Déserts médicaux : quand les retards de prises en charge débouchent sur des drames…
Ça peut mal finir
Publié le 04/10/2021 à 6:00
Quand il n’y a pas de médecins, ou quand ils sont si peu nombreux qu’ils en finissent débordés, des maladies peuvent passer à travers les mailles du filet. Avec des dégâts à la clé.
https://www.marianne.net/societe/sante/deserts-medicaux-quand-les-retards-de-prises-en-charge-debouchent-sur-des-drames?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20211004&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D
« Cela aurait pu être fatal. » Combien de fois le Dr Lucie Bertrand (1), médecin rhumatologue dans la Sarthe, s’est-elle fait cette réflexion ? Chez ses patients, elle découvre régulièrement des symptômes de pathologies potentiellement graves. Un jour, un quinquagénaire se présente. « Il avait une tache bleue sur la peau et des ganglions sous les bras. C’était un mélanome » raconte le médecin, proche de la retraite. Quelque temps plus tard, un trentenaire vient consulter.
Lucie Bertrand l’examine et perçoit un problème : « Il avait la tête rouge comme une crête de coq, cela m’a interpellée. Je l’ai interrogé. Il était gros fumeur. Je l’ai immédiatement mis en relation avec un cardiologue. » Et de préciser : « Il avait une maladie chronique… » Pour un septuagénaire, venu pour une arthrose du genou, le médecin diagnostique un début de maladie de Parkinson. Depuis ces épisodes, la rhumatologue ne voit plus un seul patient sans l’examiner avec un regard de médecin généraliste, en plus de sa spécialité.