Tiraillements entre la député et le sénateur du Tarn membres d’une même organisation politique l’Alliance Centriste

Élection présidentielle 2022 : le président de l’Alliance centriste, Philippe Folliot, « dans l’expectative » à propos d’Emmanuel Macron

ABONNÉSIl semble bien loin le temps où Philippe Folliot arrivait à convaincre le candidat Macron d’organiser son dernier déplacement d’entre deux tours dans le TArn, à la Verrerie Ouvrière d’Albi notamment.Il semble bien loin le temps où Philippe Folliot arrivait à convaincre le candidat Macron d’organiser son dernier déplacement d’entre deux tours dans le TArn, à la Verrerie Ouvrière d’Albi notamment. DDM – Emilie Cayre

Politique,  Election présidentielle,  Saint-Pierre-de-TrivisyPublié le 27/09/2021 à 16:48 , mis à jour à 16:54

https://www.ladepeche.fr/2021/09/27/le-president-de-lalliance-centriste-philippe-folliot-dans-lexpectative-a-propos-demmanuel-macron-9816811.php

l’essentiel

Pour fêter le premier anniversaire de son élection au Palais du Luxembourg, le sénateur du Tarn Philippe Folliot s’est livré à La Dépêche du Midi. Plus que son travail au Sénat, le président de l’Alliance centriste s’est davantage appesanti sur ses interrogations à propos du président de La République, Emmanuel Macron. Il en a aussi profité pour épingler son ex-suppléante Muriel Roques-Etienne. Ambiance !

Il y a un an tout juste, le 27 septembre 2020, Philippe Folliot était élu sénateur du Tarn, après l’avoir été quatre fois en tant que député. Il le fut d’abord deux fois de la troisième circonscription, puis à nouveau deux fois d’une première circonscription pourtant savamment remodelée par Alain Marleix, lorsque notre département est passé de 4 à 3 circonscriptions. Ce premier anniversaire au palais du Luxembourg, celui qui avait été l’un des rares députés du « centre droit » à soutenir Emmanuel Macron avant même le premier tour de l’élection présidentielle en 2017, a choisi de le fêter en reprenant une bonne part de sa liberté. « Loyal mais libre et surtout pas courtisan », c’est d’ailleurs comme cela que le président de l’Alliance centriste s’est décrit au moment de nous accueillir, ce lundi, dans son fief de Saint-Pierre-de-Trivisy.

Ce fut l’occasion pour lui de rappeler que le président de la République avait collectionné les difficultés durant son quinquennat. « Des odieux actes terroristes à l’affaire Benalla, en passant par les Gilets Jazunes et la pandémie, rien ne lui aura été épargné », admet Philippe Folliot. Pas même les interrogations qui se font désormais jour à son égard par le sénateur tarnais, serait-on tenté d’ajouter. Si d’aucuns parlent avec insistance depuis ce week-end d’une « Maison Commune » pour imager le rapprochement entre La République En Marche et le MODEM qu’engloberait un grand parti démocrate à la française, l’Alliance centriste ne semble pas prendre le chemin de la porte d’entrée de cette dernière.

« L’Alliance centriste n’a pas été respectée… »

« J’ai des regrets car notre parti n’a pas été respecté au regard de l’engagement qui a été le sien en faveur du président de la République, fait valoir Philippe Folliot, allant jusqu’à reconnaître qu’il est, dans l’expectative par rapport à Emmanuel Macrfon ». Qu’est-ce qui conduit le sénateur du Tarn à se poser autant de questions à l’égard du chef de l’Etat ? « Le quoi qu’il en coûte et les dérives des finances publiques ne collent plus du tout avec les objectifs de désendettement du pays qu’il s’était fixé en 2017 », avance un Philippe Folliot dont la proximité avec le terrain lui fait remonter de nombreuses incompréhensions de la part des élus.

« Plus de logique gaulliste dans le logiciel Macron… »

« Ces derniers ne comprennent pas, comme nombreux de nos concitoyens, pourquoi l’argent qui manquait en début de quinquennat pour soutenir certains projets couler désormais à flots… » Il y a aussi « ces réponses catégorielles aux harkis, aux jeunes, aux soignants […] » qui gênent le « gaulliste social de centre droit » tel que se présente Philippe Folliot. « La logique gaulliste dans laquelle je pensais qu’Emmanuel Macron s’était inscrit, c’était de dialoguer avec le peuple dans son ensemble, pas à des catégories différenciées […] ». Philippe Folliot espère qu’Emmanuel Macron va retrouver « le cadre originel de sa campagne de 2017 », mais, en attendant, le sénateur ne s’exprime pas sur la position qu’adoptera l’Alliance centriste en vue de l’élection présidentielle. Une indécision qui vaut avertissement.

« Plus de contact avec Muriel Roques-Etienne… »

Ce dernier est encore plus évocateur dans la bouche de Philippe Folliot à l’égard de Muriel Roques-Etienne, la députée LREM qui lui a succédé sur la première circonscription du Tarn. « Quand j’ai été élu sénateur il y a un an, j’aurais pu démissionner de mon mandat de député, ce qui aurait provoqué une législative partielle. J’ai préféré laisser les choses courir ce qui a permis à ma suppléante de siéger au Palais Bourbon. J’ai même tout fait pour lui faciliter la tâche en lui proposant de travailler avec mon équipe parlementaire. »

À écouter Philippe Folliot, celle qui était présidente de la Fédération départementale du Tarn de l’Alliance centriste et vice-présidente nationale de cette dernière, aurait eu la mémoire courte en matière de remerciements. Deux mois après son arrivée à l’Assemblée Nationale, Muriel Roques-Etienne a, en effet, démissionné de toutes ses fonctions à l’Alliance centriste, « sans donner d’explication au comité exécutif », ce qui chagrine tout particulièrement le sénateur du Tarn qui dit ne plus avoir de contact avec son ex-suppléante depuis 9 mois.

« Il y aura une candidature Alliance centriste aux législatives »

Et Philippe Folliot d’annoncer : « Il y aura très probablement une candidature Alliance centriste dans la première circonscription du Tarn […] » Cela ne sera sûrement pas Muriel Roques-Etienne, « à moins qu’elle se mette à jour de ses cotisations de militante et de parlementaire, condition sine qua non pour être candidat à l’investiture », lâche en guise de conclusion sur ce sujet le sénateur.
Les remarques du président de l’Alliance centriste, qui veut à nouveau peser dans les débats, ne manqueront sûrement pas de faire réagir, tant au plan local que national. Tous les soutiens compteront pour les échéances électorales du printemps prochain.

Lui et le Sénat : « Le candidat de quelques-uns est devenu l’élu de tous… »

Dire que Philippe Folliot se plaît au Palais du Luxembourg n’est pas un vain mot. « Je suis dans le cadre d’une certaine sérénité depuis que j’ai été élu au Sénat, reconnait-il. Mon père était ouvrier agricole. Je me suis payé mes études à Sciences Po Toulouse. Après avoir travaillé dans le secteur du logement social, j’ai eu une vie bien remplie. Je ne suis candidat à plus rien pour le moment et j’ai surtout envie de rendre au Tarn et à la vie, ce qu’ils m’ont apporté. J’essaie de le faire pour mon village, mais aussi pour toutes les communes du Tarn, sans regarder les étiquettes des élus. » Philippe Folliot s’est d’ailleurs trouvé un nouveau credo : « J’ai été le candidat de quelques-uns, je suis désormais l’élu de tout le monde. » D’autant qu’il défend désormais ses idées dans un cénacle beaucoup plus apaisé : « Je me sens très bien au Sénat. À la différence des députés à l’Assemblée Nationale, les sénateurs ont quasiment tous une expérience d’élus locaux. La notion de dialogue et de compromis que l’on retrouve davantage au Sénat qu’à l’Assemblée Nationale, se rapproche bien plus de ce que l’on vit dans les collectivités territoriales, avec la recherche du consensus. » Quand il revient sur cette première année en tant que sénateur, Philippe Folliot dit enfin « se faire un point d’honneur de respecter mes engagements en restant le plus possible en lien avec les territoires tarnais et leurs élus ». Durant les mois de mars et avril derniers, il a ainsi rencontré plus de 200 maires sur les 314 du département. Plus récemment, il s’est lancé dans des échanges directs avec les conseils municipaux des communes de plus de 2 500 habitants du département, soit 21 communes du Tarn. « Cela se traduit avec des remontées du terrain qui m’ont permis, par exemple, de déposer de nombreux amendements dans le cadre de la loi 3DS, comme différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification. » Il semble que la chambre des territoires, comme on surnomme le Sénat, se soit trouvé un fervent supporter, qui trouve toutefois encore le temps de rester un président très apprécié de l’Amicale parlementaire de rugby.

Tarn : la réponse cinglante de la députée Roques-Etienne au sénateur Folliot

La députée Muriel Roques-Etienne organisait une conférence de presse ce vendredi 8 octobre pour faire le bilan de sa première année à l'Assemblée Nationale.La députée Muriel Roques-Etienne organisait une conférence de presse ce vendredi 8 octobre pour faire le bilan de sa première année à l’Assemblée Nationale. DDM – B. G.

Politique,  Albi,  TarnPublié le 08/10/2021 à 11:48

l’essentiel

Cela chauffe sévère à l’Alliance centriste ! On en veut pour preuve la réponse de la députée Muriel Roques-Etienne suite aux propos tenus par le sénateur Philippe Folliot à son égard sur notre site internet le 27 septembre dernier. La première donnait une conférence de presse ce vendredi 8 octobre. Ambiance.

La lumière tamisée et les fauteuils clubs de la mezzanine du café Le Pontié n’ont pas rendu moins incisive la réponse de la députée Muriel Roques-Etienne au sénateur Philippe Folliot. Les deux parlementaires sont pourtant dans le même parti, mais le 27 septembre dernier, le second avait fêté son premier anniversaire au Palais du Luxembourg en soufflant le froid à l’égard de son ancienne suppléante à l’Assemblée Nationale qui lui a succédé sur les bancs du Palais Bourbon.

Un soutien sans faille d’Emmanuel Macron

Ce vendredi 8 octobre au café Le Pontié, c’était au tour de Muriel Roques-Etienne de faire le bilan de sa première année en tant que députée. Après avoir longuement détaillé son travail de terrain, sur lequel nous reviendrons ultérieurement, la parlementaire a abordé le sujet politique, en rappelant qu’elle était candidate à sa succession : « C’est pour cela que je souhaite qu’Emmanuel Macron se présente à nouveau à l’élection présidentielle, pour faire partie de sa future majorité. » Son soutien au président de la République détonne avec les propos récents de Philippe Folliot qui émettait des doutes quant à l’action de ce dernier. Une différence de vues que Muriel Roques-Etienne a accepté de commenter.

« Dès son arrivée au Sénat, Philippe Folliot a souhaité siéger au sein du groupe de l’Union Centriste (à ne pas confondre avec l’Allince Centriste, le parti qu’il préside, N.D.L.R.), alors que pour ma part, lors de mon arrivée à l’Assemblée Nationale, le 8 octobre 2020, j’ai choisi de rejoindre la majorité présidentielle. J’y suis à ma place, en adéquation avec les idées du président de la République, car c’est ma famille politique. Je ne l’ai d’ailleurs pas reniée lors des municipales à Albi même si certains me disaient de cacher mon étique qui pouvait me desservir, a d’emblée précisé Muriel Roques-Etienne. Philippe (Folliot, N.D.L.R.) a décidé de prendre des positions différentes. C’est un choix personnel qui n’engage pas, selon, moi, toute l’Alliance centriste ».

« S’il veut récupérer son pass pour le Top 14, il est toujours sur mon bureau »

Et la députée de laisser penser qu’à l’occasion du congrès de ce parti et de l’élection de son président, le 6 novembre, d’autres voix dissonantes à celle de Philippe Folliot pourraient se faire entendre. Par contre, elle l’assure: « Je n’ai pas quitté l’Alliance centriste ». Elle explique ne plus avoir de contact avec Philippe Folliot, mais elle dit que ce n’est pas de son fait : « Ce n’est pourtant pas faute de lui laisser des messages auxquels il ne répond pas ». Malicieuse, elle donne d’ailleurs un exemple : « Je l’ai averti avoir reçu à mon bureau son Pass pour aller voir les matchs de rugby de Pro D2 et de Top 14 mais il n’est pas venu le chercher ». La vraie question selon elle, « c’est de savoir si (je) vais rester à l’Alliance centriste, ça dépendra de la position du parti mais jusqu’à preuve du contraire il fait toujours partie de la majorité présidentielle ».

Fermez le ban ? Pas tout à fait, car la députée tient à recentrer le débat : « Je réponds à Philippe Folliot parce que ses déclarations m’invitent à le faire, mais je vous assure que je préfère parler des sujets d’actualité de ma circonscription. » On y reviendra.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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