Haute-Garonne : toutes les patientes de la maternité transférées du fait de la grève de sages-femmes à la Clinique de L’Union
Les grévistes de la maternité espèrent une rencontre avec la direction lundi. Photo archives DDM DDM – DDM ADRIEN NOWAK
Santé, Haute-GaronnePublié le 03/10/2021 à 18:29 , mis à jour à 18:52
l’essentiel
Le mouvement de grève sans préavis des sages-femmes la Clinique de L’Union, à Saint-Jean, au nord de Toulouse a contraint l’établissement à transférer toutes les mamans dont certaines avec leur bébé. Les grévistes attendent que la direction les reçoive ce lundi.
La situation s’est tendue en quelques heures à la maternité de la Clinique de L’Union, à Saint-Jean, au nord de Toulouse. Depuis samedi matin, une seule des douze sages-femmes assurerait le service.
Toutes les autres ont utilisé leur droit de grève sans toutefois avoir déposé de préavis. C’est en tout cas ce qu’indiquent la direction de l’établissement et l’Agence Régionale de Santé qui ont jugé important de tirer la sonnette d’alarme face à une situation jugée « urgente et compliquée ».
L’établissement du Groupe Capio, selon son directeur « a dû transférer des mamans dans l’urgence. Six avec leur bébé et quatre grossesses sous surveillance ont rejoint des établissements toulousains ». Pour Fabrice Derbias, « cette situation ne s’est jamais vue avant. Ce mouvement est brutal. Les mamans qui souhaiteraient venir à la clinique ne peuvent plus. Elles doivent faire le 15 ».
Face à ce mouvement rapide, le syndicat Sud Santé Sociaux a fini par déposer un préavis de grève pour « accompagner les sages-femmes dans ce mouvement ». Ces professionnelles, pour la plupart des passionnées, réclament « une revalorisation des salaires de base avec un alignement sur ceux du public, une prime de bloc pérenne supérieure à celles des infirmières, une prime de garde de jour et de nuit, la création de postes en CDI ».
Hautes-Pyrénées : la CGT alerte une fois encore sur la situation des urgences
Les représentants de la CGT santé sont inquiets de la situation des hôpitaux locaux. photo DDM Laurent Dard.
Hôpital, Hautes-Pyrénées, SantéPublié le 30/09/2021 à 05:10 , mis à jour à 13:42
l’essentiel
Face à la fermeture de lits, la situation des urgences dans le département, le manque de personnel, la CGT alerte sur l’état de santé de nos hôpitaux, au bord de l’implosion.
« L’heure est grave ». Selon la CGT, nos hôpitaux sont au bord de l’implosion.
Le syndicat pointe, sans surprise, le manque de personnels médicaux, paramédicaux, techniques, administratifs, qui ne permet plus de fonctionner. Wilfried Zapparoli, secrétaire général de l’USD CGT annonce un total de « 180 lits fermés » sur le département. Sur le centre hospitalier de Bigorre (Tarbes-Lourdes), Jean-Marc Michaud, relève environ « 275 arrêts de travail sur un effectif de 1884 agents et plus de 80.000 heures supplémentaires dues ». Tous déplorent la dégradation des conditions de travail, le ras-le-bol des personnels et le risque d’une moins bonne prise en charge pour la population.
Concernant les négociations en cours entre les urgentistes tarbais et la direction, Jean-Marc Michaud estime que « l’annonce de redéploiement d’effectifs paramédicaux sans fermeture de lits ni de service est un mensonge car nous ne fonctionnons pas avec l’effectif actuel ». Et de qualifier Christophe Bouriat*, directeur de l’établissement, de « magicien ».
Sonia Arberet, de l’hôpital de Bagnères, craint que la fermeture des urgences de Bagnères, la nuit, ne préfigure, la fermeture totale du service. D’une manière générale, la CGT estime que la direction du centre hospitalier de Bigorre et l’ARS, organise un dégraissage en règle, en préparation du futur hôpital commun de Lanne.
La CGT craint que l’on se dirige « vers l’effondrement du système de santé… On préférerait que Christophe Bouriat soit dans une politique d’embauche et pas de redéploiement. Les vraies questions, c’est comment on rend attractif nos établissements ? Et comment on conserve le personnel« , ajoute Wilfried Zapparoli.
Vers une levée du mouvement des urgentistes
« Le point positif, c’est que la direction a bien travaillé sur plusieurs sujets. On a eu des propositions concrètes. Je dois les proposer à l’ensemble des médecins signataires. On donnera une réponse au directeur ce jeudi ou vendredi » indique Stéphane Lère, responsable du pôle des urgences de Tarbes, après la troisième réunion de négociations, hier, avec la direction de l’hôpital de Tarbes et l’ARS. Si les propositions sont acceptées par les médecins, « on lèverait notre mouvement et il n’y aurait pas, pour l’instant, de démission. Je suis plutôt optimiste. On restera cependant vigilant sur les mesures prises et le calendrier ». Stéphane Lère indique que « sur les effectifs, ils ont bien travaillé, que ce soit au niveau du personnel infirmier, aide-soignant, manipulateur radiologie, ils ont proposé des maquettes d’organisation, des restructurations. C’est un calendrier qui va s’échelonner à peu près sur un trimestre. Sur la partie matérielle, l’ARS nous a fait comprendre qu’il y avait une fenêtre de tir pour demander un second scanner pour l’hôpital de Tarbes. Globalement, ils ont répondu sur la quasi-totalité des sujets ».
Ariège: le « patron » des urgences du Chiva lance un cri d’alarme pour « assurer la survie » du service
Ismaël Tazi, chef du pôle des urgences au Chiva: « Quand on met bout à bout tous les problèmes, les conditions d’accueil, de sécurité et la qualité des soins sont difficiles à mettre en place. » DDM – Denis Slagmulder
Hôpital, Ariège, SocialPublié le 29/09/2021 à 16:27 , mis à jour à 17:52
l’essentiel
Ismaël Tazi, chef du pôle des urgences au centre hospitalier des vallées de l’Ariège (Chiva), revient sur le manque de médecins urgentistes au sein de l’établissement. Une situation qui empêche la réouverture du service sur le site de Lavelanet. Cette pénurie de praticiens est le symptôme d’un problème plus complexe qui touche le milieu médical, en amont comme en aval des urgences.
Ismaël Tazi, chef du pôle des urgences du centre hospitalier des vallées de l’Ariège (Chiva), n’a pas apprécié, mardi, l’article consacré au manque de médecins au sein de son service. S’il ne nie pas la réalité, il avoue avoir été « scandalisé » par le discours de la CGT Chiva à propos de la non-ouverture du service des urgences sur le site de Lavelanet. Le syndicat a expliqué que « l’équipe paramédicale est au complet. Mais le problème, ce sont les médecins qui ne veulent plus aller à Lavelanet prendre leurs tours de garde ». Le docteur Tazi répond…
Vous dites avoir été « scandalisé » par les propos de la CGT. Pourquoi?
Parce que c’est une véritable infamie. Ce que dit la CGT est une insulte envers les vingt-cinq médecins qui se battent pour le maintien du service des urgences. Le problème qui se pose au niveau des urgences de Lavelanet n’est que le symptôme du problème du manque de médecins urgentistes. Et c’est un problème local, mais aussi national. Sachant que, et j’aimerais que cela soit dit, j’ai l’écoute bienveillante et attentive de ma directrice avec qui j’ai eu cette conversation.
« Les conditions actuelles ne sont pas compatibles avec la réouverture des urgences à Lavelanet. »
Il y aura quand même bien six médecins qui auront quitté le service des urgences du Chiva en début d’année prochaine, non?
Oui. Mais dire que les médecins ne veulent pas aller à Lavelanet, c’est tout faux. Le problème, c’est que les conditions actuelles ne sont pas compatibles avec la réouverture du service des urgences à Lavelanet.
Quelle est donc la situation, alors?
Normalement, nous sommes trente médecins aux urgences. Mais de tout temps, ce service a eu un déficit de moins deux médecins. On estime malgré tout que l’équipe est complète. Sur trente, cela fait une centaine d’heures supplémentaires par an pour les vingt-huit qui restent. Cela reste encore jouable. En revanche, aujourd’hui, la situation est plus grave avec quatre absences supplémentaires: un praticien est en arrêt maladie depuis le mois de mai; un praticien veut changer depuis le mois de septembre; un autre va changer de spécialité à partir d’octobre; et un dernier qui vient de finir son contrat va changer de vie pendant quelques mois à partir de janvier. Nous sommes donc à moins six. Et là, pour combler les absences, c’est difficilement jouable. D’autant que, mardi, un médecin a envoyé sa lettre de disponibilité pour un an à partir de janvier. On risque donc d’être à moins sept! Alors, aujourd’hui, l’enjeu c’est la survie de l’équipe des urgences de l’hôpital pivot du territoire.
Qu’est-ce qui explique ces départs en cascade?
Les raisons sont multiples. D’une part, il y a un frein structurel concernant les urgences de Lavelanet. Avant, à la « Soulano » (le nom de l’ancienne clinique devenue hôpital, NDLR), il y avait la chirurgie, la radiologie, un service de soins continus et une structure médicale qui faisait que tout le monde travaillait ensemble. Aujourd’hui, il n’y a plus un seul spécialiste et le service des urgences, c’est un urgentiste et c’est tout. Ensuite, aujourd’hui, dès qu’il y a un problème, il faut faire passer un scanner au patient. Or, au Chiva, il n’y a qu’un seul appareil pour 120.000 personnes (le second est au Chac, à Saint-Girons). Donc, la liste d’attente pour un rendez-vous est longue. Et, depuis Lavelanet, il faut transporter le patient. Or le transport sanitaire est, lui aussi, saturé et il faut deux à trois heures pour avoir une ambulance. Enfin, la convention entre le Chiva et un laboratoire de biologie va prendre fin et ne sera pas reconduite. Du coup, les prélèvements vont être envoyés ailleurs et le délai de rendu des résultats va s’allonger. Alors, quand on met bout à bout tous ces problèmes, les conditions d’accueil, de sécurité et la qualité des soins sont difficiles à mettre en place.
Il faudrait donc des effectifs et du matériel pour que les choses s’arrangent?
Il faut ces trois éléments: les effectifs, un laboratoire et un deuxième scanner. Ce que je peux résumer par des moyens logistiques. Car, après, les urgences du Chiva, à Saint-Jean-de-Verges, ont été refaites en 2017. Les conditions de travail sont donc bonnes.
Les urgences de Lavelanet ont pourtant rouvert partiellement cet été. Pourquoi cela ne serait-il plus possible?
C’est vrai que, pendant trois semaines, les urgences de Lavelanet ont rouvert de 9heures à 19heures. C’est-à-dire pendant la période où est réalisée 80% de l’activité, sachant que les cas graves étaient renvoyés à Saint-Jean-de-Verges. Mais le problème, c’est que nous avons eu trois arrêts de travail pendant ces trois semaines. On ne pouvait donc plus maintenir le service ouvert. Et vu la situation actuelle, on ne peut toujours pas.
« Aujourd’hui, nous faisons des choses qui vont au-delà de l’urgence hospitalière. »
Vous avez également évoqué un problème d’ordre national. Quel est-il?
Le Covid a fortement secoué le système. Et aujourd’hui, il y a une perte de sens du travail que nous faisons. C’est un problème de qualité de vie au travail. Cette perte de sens du travail est liée à la logique des urgences hospitalières qui, aujourd’hui, reçoivent le « tout-venant » à toute heure du jour et de la nuit. Cela ne s’arrête jamais. Tout ça parce que nous avons un problème en amont des urgences. C’est celui de la raréfaction de l’offre de soins libérale, tant du point de vue des généralistes que des spécialistes. Du coup, le secteur libéral n’arrive plus à couvrir les besoins et il y a donc un basculement de tâches avec des missions confiées aux urgences qui ne nous concernent pas. Aujourd’hui, nous faisons des choses qui vont au-delà de l’urgence hospitalière.
À quoi est-ce lié?
L’augmentation de la fréquentation. En 2016, nous étions à 30.000 passages par an. En 2019, nous avons dépassé les 35.000 patients accueillis. Et je ne compte pas les deux dernières années qui, à cause de la Covid, ont été particulières. Mais nous sommes sur la même hausse de 4 à 5% de fréquentation aux urgences par an. Et, en gros, tous les jours actuellement, nous sommes à une centaine de patients quotidiens, des gens qui passent leur vie à l’hôpital parce que, comme je le disais tout à l’heure, la chaîne est bloquée. C’est tout cela qui crée de la pénibilité et qui entraîne une baisse de la qualité de vie au travail. Et qu’on soit bien d’accord: la raréfaction de l’offre de soins en libéral et tout le reste, ce n’est pas la faute de ma direction. Les urgences essayent de pallier toutes ces insuffisances, sachant que nous avons aussi des problèmes pour l’activité post-urgences à cause du manque de lits pour l’hospitalisation.
« La concurrence avec le privé est féroce. Au niveau salaire, on peut même parler de gouffre financier. »
C’est donc l’agence régionale de santé la responsable?
Je suis en train d’écrire à mes tutelles pour parler de tout ça. Mais l’ARS n’a jamais trouvé un médecin. Elle agit sur la politique globale. Ce qui veut dire qu’elle a un rôle à jouer en amont des urgences, c’est-à-dire en améliorant l’offre libérale pour que les gens ne viennent plus aux urgences après 19heures parce qu’ils n’ont plus de médecin de ville.
Vous dites que l’ARS n’a jamais trouvé un médecin. Comment un hôpital peut-il en recruter alors?
Cela fonctionne par le bouche-à-oreille. Si un hôpital a une bonne réputation, si on arrive à vanter la qualité de vie au travail, et en dehors, alors les médecins vont venir. Et il y a aussi la concurrence féroce avec le privé qui propose des salaires nettement meilleurs. Le delta est d’environ 50%. Autant dire que c’est un gouffre financier. Et je ne parle pas des heures supplémentaires qui, pour un praticien hospitalier, sont moins bien payées que les heures normales…
La direction du Chiva réfute elle aussi les propos de la CGT
Marie Dunyach avait été sollicitée à deux reprises, lundi après-midi, pour la faire réagir aux informations publiées par « La Dépêche » sur le manque de médecins au service des urgences du centre hospitalier des vallées de l’Ariège (Chiva), à Saint-Jean-de-Verges. Mais la directrice de l’établissement avait décliné cette invitation.
Jusqu’à ce que, mardi matin, elle découvre notre article qui, dit-elle, « fait état de la réalité de la situation sur le plan des effectifs médicaux ». « Ces effectifs sont diminués en raison de départs pour causes diverses », ajoute Marie Dunyach.
En revanche, elle souligne que « la direction de l’établissement et l’équipe médicale réfutent catégoriquement les propos tenus (par la CGT, NDLR) quant au fait que « les urgentistes ne veulent plus aller à Lavelanet pour prendre leurs tours de garde ». La directrice du Chiva précise que ce n’est « en aucun cas un refus ». « Il s’agit de la nécessité d’assurer actuellement les prises en charge de tous les patients de manière sécurisée sur le site principal (à Saint-Jean-de-Verges, NDLR) alors que l’équipe n’est pas au complet ».
« Toutes les recherches de solution sont à l’étude pour remédier à cette situation qui passe par le recrutement de médecins urgentistes sur notre structure », conclut Marie Dunyach.
Les urgences du centre hospitalier des vallées de l’Ariège auront perdu six médecins en janvier
Le service des urgences du Chiva va perdre six médecins d’ici le mois de janvier. DDM – DDM ANOUK PASSELAC
Hôpital, AriègePublié le 27/09/2021 à 19:59 , mis à jour le 29/09/2021 à 16:47
Mauvais temps pour les urgences du centre hospitalier des vallées de l’Ariège (Chiva). Avec les trois départs déjà enregistrés, et les trois autres à venir, ce service aura perdu, en janvier prochain, six médecins. « Il y a des congés, des demandes de mutation, etc. Mais c’est vrai qu’en quelques mois, cela va commencer à faire beaucoup », commente Marc Sanchez, maire de Lavelanet et membre du conseil de surveillance de l’établissement de soins.
Le sénateur de l’Ariège était, ce lundi après-midi, avec la directrice du Chiva(1) et la déléguée territoriale de l’agence régionale de santé (ARS). Lors de cette réunion, la question a été posée car il sait bien qu’ « il y a un problème de recrutement de médecins urgentistes ». « Mais cela ne concerne pas que le site de Lavelanet, prévient Jean-Jacques Michau. C’est tout le département qui est impacté. » Quant au site lavelanétien du Chiva, le parlementaire rappelle avoir interpellé le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, voilà un mois. « Mais je n’ai, à ce jour, reçu aucune réponse », regrette-t-il.
« Les médecins refusent d’aller à Lavelanet pour prendre leurs tours de garde. »
C’est pourtant bien un manque de praticiens urgentistes qui, depuis déjà plusieurs semaines, empêche la réouverture des urgences en pays d’Olmes. « L’équipe paramédicale est au complet. Mais le problème, ce sont les médecins qui ne veulent plus aller à Lavelanet pour prendre leurs tours de garde », déplore la CGT Chiva.
Pour autant, Marc Sanchez se veut confiant : « La fermeture des urgences de Lavelanet n’est que temporaire. Et ce service existera dans le futur hôpital », martèle le maire de Lavelanétien. Mais en tant que conseiller départemental, il assure que « tout le département va se mobiliser pour régler ce manque de praticiens urgentistes ». Et sans vouloir trop en dire, il peut annoncer que « cela va bouger, y compris avec d’autres départements qui sont dans la même situation que nous ».
Le sénateur, lui aussi, est préoccupé par cette difficulté. « Ce qui se passe est très grave. Les Ariégeois ont déjà une espérance de vie inférieure à celle des habitants de la métropole à cause du niveau de vie, mais aussi à cause du manque de médecins. Pour moi, il y a là une rupture du pacte social », dénonce-t-il.
Jean-Jacques Michau espère donc que, très vite, l’Etat, mais aussi les ARS et les élus, vont se saisir du dossier pour remédier à ce manque d’urgentistes.(1) Sollicitée hier après-midi, la directrice du Chiva, Marie Dunyach, n’a pas été en mesure de répondre à nos questions.
Denis Slagmulder
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Les urgences de l’hôpital de Sarlat sauvées : Gourdon respire
La crainte d’une fermeture des urgences de Sarlat a provoqué manifestations et pétitions.
Hôpital, Gourdon, LotPublié le 13/09/2021 à 18:13 , mis à jour à 21:45
Au mois d’août, il était fortement question de fermer le service des urgences de l’hôpital de Sarlat en Dordogne. Or, en temps normal, l’hôpital Jean-Coulon de Gourdon reçoit déjà des patients venant de Dordogne et les répercussions d’une fermeture, même partielle chez nos voisins, auraient très probablement engendré un engorgement des urgences gourdonnaises. Le temps d’intervention des urgences ne doit pas excéder 30 minutes, or Périgueux ou Brive se trouvent à 1h30, Gourdon serait donc impacté directement.
À Sarlat, trois équipes étaient prévues durant la saison estivale. Outre la sécurité sanitaire de la population locale, il a fallu traiter celle aussi de quelque trois millions de touristes.
6150 signatures sur la pétition
Depuis, deux médecins urgentistes sont venus compléter les équipes des urgences de Sarlat, ce qu’a confirmé Nicole Marty, présidente du Comité de défense sarladais. La pétition en ligne qui a récolté 6 150 signatures, et les mobilisations des personnels et du public ont certainement contribué à résoudre cette crise. Le sujet est donc clos.
« Une situation des urgences catastrophique en France »
La présidente du Comité national de défense de l’hôpital public et de la maternité, Michèle Leflon, a malgré tout décrit une situation catastrophique des services des urgences en France. Le recrutement d’urgentistes, sans compter les nombreux postes à pourvoir, n’aboutit pas, il manque cruellement de spécialistes. Mme Leflon, à ce propos, annonce une rencontre nationale des comités de défense de l’hôpital public et de la maternité, au cinéma Rex de Sarlat, les 15, 16 et 17 octobre. Le vendredi, à 18 heures, réunion sur les soins publiques et privés de proximité. Le samedi, atelier sur les déserts médicaux à partir de 9 heures. Et le dimanche sera consacré à l’assemblée générale du comité.
Montauban : à la clinique du Pont-de-Chaume, le service maternité ferme à la fin de l’année
ABONNÉS
La clinique Pont-de-Chaume est passée de 850 accouchements en 2017 à 435 en 2020. DDM – DDM MANUEL MASSIP
Hôpital, Démographie – Population, Grossesse / BébéPublié le 08/09/2021 à 18:01 , mis à jour à 18:36
l’essentiel
Face à une baisse significative de l’activité et aux difficultés récurrentes de recrutement, la clinique Pont-de-Chaume de Montauban a décidé de fermer définitivement son service maternité. La direction se laisse jusqu’à la fin de l’année pour se réorganiser.
Le service maternité du Pont-de-Chaume fermera définitivement ses portes au 31 décembre. La décision, annoncée lundi 6 septembre, lors d’un Comité social et économique extraordinaire, était inévitable pour le directeur de la clinique. « Cela fait plusieurs années que l’activité chute de manière significative en lien avec la baisse de la natalité en France et dans le département », déplore Olivier Beneton. Les chiffres communiqués par l’établissement parlent d’eux-mêmes : un peu plus de 850 accouchements en 2017 contre 435 en 2020 et autour de 400 en prévision pour 2021.
Une baisse de la natalité couplée avec des difficultés de recrutement de spécialistes (gynécologues, obstétriciens, pédiatres) dans une équipe médicale vieillissante. Résultat : un service fragilisé depuis deux ans. « La décision de cessation d’activité s’imposait, même si elle n’a pas été prise de gaîté de cœur, poursuit le directeur. Nous étions dans une zone de risque en termes de prise en charge, compte tenu des faibles volumes et des difficultés sur la démographie médicale. » L’idée d’un regroupement, un temps en discussion avec la clinique Boyé et le centre hospitalier, en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS), n’a quant à elle pas abouti.
Le compte à rebours est désormais lancé pour établir au mieux un planning de prise en charge des futures mamans. « Nous devons définir, dans les prochaines semaines, jusqu’à quand nous nous engageons à prendre en charge la patientèle, avance Olivier Beneton. Nous travaillons également avec la clinique Boyé et le centre hospitalier de Montauban pour l’accueil des futures mamans dans les mois à venir, afin qu’elles puissent accoucher dans les meilleures conditions. »
Plan de sauvegarde de l’emploi engagé
Concernant les employés, un plan social de sauvegarde a été engagé par la direction. Objectif : limiter au maximum les licenciements et faciliter le reclassement des salariés, notamment dans les établissements du groupe Elsan (auquel appartient le Pont-de-Chaume) mais aussi à la clinique Boyé et au centre hospitalier, sous réserve de postes à pourvoir. Au total, 17 salariés en CDI sont concernés. Plusieurs CDD ne seront pas renouvelés.
Dans un communiqué publié sur leur page Facebook, les élus CGT du Pont-de-Chaume indiquent « regretter une décision aussi radicale tant pour les salariés que pour l’offre de soin du département. » Les négociations sur la question du plan social doivent s’ouvrir la semaine prochaine avec les partenaires sociaux.Contactée, l’Agence régionale de santé n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Une décision « regrettable » pour le maire de Montauban
« La fermeture d’une des plus anciennes maternités de Tarn-et-Garonne est regrettable, confie Axel de Labriolle, maire de Montauban. Il est vrai que le service a connu une baisse significative de son activité ces dernières années. Pour autant, la maternité restait bien au-dessus des seuils autorisés [avec plus de 400 accouchements pour un minimum fixé à 300, NDLR]. Il n’y avait donc pas de nécessité sur le plan strictement médical. À ma connaissance, il n’y a pas eu de demande de l’ARS en ce sens. C’est une logique économique qui a primé dans cette décision. » Pour l’édile, cette fermeture n’est pas sans poser problème, notamment concernant la réorganisation des maternités à la clinique Boyé et au centre hospitalier. « Le basculement des accouchements réalisés au Pont-de-Chaume vers les deux autres établissements va automatiquement augmenter les seuils et engendrer des modifications dans l’organisation de ces services. » D’où « l’urgence » désormais « de mettre les professionnels de la santé autour de la table pour réfléchir à la direction à prendre. »
« Aucune patiente ne sera lésée »
La fermeture de la maternité de la clinique du Pont-de-Chaume va fortement impacter les deux autres maternités de la ville, celles du centre hospitalier et de la clinique Boyé. Les professionnels s’attendent à voir un afflux plus important de patientes qui automatiquement vont se répartir sur l’une ou l’autre.

La clinique Boyé, maternité de niveau 1, reste confiante. Elle a accueilli plus de 700 naissances en 2020, un chiffre en hausse depuis deux trois ans. En effet, alors qu’en général on observe une baisse globale de la natalité dans le Tarn-et-Garonne, la maternité a vu son activité augmenter. « On prendra en charge toutes les patientes qui le souhaitent. Il n’y aura personne mis de côté. Nous avons un potentiel de développement important dans nos locaux. Et notre capacité au niveau du personnel peut accueillir jusqu’à mille naissances », souligne Amélie Favot-Courteheuse, sage-femme coordinatrice de la maternité. Le service compte quinze lits, quatre médecins, une douzaine de sages-femmes et une douzaine d’auxiliaires de puériculture.
Même discours du côté du centre hospitalier. La maternité attendait l’information de la date de fermeture de celle du Pont-de-Chaume pour commencer à repenser son organisation. Avec 905 naissances l’année dernière, les chiffres des dernières années restent stables. « C’était très difficile pour nous de faire des projections sans échéance. Mais, bien sûr, on en avait déjà parlé entre nous, on va commencer à réfléchir à des solutions face à l’augmentation potentielle de patientes. Peut-être faire appel à plus de professionnels », explique Juliette Fol-Juguera, la cadre sage-femme. Avec 22 lits, trois salles de naissance et une salle de prétravail, l’équipe médicale comprend six gynécologues obstétriciens, 17 sages-femmes ainsi que 20 auxiliaires de puériculture et aides-soignantes.
Tarbes : la clinique et l’hôpital main dans la main pour faire face à la fermeture des urgences
ABONNÉS
Les urgences de la clinique de l’Ormeau ne vont pas rouvrir. Mais une porte s’entrouvre, via ce partenariat avec l’hôpital. Photo Mickaël Louit,
Hôpital, Tarbes, Hautes-Pyrénées
Publié le 08/09/2021 à 05:13 , mis à jour à 12:06
https://www.ladepeche.fr/2021/09/08/la-clinique-et-lhopital-main-dans-la-main-9776087.php
l’essentielLa fermeture, au début de l’été, des urgences de la clinique de l’Ormeau a entraîné un déséquilibre dans l’offre de soins. Mais l’hôpital et la clinique collaborent pour amortir la crise.
Quand la situation est grave, sans issue proche, il faut savoir être créatif. « Bien sûr, la fermeture de notre service d’urgences a un impact sur l’offre globale de santé », admet Cyril Dufourcq, le directeur de la clinique de l’Ormeau, tout en soulignant que « le service n’a pas été fermé de notre fait, mais à cause d’une pénurie de personnel, qui n’est pas propre à Tarbes, mais à tout le territoire. » Cette fermeture ne devait être que temporaire, en gros la période estivale, ce qui permettait de maintenir ouvert le service des urgences de l’hôpital de Bagnères, grâce au « transfert » des 3 médecins urgentistes de l’Ormeau vers la capitale de la Haute-Bigorre.
Mais aujourd’hui, alors que la pression est moins sensible à Bagnères, le service des urgences de l’Ormeau pourrait-il rouvrir ? « Pas pour le moment, le problème reste le même : trouver des urgentistes, mais la pénurie est nationale. Alors ici, on essaye de trouver des solutions, entre le public et le privé, pour surmonter la crise, on l’a vu cet été. Et là, en concertation avec l’ARS, la CPAM, et le Conseil de l’Ordre, qui ont approuvé notre démarche, nous avons proposé, avec Christophe Bouriat, le directeur de l’hôpital, d’ouvrir des consultations de jour sur le site d’Ormeau-Centre, afin de soulager le service des urgences de l’hôpital, en le déchargeant des actes qui ne relèvent pas strictement des urgences pures. Cela va permettre de désengorger nos collègues. »
Cette consultation, assurée par les trois urgentistes de la clinique, ouvre dès aujourd’hui, tous les jours du lundi au vendredi de 9 h à 20 h. « Bien entendu, si un patient présente des symptômes justifiant une admission aux urgences de l’hôpital, il sera immédiatement réorienté. Cette solution est peut-être imparfaite, mais le fait de nous coordonner pour proposer une offre de soins élargie dans une situation de crise, c’est plutôt cohérent. Contrairement à ce que certains pensent et même disent, on ne pense pas qu’à faire de l’argent. Notre volonté, c’est de proposer une offre de soins globale de qualité, et oui, nous cherchons à recruter, afin de pouvoir rouvrir nos urgences et d’autres services où nous manquons de bras. » À tel point que la clinique organise, le 24 septembre, un job dating pour attirer de nouvelles vocations. C’est dire si la pénurie est réelle…
« Une réponse cohérente »
Pour Christophe Bouriat, le directeur du GHT de Bigorre, ce partenariat est exemplaire. « Nul ne l’ignore, aux urgences de l’hôpital, nous sommes nous aussi en tension, et sans l’appui des urgentistes de la clinique, nous aurions eu beaucoup de mal à fonctionner cet été, où nous avons enregistré des pics d’affluence à 140 admissions/jour. Alos, l’idée de mutualiser nos forces, afin de soulager nos urgences, est une réponse cohérente qui permet d’offrir une meilleure prise en charge. A mon sens, c’est un bel exemple de collaboration, je dirais même d’entente, entre le public et le privé. Même si nos fonctionnements économiques sont différents, notre but commun est d’offrir le meilleur service de santé à nos concitoyens. »
Inégalités territoriales de santé : « On ne peut pas régler la question des déserts médicaux sans une politique d’aménagement du territoire forte »
Guillaume Rousset est juriste en droit de la santé. Université Jean Moulin Lyon 3 – David VENIER
Santé, Hôpital, Urbanisme – Aménagement
Publié le 27/09/2021 à 10:17
l’essentiel
Guillaume Rousset, maître de conférences en droit de la santé à l’Université Jean Moulin Lyon 3 (Ifross), explique d’où viennent les inégalités territoriales d’accès au soin et comment les pouvoirs publics tentent d’y remédier.
Pourquoi l’expression désert médical n’est-elle pas forcément représentative des inégalités territoriales de santé ?
La notion de désert médical a l’avantage d’être percutante et parlante. Néanmoins, ce n’est pas une expression très rigoureuse d’un point de vue scientifique. Cela renvoie à l’image d’Épinal selon laquelle dans un village, une fois que l’école et le bureau de poste ferment, le cabinet médical ferme aussi. Or, les déserts médicaux, si on les appelle ainsi, ne concernent pas que les territoires ruraux. Cette notion renvoie à une très grande variété de situations, qui peut toucher tous les territoires. De même que la caractéristique de “médical” renvoie à l’idée qu’on ne parle que des médecins alors que bien d’autres professions sont concernées. C’est pour ces raisons que l’expression d’inégalités territoriales de santé paraît plus pertinente puisqu’elle permet de mieux comprendre la réalité de la situation.
Quelle est la situation en France actuellement ?
Il s’agit d’une réalité difficile à mesurer. Mais si on en croit les pouvoirs publics, ce serait un problème croissant depuis plusieurs années, qui se manifeste sur tout le territoire et concerne une grande diversité de professions. Ces inégalités ne sont pas que géographiques, elles sont aussi temporelles. On peut très bien avoir un médecin en bas de chez soi qui, du fait de l’absence d’autres professionnels, ne peut pas nous recevoir avant deux mois. Ce qui pose bien entendu un problème dans l’accès aux soins.
Qu’en est-il des maternités ?
L’accès aux soins dans les maternités représente un enjeu de plus en plus important dans certains territoires. Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont en effet fermé un certain nombre d’entre elles en estimant que le faible nombre d’accouchements pratiqués ne permettait pas de conserver un niveau de qualité et de sécurité suffisant. Il est possible d’imaginer que le facteur financier a aussi été pris en compte.
Quoi qu’il en soit, il en ressort que pour les femmes enceintes habitant dans ces territoires, le temps d’accès à une maternité s’en est trouvé accru, ce qui peut parfois poser des questions de sécurité.
D’où viennent ces inégalités ?
Le nombre de praticiens qui paraît aujourd’hui insuffisant. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’ils sont plus nombreux que les inégalités se réduiront, tout dépend de leur répartition sur le territoire. Le paramètre clé est donc la liberté d’installation des professionnels de santé. Quand un praticien choisit de s’installer quelque part parce que c’est un endroit qui lui plairait, pas seulement pour pratiquer son travail, mais aussi pour vivre. La notion de désert médical est donc liée à celle de l’attractivité. On ne peut pas régler cette problématique sans une politique d’aménagement du territoire forte.
Justement, comment les pouvoirs publics œuvrent-ils pour y remédier ?
Les pouvoirs publics mettent en œuvre trois idées : l’incitation à l’installation avec des avantages financiers à destination des praticiens qui acceptent d’aller dans des zones sous dotées. Néanmoins, la Cour des comptes a montré que c’était assez peu efficace au vu des sommes investies. Le second levier est la coercition : il avait été question de faire payer des pénalités à des professionnels de santé qui refuseraient de s’installer dans un territoire où des problèmes d’accès au soin avaient été observés. Mais cela n’a vraiment été mis en place, les décrets d’application n’ont pas été pris. Politiquement, c’est quelque chose de compliqué, notamment lorsqu’il y a des questions de lobbying… Enfin, le dernier levier relève de l’accompagnement, avec la subvention de maisons de santé pluriprofessionnelles. Cela permet de construire des lieux de santé où travaillent ensemble des praticiens de différentes spécialités. Pour autant, étant donné que ces lieux fonctionnent avec des subventions publiques se pose la question de leur viabilité économique à long terme
