Les voies de la médecine utopique – Le toucher dans le soin
Cette émission est en lien avec le numéro 93 de Pratiques : Peut-on soigner sans toucher ni être touché…
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La médecine moderne a développé des outils permettant de distinguer les organes et d’en mesurer le fonctionnement. La tendance objectiviste qui accompagne ces progrès technologiques a pour corollaire une négligence du ressenti et de la subjectivité de la personne, réduite à ses symptômes. L’écoute, le regard, le toucher, ne font quasiment plus partie de l’examen diagnostique et font disparaître de la consultation le temps précieux de la relation sans laquelle le soin est réduit à sa plus simple expression. Le désir de distanciation qui anime nombre de praticiens, craignant d’être « touchés », prend le pas sur l’indispensable expression de leur empathie à l’égard de ceux à qui ils prétendent venir en aide, comme si tout ce qui permet le rapprochement du soigné et du soignant présentait un risque de confusion.
[…]LectureR10 Le toucher dans le soin
par revue Pratiques
Pour en parler, Frédéric Pierru donne la parole à Laurent Carrive (Philosophe, chercheur en psychopathologie et psychanalyse (PhD)), et à Anne Perraut Soliveres, (cadre supérieur infirmier retraité, chercheure et directrice de la rédaction de la revue Pratiques).
Cette émission n’aurait pu voir le jour sans la complicité de Renaud Soliveres, comédien, metteur en scène, musicien compositeur et interprète qui assure le soutien logistique, la mise en musique, les liaisons et le montage.
L’indicatif a été composé par Jaywalker6, musicien compositeur interprète qui nous l’a gentiment offert. Il est tiré de « Bright city night ».
L’émission « Les voies de la médecine utopique » fait son entrée sur Fréquence paris plurielle . Nous, soignants, médecins, chercheurs autour de la santé mettrons en ondes les questions que nous posent la santé et la médecine. Voir toutes nos motivations.
Contact responsable de l’émission : Anne Perraut Soliveres, tel 06 13 15 17 98 mail : soliveres.cmu@orange.fr
N°93 – avril 2021
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Pratiques N°93 Peut-on soigner sans toucher ni être touché…
La médecine moderne a développé des outils permettant de distinguer les organes et d’en mesurer le fonctionnement. La tendance objectiviste qui accompagne ces progrès technologiques a pour corollaire une négligence du ressenti et de la subjectivité de la personne, réduite à ses symptômes. L’écoute, le regard, le toucher, ne font quasiment plus partie de l’examen diagnostique et font disparaître de la consultation le temps précieux de la relation sans laquelle le soin est réduit à sa plus simple expression. Le désir de distanciation qui anime nombre de praticiens, craignant d’être « touchés », prend le pas sur l’indispensable expression de leur empathie à l’égard de ceux à qui ils prétendent venir en aide, comme si tout ce qui permet le rapprochement du soigné et du soignant présentait un risque de confusion.
La Covid, qui continue à sévir, accentue, voire prescrit cette tendance à la séparation physique des personnes soignées et soignantes, dont la téléconsultation est devenue le symbole. Les termes de distanciation sociale, gestes barrières vont alors bien au-delà de la prudence recommandée en vue de diminuer les risques de contamination. L’interdiction de se toucher, même la main, d’embrasser ceux qui nous sont chers, entretient une artificialisation des comportements et pèse cruellement sur les relations familiales, amicales etc.
Nombre de soignants ne peuvent cependant envisager leur métier comme une pratique sans toucher ni contact, et souffrent de ces nouvelles normes érigeant l’asepsie et la distance en dogme et affaiblissant la pratique clinique.
Les réductions drastiques de personnel dans les hôpitaux et les fermetures de lits sont fondées sur la quantification des actes et la rationalisation des gestes. L’absence de considération du temps nécessaire à la rencontre, pour des soins de qualité, tels que les conçoivent les professionnels et que l’attendent les patients, contribue au sentiment de perte de sens et à la démobilisation des soignants.
Quelle révolution devrons-nous opérer dans la formation des soignants, des médecins et des gestionnaires pour qu’ils intègrent la nécessité de défendre le temps d’une relation de soin épanouissante pour eux-mêmes comme pour les patients ? La subjectivité, la construction d’une confiance mutuelle sont indispensables pour répondre aux attentes des personnes en difficulté et conforter leur propre équilibre psychique.
À NOTER :
– La case cochée en vert clair devant les articles indique que celui-ci peut être lu directement sur le site. Ce sont soit des articles en accès libre, soit des versions longues d’articles parus dans la revue.
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Sommaire du N°93
- Sauvons la psychiatrie par Pierre Delion (p. 1)
- L’ours du n° 93 (p. 2)
- Une gesticulation fort à propos par Françoise Acker, Franck Lepage, Anne Perraut Soliveres, Jean Vignes (p. 4)
- — DOSSIER — (p. 9)
- Le temps du toucher par Anne Pagès (p. 10)
- Les premiers soins par Isabelle Canil (p. 11)
- Toucher, non sans délicatesse par Pascal Boissel (p. 12)
- Des gestes barrière comme il en pleut par Sandrine Deloche (p. 14)
- Corps à corps par Anne Perraut Soliveres (p. 16)
- Du bout des doigts par Isabelle Canil (p. 21)
- Soigner, toucher, sensibilité en péril par Laurent Carrive (p. 22)
- Mains de médecin par Margot Ferry (p. 26)
- La relation en touche ? par Florian Besseau (p. 29)
- L’haptonomie : toucher pour rencontrer par Christophe Lagabrielle (p. 30)
- Le toucher mental est-il téléportable ? par Eric Bogaert (p. 32)
- Téléorthophonie, mon amie par Claire De Firmas (p. 34)
- Adolescents dans la violence extrême par Anne Costantini (p. 36)
- Un bisou par Anne Perraut Soliveres (p. 39)
- Faire corps, de la résistance au soin par Sandrine Deloche, Laura Foucher (p. 40)
- Léo, l’équipe et moi par Manon Baverel (p. 42)
- Polygamie, polygynie : quid du toucher ? par Nadine Weibel (p. 45)
- Confinement et pratique de la diététique par Maxime Banville (p. 46)
- Récurage et rasage… par Serge Sadois (p. 48)
- Façons de toucher à l’hôpital par Marie-Christine Pouchelle (p. 49)
- Jeux de mains, jeux de vilains par Jean Vignes (p. 52)
- Sous le masque par Arben Elezi (p. 55)
- Médiation en santé mentale par Valérie Brilleman (p. 58)
- La kinésithérapie en perte d’identité par Fabrice Miguel (p. 60)
- Fracture numérique et fracture sociale par Stefania Marsella (p. 62)
- Lever les (gestes) barrières par Patrice Desmons (p. 64)
- Le « touché ! » du psy par Benoit Marsault (p. 66)
- Un toucher qui libère par Laurence Gendron (p. 68)
- Toucher sans les yeux par Jean-Pierre Brouillaud (p. 69)
- Le toucher empathique par Marcel Nuss (p. 70)
- In extremis par Anne Perraut Soliveres (p. 71)
- Télémédecine et médecine du travail par Alain Carré (p. 72)
- De visu ou en visio ? par Serge Sadois (p. 73)
- Souvenir de soins touchants par Bernard Roy (p. 74)
- Itinéraire d’un toucher suspendu par Martine Samé (p. 77)
- Tact et contact par Annick Bernabéo (p. 80)
- Le toucher du kiné par Quentin Cabeke (p. 82)
- Ces gens d’ailleurs par Patrick Dubreil (p. 84)
- Dialoguer par le toucher par Nathalie Touaty (p. 86)
- — MAGAZINE — (p. 87)
- Mauvaises ondes par Jean Vignes (p. 90)
- Passer à la caisse par Georges Yoram Federmann (p. 91)
- Et si c’était enfin vrai ! par Didier Ménard (p. 92)
- Le loup qui se limait les dents par Didier Morisot (p. 94)