Le plan France 2030: 30 milliards pour l’ensemble ce n’est qu’un saupoudrage sans vision à long terme – pour le plan Santé Innovation, 7 milliards.

Publié le 13/10/2021

Quand Emmanuel Macron veut redynamiser l’innovation médicamenteuse française

Paris, le mercredi 13 octobre 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/quand_emmanuel_macron_veut_redynamiser_linnovation_medicamenteuse_francaise_189565/document_actu_pro.phtml

– Hier, le Président de la République présentait les dix objectifs qu’ils fixent à la France pour 2030.

Parmi ceux-ci, celui de revitaliser l’innovation française en matière de médicaments et de dispositifs médicaux.

Sur cette question, Emmanuel Macron a d’abord fait le constat d’un « tissu d’industries pharmaceutiques flétri », et d’une « innovation en santé qui a perdu des rangs au niveau de la compétition internationale » alors que la France qui « était au premier rang de la production européenne il y a 20 ans » a perdu trois places dans ce domaine.

Du côté des forces de la France, le président a jugé que « nous avons une très grande recherche en matière de santé au sens large du terme. Nous avons un modèle français de CHU qui est à réformer, à moderniser, mais qui est une force (…) en ce qu’il lie la clinique et la recherche. Nous avons un système de santé qui est juste, et qui a tenu, sur lequel nous avons décidé d’investir beaucoup à travers le Ségur ».
Pour rendre à la France son rang de puissance innovante en santé, le Chef de l’État entend « sortir de cette opposition entre recherche fondamentale, recherche incrémentale et technologique et industrialisation massive ».

Pour ce faire, le plan France 2030 prévoit, à travers le plan Santé Innovation, une enveloppe de 7 milliards d’euros.

L’objectif de cette manne ? D’inventer et de produire en France d’ici 10 ans 20 biomédicaments contre les cancers, les maladies émergentes et les maladies chroniques, dont celles liées à l’âge, et que se créent dans l’hexagone « les dispositifs médicaux de demain ».

Un objectif ambitieux et qui risque d’être fortement soumis aux aléas de la vie politique française…

X.B.

France 2030 : « Le retour de “l’ardente obligation du Plan” du général de Gaulle n’aura été qu’un feu de paille »

CHRONIQUE

auteur

Philippe Escande

Malgré la resurrection d’un Haut-Commissariat général au Plan dès septembre 2020 et les dernières annonces du président de la République, ce qui manque à la France, c’est une vision de long terme portée par des scénarios d’évolution alternatifs, estime Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

Publié hier à 11h06    Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/13/france-2030-le-retour-de-l-ardente-obligation-du-plan-du-general-de-gaulle-n-aura-ete-qu-un-feu-de-paille_6098155_3234.html

Emmanuel Macron, à Paris, le 12 octobre 2021.
Emmanuel Macron, à Paris, le 12 octobre 2021. LUDOVIC MARIN / AFP

Quinze priorités sont-elles encore des priorités ? C’est en tout cas une épaisse liste de course qu’a longuement détaillée, ce mardi 12 octobre, le président de la République en dévoilant son plan France 2030. Rien n’y a été oublié, ou presque, du nucléaire aux fonds marins en passant par la culture. Cette forme de budget bis a d’ailleurs fait l’objet de sérieux arbitrages entre les demandes multiples des ministères. On nous assure que tout le monde a été consulté, et on veut bien le croire.

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Mais le chef d’orchestre est resté à l’Elysée, seule tête pensante capable de nous projeter dans la prochaine décennie et d’en fixer le cap. On en vient presque à oublier que, le jeudi 3 septembre 2020, le président de la République ressuscitait le Haut-Commissariat général au Plan, en nommant François Bayrou à sa tête, avec pour tâche d’« éclairer les choix des pouvoirs publics au regard des enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels ».

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Depuis, plus rien. Le commissariat a bien publié un rapport sur la démographie en mai et un autre sur l’agriculture en juillet. Mais sur les trois enjeux majeurs du plan France 2030, à savoir la souveraineté de la France, la transition énergétique et la santé publique, ses apports se résument à une note d’ouverture de 17 pages, produite en décembre 2020 sur les produits vitaux et l’indépendance française et supposée ouvrir le débat. Il a été assez vite refermé hier devant un François Bayrou au premier rang, qui assistait en spectateur à la prestation élyséenne.

Un pays rongé par les aigreurs

Finalement, le retour de « l’ardente obligation du Plan » du général de Gaulle n’aura été qu’un feu de paille. Il n’apporte rien de plus aux très bons rapports de France Stratégie, qui était lui-même l’énième transformation du Commissariat au Plan. C’est dommage, car ce n’est pas d’un nouveau producteur de contenus que la France à besoin. Avec France Stratégie, le Conseil d’analyse économique, le travail minutieux du Sénat et de l’Assemblée nationale et les rapports commandés par les ministères ou l’Elysée, elle est abondamment fournie.

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Ce qui lui manque, c’est une vision de long terme portée par des scénarios d’évolution alternatifs, accompagnés d’une réflexion sur les moyens d’action. Autrement dit proposer différents chemins et une méthode aux politiques et à la nation. Dans un pays rongé par les aigreurs et la dépression, en proie à un « immobilisme trépidant », selon la formule du chercheur Etienne Klein, et qui fait du progrès un gros mot, il est urgent de donner à voir des futurs possibles plutôt que de prolonger des courbes dans une quête éternelle et vaine de grandeur perdue.

Philippe Escande

France 2030 : l’opposition dénonce « un saupoudrage » de début de campagne présidentielle

Le plan d’investissement présenté par Emmanuel Macron, mardi 12 octobre, s’est attiré de nombreuses critiques venues de la gauche comme de la droite. 

Le MondePublié hier à 12h10  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/13/france-2030-l-opposition-denonce-un-saupoudrage-de-debut-de-campagne-presidentielle_6098172_6059010.html

Emmanuel Macron lors de la présentation du plan France 2030, à l’Elysée, mardi 12 octobre.
Emmanuel Macron lors de la présentation du plan France 2030, à l’Elysée, mardi 12 octobre. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR  » LE MONDE »

Mardi 12 octobre, Emmanuel Macron a présenté les 10 grands volets que comprendra le plan d’investissement France 2030, afin que le pays « redevienne une grande nation d’innovation ». Un ensemble de mesures dévoilé à six mois de l’élection présidentielle pour un montant de 30 milliards d’euros, qui fait vivement réagir l’opposition mercrediLire aussi  Avec le plan France 2030, un Emmanuel Macron en campagne veut défendre « l’esprit de victoire et de conquête »

L’investissement dans le nucléaire attaqué à gauche

A gauche de l’échiquier politique, la critique virulente porte notamment sur le choix du président de la République d’investir dans le nucléaire à hauteur de 1 milliard d’euros pour « assurer la transition énergétique », en plus de dénoncer un plan servant un chef de l’Etat déjà en campagne.

Matthieu Orphelin, député et membre d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), ex-membre de La République en marche (LRM), a fustigé dans un communiquépublié peu de temps après les annonces « un pari du productivisme », selon l’illusion « du mythe que la technologie seule peut nous sauver », digne des années 1970. Une rhétorique partagée par le candidat à la présidentielle du parti écologiste, Yannick Jadot, mercredi 13 octobre, sur France 2 : « C’est surtout un plan de saupoudrage, sans boussole, qui va donner beaucoup d’argent aux lobbys mais qui n’avance en rien notre pays dans les grandes transitions nécessaires. »

Revoir le live : « France 2030 » : le discours d’Emmanuel Macron sur le plan d’investissement

Du côté de La France insoumise (LFI), le candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé mardi la tenue d’une « nouvelle journée de propagande macroniste », des « sommes déjà prévues » et « des centrales nucléaires partout ». Adrien Quatennens, député LFI du Nord et coordinateur du parti, interviewé sur BFM-TV le soir même, a résumé le plan d’investissement comme un « saupoudrage de milliards sans vision stratégique ». 

Le premier secrétaire national du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a quant à lui répondu à la vidéo d’annonce du plan, partagée par M. Macron sur Twitter, sur l’horizon donné par le projet plutôt que sur le fond des mesures : « Oui le rêve est possible, mais visiblement nous n’avons pas tous le même. Perso, avant le Concorde et le Rafale je préfère le rêve de liberté, d’égalité et de fraternité, qui est celui, inachevé, des républicains. »

« C’est un programme électoral »

A droite, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et candidate à l’investiture des Républicains (LR) pour la présidentielle, a pour sa part critiqué le « changement de pied » opportun du président quant à la défense du nucléaire. « Son plan il avait le souffle court, c’était un saupoudrage, une espèce de pêle-mêle que l’Etat aurait fait ou que les industriels auraient fait de toutes les façons », fustige-t-elle. Autre candidat à la primaire de la droite, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a attaqué mercredi au micro de Sud Radio ce qui, selon lui, est davantage « un meeting électoral qu’une démarche concrète ». « Il n’est pas très sérieux d’annoncer à la fin d’un quinquennat un plan sur l’avenir. C’est un programme électoral. Macron est en campagne, chéquier ouvert », résume-t-il. Eric Woerth, président LR de la commission des finances de l’Assemblée nationale est le seul de sa famille politique à accueillir au micro de France Inter un plan « à la hauteur des enjeux ». Il prévient toutefois d’attendre voir l’application du plan, si elle « ne se transforme pas dans une sorte de marasme administratif ».

Du côté du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen a raillé mardi soir le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron dans un communiqué de presse« Le président sortant engage l’argent des Français pour redorer son blason électoral avec des promesses qui n’engagent que son successeur », appuie-t-elle. Jordan Bardella, président du parti, invité au micro de LCI, n’a pas manqué de blâmer M. Macron, décrit comme « un liquidateur » faisant « partie de ces prédateurs d’en haut qui ont bradé le tissu industriel français à des intérêts étrangers » et qui présente comme opportun un plan de 30 milliards d’euros aux Français « à six mois des élections ».

Les membres du gouvernement ont quant à eux développé les mesures du plan, au lendemain des annonces, rappelant le cap fixé par France 2030. La ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, interrogée sur RTL, a souligné que le plan a notamment pour but de « préparer la souveraineté écologique » du pays. Un argument partagé par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, au micro de BFM-TV qui rappelle que le plan porte à la fois l’ambition de s’attaquer à « la question de la souveraineté et de l’indépendance » et à « la question de l’environnement ». 

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Le Monde

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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