Albi. RN88 : Mme le maire met les pieds dans le plat de l’Etat
Jeudi soir, Stéphanie Guiraud-chaumeil et son équipe municipale étaient à Pratgraussals pour répondre aux questions des habitants des quartiers de Cantepau, de La Madeleine et du Breuil. DDM, B. Gay.
Circulation – Déplacements, AlbiPublié le 23/10/2021 à 05:14
l’essentielLa réunion des quartiers du Breuil, de La Madeleine et de Cantepau a permis à Stéphanie Guiraud-Chaumeil de rappeler sa position sur l’épineux dossier laissé en jachère depuis 30 ans ou presque.
Jeudi soir à la salle de Pratgraussals, à l’occasion du lancement de la nouvelle série des réunions de quartiers de la municipalité, les Albigeois ont retrouvé leur maire, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, comme ils ne l’ont jamais vraiment quitté, malgré les épisodes successifs liés à la crise sanitaire. Debout, droite face aux 120 habitants des secteurs du Breuil, de la Madeleine et de Cantepau, qui lançaient le bal des échanges entre la commune et les citoyens, durant près de trois heures, micro en main, elle a répondu au flot soutenu des interrogations. Voirie, propreté de la ville, circulation à vélo, moustiques, sécurité… tout y est passé. Si besoin était, on a pu noter la maîtrise des dossiers municipaux et la connaissance de la moindre ruelle de la ville de la part de la première magistrate d’Albi.
Stéphanie Guiraud-Chaumeil a gardé son calme sur quasiment tous les sujets, mais, au son de sa voix, on a compris qu’il y en avait un qui la chagrinait tout particulièrement. On veut parler du dossier de la traversée d’Albi par la RN88 et des désagréments engendrés au nord de la ville, en termes de circulation et de pollution, au niveau du goulot d’étranglement en direction de Lescure-d’Albigeois.
« Nous devons connaître les contraintes des 3 scénarios »
« Bien sûr que la RN88 n’a jamais été autant utilisée et ce n’est rien encore par rapport à ce qui nous attend dans le futur », a-t-elle lancé à un Albigeois qui l’interpellait. Et l’édile d’égrener les trois solutions qui pourraient exister sur le papier, après avoir rappelé l’immobilisme de l’Etat, qui a la compétence pour les routes nationales, depuis trois décennies. « La première solution, c’est le grand contournement par Marssac, Terssac et Castelnau-de-Lévis, mais il n’y a pas d’emplacement réservé par l’Etat et rien n’a été chiffré […] Il y a la deuxième solution par la rocade d’Albi avec un pont dessus ou un passage dessous l’Arquipeyre […] Et il y a enfin la troisième solution par Lescure […] L’Etat doit mettre quelques dizaines de milliers d’euros pour faire réaliser des études ! Il doit nous donner les clefs des trois solutions. Nous devons connaître les contraintes des trois scénarios, au niveau tarifaire, technique et en termes d’impact sur l’environnement. Je ne compte plus les courriers adressés au Préfet de Région. La préfète du Tarn m’a fait savoir, pour sa part, qu’il n’y a pas d’argent pour ces études », a détaillé Stéphanie Guiraud-Chaumeil.
Et Mme le maire d’Albi d’insister : « La Direction Interdépartementale des routes du Sud-Ouest (DIR SO) a organisé une réunion au début du mois de juillet au sujet de la RN88 dont j’attends encore les conclusions plus de trois mois plus tard ! » Quant aux solutions avancées par d’autres acteurs de ce dossier, comme l’association FOPA (Fermement opposée au passage autoroutier dans l’agglomération albigeoise), Stéphanie Guiraud-Chaumeil a conclu jeudi soir qu’il ne fallait pas être dupe : « Chacun prêche pour sa paroisse… » La messe ne semble donc toujours pas dite pour la RN88.
La préfète renvoie la balle à l’Agglo d’Albi
Nous avons interrogé hier la préfète du Tarn, Catherine Ferrier, pour connaître la position de l’Etat sur le dossier. Elle s’est voulue très didactique dans sa réponse : « La phase 1 des travaux de fluidification et de sécurisation est engagée sous maîtrise d’ouvrage de l’Etat. Ce dernier apporte une forte contribution à ces travaux. Le Département et l’Agglo d’Albi les cofinancent. Tous les partenaires financiers ont assumé le surcoût de cette phase 1. En ce qui concerne la phase 2, selon moi le grand contournement (lire ci-dessus) ne sera pas réalisé ; les contentieux engendreraient un surcoût insurmontable. L’option de la bretelle de Lescure ne devient solide que si on ne peut pas s’en passer, mais cette phase 2 repensée mériterait une étude qui permettrait de séparer les flux urbains des flux de grand transit. L’option Lescure ne peut pas accueillir les flux urbains. Il faut donc repenser la phase 2 avec une étude globale. Comme cette dernière concerne les flux urbains, c’est à l’Agglo d’être le maître d’ouvrage de cette étude, que l’Etat cofinancera et je ne doute pas que le Département s’associera aussi. La présidente de l’Agglo, Stéphanie Guiraud-Chaumeil attend un écrit formel. Je vais donc formaliser ce que j’ai dit en comité de pilotage.
« Baptiste Ga
Commentaires Dr Jean SCHEFFER
Les politiques n’ont rien fait pendant plus de 20 ans, ils accusent l’Etat alors que ce dernier attendait qu’ils agissent.
Et voilà que maintenant l’Etat, à travers la Préfète actuelle du Tarn, renie sa parole. Il s’était engagé à faire les études pour le grand contournement NO, et devait l’inscrire au plan Etat-Région avant 2010.
Pire, il refuse de payer les études maintenant.
Quant à Madame Guiraud Chaumeil, elle n’a jamais voulu révéler sa position quant à la bretelle de Lescure, le quatrième pont et le grand contournement NO, c’est beaucoup trop facile d’accuser l’Etat.
Voir aussi:
https://www.ladepeche.fr/2021/04/08/bretelle-de-lescure-et-budget-la-maire-precise-9475131.php
https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2020/12/06/secouer-le-cocotier-pour-lamenagement-de-la-rn-88-en-2×2-voies-laveyron-sest-bouge-mais-que-font-nos-elus-tarnais-pour-le-grand-contournement-dalbi-a-part-lassociation-fopa/