Santé : les bons résultats albigeois en débat
L’implantation de l’IFSI à Champollion a été financée par le Grand Albigeois, elle forme chaque année 460 étudiants.DDM – DDM EMILIE CAYRE
Santé, Albi, TarnPublié le 01/11/2021 à 15:55
https://www.ladepeche.fr/2021/11/01/sante-les-bons-resultats-albigeois-en-debat-9902937.php
l’essentiel
La première place d’Albi dans le classement du Figaro des villes françaises où l’on vit en bonne santé est interprétée différemment. Majorité et opposition n’ont pas la même vision.
Avec une première place au classement des villes où on vit en bonne santé du Figaro (voir nos éditions des 27 et 28 octobre), la mairie d’Albi aurait pu fanfaronner. Mais ce n’est pas le style de la maison. Stéphanie Guiraud Chaumeil préfère rester « modeste et réaliste ».
Bien sûr, la maire se félicite de cette « reconnaissance pour l’ensemble de celle et ceux qui s’impliquent dans ce secteur ». Comme l’Agglo, qui a financé en partie d’implantation de l’IFSI à Champollion. Mais aussi la ville, qui à travers son contrat local de santé travaille depuis longtemps à cette problématique. Notamment à travers un travail sur le bien manger et le manger local. Et sur le volet sportif avec depuis peu l’ouverture d’une maison sport santé. « La santé c’est un tout. On en est acteur par nos comportements », martèle-t-elle.
Pour elle, ce classement va renforcer l’attractivité de l’Albigeois. Et pourquoi pas inciter de nouveaux professionnels de santé à s’y installer. Car la maire d’Albi connaît sa démographie médicale. Elle sait que de nombreux médecins libéraux vont partir en retraite. 32 % des généralistes dans les 5 ans selon une étude réalisée par l’opposition de gauche très offensive sur ce sujet.
« On essaie d’anticiper. C’est un travail de long terme », assure la maire. La démographie médicale est une des priorités de Gilbert Hangard, l’adjoint à la santé, poste créé lors de la dernière mandature. Dans ce sens, la ville a créé une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), qui s’est réunie dernièrement pour la première fois.
Si la ville ne peut pas obliger les médecins à venir, elle a plusieurs leviers pour les y inciter. L’attractivité est le premier. Avoir une bonne qualité de vie, des écoles, de l’enseignement supérieur, de nombreux clubs sportifs, une vie culturelle, un accès rapide à Toulouse, des commerces de proximité peut jouer dans l’envie de professionnels de venir s’installer à Albi. « Ça, c’est notre boulot », assume-t-elle.
L’approche albigeoise
La ville a un aussi un rôle partenarial en accompagnant les projets comme les ouvertures de maisons de santé pluridisciplinaires. Une approche que la maire préfère à celle d’autres municipalités qui créent ou gèrent de telles structures.
« Il faut faire des choix. Et je ne sais pas si financièrement, la ville est en capacité de faire ça en plus de tout le reste. Je ne dis pas qu’on ne le fera pas. On va l’étudier mais cela coûte de l’argent », glisse-t-elle néanmoins.
À travers ce classement, Stéphanie Guiraud-Chaumeil veut aussi mettre en avant l’approche albigeoise : celle du « parcours patient ».
« On est capable de raisonner en parcours patients plutôt qu’en cadre institutionnel », souligne-t-elle. Une manière de répondre à son opposition, qui pointe régulièrement du doigt la disparition de certains spécialistes à l’hôpital public. « Une vision passéiste de la santé » pour la maire. L’important pour elle, c’est que les habitants puissent trouver un professionnel pour les soigner. À l’hôpital ou dans le privé.
Bien sûr, à gauche, on n’a pas la même vision que le classement du Figaro. Nathalie Lefranc-Ferrand ne cache pas son étonnement à sa lecture. La figure de proue de l’opposition insiste sur la mauvaise qualité de l’air albigeois selon le rapport de l’observatoire régional de la santé de 2015. (Pourtant noté 13e dans le classement). Elle note, sans faire de corrélation, une augmentation du cancer du poumon sur l’Albigeois.
L’opposante tient aussi à mettre en avant les problèmes dentaires, plus important sur Albi qu’au niveau régional. Les enfants ayant des caries non traitées sont en nette augmentation. Enfin, elle met le doigt sur l’importance des inégalités socio-économiques qui s’accroissent. Et donc des inégalités sociales de santé. « À quand une politique de santé albigeoise impactant positivement la santé des personnes les plus fragiles ? », conclut-elle.
Les critères de l’enquête
La semaine dernière, le Figaro a publié un classement des villes françaises où l’on vit en bonne santé. 100 villes françaises où l’on compte le plus d’habitants de plus de 75 ans. Le quotidien national a pris trois critères. Les données épidémiologiques de maladies graves (coefficient 3), les chiffres de la densité de médecins (coefficient 2), et ceux de la pollution (coefficient 1).
Les villes qui ont le meilleur classement moyen pondéré sont celles qui arrivent en tête du classement. Albi s’est positionné en 13e position sur les maladies graves (mortalité par tumeurs, maladies cardiovasculaires, Parkinson, Alzheimer ou démences) et sur la pollution (données recueillies en 2019). Et après les 20 premiers pour la densité de médecins. Ce qui a permis à la cité tarnaise d’arriver à la première place du classement.E.D.
Commentaires Dr Jean SCHEFFER:
Je ne reviens pas sur mes commentaires concernant le classement du Figaro mettant en tête la ville d’Albi, au sein des villes françaises où l’on vit en bonne santé, qui est en dessous de l’article suivant. Je démontrais que le rapport fait en 2019 à propos du contrat local de santé (sources de l’observatoire régional de la santé) présentait des déterminants sociaux de santé et des inégalités environnementales préoccupants.
Par contre concernant l’article de ce jour, je suis passablement irrité par la déclaration de Mme la Maire d’Albi et ce que lui fait dire la dépêche : « la disparition de certains spécialistes à l’hôpital public. « Une vision passéiste de la santé » pour la maire. L’important pour elle, c’est que les habitants puissent trouver un professionnel pour les soigner. À l’hôpital ou dans le privé« . Nous voyons là, la pensée d’une « bourgeoise » qui n’a pas de problème de « portefeuille ». Si elle avait le montant mensuel du SMIC, elle saurait ce que c’est d’avancer un dépassement d’honoraire en clinique lucrative et c’est pour cette raison que nous souhaitons le retour de plusieurs spécialités sur l’hôpital afin que tous les Albigeois puissent avoir accès aux soins.
La deuxième remarque concerne son peu empressement à vouloir financer un éventuel centre de santé public. Elle est nettement en faveur des maisons de santé libérales, mais cela ne la gène pas de financer le circuit automobile d’Albi ou le Sporting Club Albigeois avec des sommes très importantes. Il s’agit bien là de choix politiques qui ne sont pas les nôtres. Les centres de santé ne sont pas des visions passéistes, c’est tout le contraire. Des régions (Occitanie, Centre Val-de-Loire), des départements (Saône et Loire, Orne, Vendée, ), ou des villes (Figeac, Bergerac, Lavelanet, Agen, Soyaux, Vierzon…) viennent de créer des centres de santé publics. D’autres ont proposé de salarier des médecins ( la région d’Occitanie avec un groupement d’intérêt public, le département du Gers). Ils ont tous trouvé des médecins, car les jeunes maintenant sont intéressés par le salariat, et le travail polydisciplinaire.
Voir aussi:
Albi, 1ère ville de France où l’on vit en bonne santé
Les études convergent vers un bien vivre à Albi.. DDM, archive
Santé, Albi, TarnPublié le 27/10/2021 à 05:13
https://www.ladepeche.fr/2021/10/27/albi-1re-ville-de-france-ou-lon-vit-en-bonne-sante-9893224.php
l’essentiel
La cité Unesco arrive en haut du baromètre réalisé par Le Figaro.
Une raison de plus de penser qu’il fait bon vivre à Albi… Lundi, le Figaro a publié un classement des villes françaises où l’on vit en bonne santé. Et sur les 100 villes françaises où l’on compte le plus d’habitants de plus de 75 ans, c’est Albi qui arrive tout en haut du palmarès.
Pour rendre ses conclusions, le quotidien national a analysé les données épidémiologiques de maladies graves (coefficient 3), les chiffres de la densité de médecins (coefficient 2), et ceux de la pollution (coefficient 1). Les villes qui ont le meilleur classement moyen pondéré sont celles qui arrivent en tête du classement, selon cette méthode.
Bonne qualité de l’air
Albi a su tirer son épingle du jeu, notamment si l’on regarde le classement de la santé de la population. En termes de mortalité par tumeurs, maladies cardiovasculaires, Parkinson, Alzheimer ou démences, Albi arrive en treizième position.
Pour ce qui est de la qualité de l’air, la ville se distingue également si l’on en croit les données recueillies en 2019. Des résultats qui classent aussi la ville à la treizième place.
« Albi a fait preuve d’une grande régularité dans nos trois tableaux », conclut Le Figaro.
Invitée à réagir, la maire Stéphanie Guiraud Chaumeil a mis en avant « une ville à l’environnement préservé », où le sport a une place importante.
D’autres villes de l’ex-région Midi-Pyrénées sont bien classées par le quotidien. Tarbes arrive à la deuxième place grâce à de bons chiffres sur la santé de la population au niveau départemental ainsi qu’une excellente qualité de l’air, comme à Albi.
Aux 8e et 9e places, on retrouve respectivement Toulouse et Montauban, pour des raisons très différentes des premières. La capitale de Région et la Haute-Garonne figurent sur le podium des villes où la mortalité de différentes affections gravissimes est la plus faible, quand Montauban brille par sa densité de médecins libéraux (4e national) et par sa qualité de l’air (8e).La Dépêche du midi
Commentaires Dr Jean Scheffer:
Je suis étonné de ce classement par le Figaro. En effet dans notre travail de préparation du programme du Collectif pour les élections municipales, ce que nous avions relevé n’était pas dans dans le même optimisme que ce qui découle de la publication du Figaro.
Il faut d’abord insister avec Nathalie Ferrand-Lefranc sur le fait que les déterminants de la santé ne consistent pas uniquement à étudier le nombre de pathologies, de décès et à étudier le réseau de soins du territoire (ce dernier n’intervînt que pour 15%). Il y a en particulier tout l’aspect des inégalités socio-environnementales (plus mauvais classement pour l’Albigeois Profil 6). Il y a aussi les inégalités d’accès aux soins. Albi est une ville ou au moins 8 spécialités sont en situation de monopole dans les cliniques lucratives (urologie, chirurgie vasculaire, ORL, ophtalmologie, stomatologie et odontologie, lits d’endocrinologie, soins de suite et de réadaptation (SSR), coronarographie, chirurgie plastique, transfusion sanguine…). Pour nombre d’entres elles les Albigeois sont confrontés aux dépassements d’honoraires, obligeant les plus démunis quand ils le peuvent à se rendre à Castres ou à Toulouse.
Une émission de FR3 confirme qu’Albi est une des villes d’Occitanie où l’accès aux spécialistes et généralistes est un des plus difficile* (https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/deserts-medicaux-ces-villes-d-occitanie-ou-il-y-a-urgence-sanitaire-2274997.html?fbclid=IwAR0lxxjE5o7iC0kbNl6CnAWTD_8k6_-zssEsJxcnJo61X4sOwLxJsYkCyPo)
Certes le nombre de cancers sont moins élevés, mais ils arrêtent de diminuer à l’inverse de la région. Certes la mortalité prématurée est plus faible, mais elle arrête aussi de diminuer. Pour l’hôpital public, les urgences sont sous-dimensionnées, situation aggravée par la fermeture de celles de Carmaux. La sous-médicalisation en amont et le trop grand nombre de lits supprimés en aval expliquent des délais d’attente trop longs à certaines heures. Enfin en ce qui concerne la psychiatrie , c’est pire, certaines consultations en CMP ne donnant plus de rendez-vous.
Je me permets de reproduire ce que nous avions relevé en 2019:
Déterminants sociaux de santé (Contrat Local de Santé 2019)
•Des situations de précarité financière plus fréquentes : En 2015, 7 650 personnes sont couvertes par le RSA, soit 12,2 % des habitants âgésde moins de 65 ans, proportion plus importante sur la CA de l’Albigeois que dans le Tarn (10,4 %), dans la région (11,6 %) ou en France métropolitaine (9,5 %). • En 2016, on compte plus de 8 100 bénéficiaires de la CMUc (80% sur Albi), ce qui correspond à 9,9 % de la population, part plus élevée que celle observéedans le Tarn (7,4 %) et dans la région (8,9 %). •En 2014, près de 3 500 personnes âgées vivent seules chez elles, soit 38,4 % des personnes âgées de 75 ans ou plus qui vivent à domicile • 45 % des familles ont un ou plusieurs enfants, part moins élevée qu’en Occitanie (48,6 %) et qu’en France métropolitaine (51,4 %). Parmi elles, plus de 3 000 familles sont des familles monoparentales, soit 29,8 % des familles avec enfant(s), part nettement plus élevée que celles du Tarn (23 %), de la région (25,5 %) et de la France métropolitaine (23,3 %). •10,6 % de logements sociaux, part plus élevée dans la CA de l’Albigeois qu’en moyenne dans le département (7,0 %) et la région (8,7 %), mais plus faible qu’en moyenne nationale (14,7 %).
Les inégalités environnementales (air, eau, habitat, sol)
17 Communes en Albigeois en profil 6, y compris Albi

Il s’agit des communes les plus exposées à la pollution de l’air : la totalité des communes sont exposées à de fortes émissions en particules fines et les deux tiers également à des émissions d’oxydes d’azote importantes. La densité de sites industriels installés ou anciens potentiellement polluants (sites « basias ») est élevée avec plus de 1,5 sites au km2 pour 7 communes, y compris Albi
Situation sanitaire en Albigeois
•Maladies chroniques (admissions en ALD) plus nombreuses que les moyennes régionale et Française, en particulier pour les cancers (sein), maladies cardio-vasculaires (CV), psychiatriques, le diabète, •La mortalité est plus basse mais ne baisse pas pour les cancers à l’inverse de la région et du national •Les tumeurs 29% et les maladies cardio-vasculaires 27% sont les principales causes •La mortalité prématurée (avant 65 ans) ne baisse pas à l’inverse de la région et du national mais reste plus faible – les 2/3 sont du aux tumeurs, maladies CV, et causes externes (suicides, accidents…) •La mortalité cardio-vasculaire a baissé de 18% en 5 ans, mais pas les ALD sont en augmentation +17%
Indicateurs du comportement des jeunes occitanie
•Près de 6 enfants sur dix à 5-6 ans (57,9 %) vont à pied à l’école, contre seulement 23,6 % en 6 .•95 % des petits albigeois prennent un petit déjeuner, à 5-6 ans comme en 6e •Peu d’enfants à 5-6 ans (4,4 %) et encore moins en 6e (0,9 %), présentent ou déclarent des troubles du sommeil. •Le taux de couverture vaccinalecontre la rougeoleest de 86,1 % à l’âge de 5-6 ans sur l’albigeois ; cette part est et de 96,2 % pour les élèves de 6e, plus élevée que celle observée sur l’académie de Toulouse (90,3 %). •À 5-6 ans moins d’un enfant sur dix a un téléviseurdans sa chambre, part qui est de 5 sur dix en 6 ; plus de 7 enfants sur 10 en 6e possèdent un téléphone portable.
17 % des petits albigeois à 5-6 ans et 45 % en 6epratiquent une activité physique extrascolaire. •Près de 11 % des enfants de 5-6 ans sont en surcharge pondérale dans la CA de l’Albigeois, part plus élevée que celle observée sur l’académie de Toulouse (moins de 9 %). •En grande section maternelle: au moins une carie non traitéea plus que doublé : elle est passée de 9,5 % en 2013-2014 à 21,7 % en 2016-2017.
Comportements à risque en Occitanie
Jeunes
•L’usage régulier d’alcoolà 17 ans est supérieur à la moyenne métropolitaine dans l’ex-région Midi-Pyrénées. •L’usage quotidien de tabac à 17 ans est plus fréquent en Occitanie que dans l’ensemble de la France et concerne un jeune sur trois •Les niveaux de consommation de cannabis en Occitanie sont supérieurs à ceux de la métropole et sont en hausse. •Bilan bucco-dentaire 5-19 ans 10,2% (département11%, région10%)
Adultes
•Une personne âgée sur deux (48,0 %) a bénéficié de la vaccination antigrippale (46% département et région) •Dépistage organisé du cancer du sein, soit 48,5 %des femmes âgées de 50-74 ans (Occitanie 42%); avec le dépistage individuel 62% (département 59%, région 55%) •Prévention du cancer de l’utérus: 22% (région 24%, département23%)