François Salachas : « Tout le monde doit s’engager dans la défense de l’hôpital public »
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France Culture – L’Invité(e) des Matins du samedi
Par Caroline BrouéLE SAMEDI MATINS’
Fermeture des lits d’hôpitaux, souffrance des étudiants en médecine… La crise sans fin de l’hôpital et du système de santé publique avec le neurologue de la Pitié-Salpêtrière François Salachas.

François Salachas, est neurologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, le plus grand hôpital d’Europe et l’un des plus vieux, membre du collectif inter-hôpitaux qui s’est créé en septembre 2019 pour la défense de l’hôpital public.Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.
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C’était il y a un an et demi, le 27 février 2020. Le Covid-19 venait juste de faire sa première victime en France, et Emmanuel Macron s’était déplacé à la Pitié-Salpêtrière pour rencontrer des soignants. La poignée de main a été très longue et l’échange a fait le tour des médias et des réseaux sociaux.
Il faut redonner de l’autonomie aux services hospitaliers plutôt que de construire dans les hôpitaux des super-structures, des « pôles », qu’on appelle aussi « départements médico-universitaire » et qui sont censés être l’interlocuteur direct de l’administration. A l’hôpital, l’administration a toutes les clés, tous les leviers administratifs. Les médecins, les paramédicaux, eux, n’ont aucun pouvoir. La question de la gouvernance, c’est : qui pilote ? Je pense très simplement qu’il serait bien qu’à l’hôpital, ce soit les soignants qui pilotent.
Aussi bizarre que ça puisse sembler, le savoir-être avec les patients est quelque chose de relativement récent dans la formation des médecins. Comme si, finalement, un médecin était un simple technicien et pour le reste, c’est la cerise sur le gâteau. Non, ce n’est pas la cerise sur le gâteau, c’est extrêmement important et on peut tout à fait imaginer des formations autour de ce qui relève des relations intra-équipe. Je pense que cela permettrait aussi d’être plus attentif aux risques de violence et de harcèlement.
_J_e mène une bataille, une vraie lutte pour obtenir que l’hôpital public survive. Et dans cette bataille, le collectif dans son ensemble doit s’engager : médecins, paramédicaux et usagers. On l’oublie souvent, mais on ne gagnera pas cette bataille sans l’aide et l’implication majeure des usagers. Tout le monde aura besoin un jour de l’hôpital public : on a l’impression qu’il sera toujours là, comme Notre-Dame d’ailleurs. Mais si on ne met pas tout en oeuvre dès maintenant, l’hôpital public va s’écrouler et disparaître.
Mathilde Rinker, interne en médecine générale à l’hôpital de Sargueminnes, en Moselle, et Président
Les chiffres sur la souffrance des internes se sont aggravés. Or, sur des sujets comme la violences, des leviers existent. Par exemple, il n’y a pas de formations sur ces sujets, alors que l’on pourrait former les encadrants, les enseignants, les internes, également, pour leur apprendre à reconnaître et dépister les violences, qu’elles soient sexuelles, sexistes, ou autres. Malheureusement, aujourd’hui, ce genre de formations n’existe pas.