Mettons nous à jour sur l’état actuel de la pandémie

Samedi 23 Octobre: le point sur la pandémie qui repart dans plusieurs pays et peut-être chez nous

A écouter absolument un excellent entretien à la matinale de France Inter le 18 Octobre. Des questions très judicieuses de Nicolas Demorand et des réponses claires, pédagogiques du Pr Amouyel de l’Institut Pasteur de Lille.

Un C’ dans l’air également très intéressant Samedi soir: çà repart ?

Avec ces deux écoutes vous serez au point.

En annexe deux articles du JIM (journal international de la médecine)

Bonne écoute et bonne lectures

Dr Jean SCHEFFER

Vendredi 22 octobre 2021

par Nicolas Demorand ,  Léa Salamé

Philippe Amouyel : « Il faudrait éviter un pic de grippe et de Covid »

Professeur Philippe Amouyel, épidémiologiste, professeur de Santé Publique au CHU de Lille, directeur de la fondation Alzheimer, est l’invité du Grand entretien de la matinale

Publié le 18/10/2021 Ecouter/

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-vendredi-22-octobre-2021

Philippe Amouyel.
Philippe Amouyel. © Radio France

Il n’y a actuellement pas de reprise ni de nouvelle vague du Covid-19 en France « mais un arrêt de la décroissance qu’on connaissait depuis deux mois« , indique le Professeur Philippe Amouyel, épidémiologiste, professeur de Santé Publique au CHU de Lille. Cela est dû à « un changement de comportement », selon l’épidémiologiste : « On voit de plus en plus de gens qui toussent, éternuent et ce n’est pas du Covid mais du rhume donc cela signifie que toutes les infections virales banales sont en train de revenir – les gastroentérites ou encore les bronchiolites aussi – ce qui montre que les mesures barrières sont en train de tomber. »

Cette hausse des nouveaux cas ces dernières semaines ne menace pas l’hôpital, grâce à la vaccination. « On a pu avoir en France un taux de vaccination remarquable et cela protège ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne le sont pas », rappelle le Professeur, qui souligne le chiffre de 86 % des personnes éligibles vaccinées : « C’est un vrai succès. » 

« On va continuer à convaincre mais peut-être qu’un jour il faudra, si l’épidémie est endémique, envisager quelque chose d’obligatoire. »

Mais il rappelle également que 500.000 personnes à risques sont encore à convaincre de se faire vacciner, auxquelles s’ajoutent celles devant recevoir la troisième dose. « Il faut vacciner les plus fragiles », alerte Philippe Amouyel. « Si on regarde les classes d’âge pour lesquelles les contaminations remontent, il y a les moins de 12 ans mais aussi les 60-80 ans. C’est dans cette population qu’il y a eu les premières vaccinations et il est important de relancer l’immunité », dit-il, en appelant à se faire injecter la troisième dose, « outil important du bouclier » chez les plus de 65 ans. « On va continuer à convaincre mais peut être qu’un jour il faudra, si l’épidémie est endémique, envisager quelque chose d’obligatoire », poursuit-il. 

Pour le moment, seulement 2 des 6 millions de personnes éligibles à cette troisième dose l’ont reçue. Le gouvernement envisage de conditionner la validité du pass sanitaire à l’injection de la troisième dose. « La communication autour de cette troisième dose est peut-être un peu brouillée donc il faut réexpliquer, faire un effort d’information et, si jamais on arrivait dans des situations difficiles, envisager des contraintes mais cela doit être une des dernières armes. » 

Concernant la vaccination des enfants de moins de 12 ans, « cela permettrait de gagner en termes de bouclier immunitaire », indique le Professeur, mais il faut attendre de connaître les résultats d’études à ce sujet avant de se pencher sur la question.

« Il faudrait éviter un pic de grippe et de Covid. »

La vigilance quant à la reprise de l’épidémie est d’autant plus grande qu’elle risque de se coupler à la hausse des cas de grippe. « On n’a pas vu de grippe l’hiver dernier. Or, chaque année on s’immunise tous un peu contre la grippe si bien que le nouveau variant tombe sur une barrière immunitaire », explique le Professeur Philippe Amouyel. « Là, on ne sait pas complètement si les variants sélectionnés dans le vaccin grippal vont être efficaces donc il faut continuer cet hiver à se préparer à cela et en maintenant des mesures barrières. »

« Il faudrait éviter un pic de grippe et de Covid » aussi parce que le système de santé est fragilisé, avec des soignants à bout de souffle, souligne celui qui est aussi professeur de Santé Publique au CHU de Lille. Il rappelle qu’avant même l’arrivée du Covid-19, il y avait une crise à l’hôpital concernant l’accueil et la qualité de vie, dès décembre 2019.

Covid: ça repart… En France aussi (C dans l’Air Samedi 23 Octobre

avec Anne Claude Crémieux (Académie de médecine), Pr Bertrand Guidet réanimateur (St Antoine), Pr Antoine Flahault (Genêve)

https://www.france.tv/france-5/c-dans-l-air/2828031-emission-du-samedi-23-octobre-2021.html

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ublié le 25/10/2021

Vers une 5ème vague en Europe de l’Ouest ?

Londres, le lundi 25 octobre 2021

https://www.jim.fr/pharmacien/actualites/pro_societe/e-docs/vers_une_5eme_vague_en_europe_de_louest__189731/document_actu_pro.phtml

Plusieurs pays d’Europe de l’Ouest observent une hausse des contaminations depuis quelques semaines, mais ses conséquences devraient être minimisées du fait de la vaccination.

L’Europe occidentale n’est pas encore débarrassé de la Covid-19. Malgré un taux de vaccination important dans tous les pays d’Europe de l’Ouest (plus de 70 % des habitants vaccinés), le virus continue de circuler et même de progresser. Si le Royaume-Uni était jusqu’alors le seul pays de la région à connaitre une hausse des contaminations, l’Europe continentale est désormais également touchée. La Belgique et les Pays-Bas connaissent une reprise épidémique relativement importante ces dernières semaines, tandis que la hausse est plus légère en France et en Allemagne. L’Europe du Sud est pour le moment épargné.

Pas de retour des restrictions au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, la hausse du nombre de contaminations, qui a débuté à la mi-septembre, continue de s’accélérer. Le pays compte actuellement plus de 45 000 nouveaux cas par jour, contre moins de 30 000 il y a cinq semaines. Une nouvelle vague qui pourrait être dûe à un sous-variant du variant delta récemment découvert et potentiellement plus contagieux. Le nombre d’hospitalisations et de décès est également en hausse modérée, avec environ 130 morts dus au Covid-19 chaque jour.

Face à cette situation, une fédération d’hôpitaux britanniques a demandé au gouvernement de rétablir certaines des restrictions sanitaires, qui ont toutes été abandonnées le 19 juillet dernier, dont notamment le port obligatoire du masque dans les lieux publics fermés. Réponse négative du ministre de la Santé Sajid Javid, qui a indiqué que les autorités misaient sur la vaccination des adolescents et la 3ème dose pour faire refluer l’épidémie.  

La Belgique divisée sur le passe sanitaire (aussi)

En Belgique, le nombre de contaminations a été multiplié par trois en l’espace de deux semaines, pour atteindre 6 000 nouveaux cas par jour, du jamais vu depuis le mois de mars. Le nombre d’hospitalisations est également en légère hausse. Certains scientifiques et responsables politiques accusent le « laxisme sanitaire » de la région des Flandres d’être à l’origine de cette reprise épidémique. En effet, dans les Flandres, le port du masque n’est plus obligatoire depuis le 1er octobre. Et contrairement à leurs compatriotes Wallons, les habitants des Flandres n’ont pas besoin d’un passe sanitaire pour se rendre dans les restaurants, cafés et lieux culturels. Le ministre de la Santé Frank Vandenrboucke souhaite donc que le gouvernement fédéral reprenne la main et impose le passe dans tout le royaume.
La hausse des contaminations est plus modérée en Allemagne avec 12 000 contaminations quotidiennes environ, contre 8 000 il y a deux semaines. Le taux d’incidence est remonté à 100 cas pour 100 000 habitants, son niveau du mois de mai. Le gouvernement dit être « vigilant » face à cette reprise épidémique qui pourrait s’accentuer pendant l’hiver et appelle les Allemands à se faire vacciner.

Avec 68,5 % des habitants vaccinés, l’Allemagne accuse un léger retard sur la plupart de ses voisins européens.

Nicolas Barbet

Faut-il s’inquiéter de la hausse d’incidence des contaminations par SARS-CoV-2 ? 

Paris, le lundi 18 octobre 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/faut_il_sinquieter_de_la_hausse_dincidence_des_contaminations_par_sars_cov_2__189634/document_actu_pro.phtml

– Beaucoup nous y avaient bien sûr préparés. Sur l’air de « toutes les bonnes choses ont une fin », de nombreux épidémiologistes rappelaient que même si SARS-CoV-2 n’a pas exactement eu de comportement saisonnier, le retour des températures froides était nécessairement propice à la transmission du virus. Cependant, parallèlement, la tonalité positive du pourtant habituellement très circonspect Institut Pasteur et la diminution constante du taux d’incidence depuis deux mois incitaient à l’optimisme.

La levée du port du masque à l’école était-elle de mauvais augure

Las, depuis quelques jours, le taux d’incidence connaît une légère progression, atteignant 46 cas pour 100 000 contre 43 au cours de la première semaine d’octobre, soit une progression de 4,1 %. On relève encore que ce dimanche, le nombre de cas positifs a atteint + 35 % par rapport à la semaine dernière.

Dans une vingtaine de départements, ce qui a un temps été considéré comme un « seuil d’alerte », soit 50 cas pour 100 000 habitants, a été dépassé. A l’échelle nationale, la progression concerne notamment la tranche d’âge des 60/79 ans avec une augmentation de + 21,4 % en une semaine. Mais on note également, dans certaines localités où l’obligation du port du masque à l’école a été levée à l’école, des clusters dans les établissements scolaires. D’ailleurs, quelques départements qui ont pu bénéficier de cette mesure pourraient être contraints de l’imposer à nouveau : c’est déjà le cas en Lozère. Sans doute, cette situation ne fera que conforter certains des épidémiologistes qui avaient mis en garde contre cet assouplissement qu’ils considéraient prématuré.

Dans les hôpitaux, jusqu’ici tout va bien

Le relâchement des mesures permettant de limiter la circulation du virus (et pas seulement dans les écoles primaires) peut être l’une des raisons de l’encore très légère reprise qui parait être observée. La limitation de la possibilité des rencontres en plein air et des aérations moins importantes sont également probablement en cause. Faut-il s’inquiéter pour autant ? D’abord, pour l’heure, il n’y a absolument aucun signe d’augmentation de l’activité liée à la Covid dans les établissements hospitaliers. D’ailleurs, l’exemple de la Grande-Bretagne est à cet égard intéressant : malgré une hausse certaine des contaminations (avec autour de 40 000 cas par jour), le nombre des hospitalisations reste en recul. L’exemple de la vague précédente en France semble d’ailleurs confirmer que le profil de l’épidémie, grâce notamment à la vaccination, a évolué. Cependant, les médecins mettent en garde contre des flambées locales (comme cela a été le cas cet été) et ne peuvent que signaler l’extrême lassitude des équipes.

Des atouts (parfois paradoxaux) et des bémols

Les atouts de notre pays face à ce qui est encore loin de constituer un nouveau rebond épidémique (et encore moins une vague) sont (outre à très court terme les vacances de la Toussaint qui entraineront probablement une circulation moindre) son haut taux de vaccination (près de 74 % de la population a un schéma vaccinal complet) et paradoxalement le fait que la vaccination ait été tardive. « Comme nous avons vacciné très tard – une bonne partie à reçu les injections au mois de juin – on peut imaginer qu’avec un vaccin efficace pendant six mois on est couvert jusqu’à décembre », remarque ainsi dans l’Express, le Dr Benjamin Davido (Raymond Poincaré).

Nous comptons cependant également quelques faiblesses.

D’abord, la campagne de rappel vaccinal ne rencontre pas le succès espéré, avec aujourd’hui par exemple à peine la moitié des résidents d’Établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD) éligibles ayant reçu une troisième dose. Cette situation préoccupe Benjamin Davido : « Mon souci est le suivant : j’ai l’impression qu’on a, en partie, oublié que l’immunité restait relativement transitoire. Or si on n’arrive pas à mettre en place une campagne de vaccination portant sur la troisième dose (…) on risque de se retrouver dans une situation où un certain nombre de gens qui n’ont pas fait le rappel auront perdu leur immunité au mois de janvier » constate-t-il. Au-delà même de cette injection de rappel, la France n’a jamais complètement réussi à rattraper son retard en ce qui concerne la vaccination des plus âgés, qui n’atteint pas les couvertures pléthoriques de plusieurs de ses voisins. Ainsi, 9 % des 60/64 ans, 10 % des 65/69 ans et 13 % des plus de 80 ans n’ont reçu aucune dose de vaccin contre la Covid. Enfin,


SARS-CoV-2 est là pour durer

En tout état de cause, ce frémissement conduit plusieurs spécialistes à rappeler ce qui a déjà souvent été dit : SARS-CoV-2 ne devrait probablement jamais disparaître. Le spécialiste suisse, professeur aux hôpitaux universitaires de Genève, Dominique Pittet analysait ainsi récemment sur Europe 1 : « Que le virus ne disparaisse jamais, c’est pratiquement certain. Notre scénario principal, c’est que probablement, il va simplement rejoindre les quatre autres familles de coronavirus avec lesquelles nous vivons depuis des centaines d’années et pour lesquelles nous avons tous des anticorps… C’est probablement le chemin vers lequel nous nous acheminons dans quelques années ». Mais à moyen terme, il est plutôt sombre, prédisant que l’automne ne pourra pas être serein.

La fin du passe ne passera pas

Voilà qui renvoie une nouvelle fois à de lointaines perspectives la levée de toutes les mesures de contrôle de l’épidémie et de la vaccination, en tout cas en France (d’autres ont fait des choix différents, comme la Grande-Bretagne). C’est dans ce contexte que ne peut apparaître que d’autant plus éphémère, le vote en commission de l’Assemblée nationale examinant le projet de loi sur la vigilance sanitaire, d’un amendement de Pacôme Rupin (La République en marche). Ce texte, adopté contre toute attente ce vendredi, prévoit que le passe sanitaire ne pourrait être exigé au-delà du 15 novembre que dans les territoires où le taux d’incidence dépasse les 50/100 000. « Il est important de mettre des critères. On ne peut pas laisser une totale faculté au gouvernement d’utiliser cet outil sans un minimum de règles. Je pense qu’on peut avancer, peut-être pas sur celui-là [son amendement adopté], mais sur un encadrement un peu plus strict », a estimé le député. Sans doute, l’évolution, même encore très mesurée, de l’épidémie ne joue pas en sa faveur.

Aurélie Haroche

Publié le 12/10/2021

La cinquième vague a-t-elle déjà commencé ? 

Paris, le mardi 12 octobre 2021

https://www.jim.fr/e-docs/la_cinquieme_vague_a_t_elle_deja_commence__189544/document_actu_pro.phtml

– Tous les indicateurs semblent au vert et beaucoup de nos concitoyens pensent l’épidémie derrière eux. Pourtant certains signes commencent à alerter spécialistes et politiques.

Rebond d’incidence dans certains départements et mauvais signaux des eaux usées

La semaine passée, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait averti à l’occasion d’une conférence de presse donnée à l’issue du conseil de défense : « Dans près d’une trentaine de départements, l’épidémie ne recule plus, voire repart très légèrement à la hausse« . La situation interpelle particulièrement le gouvernement dans plusieurs départements de la région Pays de la Loire et dans l’Aude. Par exemple, en Mayenne le taux d’incidence est remonté au-dessus des 50 cas pour 100 000 habitants en passant à 56 cas…et les cas augmentent en particulier chez les plus de 65 ans, population la plus susceptible d’être hospitalisée.

Cette légère augmentation des cas se confirme également dans l’analyse des eaux usées. Le virologue Vincent Maréchal, cofondateur du réseau Obépine, signale ainsi dans Ouest-France « Depuis la fin août, nous observions une nette baisse des traces de Covid-19 dans les eaux usées. Mais depuis une semaine à dix jours, nous avons l’impression que cette décroissance s’est arrêtée sur certaines stations. La prudence est de mise, il faut attendre une à deux semaines pour voir si les tendances se confirment ».

Sur LCI, le Pr Antoine Flahault (Institut de santé globale, Genève), souligne : « Le taux de reproduction du virus avoisine 1 (0,94, NDLR)  et augmente ces derniers jours après une baisse tout au long du mois de septembre. (…) Lorsque cet indicateur est de 0,94, comme actuellement, il faut six semaines pour que le nombre de cas soit divisé par deux. (…) Un rebond est fort possible, mais quand ? Nous ne le savons pas ».

Vers des hôpitaux saturés ? Rien n’est moins sûr

Il met d’ailleurs en lumière la situation d’autres pays : « Malgré un taux de vaccination supérieur à 80%, Singapour a connu un rebond épidémique. Toutefois, l’augmentation des hospitalisations et de la mortalité y est restée plus faible que sans la vaccination. La France peut donc, peut-être, éviter une saturation des hôpitaux ».
Mais la France pourrait être plus vulnérable que d’autres pays développés : en effet, « seuls » 90 % des plus de 75 ans sont vaccinés dans notre pays, un taux très élevé, mais qui pourrait se révéler insuffisant pour éviter une vague hospitalière relativement importante. 

Pour autant l’Institut Pasteur a fait part de son « optimisme prudent » et le Conseil scientifique, qui s’appuie sur ces modélisations, estime que les mesures contraignantes comme le couvre-feu ou le confinement ne devraient plus être nécessaires.

Dans ce contexte, les médecins appellent à maintenir les gestes barrières, malgré la lassitude bien naturelle après plus de 18 mois de pandémie.

F.H.

Publié le 15/10/2021

40 000 contaminations par jour au Royaume-Uni, so what ? Mais pas d’augmentation des hospitalisations (50 000 ce Dimanche 24 Octobre°

Londres, le vendredi 15 octobre 2021

https://www.jim.fr/e-docs/40_000_contaminations_par_jour_au_royaume_uni_so_what__189593/document_actu_pro.phtml

– L’épidémie « flambe» au Royaume-Uni, où toutes les restrictions sanitaires ont été levées depuis presque deux mois. Pas de quoi inquiéter les autorités, qui n’envisagent pas le rétablissement de mesures sanitaires.
Au Royaume-Uni, la vie d’avant est revenu. Depuis le 19 juillet, baptisé « Freedom Day » (jour de la liberté) par les Britanniques, plus aucune restriction sanitaire ne s’applique pour les sujets de Sa Majesté. Le port du masque et le respect des gestes barrières n’est plus imposé mais simplement recommandé. Des recommandations visiblement peu suivies, puisque seulement 20 % des Londoniens continuent de porter un masque dans les transports en commun. Au congrès annuel du parti conservateur à Manchester début octobre, presque personne ne portait le masque.

« L’Angleterre est le pays le plus libre d’Europe » se félicitait mardi dernier David Frost, ministre des relations avec l’Union Européenne.

40 000 contaminations quotidiennes mais des hospitalisations en baisse

Mais certains s’alarment des conséquences épidémiologiques de ce retour à la liberté. Le Royaume-Uni compte actuellement 40 000 nouvelles contaminations quotidiennes en moyenne, soit 10 fois plus que la France pour une population de taille similaire. Précisons toutefois que nos voisins britanniques testent deux fois plus que nous. Le taux de positivité y est tout de même 4 fois supérieur qu’en France (4 % contre 1 %). Autre précision importante : si le nombre de nouveaux cas est en hausse outre-manche ces dernières semaines, il reste encore inférieur à ce qu’il était avant la levée des restrictions sanitaires.
Pour les autorités britanniques, ces chiffres ne sont pas alarmants. Plutôt que sur les contaminations, il faut selon eux se concentrer sur le nombre de patients hospitalisés, lui en légère baisse depuis un mois. Le risque de saturation des hôpitaux semble s’éloigner, même si le NHS doit maintenant s’occuper des près de 5 millions de patients dont les soins ont été reportés à la suite de la crise sanitaire. Quant au nombre de décès, il est stable, autour des 120 morts par jour (environ trois fois plus qu’en France), bien loin des journées meurtrières de janvier, où 1 200 Britanniques étaient emportés chaque jour par la Covid-19.

La vaccination des adolescents fait débat

Les « alarmistes » d’outre-manche s’inquiètent également de la situation sur le front vaccinal. Longtemps champion d’Europe dans ce domaine, le Royaume-Uni, où 72 % de la population est vaccinée, a été dépassé par la plupart des pays d’Europe occidentale. La campagne subit un net ralentissement : seulement 60 000 doses sont injectées chaque jour, contre près de 600 000 au cœur de la campagne. Il faut dire que contrairement à la plupart des pays d’Europe, le gouvernement s’est refusé (après quelques hésitations), à mettre en place un passe sanitaire pour inciter à la vaccination. Autre particularité du Royaume-Uni, la vaccination des adolescents n’y a commencé que le 20 septembre, en raison de l’avis défavorable du Conseil scientifique national.

Face à la recrudescence épidémique actuelle, l’Écosse a rétabli le port du masque dans les lieux publics et certaines écoles anglaises l’imposent également. Mais la tendance générale des citoyens britanniques et de leurs dirigeants semble de vouloir définitivement tourner la page de l’épidémie. Les médias ne consacrent presque plus aucune ligne à la Covid-19 ce qui traduit sans doute une conception de la mort et du risque très différente de part et d’autre du Channel.
Quand à Boris Johnson, alors que sa gestion de la crise sanitaire vient d’être épinglée par un rapport parlementaire, il vient de partir en vacances en Espagne.

Nicolas Barbet

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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