.
Dans les rues de Meissen, cette « règle des 2G » fait l’unanimité contre elle, même parmi ceux qui sont déjà vaccinés. « Si le gouvernement veut rendre la vaccination obligatoire, qu’il le dise clairement. Si ça n’est pas une obligation, je ne vois pas pourquoi les non-vaccinés auraient moins de droits que les autres », explique Martina Vogt, une assistance sociale à la retraite, venue visiter cette jolie cité des bords de l’Elbe, connue pour sa manufacture de porcelaine.
« Un prétexte »
Chez les non-vaccinés, la colère s’exprime de différentes façons. Pour beaucoup, la « règle des 2G » est avant tout « absurde », car « quelqu’un qui entre dans un bar avec un test négatif est sûr de ne pas avoir le virus, alors que des tas de gens vaccinés le propagent sans le savoir », assure ainsi Helge Gebhardt. A 34 ans, il dit n’avoir « aucune opposition de principe contre le vaccin »mais n’en voit « pas l’utilité à [son] âge ». Selon lui, le gouvernement ferait mieux de rétablir la gratuité des tests, payants depuis le début d’octobre. « Si l’objectif est d’arrêter le virus, c’est seulement par les tests qu’on y arrivera », dit-il.
Chez d’autres, la réaction est plus violente. C’est le cas d’Antonia Schulze. « La prétendue montée de l’épidémie, c’est un prétexte », explique cette quadragénaire, qui garde en travers de la gorge la raison avancée par la ministre régionale de la santé, la social-démocrate Petra Köpping, pour expliquer le faible taux de vaccination dans la Saxe. Dans une récente interview, celle-ci a fait le lien avec les scores élevés du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), arrivé en tête (24,6 %) dans ce Land lors des législatives du 26 septembre.
« L’AfD influence de façon significative une part importante de l’électorat que nous n’arrivons pas à convaincre de se faire vacciner, et c’est un problème », avait déclaré la ministre. « La réalité, c’est juste que les partis de gouvernement veulent museler leurs opposants pour se venger de leur bon score aux élections », s’insurge Antonia Schulze, qui dénonce « une ficelle grosse comme ça ».
Une « pandémie essentiellement de non-vaccinés »
A écouter les réfractaires à la vaccination, ce n’est pas en leur imposant des restrictions supplémentaires que le gouvernement les fera changer d’avis. Beaucoup, d’ailleurs, se disent sceptiques quant à l’application de la mesure. « Combien de patrons de bar ou de cinéma accepteront de perdre un client sous prétexte qu’il n’est pas vacciné ?, demande le caviste du centre-ville. A fortiori ici, où beaucoup vivent du tourisme et où personne n’est prêt à revivre la crise de l’an dernier. »
Parce qu’il est lui-même vacciné, ce quadragénaire avoue « ne pas se sentir concerné » par cette quatrième vague, que le ministre fédéral de la santé, le conservateur Jens Spahn (CDU), a décrite, mercredi, comme une « pandémie essentiellement de non-vaccinés ». A ses yeux, l’annonce de nouvelles restrictions en Saxe ainsi que dans quelques autres Länder, comme la Bavière ou le Bade-Wurtemberg, est « précipitée et exagérée au vu de la situation dans les hôpitaux ».
Lire aussi
sCovid-19 : l’Allemagne anticipe pour contrer « une pandémie des non-vaccinés »
Avec un peu plus de 2 000 malades du Covid-19 en soins intensifs, il est vrai que l’Allemagne est encore loin du pic atteint au début de janvier, où ils étaient presque 6 000. Mais la situation est plus compliquée qu’à l’époque. Mercredi, un sondage réalisé pour la Fédération allemande des hôpitaux (DKG) révélait ainsi que 72 % des unités de soins intensifs ont aujourd’hui moins de personnel qu’il y a un an, ce qui, dans 9 établissements sur 10, signifie qu’il y a moins de lits disponibles.
A Meissen, la direction de l’hôpital assure que les capacités de prise en charge ont au contraire été « augmentées ». « Du 20 octobre au 3 novembre, le taux d’incidence a presque été multiplié par quatre à l’échelle de l’arrondissement. Dans le même temps, le nombre d’hospitalisations a été multiplié par six et celui des patients admis en soins intensifs par dix », explique Sylvia Dirscherl, porte-parole de l’hôpital, qui, lorsqu’on lui demande s’il faut s’attendre à une évolution comparable à celle de l’automne 2020, se contente de répondre : « C’est difficile à dire. Mais il semble bien que la dynamique soit beaucoup plus rapide. »
Thomas Wieder(Meissen (Saxe), envoyé spécial)Contribuer
Poursuite de l’augmentation du nombre de cas positifs de Covid-19 et hausse des entrées en soins critiques parmi les personnes non vaccinées
(Communiqué DREES)
Recherche 05/11/2021
Émis par : DREESTwitterLinkedInFacebook

https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/183658/poursuite-de-laugmentation-du-nombre-de-cas-positifs-de-covid-19-et-hausse-des-entrees-en-soins-critiques-parmi-les-personnes-non-vaccinees-communique/
Entre le 18 et le 24 octobre 2021, le nombre de tests RT-PCR positifs pour 100 000 habitants de 20 ans ou plus augmente et s’élève à 133 (après 123) pour 100 000 habitants non vaccinés, et 31 (après 25) pour 100 000 habitants vaccinés de 20 ans ou plus. Il y a ainsi 4 fois plus de tests positifs parmi les personnes non-vaccinées que parmi celles complètement vaccinées de 20 ans ou plus, à taille de population comparable.
Entre le 18 et le 24 octobre 2021, le nombre d’entrées en soins critiques pour les personnes non vaccinées est en hausse : il est de 27 pour 1 million de personnes non-vaccinées de 20 ans ou plus(après 19 pour 1 million la semaine précédente). Ces dernières représentent 60 % des admissions en soins critiques et 49 % des admissions en hospitalisation conventionnelle, alors qu’elles ne sont que 11 % au sein de l’ensemble de la population des 20 ans ou plus. Chez les personnes complètement vaccinées en revanche, les entrées en soins critiques sont stables – 2 pour 1 million de personnes complètement vaccinées ; cette population représente 38 % des personnes admises en soins critiques et 48 % des personnes admises en hospitalisation conventionnelle alors qu’elle représente 86 % de la population des 20 ans ou plus. Ainsi, à taille de population comparable, il y a environ 12 fois plus d’entrées en soins critiques parmi les personnes non vaccinées que parmi celles qui sont complètement vaccinées de 20 ans et plus.
Par ailleurs, du 27 septembre au 24 octobre, on comptabilise 57 décès pour 1 million de personnes non vaccinées de 20 ans ou plus contre 6 pour les personnes complètement vaccinées. Il y a donc environ 10 fois plus de décès chez les personnes non vaccinées que chez les personnes complètement vaccinées à taille de population comparable durant la période considérée.
Les résultats nationaux des appariements ainsi que des déclinaisons régionales et par classe d’âge sont mis à dispositionsous forme de graphiques en format pdf et de fichiers csv permettant d’exploiter plus finement les résultats présentés. Ces fichiers sont disponibles sur le site de données ouvertes de la DREES.
Contact presse : drees-presse@sante.gouv.fr
Covid-19 : Poursuite de la reprise épidémique en métropole ; pour la 3ème semaine consécutive le taux d’incidence augmente (Point épidémiologique du 4 novembre 2021)
Recherche05/11/2021
Émis par : Santé Publique FranceTwitterLinkedInFacebook
En semaine 43 (du 25 au 31 octobre), la reprise épidémique se confirme sur le territoire métropolitain, avec un taux d’incidence en augmentation pour la troisième semaine consécutive et un R-effectif toujours >1.
Le taux d’incidence dépassait 50 pour 100 000 habitants dans 58 départements.
Dans le contexte des vacances scolaires, une diminution importante du taux de dépistage était observée chez les moins de 10 ans. Par ailleurs, les indicateurs de contact-tracing montrent une réduction des interactions sociales suggérant là aussi un effet des vacances d’automne.
Enfin, une légère augmentation de l’âge moyen des cas et des personnes-contacts est observée. Au 02 novembre, 76,4% de la population avait reçu au moins une dose de vaccin et 74,6% était complètement vaccinée. Parmi les 65 ans et plus, 19,8% avaient reçu une dose de rappel.
Dans un contexte d’augmentation de la circulation du SARS-CoV-2 et des virus hivernaux, notamment chez les plus âgés, il est primordial d’encourager la vaccination des personnes non encore vaccinées ainsi que l’administration du rappel aux 65 ans et plus éligibles. Il reste également nécessaire d’associer la vaccination au maintien de l’adhésion aux gestes barrières à un haut niveau, compte tenu de l’efficacité de ces mesures pour contenir l’épidémie et préserver le système de soins.
Près de 6 000 cas diagnostiqués par jour en moyenne
Au niveau national, le taux d’incidence a continué d’augmenter (+12%) en semaine 43 avec 62 nouveaux cas pour 100 000 habitants (vs 55 en S42). En moyenne, 5 917 cas ont été diagnostiqués par jour. Il était en hausse dans toutes les classes d’âge, excepté les 80-89 ans (-1%) et les 10-19 ans (-0,1%) où il s’est stabilisé, et les 0-9 ans où il a diminué (-16%). Le taux de dépistage, incluant tests antigéniques et PCR (autotests exclus), a diminué (-11% en semaine 43) pour atteindre 2 799/100 000 habitants. Cette baisse était particulièrement marquée chez les 0-9 ans (-71%) et dans une moindre mesure chez les 10-19 ans (-9%) en lien avec les vacances scolaires. Le taux de positivité a continué d’augmenter, il était de 2,2% en semaine 43 (+0,4 point). Chez les personnes testées symptomatiques, le recours au dépistage a également diminué (-10%) et le nombre de cas confirmés a augmenté (+15%), tout comme le taux de positivité (+2,5 points). Les tendances chez les personnes symptomatiques se rapprochent de celles observées dans la population totale, et ce, pour toutes les classes d’âges. (Pour en savoir plus : Focus de la semaine : Remboursement des tests dits « de confort » : suivi des indicateurs)
En France métropolitaine, le taux d’incidence était en hausse dans toutes les régions. Il atteignait 89/100 000 habitants en Corse (+60%), 83 en Pays de la Loire (+14%), 77 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+6%) et 73 en Île-de-France où l’augmentation était la moins marquée (+3%). Au total, 58 départements avaient un taux d’incidence supérieur à 50/100 000 habitants. Le taux de dépistage a diminué sur la quasi-totalité du territoire. Il restait le plus élevé en Corse (4 215/100 000 habitants) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (3 948). En Outre-mer, le taux d’incidence a poursuivi sa baisse en Guyane (-28%). En Martinique il était à nouveau en baisse (-15%) et il est resté stable en Guadeloupe (+5%).
Plus de 1 000 personnes toujours hospitalisées en soins critiques
En semaine 43, les données d’hospitalisation ne sont pas consolidées, compte tenu de délais d’enregistrement, notamment lié au 01 novembre férié. Au 02 novembre, le nombre de nouvelles hospitalisations est stable (-3%), tout comme en soins critiques (-5%), mais la consolidation des données à venir devrait permettre d’ajuster la tendance. En semaine 42 (données consolidées), les évolutions étaient respectivement de +11% et +18%. Au 02 novembre, 6 741 patients COVID-19 étaient hospitalisés, dont 1 104 en soins critiques.
En France métropolitaine, l’évolution des nouvelles hospitalisations montrait une forte hétérogénéité régionale. Les taux les plus élevés étaient en Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bourgogne-Franche-Comté. En Outre-mer, le taux de nouvelles hospitalisations restait élevé en Guyane, et a diminué en Martinique et en Guadeloupe.
Stabilisation du nombre de nouvelles personnes-contacts et amélioration de l’identification des chaînes de transmission
En semaine 43, le nombre de nouveaux cas augmente de 11% mais le nombre de nouvelles personnes-contacts à risque se stabilise, ce qui suggère un effet de réduction des interactions sociales du fait des vacances de la Toussaint. D’autres indicateurs sont en faveur d’un effet « vacances scolaires » : diminution de la proportion des cas rapportant plus de 5 contacts, augmentation de la proportion de ceux n’en rapportant aucun, moindre fréquentation des évènements sportifs, culturels et bien sûr des établissements scolaires.
La proportion de cas connus auparavant comme personnes-contacts à risque augmente, ce qui est faveur d’une amélioration de l’identification des chaînes de transmission.
L’âge moyen des cas et des personnes contacts augmente légèrement. Dans ce contexte, la réalisation d’un rappel vaccinal pour les personnes auxquelles il est recommandé, en particulier les sujets âgés, est primordiale.
Le contact-tracing reste une mesure complémentaire importante à la vaccination et aux gestes barrières pour lutter contre la pandémie.
Pour savoir plus : Bilan Activités de traçage des contacts semaine 43-2021
74,6% de la population complètement vaccinée
Le 02 novembre, l’estimation de la couverture vaccinale toutes tranches d’âge confondues en France à partir de Vaccin Covid était de 76,4% pour au moins une dose, de 74,6% pour une vaccination complète et de 4,7% pour la dose de rappel. Chez les 65 ans et plus, la couverture vaccinale de la dose de rappel s’élevait à 19,8% (+2,9 points par rapport à la semaine 42). Parmi les 12 ans et plus, 88,7% avaient reçu au moins une dose et 86,7% étaient complètement vaccinées.
Au 02 novembre, 93,8% des résidents en Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou USLD (unité de soins de longue durée) avaient reçu au moins une dose de vaccin, 92,1% étaient complètement vaccinés et 51,4% avaient reçu une dose de rappel.
Chez les professionnels de santé libéraux, la couverture vaccinale était de 96,6% pour au moins une dose, 96,1% étaient complètement vaccinés et 14,4% avaient reçu une dose de rappel.
L’estimation de la couverture vaccinale parmi les personnes de plus de 15 ans identifiées comme étant en situation de précarité était de 75,6% pour au moins une dose de vaccin, 73,6% pour une vaccination complète et 5,2% pour la dose de rappel.
Contact :
Santé publique France – presse@santepubliquefrance.fr
Face au Covid-19, la nécessité du débat démocratique
ÉDITORIAL
Le Monde
Alors que le taux d’incidence remonte en Europe, notamment en Allemagne, et dans une moindre mesure en France, l’exécutif doit composer avec le malaise des parlementaires face à la nouvelle prolongation de l’état d’urgence sanitaire.
Publié hier à 11h34 Temps de Lecture 2 min.
Editorial du « Monde ». On l’avait presque oubliée et pourtant… Jeudi 4 novembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié de « gravement préoccupant » le nombre de contaminations par le SARS-CoV-2 actuellement enregistré dans de nombreux pays d’Europe. Avec un tel rythme de transmission, le continent pourrait déplorer 500 000 décès supplémentaires d’ici à février 2022, a averti son directeur, Hans Kluge. D’abord concentrée à l’est, la reprise des contaminations inquiète à présent l’Allemagne, qui vient de faire état de 33 979 nouvelles infections en vingt-quatre heures. Elle est surveillée de près par les autorités sanitaires françaises, qui constatent, elles aussi, une remontée de la courbe, mais dans des proportions moindres. Le seuil des 10 000 infections quotidiennes a été franchi, jeudi, pour la première fois, depuis la mi-septembre.
Lire aussi Covid-19 : en Allemagne, une quatrième vague accueillie avec déni et lassitude
Sanitairement, la situation n’a rien à voir avec ce qui s’était produit en mars et en octobre 2020, puis en avril 2021, lorsque le gouvernement avait dû mettre, durant plusieurs semaines, le pays sous cloche, afin d’éviter la saturation des services d’urgence sous l’effet de nouvelles vagues épidémiques. Le déploiement à grande échelle de la politique vaccinale depuis l’été a changé la donne, en garantissant l’immunité, au moins temporaire, des plus fragiles.
L’épidémie est cependant toujours là. Elle continue d’influencer nos modes de vie, comme en témoigne la réapparition dans trente-neuf départements de métropole et à La Réunion du port du masque pour les enfants qui s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école. Elle dicte de nouveau l’agenda politique avec la programmation d’un nouveau conseil de défense sanitaire, mercredi 10 novembre, pour tenter de répondre à deux questions : faut-il vacciner les enfants ? Comment accélérer l’injection de la troisième dose réservée pour le moment aux personnes les plus à risque ? L’épidémie pèse enfin sur la campagne présidentielle, au moment où la majorité et l’opposition espéraient pouvoir s’en libérer pour se projeter dans le monde d’après.
Partie serrée
Président sans être encore candidat déclaré, Emmanuel Macron joue une partie serrée : il se doit d’être très vigilant sur l’évolution de la situation sanitaire, mais n’a nullement intérêt à casser les ressorts de la croissance, qui se révèle beaucoup plus vigoureuse qu’attendu, au point d’avoir déjà des effets positifs sur la courbe du chômage.
Lire aussi En France, le marché du travail affiche une étonnante vitalité
Le chef de l’Etat doit aussi compter avec la lassitude engendrée par le port du masque et avec les légitimes inquiétudes nées des restrictions apportées aux libertés publiques, notamment par le biais du passe sanitaire. Les récents propos du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, assurant que la ligne de l’exécutif était d’alléger les contraintes dès qu’il le pouvait, mais de les réactiver « quand la situation se dégradait », tranche avec le ton martial qui avait prévalu au tout début de l’épidémie. C’est heureux.
Lire aussi Vaccination contre le Covid-19 : les débuts poussifs de la campagne de rappel
L’opposition est cependant fondée à se montrer attentive au respect de ses droits. Les vifs débats qui ont lieu, en ce moment, au Parlement sur la nouvelle prolongation de l’état d’urgence sanitaire ne relèvent pas que du jeu politicien. Ils témoignent d’une légitime inquiétude sur l’asthénie de la vie démocratique, après de longs mois au cours desquels les parlementaires ont eu le sentiment d’être marginalisés. En fixant l’échéance de la prorogation au 31 juillet 2022, le gouvernement plaide la responsabilité, mais se donne aussi les moyens de rester le maître du jeu le plus longtemps possible. Ce déséquilibre est, à ce stade, l’un des aspects les plus préoccupants de la gestion de la crise sanitaire.
Le Monde
Voir aussi:
https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/11/03/les-pays-bas-font-face-a-une-flambee-de-contaminations-au-sars-cov-2-et-ont-pris-de-nouvelles-restrictions-sanitaires-mardi-2-novembre/