PLFSS 2022 : « un concours lépine anti-médecine libérale » (Communiqué)
Imprimer la listeRecherche26/10/2021
Émis par : CSMF
https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/183152/plfss-2022-un-concours-lepine-anti-medecine-liberale-communique/
Le ministre de la Santé avait pourtant garanti aux syndicats de médecins libéraux qui l’avaient rencontré en septembre que, contrairement aux années précédentes, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2022 ne comprendrait pas de mesures remettant en cause les missions des médecins par des transferts de tâches et de compétences à d’autres professionnels de santé.
Cette décision avait du sens car, au moment où, pour améliorer la réponse aux demandes de soins de la population, les professionnels de santé libéraux s’organisent et se coordonnent sur le territoire dans des équipes de soins primaires, des équipes de soins spécialisés, des maisons de santé pluriprofessionnels et des communautés professionnels territoriales de santé (CPTS), l’heure n’était pas à laisser s’installer la défiance entre ces professionnels par une modification des contours de leur métier.
Il devait s’agir d’une promesse de Gascon, car des amendements votés à l’Assemblée nationale, sans concertation avec les médecins concernés, déstructurent les parcours existants et font courir à la population d’importants risques de diminution de la qualité des soins.
Ainsi, un amendement sur la filière visuelle permet d’exclure l’ophtalmologue de la filière visuelle, au profit des orthoptistes.
Deux autres amendements permettront l’accès direct aux kinésithérapeutes et aux orthophonistes sans prescription médicale.
L’amendement caricatural est celui sur les infirmiers en pratique avancée (IPA) qui permettra, dans trois régions expérimentales, à ces professionnels d’effectuer des primoprescriptions à la place des médecins, et ceci au-delà de ce que leur permet la réglementation actuelle.
Les IPA ont vocation à devenir des professionnels de santé indispensables à la prise en charge, entre autres, des patients atteints de pathologies chroniques stabilisés dans les territoires à faible démographie médicale, permettant ainsi de libérer du temps médical. Les médecins généralistes pourront ainsi prendre en charge des patients sans médecin traitant ou, grâce à leur expertise médicale, consacrer plus de temps à des patients présentant des situations complexes.
Déjà de nombreuses maisons de santé pluriprofessionnelles et des centres de santé ont salarié des IPA ou envisagent de le faire pour la plus grande satisfaction des professionnels, médecins généralistes compris, et des patients.
Cependant, les IPA libéraux peinent à trouver leur place dans notre système de santé, victimes de la défiance des médecins généralistes de se voir marginaliser, voire court-circuités, dans le suivi des patients dont ils sont médecins traitants.
Les parlementaires pensent-ils qu’un tel amendement va améliorer cette situation ?
Bien sûr que non et, dans les trois régions qui seront choisies pour mener l’expérimentation définie par cet amendement, on peut être assuré que les médecins généralistes refuseront de travailler avec des IPA libéraux.
Il est regrettable de voir des parlementaires, tels des inventeurs farfelus du Concours Lépine, décider ainsi, sans concertation avec les médecins, de déstructurer l’organisation de notre système de santé alors que progressivement se mettent en place, au travers de nouvelles organisations territoriales libérales, une coordination et une coopération entre les différentes professions de santé.
Démantèlement de la médecine libérale : « l’UFML-S appelle les médecins à l’offensive »
Imprimer la listeRecherche26/10/2021
Émis par : UFML
https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/183144/demantelement-de-la-medecine-liberale-lufml-s-appelle-les-medecins-a-loffensive-communique/
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, adopté récemment par la commission des affaires sociales contient des articles qui autorisent l’accès direct des patients aux orthoptistes, orthophonistes et masseurs kinésithérapeutes. A cela il faut ajouter l’autorisation de la prescription des substituts nicotiniques aux pharmaciens, et des vaccins aux infirmiers.
Les décisions qui ont présidé à ces articles ont été prises, et c’est une constante, sans la moindre discussion, négociation ou concertation avec les représentants des médecins.
La notion d’expérimentation ne change rien à l’affaire. Quand le montage se fait sans négociation, l’expérimentation du moment signe son application future. Sa limitation aux Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) tient, disons-le, d’un enfumage qui ne prend pas.
L’UFML-S a toujours soutenu la pluriprofessionnalité, mais refuse que les décisions qui impactent l’exercice professionnel des médecins soient prises sans la participation des représentants des médecins. Nous dénonçons des solutions qui n’en sont pas et prétendent masquer l’incohérence et les carences du gouvernement face à une crise démographique de la médecine de ville sans précédent. Crise qu’il contribue à aggraver depuis 2017.
Le choix fait d’ignorer totalement la médecine de ville et de poursuivre une politique hospitalo- centriste dépasse aujourd’hui toutes les possibilités d’acceptation des médecins.
Ajoutons à cela :
- L’autorisation (et le financement par l’assurance maladie), à des entreprises financées par des fonds de pension, d’ouvrir des centres de santé aux médecins forfaitisées par ces mêmes entreprises.
- L’article dans le projet de loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante, qui permettrait au gouvernement, par voie d’ordonnance, d’ouvrir à la participation de sociétés non soignantes au capital des Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) et autres structures de soin. Cet article va aggraver la perte d’indépendance des médecins et induire la financiarisation du soin.
S’adjoint à cela, aggravant les difficultés de la médecine libérale :
- Les actes bloqués à 25 euros pour la consultation, et 35 euros pour la visite. Ce tarif n’a plus aucun lien avec la réalité des pratiques, des rôles, et de la responsabilité des médecins.
- La difficulté, toujours plus importante, pour les médecins à faire face à la demande de soin, alors que les ressources professionnelles médicales se font de plus en rares, que les demandes de soins augmentent, qu’il devient très difficile de trouver un remplaçant et que la pression administrative et le mépris institutionnel sont continus…
L’UFML-S rappelle que 75 % des internes en médecins souffrent d’anxiété, 50 % des médecins généralistes ont au moins un critère de burn-out, 75 % des Français sont sur des territoires qui relèvent de Zones d’interventions prioritaires (ZIP) ou de Zones d’actions complémentaires (ZAC). Les déserts médicaux sont partout.
Tels sont les résultats des politiques sanitaires successives, tel est le résultat de l’absence d’une politique sanitaire tournée vers la ville, de ce gouvernement et de ce ministre de la santé.
Face à cette crise historique de notre système sanitaire, l’UFML-S demande aux médecins de s’opposer au démantèlement organisé de la médecine libérale et appelle à :
1 – Des États Généraux et un plan Marshall tarifaire de la médecine libérale,
2 – La reprise des négociations conventionnelles dès après ces États Généraux,
3 – Un moratoire sur les délégations de tâches et l’annulation des délégations décidées sans négociations avec la profession,
4 – La garantie du maintien du régime indépendant de retraite des médecins qui n’est en rien un régime spécial,
5- L’extension des rémunérations des Permanences de Soins Ambulatoires (PDSA) au samedi matin.
Nous invitons les médecins à entrer dans un mouvement progressif d’arrêt de participation à la PDSA et de l’exercice. Nous entrerons en grève de week-end à partir du 1er décembre.
En l’absence d’engagement ce mouvement se durcira par l’étendue de la grève aux gardes de semaine dès le 1er janvier 2022.
Sans résultats, nous entamerons une journée de grève (arrêt d’activité) « coup de semonce » le 10 mars 2022 à un mois du premier tour de la présidentielle. Puis à un arrêt global de l’activité sans date de reprise, à partir du 24 mars, à un mois du deuxième tour de la présidentielle.
L’UFML-S est parfaitement consciente de l’impact de telles mesures, mais nous sommes encore plus conscients du risque lié au démantèlement de la médecine libérale sur la santé de tous les Français.
Nous rappelons notre soutien et notre participation à toutes les grèves des visites initiées par SOS médecins.
Contact :
Laurent Payet : laurent@lp-conseils.com
Les délégations de tâches sans concertation sont un non-sens
Communiqués Publication : 22 Octobre 2021 Temps de lecture: 1 min Mis à jour : 22 Octobre 2021
PLFSS 2022 : MG France voit rouge !
Comme chaque année à cette époque, le bal des amendements au PLFSS 2022 bat son plein, et chacun propose de grignoter des morceaux du métier de médecin généraliste.
Malgré sa promesse de ne pas déstabiliser notre profession par des délégations de tâches, voire de missions, sans concertation, le gouvernement porte des amendements qui contredisent son engagement. MG France refuse les transferts de tâches incohérents qui désorganisent le parcours de soins sans améliorer le suivi des patients.
Faute d’être parvenus à renforcer l’attractivité du métier de médecin généraliste traitant, le pouvoir politique et les parlementaires tentent désormais de le faire disparaitre.
Trop c’est trop.
Tant que ces amendements ne seront pas rejetés, MG France appelle ses adhérents à se retirer des expérimentations SAS et invite les autres représentants des médecins libéraux à faire de même.
La médecine générale est le socle d’un système de santé organisé et efficace : elle mérite d’être encouragée et respectée !
Lettre ouverte aux parlementaires qui imaginent améliorer l’accès aux soins en confiant les missions du médecin traitant à d’autres acteurs (Communiqué)
Imprimer la listeRecherche27/10/2021
Émis par : MG France
https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/183236/lettre-ouverte-aux-parlementaires-qui-imaginent-ameliorer-lacces-aux-soins-en-confiant-les-missions-du-medecin-traitant-a-dautres-acteurs-communique/
Comme chaque Français, comme chaque élu, en tant que parlementaire vous êtes confronté aux problèmes d’accès de nos concitoyens à un médecin traitant. Comme chacun d’entre eux, vous le regrettez.
MG France, premier syndicat des médecins généralistes, le regrette comme vous et comme nos patients. Depuis plus de 10 ans MG France alerte les pouvoirs publics et souligne les conséquences sur l’accès aux soins de la crise démographique qui touche la médecine générale.
Rien n’a été fait pour améliorer l’attractivité de ce métier :
- comment reprocher aux jeunes médecins de ne pas choisir la spécialité médicale qui effectue le plus d’heures de travail et qui est la moins bien rémunérée ?
- comment reprocher à de nombreux médecins d’abandonner le statut libéral pour un statut salarié à 35h, que vous-mêmes leur proposez parfois, faute d’attirer les libéraux dans des maisons médicales dont l’architecture a été décidée sans qu’ils ne se soient manifestés ?
- comment avoir envie de s’orienter vers la seule spécialité médicale que beaucoup d’élus souhaitent contraindre (propositions de lois instaurant une coercition à l’installation) ?
Croyez-vous que le généraliste acceptera facilement de voir son rôle cantonné à la rédaction d’interminables certificats, son activité consacrée au suivi complexe de patients poly-pathologiques ou aux consultations la nuit ou les jours fériés, avec un modèle économique où la prise en charge est au même tarif quelle que soit la complexité et la durée du soin ?
Faute d’avoir suffisamment de bras, vous imaginez que notre rôle de médecin généraliste traitant peut être tenu par un infirmier, un pharmacien ou un kinésithérapeute.
Et pour cela vous proposez, quand ce n’est pas le ministère lui-même, un catalogue d’amendements présentés comme des solutions palliatives.
Bien sûr, un vaccin peut être administré par un pharmacien, bien sûr un traitement peut être surveillé par un infirmier et une lombalgie prise en charge par un kinésithérapeute.
Mais cela suppose que le diagnostic soit fait, ce qui est le rôle essentiel du médecin. Un symptôme en apparence banal comme une douleur lombaire peut être le signe d’une maladie grave.
Ce diagnostic est suivi d’une orientation thérapeutique et d’un parcours de soins.
Chaque professionnel de santé trouve ainsi sa place dans ce parcours initié et coordonné par le médecin traitant.
Voilà pourquoi MG France vous demande de repousser les amendements qui désorganisent nos missions et vont à l’encontre d’un parcours de soins coordonné entre tous les professionnels de santé.
MG France est favorable à un système de santé organisé, efficace et cohérent.
Ne découragez pas le médecin généraliste d’exercer son métier.
Contacts :
Président
Jacques Battistoni
Secrétaire général 1ère Vice-Présidente
Margot Bayart
Secrétaires généraux adjoints
Alice Perrain
Jean-Christophe Nogrette
Trésorier
Jean-Claude Soulary
Trésorière adjointe
Isabelle
Domenech Bonet
Vice présidents
Valérie Duthil
Agnès Giannotti
Jean Christophe Calmes
Charles Pencz
Membre de droit
Gwenaelle Derrien