Report de la loi RIST ou Comment ignorer une plaie béante des hôpitaux
(Communiqué Syndicat des Gynécologues et Obstétriciens)
Imprimer la listeRecherche27/10/2021
Émis par : SYNGOF
La réforme des intérimaires dans les hôpitaux est une mauvaise réponse à de bonnes questions pour les médecins de la périnatalité, les gynécologues, les obstétriciens, les médecins anesthésistes réanimateurs et pédiatres hospitaliers
L’appel aux intérimaires est devenu tellement vital pour les structures hospitalières, au niveau des urgences, des blocs opératoires, des maternités et des services à soins continus, que les sommes versées se sont parfois envolées.
En 2020, un décret ayant tenté de plafonner les rémunérations n’avait pas pu être appliqué face au risque de fermeture de services.
Dans l’urgence, le ministère sous l’égide du projet de loi RIST tente cette fois de passer en force dans les mois à venir.
Le SYNGOF dénonce les 30 à 40% des postes de médecins hospitaliers vacants.
Le recours aux intérimaires peu engagés dans les fonctionnements des services permet juste de boucler les listes de gardes.
Il faut briser la spirale, départs et congés non remplacés, poids des gardes et astreintes, pression médico-légale, fermeture de lits d’hôpitaux, charge de travail, absence de revalorisation de la permanence des soins, service non attractif et tâches administratives qui conduisent à une mise en danger des parturientes.
Le SYNGOF alerte nos concitoyens et appelle les pouvoirs publics à reconnaître le poids de l’engagement 24h/24 dans les urgences gynécologiques ainsi que la sécurité dans les salles de naissance, en prenant de réelles mesures de fond, restaurant l’attractivité, avec des équipes stables de praticiens hospitaliers.
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« Tri des patients », « perte de chance »… Un collectif alerte sur la situation « catastrophique » en pédiatrie
La situation est d’autant plus « grave » pour Christophe Marguet, chef de service au CHU de Rouen, que « l’hôpital public est le seul recours en médecine pédiatrique ».
Le MondePublié hier à 21h08, mis à jour à 01h23
Temps de Lecture 4 min.
Le Collectif inter-hôpitaux (CIH) sonne l’alarme. « Des enfants en situation d’urgence ne peuvent plus être pris en charge par les services compétents », a dénoncé cette organisation de soignants, jeudi 28 octobre.
« Les difficultés que nous rencontrons actuellement sont totalement inédites », a déclaré Oanez Ackermann, du service d’hépatologie pédiatrique du centre hospitalo-universitaire (CHU) Bicêtre (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), dont 10 lits sur 24 sont aujourd’hui fermés. « En ce mois d’octobre, nous n’avons pas pu accueillir cinq enfants en situation d’urgence vitale » et nous avons dû annuler « 25 hospitalisations programmées depuis plusieurs mois », a détaillé la pédiatre lors d’une conférence de presse organisée par le CIH et rediffusée sur YouTube.
Relire la tribune d’un collectif de pédiatres (2019) : s« Les soins hospitaliers pédiatriques sont en totale déshérence »
« Perte de chance »
« C’est du tri », a affirmé Véronique Hentgen, pédiatre au centre hospitalier de Versailles, évoquant le report d’une chirurgie pour une infection ganglionnaire, la non-hospitalisation d’un enfant nécessitant un électroencéphalogramme pendant vingt-quatre heures, d’un autre souffrant de douleurs articulaires ou encore l’impossibilité de poser des pompes à insuline « car il n’y a plus de place d’hospitalisation ». « Nous sommes donc aujourd’hui à la croisée de deux chemins : soit le politique décide d’abandonner l’hôpital public, soit il prend enfin le problème à bras-le-corps et engage une réforme de fond (financement, recrutement, gouvernance) qui garantira un accès aux soins pour tous de qualité », a jugé Mme Hentgen.
La situation est d’autant plus « grave » pour Christophe Marguet, chef de service au CHU de Rouen, que « l’hôpital public est le seul recours en médecine pédiatrique ». « A terme, on constate une perte de chance pour l’enfant qui a besoin de soins, pour les parents confrontés à la maladie chronique, et un épuisement des soignants », a expliqué Isabelle Desguerre, chef du service de neuropédiatrie à l’hôpital Necker-Enfants malades.
Elisabeth Ouss, pédopsychiatre au sein du même établissement, a fait état de « conditions inéthiques, suscitant une charge mentale, une responsabilité terrible, qui ne suscitent pas de vocations et contribuent à éloigner de l’hôpital de jeunes praticiens ». Laurent Rubinstein, infirmier aux urgences et en réanimation, dit arriver à l’hôpital « la boule au ventre car [les soignants] ne sav[ent] pas s’[ils sont]en nombre suffisant ».
Réponse de la ministre
Cette alerte a été relayée, dans la soirée, au Sénat, par la sénatrice Sylviane Noël (Les Républicains) à la ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon.
« Sur la pédiatrie, c’est sûr, il y a des tensions, nous n’en disconvenons pas », a reconnu la ministre, au banc du gouvernement pour l’examen du projet de loi portant « diverses dispositions de vigilance sanitaire ».
« Mais il n’y a pas de tri, notamment dans les urgences », a affirmé MmeBourguignon, ajoutant qu’« il est hors de question de ne pas prendre un enfant en urgence vitale ».
Lire aussi (2019) : « On a frôlé la catastrophe sanitaire » : les services pédiatriques d’Ile-de-France au bord de la rupture
Le cri d’alarme du collectif intervient alors qu’une épidémie de bronchiolite fait rage en France. En métropole, toutes les régions sont en phase épidémique, à l’exception de la Bretagne et la Corse, qui sont en phase préépidémique. Lors de la semaine du 18 octobre, 3 342 enfants de moins de 2 ans ont été vus aux urgences pour une bronchiolite, dont un tiers (1 138) a ensuite dû être hospitalisé. Dans les deux cas, 9 sur 10 avaient moins de 1 an.
Arrivée « plus précocement » cette année, celle-ci « met en difficulté » les services pédiatriques de l’hôpital Necker, à Paris, explique le professeur Sylvain Renolleau, chef du service de réanimation pédiatrique. « Nous ne pouvons pas ouvrir toute notre capacité d’accueil, que ce soit en soins critiques, en pédiatrie générale ou dans les autres spécialités », ajoute-t-il.
Courante et très contagieuse, la bronchiolite provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, rapide et sifflante. La plupart du temps bénigne, elle peut toutefois nécessiter un passage aux urgences, voire une hospitalisation.Lire aussi Article réservé à nos abonnésAvec le retour de la bronchiolite, les hôpitaux de nouveau sous tension
Fermeture de plus de 5 700 lits à l’hôpital
Cette conférence de presse intervient également au lendemain d’un entretien publié dans Libération, dans lequel le ministre de la santé, Olivier Véran, a esquissé les raisons de la fermeture de plus de 5 700 lits d’hospitalisation complète en 2020 (« faute de soignants, faute surtout de pouvoir en recruter »).
Outre le manque de personnel, le ministre de la santé notait une augmentation de l’absentéisme ainsi que des démissions. Résultat : « Dans seize CHU, [on constate] une hausse de près d’un tiers des postes vacants chez les paramédicaux par rapport à l’automne 2019. » Les nouveaux recrutements ne suffisent pas à compenser les besoins. Entre 2018 et 2021, un peu plus d’un millier d’étudiants infirmiers en formation ont « démissionné avant la fin de leurs études ».
Dans son avis du 5 octobre, le conseil scientifique faisait, lui, état d’« un pourcentage important de lits fermés, chiffré à environ 20 % », malgré un « recours déjà important et en augmentation aux heures supplémentaires et à l’intérim ».
Lire aussi Fermetures de lits à l’hôpital : l’inquiétude remonte chez les soignants
Le Monde
Publié le 29/10/2021
Alerte ! La pédiatrie hospitalière est exsangue

Paris, le vendredi 29 octobre 2021
– Hier, le Collectif inter-hôpitaux organisait, dans l’urgence, une (visio)conférence de presse pour alerter sur la situation dramatique de la pédiatrie hospitalière (couplée à une désertification galopante de la spécialité en ville).
Désormais, ce ne sont pas ‘’juste’’ les services de pédiatrie générale des hôpitaux généraux qui sont en difficultés, c’est toute une filière, des hôpitaux de proximité au CHU, du service général au centre de références pour les maladies rares.
Le collectif dresse le sinistre tableau de la spécialité : « A l’instar de la grave crise que traverse l’hôpital public, les services de pédiatrie font face à la fermeture de lits ou à l’impossibilité d’ouvrir leurs lits saisonniers par manque de puéricultrices et d’infirmières, d’auxiliaires puéricultrices et de pédiatres. Les urgences pédiatriques sont submergées comme tous les hivers par les épidémies virales (…) Les fermetures de services d’urgences pédiatriques ou accueillant des enfants dans les villes de taille moyenne font la une des journaux. (…) Se surajoutent des consultations par manque de recours en ville, les pédiatres sont en nombre insuffisant, et dans de nombreux territoires, les médecins généralistes sont saturés, seul l’hôpital public a un recours pédiatrique. La situation mentale de notre jeunesse est, elle aussi, alarmante : une vague de troubles psychiatriques principalement chez les adolescents vient heurter notre système qui connait à la fois un déficit chronique de l’offre de pédopsychiatrie et une situation aigue de tension sur l’ensemble de la pédiatrie hospitalière publique. »
Des filières d’excellence en pédiatrie sont-elles encore possible ?
Concernant les services de pointe de prise en charge de pathologies rares, le Dr Oanez Ackermann (service d’hépatologie pédiatrique du Centre Hospitalier Universitaire Bicêtre) a livré un témoignage édifiant.
« La situation actuelle ne nous permet plus de prendre en charge l’ensemble des patients qui relèvent de l’expertise de notre centre, et les conditions de prise en charge des patients qui ont accès à nos équipes se dégradent (…) La pénurie de personnel paramédical, et en particulier, infirmier a maintenant franchi un point critique. Quand seules 2 infirmières au lieu de 4, voire même une seule pendant une partie de la journée parfois, doivent assurer cette charge de travail, non seulement la sécurité de nos patients n’est plus garantie, mais en plus les infirmières n’ont pas le temps d’accompagner, de soutenir et d’écouter. (…) Nous vivons une situation dramatique inédite, mettant en jeu le pronostic vital d’enfants en situation d’urgence. En ce mois d’octobre, nous n’avons pas pu accueillir 5 enfants en situation d’urgence vitale, ayant une hépatite aiguë grave ou une aggravation brutale d’une maladie chronique du foie et relevant d’une transplantation à tout moment. Certains ont dû passer par plusieurs centres de transplantation avant de pouvoir être pris en charge. 2 enfants ont été pris en charge très loin de leur domicile. Nous devons confier à une équipe de transplantation d’adulte de jeunes adolescents faute de place en réanimation, alors que les recommandations sont de les hospitaliser en pédiatrie. (…) Nous sommes aussi contraints d’annuler, au dernier moment, en fonction des places restantes disponibles, des hospitalisations programmées depuis plusieurs mois. Nous sommes arrivés déjà à un compte de 25 annulations en 4 semaines. Toutes les semaines, nous devons choisir parmi nos patients, lesquels nous allons pouvoir faire venir, et lesquels vont devoir attendre. »
Il manque 20 % de lits
Concernant la pédopsychiatrie, en grande difficulté de longue date, le Pr Lisa Ouss (Pédopsychiatrie, Hôpital Necker) a détaillé : « Nous estimons que 25 à 30 % des lits de pédiatrie sont occupés par des adolescents « psy », parfois en unité des tout petits. (…) Si nous avions eu 30, 40, 50 lits, ils seraient tout occupés. Par de jeunes suicidants, par des enfants ou adolescents en situation de maltraitance, actuellement exacerbées ou présentant des troubles somatoformes ».
Une des clefs de compréhension de cette crise d’une ampleur inédite : la situation des infirmiers de ces services.
Laurent Rubinstein (CHU Robert Debré, Paris) et Yann Simon (CHU Bicêtre), tous deux infirmiers ont traduit « l’angoisse » des personnels face à « l’augmentation de la violence», elle-même fruit de temps d’attente augmenté par une pénurie de soignants qui ne peut aller qu’en s’aggravant.
Ainsi, comme l’a souligné le Pr Isabelle Desguerre (Neuro-Pédiatrie, Hôpital Necker) : « Les soignants continuent à quitter l’hôpital, découragés, maltraités, ne trouvant plus sens à leur métier en raison des conditions de travail et d’accueil proposées : horaires infernaux, manque de moyens, manque de formation (la pédiatrie a été supprimée dans le programme des études d’infirmières), manque de sens à leur pratique quotidienne. A ce jour, 20 % des lits nécessaires et souvent déjà insuffisants sont fermés en pédiatrie ».
En d’autres termes, il ne suffira pas d’un Ségur pour sauver la pédiatrie française du naufrage…
F.H.
Les témoignages dramatiques des différents services de pédiatrie dans nos hôpitaux par lse membres pédiatres di CIH
Conférence de presse du collectif inter-hôpitaux avec les pédiatres de différents services de notre pays, de la pédiatrie spécialisée et maladies rares à la pédiatrie générale. Le triage inadmissible qui concerne même des patients sur liste de greffe !
https://www.youtube.com/watch?v=t2XbsCg-RRA
Le dossier de presse de la conférence du CIH sur la pédiatrie
Voir aussi:
Note technique de la fédération hospitalière de France sur l’Intérim:
Commentaires Dr Jean Scheffer:
je suis obstiné: il faut d’urgence établir un « Clinicat-Assistanat pour tous »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=cNOD84