Commission sur le complotisme : le controversé professeur Guy Vallancien annonce sa démission
Cet urologue réputé a annoncé son retrait, jeudi, de la commission créée récemment par Emmanuel Macron, car il s’estime victime d’une « campagne de dénigrement ».
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 11h44, mis à jour à 12h13
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Mis en cause par certains de ses pairs, le professeur Guy Vallancien, médecin urologue, a annoncé jeudi 7 octobre à l’Agence France-Presse (AFP) son retrait de la commission sur le complotisme et la désinformation créée récemment par Emmanuel Macron.
« Je me retire de la commission Les Lumières à l’ère numérique », a déclaré le M. Vallancien, qui dénonce une « honteuse campagne de dénigrement ignoble et mensonger » après sa nomination à cette instance composée d’une quinzaine d’universitaires et de personnalités, et présidée par le sociologue Gérald Bronner. Ce dernier a confirmé le départ du professeur Vallancien, qui, lui, a confié :
« C’est moi qui ai décidé de partir et je l’ai dit à l’Elysée. J’aurais pu rester, mais ça aurait créé des conflits au sein de la commission, ça n’est pas sain. Il n’y avait pas de bonne solution, mais j’ai pris celle qui m’apparaissait la plus libre et la plus honnête »
« Nié la gravité » de l’affaire du Mediator
Cet urologue réputé qui soigna l’ancien président François Mitterrand venait notamment d’être mis en cause par la pneumologue et lanceuse d’alerte Irène Frachon, qui lui reproche d’avoir « nié la gravité » de l’affaire du Mediator.
Dans une tribune parue dans Le Monde à la fin de septembre, Mme Frachon écrit notamment : « Le professeur et urologue Guy Vallancien (…) a été un des fers de lance d’une nébuleuse de médecins de haut rang, professeurs de médecine, parfois académiciens de médecine, qui, depuis des années et sans vergogne, tentent de discréditer, minimiser, voire nier la gravité du drame humain causé par le Mediator. »
Son nom est en outre cité par L’Express dans le scandale du centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes*. Le magazine avait mentionné son rôle et celui de sa société anonyme (l’Ecole européenne de chirurgie, créée en 2001 au sein de l’université). « C’est le plus difficile pour moi », car « je n’ai aucune responsabilité » dans cette affaire, a réagi M. Vallancien.
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Le Monde avec AFP
Commission contre la désinformation en ligne : le professeur Vallancien démissionne mais dénonce « une campagne de dénigrement »
L’urologue était l’une des treize personnalités choisies pour siéger à la commission Les Lumières à l’ère numérique lancée par l’Elysée. Critiqué pour avoir minimisé les dangers du médicament antidiabétique Mediator, il a quitté l’instance.
Par Samuel LaurentPublié aujourd’hui à 01h05, mis à jour à 09h45
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C’est un bien mauvais départ pour la commission Les Lumières à l’ère numérique : à peine installée, cette instance instaurée par Emmanuel Macron pour réfléchir à des solutions contre « les diffuseurs de haine » et la désinformation en ligne perd l’un de ses membres. Le professeur d’urologie Guy Vallancien a annoncé sa démission, jeudi 7 octobre, se disant victime d’une« ignoble campagne de dénigrement » et de « désinformation ». « C’est moi qui ai décidé de partir et je l’ai dit à l’Elysée. J’aurais pu rester, mais ça aurait créé des conflits au sein de la commission, ce n’est pas sain », explique M. Vallancien dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse (AFP).
Dans une tribune publiée par Le Monde le 30 septembre, la pneumologue Irène Frachon, lanceuse d’alerte de l’affaire du Mediator, médicament antidiabétique commercialisé par le laboratoire Servier et accusé d’avoir causé 1 000 à 2 000 décès du fait de ses effets sur le cœur, avait rappelé que M. Vallancien, urologue réputé et ancien médecin de François Mitterrand, « a été un des fers de lance d’une nébuleuse de médecins de haut rang (…) qui, depuis des années et sans vergogne, tentent de discréditer, minimiser, voire nier la gravité du drame humain causé par le Mediator ».
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A l’appui de son argumentation, Mme Frachon citait des extraits de l’ouvrage de M. Vallancien, La Médecine sans médecins ? (Gallimard, 2015), dans lequel ce dernier assurait que « rares sont les malades qui furent meurtris par les complications liées au produit ». La pneumologue rappelait qu’au contraire, « près de 4 000 victimes, en majorité des “survivants” du Mediator, ont vu leur procédure d’indemnisation aboutir après examen par un collège d’experts ».
Scandale du don des corps
Guy Vallancien est également mis en cause dans le scandale du don des corps à l’université Paris-Descartes. L’Express avait révélé, en 2019, les conditions indignes de conservation des corps donnés à la science au sein du Centre de don des corps (CDC) de la prestigieuse faculté de médecine, dirigé de 2004 à 2014 par le professeur. A la suite de ce scandale, le CDC avait été fermé et une enquête administrative ouverte. Plus d’une centaine de plaintes ont par ailleurs été déposées par des proches des défunts, valant à l’université une mise en examen en avril. « Je n’ai aucune responsabilité dans cette affaire », assure le médecin dans son communiqué. Selon nos informations, il a été entendu en janvier 2020 par la brigade de répression de la délinquance contre la personne dans le cadre de l’enquête préliminaire du CDC Descartes.
Les associations de victimes l’accusent d’avoir également bénéficié de la revente des corps grâce à une structure privée, l’Ecole européenne de chirurgie, qu’il avait montée en parallèle de ses activités à l’université, ce qu’il dément, là encore. Le professeur Vallancien a aussi fait l’objet cette année d’une sanction de l’ordre des médecins pour avoir rédigé un faux certificat médical. Un blâme qu’il estime « scandaleux », assurant qu’il n’a fait que son « travail d’expert » pour défendre un patient atteint d’un cancer.
Silence des membres de la commission
Le départ de M. Vallancien permettra-t-il de relancer la commission chargée d’explorer des solutions à la désinformation et à la haine en ligne ? Son président, Gérald Bronner, avait dans un premier temps défendu un « très grand médecin »,expliquant sur le plateau de l’émission « C Politique », dimanche 3 octobre, avoir « découvert toutes ces histoires ». Contacté par Le Monde, il préfère s’abstenir de tout commentaire, expliquant que « la commission a décidé de façon collégiale de ne donner d’interviews que lorsqu’elle rendra son rapport en décembre ». De fait, les autres membres de l’instance contactés ont préféré ne pas répondre.
Outre M. Vallancien, la composition de cette commission, nouvelle initiative de l’Elysée contre les « fake news » à quelques mois d’une présidentielle qui pourrait être perturbée par des campagnes de désinformation, a soulevé d’autres critiques. Elles ciblent notamment l’écrivaine Rachel Khan, qui s’est illustrée récemment pour ses prises de positions critiques envers certains discours antiracistes ou féministes.
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Samuel Laurent
Sous le feu des critiques, le Pr Guy Vallancien démissionne de la commission sur le complotisme
Par L. C. le 07-10-2021

Sanctionné par l’Ordre des médecins pour avoir rédigé un faux et au cœur de plusieurs polémiques, le Pr Guy Vallancien, médecin urologue, a annoncé ce jeudi 7 octobre son retrait de la commission sur le complotisme et la désinformation récemment mise en place par Emmanuel Macron. Il dénonce une « campagne de dénigrement » à son encontre.
Récemment mis en cause dans plusieurs affaires, le médecin urologue a annoncé ce jeudi 7 octobre son départ de la commission anti-complots « Les Lumières à l’ère du numérique », présidée par le sociologue Claude Bronner et qui vient tout juste d’être mise en place par le Président de la République. Cette commission est chargée de rendre « une série de propositions concrètes dans les champs de l’éducation, de la régulation, de la lutte contre les diffuseurs de haine et de la désinformation » d’ici la mi-décembre.
La participation de Guy Vallancien à cette commission est depuis plusieurs jours particulièrement critiquée par plusieurs de ses pairs, faisant ainsi naître la controverse. En effet, l’ancien médecin du président François Mitterrand a été sanctionné par un blâme cet été par la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre pour avoir rédigé un faux, révélait Marianne le 20 septembre. Une décision dont il avait assuré « n’avoir rien à foutre ».
Ses prises de position ont-elles aussi été vivement critiquées, notamment dans le cadre de l’affaire du Mediator : le Dr Irène Frachon lui reprochant dans une tribune publiée dans Le Monde d’avoir « nié la gravité »de l’affaire « depuis des années et sans vergogne ». « Il est à craindre qu’une telle commission, dont l’un des membres s’est abîmé, non seulement n’apporte aucune réponse raisonnable et raisonnée à la problématique soulevée, mais creuse un peu plus le fossé entre beaucoup de nos concitoyens et les élites qu’ils critiquent, à tort ou parfois à raison », estimait la lanceuse d’alerte.
Propos controversés sur les examens gynécologiques
Le nom de celui qui est membre de l’Académie de médecine a également été évoqué dans L’Express dans le cadre du scandale du « charnier » de Paris-Descartes – que le magazine a révélé il y a près de deux ans, ce dernier ayant dirigé le Centre de don des corps (CDC) de 2004 à 2014. Le journal questionnait alors le rôle de l’urologue, qui ne fait pour l’heure l’objet d’aucune poursuite judiciaire, et de sa société anonyme, l’Ecole européenne de chirurgie, créée en 2001 au sein de l’Université, « qui revendait des corps notamment aux industriels pour leurs propres tests, comme des crash-tests automobiles ». Dons de corps à la science : après le scandale du « charnier » de Paris-Descartes, les nouvelles règles du Gouvernement
Ses propos controversés sur les examens gynécologiques tenus en 2015…
sur l’antenne de la BBC refont également surface : « Mes chefs m’ont appris à m’entraîner à pratiquer des examens rectaux et vaginaux à des personnes sous anesthésie, sans aucun consentement du patient. Nous pensions à l’époque que les patients avaient confiance dans le chirurgien, et c’était un but louable. […] Personnellement, je pense que nous pouvons parfois utiliser le corps du patient pour s’entraîner. C’est normal, c’est comme ça qu’on apprend. Doit-on avoir un formulaire de consentement, un de plus ? Pourquoi pas ? Je ne pense pas que ce soit important, mais si les gens ont besoin, nous le ferons. »
Face à la polémique, le Pr Vallancien a ainsi décidé de se retirer de cette toute nouvelle commission. « J’aurais pu rester mais ça aurait créé des conflits au sein de la commission, ça n’est pas sain. Il n’y avait pas de bonne solution, mais j’ai pris celle qui m’apparaissait la plus libre et la plus honnête », a-t-il déclaré à l’AFP, dénonçant toutefois « une honteuse campagne de dénigrement ignoble et mensonger ».
[avec AFP et Marianne]
*Nouvelles zones d’ombre autour du scandale des cadavres de Paris-Descartes – rôle trouble de l’Ecole européenne de chirurgie (EEC) présidée par le Pr Vallancien ,
Un cambriolage a eu lieu, fin janvier, dans ce centre rattaché à l’université de Paris, alors qu’une procédure judiciaire est en cours pour « atteinte à l’intégrité d’un cadavre ».
Par Rémi Dupré et Camille StromboniPublié le 28 février 2020 à 11h18
Temps de Lecture 3 min.
Voici un nouveau rebondissement qui n’a pas manqué d’alimenter le climat déjà tendu, dans l’affaire du « charnier » au Centre du don des corps (CDC), à Paris. Créé en 1953 et rattaché à l’université Paris-Descartes (devenue, en janvier, « université de Paris » après sa fusion avec sa consœur Paris-Diderot), le plus grand centre anatomique de France a fait l’objet, fin janvier, d’un cambriolage nocturne.
Constaté par un huissier de justice – sans être daté précisément –, ce cambriolage, dont L’Express et Franceinfo se sont faits l’écho, a eu lieu alors que les locaux du centre, situés au cinquième étage du site rue des Saints-Pères, sont fermés depuis le 27 novembre 2019, sur ordre de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur. Cette décision a été prise au lendemain des révélations, par L’Express,des graves dérives liées à la conservation et à l’usage des dépouilles, depuis vingt à trente ans.
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La ministre a diligenté une enquête administrative, menée par l’inspection générale des affaires sociales et celle de l’éducation, du sport et de la recherche, dont le rapport est attendu fin mars.
Documents numériques consultés
Lors de cette intrusion, des documents et des données numériques ont été consultés. L’administration de l’établissement « présume » que des archives et autres procès-verbaux des années 2002, 2009 ou encore 2016 ont disparu car « les cartons ont été ouverts ». L’université a déposé, le 27 janvier, une plainte pour « vol et intrusion du système informatique » auprès du parquet de Paris, qui a ouvert une enquête.
Cet événement pourrait perturber l’enquête préliminaire ouverte le 29 novembre 2019 pour « atteinte à l’intégrité d’un cadavre ». Le 4 décembre, un magistrat et des officiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne ont procédé à des constatations au Centre. Mais ils n’ont pu emporter aucun document, n’agissant alors pas dans le cadre d’une perquisition.
« Ce cambriolage est une coïncidence troublante, ça montre l’envergure de l’affaire, qu’on peut assimiler à un scandale d’Etat », estime Me Frédéric Douchez, avocat d’une trentaine de familles de défunts qui ont légué leur corps au CDC. Réunies au sein du collectif Proches des victimes du charnier de Descartes, vingt-quatre familles ont déposé plainte contre X, le 7 février, pour « atteinte à l’intégrité d’un cadavre ».
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Ce nouvel épisode intervient alors que jeudi 27 février, le collectif a manifesté devant les locaux du CDC, avant de rencontrer Christine Clerici, présidente de l’université de Paris, et Me Patrick Maisonneuve, l’avocat de l’établissement dans cette affaire. Dans un communiqué, Mme Clerici a exprimé son souhait que « toute la lumière soit faite sur ce dossier ».
« Cette réunion est un premier pas fait par l’université, considère Baudouin Auffret, le porte-parole du collectif des familles. L’administration semble vouloir s’associer à d’éventuelles poursuites si l’enquête détermine qui sont les responsables de ce scandale. »
« Marchandisation des corps »
Les interrogations du collectif des familles n’ont pu que se renforcer ces derniers jours, et plus particulièrement concernant le rôle de l’universitaire Guy Vallancien, directeur du CDC de 2004 à 2014. Comment ce professeur de médecine pouvait-il en même temps être à la tête de l’Ecole européenne de chirurgie (EEC), une très rentable société anonyme hébergée par l’université Paris-Descartes sur le site des Saints-Pères, comme l’a relevé L’Express, dans un article du 27 février ?
Urologue de renom et médecin de François Mitterrand, M. Vallancien a créé l’EEC en 2001 et proposait par le biais de cette société, selon l’hebdomadaire, des formations aux industriels en leur mettant à disposition des corps obtenus auprès du CDC à des fins expérimentales. Et ce, à des tarifs largement supérieurs à ceux facturés par l’université. « Cette structure commerciale est la marque d’une marchandisation avérée des corps », considère un proche du dossier.
Pourquoi l’université a-t-elle loué, durant seize ans, et en vertu d’une convention de partenariat, ses locaux à cette société anonyme à des tarifs longtemps avantageux ? « L’EEC était une entreprise privée lucrative qui bénéficiait d’un contrat d’hébergement bien antérieur à mon élection, assure le généticien Axel Kahn, président de Paris-Descartes de 2007 à 2011. Moi-même, puis mon successeur (Frédéric Dardel), avons constamment tenté de reprendre la main. »
En 2017, l’EEC est placée en liquidation judiciaire et M. Vallancien quitte Paris-Descartes : « M. Dardel a achevé le boulot et a réussi à ne pas renouveler la convention d’hébergement et à pousser l’EEC vers la sortie », estime un ex-cadre de l’établissement. Contacté par Le Monde, M. Vallancien n’a pas donné suite.
Rémi Dupré et Camille Stromboni
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Commentaires Dr Jean Scheffer:
Je ne suis pas fâché de voir ce Professeur se faire moucher par Irène Frachon, notre pneumologue, lanceuse d’alerte qui est à l’origine de la dénonciation du scandale du Médiator. A n’en pas douter il a été grassement payé par les laboratoires Servier pour freiner les actions contre cette firme Française.
Mais aussi parce qu’il est un des acteurs importants en faveur de la fermeture de nos maternités et hôpitaux de proximité, et un défenseur acharné des innovations en e-santé qui selon lui vont résoudre tous les déserts médicaux et autorisent d’innombrables fermetures de services et d’hôpitaux.
Bonne retraite cher collègue et évitez d’encombrer les médias, cela nous fera plaisir.