Un moment passé avec le Pr Grimaldi, n’est jamais du temps perdu

Pr André Grimaldi sur BLAST

EN PLEINE PANDÉMIE, LA CASSE DE L’HÔPITAL CONTINUE

58 649 vues 10 nov. 2021

https://www.youtube.com/watch?v=f0YGZHUAaDM

Pr. André Grimaldi : « Olivier Véran a voté toutes les lois d’étranglement de l’hôpital public

Interview du Pr André Grimaldi sur le site de REGARDS, auteur du Manifeste pour la santé 2022 (Éd. Odile Jacob),

https://www.youtube.com/channel/UC45NsEyqTGMtOeEM-UvlTuQ

https://www.youtube.com/watch?v=I4SgBD1oBCA

Paradoxe des temps, alors que l’on traverse une crise sanitaire sans précédent, notre système de santé continue de supprimer des lits : près de 100.000 en trois quinquennats. Les soignants sont à bout. Beaucoup démissionnent. Les services des hôpitaux saturent. Où va l’hôpital public ? Le Professeur André Grimaldi, auteur du Manifeste pour la santé 2022 (Éd. Odile Jacob), est l’invité de #LaMidinale

UNE MIDINALE À VOIR…ET À LIRE…

 Sur la démocratie sanitaire  
« On a un problème démocratique en France. Celui qui est élu président de la République considère qu’une fois élu, il a tous les pouvoirs. »
« Il n’y a pas de débat démocratique dans ce pays et on l’a vu lors de la crise Covid. »

 Sur le déclin de notre système de santé 
« Il faut partir de nos besoins de santé. Il y a quatre médecines : les maladies aiguës bénignes et la médecine de ville y répond très bien. Il y a les maladies aiguës, graves ou complexes et les hôpitaux, les CHU y répondent très bien. Sur ces deux modèles de maladies – centrés sur les maladies et les gestes techniques – la France reste très bien placée (…). Cette médecine-là se dégrade mais elle fonctionne. La troisième médecine : les maladies chroniques. Une véritable épidémie : 21 millions de personnes (…). Sur ça, nous sommes mauvais. Notre système de santé n’a pas été construit pour ça. » 
« Sur les maladies chroniques, on est mauvais sur la prévention, la coordination des soins et le travail en équipe. La maladie chronique, c’est nécessairement une coordination des soins. »
« Les CHU se sont construits sur le progrès technologique. »
« On a perdu la bataille. La loi Bachelot est une loi centrée sur le modèle de la chirurgie ambulatoire. Une médecine technique, standardisée. On considère que c’est ça le progrès. »
« La tarification à l’activité est un non sens. »
« On a fabriqué une médecine industrielle où le médecin devient un ingénieur et l’hôpital une entreprise. Ça n’est pas un modèle de médecine et encore moins de santé publique. »
« La santé est un bien commun qui doit échapper aux logiques du marché. »

 Sur les fermetures de lits et l’enquête du gouvernement  
« Les propos de Gabriel Attal sont tous à côté de la plaque. »
« Olivier Véran était le rapporteur de la loi Touraine et il a voté toutes les lois d’étranglement de l’hôpital. »
« En 2017, est arrivée la réforme néolibérale qui considère que les services publics coûtent trop, doivent être ou privatisés ou gérés comme des entreprises privées. C’est le dogme. Tout service qui peut être mesuré et tarifé doit être mis en concurrence. Cette logique est absurde. »
« La confiance est rompue. » 
« La santé est un bien commun qui doit échapper aux logiques du marché. »

 Sur la production de médicaments 
« 80% des médicaments essentiels sont de vieux médicaments et on est en rupture permanente parce qu’on considère que ça n’est plus rentable. Donc on a tout délocalisé (…). »
« On devrait avoir des entreprises publiques de production des médicaments essentiels, idéalement à l’échelle européenne. »
« Emmanuel Macron a inauguré en grandes pompes avec aides publiques le retour de la fabrication sur le territoire national du paracétamol. Sauf que le paracétamol est un médicament utile mais pas essentiel. »
« Il faudrait une transparence complète de la chaîne des coûts. »
« Les gens se demandent si les vaccins sont pour eux où pour les profits des laboratoires pharmaceutiques ? Ça crée de la défiance. »

 Sur la rhétorique guerrière d’Emmanuel Macron 
« Macron s’est donné un statut de chef de guerre. Être en guerre contre un virus était absurde. »
« Pourquoi Macron a-t-il imposé un huis clos au conseil de Défense ? C’était pour que le virus n’entende pas ? On a caché quoi à qui ? Le débat devait se faire au niveau de la société. »
« Si on pense qu’on est en guerre, la moindre des choses aurait été de chercher l’unité nationale. »
« Le discours de Macron du 12 juillet est scandaleux : c’est là qu’il annonce l’obligation vaccinale et le pass sanitaire. Quand vous prenez une décision pareille, vous cherchez à rassembler la nation. Qu’est-ce qu’il fait dans le même discours ? Il balance son programme électoral : réforme des retraites, réforme du chômage et plan de relance. Autrement dit, il dit aux Français que ceux qui ne sont pas d’accord avec la réforme des retraites ont un moyen d’action qui est de refuser le vaccin. Et si vous acceptez le vaccin, ça prouve bien que vous êtes un macronien. C’est dément ! C’est jouer d’une manière politicienne avec le vaccin alors qu’il s’agissait à ce moment-là de rassembler la nation. »

 Sur l’hôpital public en ce moment 
« On court possiblement vers la catastrophe. »
« Dans les cinq ans qui suivent leur diplôme, un tiers des infirmières changent de métier. Les conditions de travail sont dégradées. Et il y a une perte de sens du travail. »
« Pour faire société, il faut des valeurs communes qui nous dépassent. »
« On a assisté à une cérémonie de panthéonisation de l’hôpital. »
« C’est quand on s’est aperçu qu’on n’avait plus de moyens que les valeurs humaines ont pris le dessus. »

 Sur les excès et abus dans la santé 
« Ce ne sont pas les patients qui prescrivent les médicaments, les IRM ou les maisons de repos. Il y a des ordonnances avec 23 médicaments ! Ça concerne un nombre de médecins limité. »
« Il y a un business de la santé. »
« 20% des prescriptions ne sont pas inutiles, elles sont injustifiées. »
« Tout le monde vous raconte des expériences d’examens redondants. »
« On dépense plus de cent millions pour doser la vitamine D en France. »
« La tarification à l’activité signifie augmenter l’activité : c’est facile d’augmenter l’activité en médecine. »

 Sur l’éthique de la médecine 
« En France, on ne débat pas sur nos choix philosophiques et leurs implications : on laisse faire le comportementalisme et l’utilitarisme anglo-saxons. »
« Le corps humain n’est pas à vendre, mais lorsque c’est la volonté de la personne. Il y a des lois supérieures. »

 Sur la défiance des Français vis-à-vis des autorités sanitaires 
« L’affaire du Mediator a été un tournant pour la défiance des Français vis-à-vis des autorités sanitaires. »
« Les politiques, y compris le président de la République, se sont précipités derrière Raoult. »
« La défiance vient de loin : avant de dire que c’est de la faute des fake news ou des populistes, il faudrait d’abord que les autorités ne mentaient pas, qu’Olivier Véran n’avait pas menti sur les masques, s’il n’avait pas dit qu’il y avait 12.000 lits de réanimation quand il y en avait 5.000, la confiance sera peut-être là. Et on a le droit de se tromper mais il faut le dire ! »

André Grimaldi à 13h30 sur France Inter le 5 Novembre


https://www.franceinter.fr/emissions/le-13-14/le-13-14-du-vendredi-05-novembre-2021

ans son dernier « Manifeste pour la santé 2022 », le professeur André Grimaldi présente ses 10 propositions pour sauver l’hôpital public, d’avantage démuni après la crise du Covid. 

Pr. André Grimaldi : son nouveau livre « Manifeste pour la santé 2022 »

Pénurie de masques, de médicaments, de lits, de personnels soignants… Comment l’hôpital s’est-il retrouvé à ce point démuni ? Comment en sommes-nous arrivés là, alors qu’il y a 20 ans la France occupait la première place dans le classement de l’OMS des systèmes de santé ? 

Pour en parler et pour présenter 10 solutions pour sauver la santé, Bruno Duvic reçoit le professeur André Grimaldi qui publie aux éditions Odile Jacob un Manifeste pour la santé 2022

https://www.franceinter.fr/emissions/le-13-14/le-13-14-du-vendredi-05-novembre-2021

André Grimaldi est professeur émérite de diabétologie au CHU Pitié-Salpêtrière à Paris et cofondateur du Collectif inter-hôpitaux. 

Commentaire Dr Jean SCHEFFER:


Bien dommage que l’on ait passé du temps sur l’activité libérale à l’hôpital public alors qu’il ya des problèmes  sur la santé bien plus importants.
Je rappelle que seulement 4% des Praticiens Hospitaliers, universitaires et non universitaires ont une activité libérale avec dépassements. Les 6 autres % sans dépassements le font pour la plupart afin d’avoir une meilleure retraite. Nous partons avec un taux de remplacement de 30 à 35% du dernier salaire et nos directeurs avec 90%. Je n’ai aucune honte à avoir eu une activité libérale à l’hôpital public pour avoir une meilleure retraite, pendant que mon épouse pédiatre (Hôpital, crèches, Fondation Pierre Jamet) avec de nombreuses années de vacations, avant d’avoir enfin un statut de temps partiel, s’est constituée une retraite ridicule en travaillant autant que moi.

Autre rengaine: » si on prend rendez-vous en « privé », on obtient une date beaucoup plus proche qu’en public, c’est purement scandaleux ». Il n’y a en la matière aucune manipulation. Simplement quand un patient prend rendez-vous, il prend en priorité les rendez-vous en public car il n’a pas à avancer les honoraires; ainsi rapidement les rendez-vous publics sont remplis et il reste les rendez vous privés. Le praticien offre le même nombre dans les deux types de consultations, et s’il est chirurgien ou s’il pratiques des actes techniques, il en fera autant dans les deux secteurs.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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