Suppression des ARS, fin de la tarification à l’acte… les promesses présidentielles d’Anne Hidalgo
Par P. M. le 28-10-2021

Lors d’un déplacement de campagne dans la Drôme, la candidate socialiste à l’Elysée s’est prononcée sur les mesures de son programme concernant la santé.
Les ARS ne sont décidément pas en odeur de sainteté auprès des candidats à la prochaine présidentielle. Alors que Florian Philippot (Les Patriotes) s’est exprimé dimanche 24 octobre en faveur de leur fermeture, c’est au tour de la candidate socialiste, Anne Hidalgo, de s’en prendre à ces agences ministérielles.
Elle a ainsi annoncé mercredi 27 octobre, lors d’un déplacement de campagne dans la Drôme, qu’elle supprimerait les ARS si elle était élue à la présidence. Elle juge que “telles qu’elles sont, elles ne servent à rien”. La maire de Paris avait déjà fait part de son souhait de les fermer estimant qu’elles n’avaient pas joué leur rôle d’anticipation et de gestion de la crise sanitaire. Désormais, c’est un élément de son programme.
La candidate à l’Elysée, créditée pour le moment de 4 à 7% des voix, estime que “ces agences sont devenues des agences comptables”, qui “ne sont là que pour contenir des dépenses de santé” alors qu’elles “auraient dû partir des besoins de santé de la population”.
Bientôt la fin des tarifications à l’acte ?
Avec ce premier déplacement en tant que candidate présidentiable à l’hôpital de Saint-Vallier (Drôme), menacé de fermeture par manque de médecins, Anne Hidalgo a orienté sa campagne sur le thème des déserts médicaux et de l’hôpital public. Elle a notamment défendu ce dernier comme étant “le navire amiral”de la santé, et promis un plan de recrutement massif de personnel.
Anne Hidalgo a également indiqué vouloir “revenir sur les tarifications à l’acte”. “Je suis d’accord que chaque euro public doit être bien utilisé”, mais “les actes médicaux ne peuvent pas répondre aux contraintes de ce qui est rentable et non rentable”, a-t-elle ainsi déclaré.
La maire de Paris veut aussi que “les métiers du soin aux autres soient revalorisés”, pour être plus attractifs. “Ce ne sont pas que des mots”, a assuré celle qui prévoit “une grande négociation” sur les questions “salariales, de carrière et de formation”, dans le secteur privé comme public. Enfin, évoquant la question de l’obligation d’installation des jeunes médecins libéraux dans les déserts médicaux, elle a annoncé ne pas être “pour une obligation pure et simple”.
[Avec AFP]
Election présidentielle 2022 : Anne Hidalgo souhaite la suppression des agences régionales de santé
La candidate du Parti socialiste a également proposé, sur BFM-TV, jeudi, de supprimer totalement le numerus clausus dans les études de médecine.
Le Monde avec AFPPublié hier à 09h59
Temps de Lecture 2 min.

Très critiquées durant la crise sanitaire du Covid-19, les agences régionales de santé (ARS) sont aujourd’hui dans le viseur de la candidate socialiste à l’élection présidentielle, Anne Hidalgo, qui propose de les supprimer. « Il faut remplacer les ARS. Aujourd’hui ça ne sert à rien », a-t-elle déclaré jeudi 28 octobre sur BFM-TV.
« Il faut qu’il y ait une vraie coordination sur les territoires, ce que ne font pas les ARS, a-t-elle poursuivi. Ce sont des espèces d’agents comptables, elles ont été créées pour contenir les dépenses de santé. »
Lire notre enquête (2020) : Masques, tests, consignes peu claires : les agences régionales de santé, boucs émissaires de la crise sanitaire
En déplacement mercredi dans la Drôme sur le thème de l’hôpital public et des déserts médicaux, la maire de Paris avait déjà évoqué cette proposition. « Les ARS auraient dû partir des besoins de la population, de la vie réelle des gens », a-t-elle regretté, souhaitant aussi « revenir sur les tarifications à l’acte ». « Je suis d’accord que chaque euro public doit être bien utilisé », mais « les actes médicaux ne peuvent pas répondre aux contraintes de ce qui est rentable et non rentable », a-t-elle déclaré.
Mme Hidalgo souhaite également que « les métiers du soins aux autres soient revalorisés », pour être plus attractifs. « Ce ne sont pas que des mots », a assuré celle qui prévoit « une grande négociation salariale sur les questions salariales, de carrière et de formation », dans le secteur privé comme dans le public. « Oui, ça coûte de l’argent, mais je préfère ça, plutôt que de filer des aides aux entreprises sans conditions. Je préfère ça, plutôt que de supprimer l’impôt sur la fortune. (…) Je préfère mettre de l’argent pour que les hôpitaux fonctionnent, c’est une question de priorité », a-t-elle dit, lors de son déplacement à Saint-Vallier, où l’hôpital est menacé en raison d’un manque de médecins.
« Faire sauter le numerus clausus »
Alors qu’une enquête publiée mercredi dans Libération montre que 20 % des lits dans les centres hospitaliers universitaires (CHU) et les centres hospitaliers régionaux (CHR) sont fermés faute de personnels, la maire de Paris s’est rendue dans cette petite commune ouvrière de 4 000 habitants, à quarante-cinq minutes de TER de Lyon. Elle s’est engagée à interpeller le premier ministre, Jean Castex, pour tenter de sauver le service de rééducation de l’hôpital, qui accueille des patients post-AVC, souffrant de maladies dégénératives ou des grands accidentés de la route, mais qui va perdre 45 de ses 60 lits, avec le départ de trois des quatre médecins du service. « Je viens dire que les questions de santé sont prioritaires », a-t-elle expliqué. « Le manque de médecins, ce n’est pas nouveau », a-t-elle asséné, déplorant un « manque d’anticipation » des autorités sur le sujet.
Lire aussi : Les ratés du début de campagne d’Anne Hidalgo
Pour lutter contre le manque de personnels dans les hôpitaux, la maire de Paris souhaite également « faire sauter complètement l’idée du numerus clausus », a-t-elle fait savoir jeudi matin sur BFM-TV. Si le gouvernement l’avait supprimé pour la rentrée 2020, c’est désormais aux universités de fixer ce contingentement, en fonction de leurs capacités de formation et des besoins de santé du territoire.
« C’est ce qui nous a empêchés pendant très longtemps de recruter notamment des médecins, a expliqué Mme Hidalgo. En France, dans notre pays, beaucoup de jeunes qui ont cette vocation, qui ne peuvent pas accéder à cette carrière de médecine, vont en Belgique ou en Roumanie pour se former. On manque de médecins, il faudrait former 15 000 médecins par an en France, on en forme moins de 10 000. »
Le Monde avec AFP
Commentaires du Dr Jean SCHEFFER:
Dire qu’il faut supprimer les ARS, ce n’est pas sérieux, car cela peut faire croire au grand public à un miracle si jamais cela se faisait. Il faut régionaliser la santé sous l’égide de nouvelles ARS, devenues démocratiques avec voix délibérative de toutes les parties prenantes y compris les usagers et les associations de patients. Il faut leur donner une indépendance financière avec une enveloppe qui réponde aux besoins réels.
Pour ce qui concerne le numerus clausus, il est passé en peu de temps de 7000 à 12000 étudiants en deuxième année, ce qui atteint les capacités maximum de formation des facultés, et du nombre de Maîtres de stages qui va en diminuant.
Je ne sais qui conseille Mme Hidalgo, mais c’est pas terrible , ou bien c’est du populisme primaire assumé. Par contres OK pour supprimer la T2A, surtout en psychiatrie et en SSR, et pour toutes les pathologies chroniques.
Le flou des déclarations concernant la régulation des installations, semble montrer qu’elle est sensible au lobby des défenseurs de la liberté d’installation, ce qui est une position complètement passéiste. Bref un début de campagne sur la santé pas réussie, à l’image du doublement de salaire des enseignants.
Ce n’est pas parce-qu’on est en retard dans les sondages qu’il faut proposer n’importe quoi !