« Quand on a un médecin traitant, on le garde, c’est une denrée rare »

Combien de jours pour décrocher un rendez-vous chez un généraliste, dermato, pédiatre…? Top et flop des villes françaises    

Par M.J. le 01-10-2021

 https://www.egora.fr/actus-pro/demographie-medicale/69068-combien-de-jours-pour-decrocher-un-rendez-vous-chez-un?nopaging=1

Le magazine Marianne dresse, dans son édition du 1er octobre, un panorama des inégalités d’accès aux soins dans plus de 300 villes françaises. Si Aix-en-Provence est la ville qui s’en tire le mieux toutes spécialités confondues, Château-Chinon est la commune la moins bien lotie. Les délais d’attente pour les consultations de médecine générale ont aussi été passés à la loupe dans tous les départements.

Panorama des délais d’attente:

En 2019, 6,3% de la population française vivait dans un territoire qualifié de désert médical, offrant 2,5 visites annuelles par an ou moins selon la Drees. Partant de ce constat, le magazine Marianne a enquêté* pour dresser un panorama des inégalités d’accès aux soins dans 314 communes du pays et sort, dans son édition du 1er octobre, un classement des tops et des flops selon les communes.  

A l’issue de l’enquête, aucune consultation d’ophtalmologie n’a pu être trouvée dans environ 4% des villes sélectionnées pour l’étude et dans 12% pour les gynécologues. Toujours selon l’étude, aucun dermatologue libéral n’a accordé de rendez-vous dans une ville sur six. Même constat pour les pédiatres, dans un quart des 314 communes.  

Médecins : combien vous serez en 2050

Les tops  

1. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). D’après les calculs de Marianne, il faut en moyenne 3 jours pour consulter un généraliste, 53 jours pour un dermatologue, 8 jours pour un gynécologue, 30 jours pour un ophtalmologue, 20 jours pour un pédiatre et 30 jours pour un dentiste.  

2. Montpellier (Hérault). Dans la capitale de l’Occitanie, il faut en moyenne 2 jours pour consulter un MG, 7 jours pour un dentiste, 14 jours pour un dermatologue, 52 jours pour un gynécologue, 69 jours pour un ophtalmologue, 74 jours pour un pédiatre.  

3. Le Havre (Seine-Maritime). Dans cette commune du Nord-Ouest, il faut également deux jours de délai pour une consultation de médecine générale, 19 jours pour voir un dentiste, 115 jours pour un dermatologue, 39 jours pour un gynécologue, 6 jours pour un ophtalmologue et 58 jours pour un pédiatre.  

4. Ajaccio (Corse). Dans cette ville corse, le délai pour une consultation de médecine générale est de 7 jours. Il est de 11 jours pour un dentiste, 90 jours pour un dermatologue, 19 jours pour un gynécologue, 53 jours pour un ophtalmologue et 66 jours pour un pédiatre.  

5. Valence (Drôme). Dans la préfecture de la Drôme, il faut 5 jours avant de voir un généraliste, 55 jours pour un dentiste, 60 jours pour un dermatologue, 15 jours pour un gynécologue, 19 jours pour une consultation d’ophtalmologie et 74 jours pour une consultation de pédiatrie.  Le conventionnement sélectif plutôt que l’obligation à l’installation : l’offre d’un sénateur aux médecins généralistes

Les flops  

314. Château-Chinon (Nièvre). Tout en bas du classement, il faut 89 jours dans cette commune pour obtenir un rendez-vous de médecine générale et 114 jours pour obtenir un rendez-vous chez un dentiste. Aucun rendez-vous* n’a pu être trouvé pour une consultation de dermatologie, de gynécologie, de pédiatrie et d’ophtalmologie.  

313. Pithiviers (Loiret). Il faut aux habitants de cette commune 138 jours pour consulter un médecin généraliste, 301 jours pour voir un ophtalmologue, 155 jours pour un dentiste. Aucun rendez-vous* n’a pu être trouvé pour une consultation de dermatologie, de gynécologie et de pédiatrie. 

312. La Châtre (Indre). Dans cette commune de 4.000 habitants il faut 23 jours pour voir un MG, 192 jours pour un dentiste, 175 jours pour un dermatologue et 152 jours pour un ophtalmologue. Aucun rendez-vous* n’a pu être trouvé pour une consultation de gynécologie et de pédiatrie. 

311. Montdidier (Somme). Il faut 20 jours pour obtenir une consultation de médecine générale, 148 jours pour voir un dentiste, 125 jours pour voir un dermatologue, 240 jours pour une consultation d’ophtalmologie. Aucun rendez-vous* n’a pu être trouvé pour une consultation de gynécologie et de pédiatrie. 

310. Nyons (Drôme). Sous-préfecture du département, il faut malgré tout 111 jours pour voir un dermatologue et 130 jours pour un pédiatre. En faisant plus de 20 minutes de voiture, il faut également 14 jours pour voir un médecin généraliste, 237 jours pour un dentiste ,108 jours pour un gynécologue, 116 jours pour un ophtalmologue. 

*Dans sa méthodologie, le magazine précise que les appels pour la prise de rendez-vous ont été effectués au mois de juin et qu’ils se sont poursuivis jusqu’à trouver deux créneaux de disponible, avant de faire une moyenne. Le motif de consultation était une visite de contrôle pour un nouveau patient, pouvant allonger certains délais de prise en charge.  70 médecins salariés en 35 heures : le pari gagnant de la Saône-et-Loire ?

Les tops et les flops chez les généralistes 

Le magazine Marianne a également fait un focus sur les rendez-vous de médecine générale, pour lesquels il faut, selon la moyenne nationale, 21 jours de délai. Dans le top 2 se trouvent les villes de Vienne (Isère) et Castres (Tarn) avec seulement une journée d’attente pour un rendez-vous. Dans le flop 5 : Les Andelys (Eure) où il faut attendre 313 jours, Nice (Alpes-Maritimes) avec 231 jours d’attente, Rouen (Seine-Maritime) avec 164 jours d’attente, Bar-sur-Aube (Aube) et Carcassonne (Aude) avec respectivement 148 et 146 jours d’attente. 

Les moyennes nationales  
En moyenne en France en 2021, il faut : 
21 jours pour obtenir un rendez-vous de médecine générale 
98 jours pour un rendez-vous chez un dentiste 
140 jours pour un rendez-vous de dermatologie 
101 jours pour un rendez-vous de gynécologi
158 jours pour un rendez-vous chez un ophtalmologue 
74 jours pour un rendez-vous de pédiatri

[avec Marianne]   

Exclusif : Quelles villes sont en manque de médecins ? Notre palmarès des déserts médicaux

Enquête

Par Sébastien Grob

Publié le 01/10/2021 à 6:00

En 2019, 6,3 % de la population vivait dans un territoire considéré comme « sous-dense » par la Drees, c’est-à-dire offrant 2,5 visites annuelles ou moins. Soit 4,2 millions de personnes.
Martin Bertrand / Hans Lucas via AF

https://www.marianne.net/societe/sante/exclusif-314-villes-passees-au-crible-marianne-dresse-le-palmares-des-deserts-medicaux?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20211001&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

« Marianne » dresse un panorama des inégalités d’accès aux soins dans 314 villes françaises. Quelque 9 600 coups de téléphone passés pour décrocher un rendez-vous. Le quinté du désert médical : Château-Chinon, Pithiviers, La Châtre, Montdidier et Nyons. Les mieux lotis : Aix-en-Provence, Montpellier et Le Havre. Entre ces deux mondes, des écarts saisissants, véritables entorses à la promesse d’accès aux soins pour tous.

Une brèche dans le pacte républicain. Financée en commun par les Français, la Sécurité sociale permet à tous de profiter de soins de base remboursés aux quatre coins du pays. Mais, pour en bénéficier, encore faut-il trouver un cabinet où utiliser sa carte Vitale. Voilà où le bât blesse : dans un éventail de plus en plus large de territoires français, souvent appelés « déserts médicaux », cette promesse d’égalité se heurte à une pénurie grandissante de soignants. Des millions de Français peinent aujourd’hui à trouver un médecin traitant, ou font face à des délais d’attente exorbitants pour un rendez-vous chez un spécialiste. Et notre enquête dans 314 villes en mesure l’ampleur.

Alors que le critère du nombre de médecins est le plus souvent étudié, nous nous sommes intéressés aux délais d’attente, qui illustrent de façon concrète l’accessibilité aux soins. Quelque 9 600 appels ont été passés chez des praticiens libéraux de l’ensemble des préfectures et sous-préfectures de la France métropolitaine, afin de prendre une série de rendez-vous. Environ 3 500 créneaux ont ainsi été obtenus auprès de généralistes et de cinq types de spécialistes : pédiatres, gynécologues, ophtal­mologues, dermatologues et dentistes.

IMPASSES EN SÉRIE

La méthode a, bien sûr, ses limites. Clientela, le prestataire chargé de l’étude a, d’abord, reposé le combiné après avoir décroché deux rendez-vous, plutôt qu’après avoir contacté l’ensemble des praticiens de chaque territoire. D’où un biais lié au tirage au sort. De plus, les rendez-vous ont été pris pour une visite « de contrôle » formulée par de nouveaux clients : les délais présentés ne reflètent donc pas tout à fait ceux que subissent les patients, déjà inscrits chez leur praticien et sollicitant une consultation d’urgence. Une fois ces précautions prises, deux constats demeurent : des écarts importants se dégagent d’un bassin de vie à l’autre et des pénuries criantes apparaissent dans certaines villes.

En témoignent les nombreux cas où aucun rendez-vous n’a pu être trouvé. Une consultation s’est révélée impossible (après appels à l’ensemble du vivier local) dans environ 4 % des villes pour les ophtal­mologues, et dans 12 % des cas pour les gynécologues. Pis, aucun dermatologue n’accorde de visite dans une ville sur six, et même aucun pédiatre dans un quart des communes. Cette dernière spécialité se révèle d’ailleurs inaccessible dans plusieurs villes de taille moyenne : Évreux (Eure) et ses 49 000 habitants, par exemple….

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Désert médical : Orléans, une ville de plus de 100 000 habitants où l’accès aux soins est difficile

« Rustines »

Par Anthony Cortes

Publié le 01/10/2021 à 17:45

https://www.marianne.net/societe/sante/desert-medical-orleans-une-ville-de-plus-de-100-000-habitants-ou-lacces-aux-soins-est-difficile

La préfecture du Loiret est, selon notre palmarès, la ville de plus de 100 000 habitants qui offre le moins bon accès aux soins. Les initiatives des pouvoirs publics comme celles des associations sont pourtant nombreuses. Des mesures trop tardives ?

Têtes baissées et le pas pressé, Delphine et Patricia fuient ce désagréable crachin qui vient arroser le chemin de leur pause déjeuner. Employées de banque et d’assurance, les deux femmes de 42 et 53 ans grimacent, grommellent, pestent. Les questionner sur l’offre de santé locale n’est peut-être pas la meilleure idée pour les dérider. « Ici, à Orléans, c’est simple : il vaut mieux ne pas tomber malade ! » tonne la plus âgée. Leurs anecdotes sont similaires. En cas de bobo, « c’est Doliprane » en solitaire, tant les délais pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste sont longs.

Un gynécologue ? « Il vaut mieux faire appel à une sage-femme, sauf si vous pouvez attendre plusieurs mois » s’émeut la quadragénaire. Un ophtalmo ? N’y comptez pas trop. À quelques pas, à la sortie de la maison de santé pluridisciplinaire (MSP) Madeleine-Brès, Adjiman-Thérèse, 43 ans, ventre arrondi de femme enceinte, partage cette même consternation : « Les spécialistes, c’est le plus compliqué. Mais pour voir son médecin traitant, c’est aussi toute une histoire. D’abord, il est très compliqué d’en avoir un. Je viens de déménager à l’autre bout de la commune. J’ai fait le choix de garder celui que j’avais quand j’habitais en centre-ville. Quand on a un médecin traitant, on le garde, c’est une denrée rare ici ! Tant pis pour les trajets interminables comme aujourd’hui… »

BONNES VOLONTÉS

Dermato, dentiste, ophtalmo… : quel est le délai d’attente dans votre ville ?

Interactif

Par Sébastien Grob , avec A.M.

Publié le 01/10/2021 à 17:11

https://www.marianne.net/societe/sante/dermato-dentiste-ophtalmo-decouvrez-le-delai-dattente-dans-votre-ville-avec-notre-moteur-de-recherche

« Marianne » dresse le palmarès des déserts médicaux. Pour mesurer l’ampleur de l’inégalité de l’accès aux soins, 314 villes françaises ont été passées au crible, à travers le temps d’attente requis pour décrocher un rendez-vous chez un généraliste, un dentiste, un dermatologue, un ophtalmologue, un gynécologue et un pédiatre.

Le quinté du désert médical ? Château-Chinon, Pithiviers, La Châtre, Montdidier et Nyons. Les mieux lotis : Aix-en-Provence, Montpellier et Le Havre. Alors que le critère du nombre de médecins est le plus souvent étudié, nous nous sommes intéressés aux délais d’attente, qui illustrent de façon concrète l’accessibilité aux soins. Quelque 9 600 appels ont été passés chez des praticiens libéraux de l’ensemble des préfectures et sous-préfectures de la France métropolitaine, afin de prendre une série de rendez-vous. Environ 3 500 créneaux ont ainsi été obtenus auprès de généralistes et de cinq types de spécialistes : pédiatres, gynécologues, ophtal­mologues, dermatologues et dentistes.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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