Transport. La ligne de fret exploitée par Railcoop sur les rails dès le 15 novembre
Publié le jeudi 21 octobre 2021 à 18h25min par Audrey Sommazi
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Forte de plus de 9000 sociétaires, Railcoop, cette société citoyenne installée à Figeac dans le Lot, est sur le point d’opérer sa première ligne de fret entre Figeac et Saint-Jory, via l’Aveyron, à partir du 15 novembre.

C’est l’histoire d’un Petit Poucet du rail qui s’immisce au milieu de mastodontes industriels. Alors que seuls de grands groupes étaient attendus pour bousculer les prérogatives de la SNCF, voilà que s’invitent en février 2019 quelques personnes guidées par l’envie de profiter de l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire pour désenclaver les territoires délaissés.
Quelques mois plus tard, à peine, naissait la première société coopérative d’intérêt collectif (Scic) française dédiée au chemin de fer, Railcoop. Depuis sa création, elle a convaincu pas moins de 9200 sociétaires (citoyens, collectivités, entreprises) qui participent à sa capitalisation, évaluée aujourd’hui à 3,4 millions d’euros. Le 22 septembre dernier, la coopérative passait un cap. Elle obtenait du ministère de la Transition écologique la licence d’entreprise ferroviaire. En clair, Railcoop est autorisée à effectuer des services de transport de voyageurs, de transport de marchandises et de traction seule.
Sans tarder, dès le 15 novembre, elle lancera son premier service fret : au départ de Figeac, un train de marchandise desservira les gares de Viviez-Decazeville et Capdenac-Gare, dans l’Aveyron, pour rejoindre la gare de Saint-Jory, aux portes de Toulouse. « Cette liaison nous permet d’embarquer à bord seize camions de marchandise par jour, aller et retour », précise, ravie, Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de Railcoop.
Huit lignes de voyageurs identifiées
La coopérative veut aussi grignoter le monopole de la SNCF sur le marché du transport de voyageurs. Son objectif était de rouvrir, en juin 2022, la ligne de train à vitesse classique entre Lyon et Bordeaux, fermée en 2014 par la SNCF. Pour se déplacer entre les deux villes, les usagers sont depuis lors contraints de passer par Paris et astreints à un changement entre les gares de Lyon et Montparnasse. Railcoop prévoit une liaison directe entre les deux métropoles, à raison de trois allers-retours quotidiens, dont un la nuit.
Mais, le conseil d’administration, réuni le 5 octobre, en a décidé autrement. Il reporte de six mois son lancement. « La raison principale est que le gestionnaire d’infrastructure – SNCF Réseau – n’est pas en capacité de fournir à la coopérative des sillons de qualité, notamment la nuit, en dépit des discussions engagées à ce sujet depuis plus de dix-huit mois », regrette Alexandra Debaisieux, qui signale que huit autres lignes ont déjà été identifiées par les sociétaires réunis en cercles de réflexion, dont une liaison entre Toulouse et Saint-Brieuc, via Le Mans ou Rennes.
Audrey Sommazi
Sur la photo de Une : photo d’illustration d’un train de marchandises.
Sur la deuxième photo : Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de Railcoop. Crédit : DR.