Encore des urgences qui ne peuvent pas fonctionner à Marmande et fusion de deux services à Lisieux (Calvados) avec perte de 15 lits – Fin de la chirurgie non ambulatoire à Dôle (Jura)

Plus de titulaire, ni de garde d’interne : le chef de service des urgences de Marmande démissionne   

Par A.M. le 30-09-2021 

https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/68974-plus-de-titulaire-ni-de-garde-d-interne-le-chef-de-service-des

Le Dr Laurent Maillard, en charge de la chefferie des urgences de Marmande depuis six mois, vient d’annoncer sa démission. En cause : un conflit avec l’ARS sur les conditions de fonctionnement du service.

L’été est fini mais la crise des urgences perdure. Illustration au centre hospitalier intercommunal de Marmande-Tonneins (Lot-et-Garonne) où le chef de service vient d’annoncer sa démission, révèle Sud Ouest. Le Dr Laurent Maillard, qui avait pris ses fonctions il y a six mois, refuse en effet d’être « responsable d’un service où les conditions ne sont pas réunies pour qu’il continue d’exister« .

Depuis mai 2021, le service ne tourne qu’avec des médecins intérimaires. Cet été, faute de bras, les urgences ont dû fermer leurs portes chaque soir durant trois semaines à 22h30, ne prenant en charge que les cas les plus graves en nuit profonde. Une nouvelle crise a éclaté il y a dix jours lorsque les internes ont cessé d’assurer des gardes, faute d’encadrement.

« Mépris » pour les généralistes, rémunération trop faible : sur le terrain, le Service d’accès aux soins divise les médecins

Ne disposant plus des effectifs nécessaires pour assurer le fonctionnement du service dans de bonnes conditions, le chef de service a décidé de revenir à la configuration estivale : fermeture nocturne et « filtre » via un « portier », un téléphone relié directement au médecin régulateur du Samu. « Le filtre était moins restrictif », assure le Dr Maillard à Sud Ouest.

Mais un « incident » la semaine dernière a conduit l’ARS à exiger un retour à la normale. Une décision que conteste le chef de service. « Ce week-end, les médecins qui ont fait les nuits étaient épuisés. La moitié d’entre eux ne veulent plus revenir à cause des conditions de travail« , alerte l’urgentiste. Le mode de fonctionnement « dégradé » est pour lui « la seule solution pour maintenir des urgences à Marmande » et espérer attirer à nouveau de jeunes médecins.

[avec Sudouest.fr]

Lisieux : faute de médecins, deux services de l’hôpital fusionnent et perdent des lits 

En manque de médecins, l’hôpital de Lisieux (Calvados) doit fusionner son service de gastro-entérologie avec celui de médecine interne à partir du 1er novembre 2021. 

https://actu.fr/normandie/lisieux_14366/lisieux-faute-de-medecins-deux-services-de-l-hopital-fusionnent-et-perdent-des-lits_45258175.html

L'hôpital de Lisieux (Calvados) fait face à un manque de médecins dans son service de gastro-entérologie.
L’hôpital de Lisieux (Calvados) fait face à un manque de médecins dans son service de gastro-entérologie. (©Le Pays d’Auge)

Par Paul LesignePublié le 29 Sep 21 à 12:03 Le Pays d’AugeMon actuSuivre

C’est un coup dur pour l’hôpital de Lisieux (Calvados) : le service de gastro-entérologie va devoir réduire ses lits par manque de médecin et fusionner avec le service de médecine interne. La direction l’a annoncé au personnel lundi 27 septembre 2021. La gastro-entérologie comptait jusqu’ici trois médecins : l’un d’eux part et un autre a demandé à travailler à temps partiel.

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N’ayant pour l’instant pas trouvé de remplaçants, la direction a décidé de réorganiser ses services : à partir du 1er novembre 2021, « la gastro-entérologie va passer de 25 lits à 10 », et fusionner avec la médecine interne, qui elle « va passer de 25 à 15 lits », annoncent l’Unsa et la CFDT. Soit « une perte de 25 lits, c’est énorme » :

Ce sont deux gros services qui sont toujours pleins et qui tournaient plein pot. Il y avait même toujours besoin de deux ou trois lits supplémentaires.

Le service de médecine interne, ou « médecine polyvalente », avait connu une fermeture en juillet 2020 après le départ d’un médecin, avant de rouvrir à l’automne 2020 lors de la deuxième vague : c’est ici que les malades du Covid sont pris en charge.

« Dans la douleur » pour les soignants

Les syndicats s’inquiètent déjà des conséquences de cette fusion. Pour leurs collègues, « elle va se faire dans la douleur ». Des infirmiers et aides-soignants, présents pour certains dans ces services depuis plusieurs années, « ont appris ça du jour au lendemain et vont être dispatchés à droite et à gauche », déplore Isabelle Leralle, secrétaire Unsa. « Ils vont devoir trouver un service ailleurs où il y a de la place pour eux », ajoute Céline Rocancourt, secrétaire CFDT. Quant aux contractuels, « qu’on a eu du mal à trouver, on va leur dire au revoir ».

Les syndicats Unsa et CFDT de l'hôpital de Lisieux (Calvados) s'inquiètent.
Les syndicats Unsa et CFDT de l’hôpital de Lisieux (Calvados) s’inquiètent. (©Le Pays d’Auge)

Cette organisation représente « un risque imminent » pour les soignants qui vont rester dans ce service fusionné, selon la CFDT et l’Unsa, puisqu’elle s’accompagne d’une « fusion des compétences ». Ils seront amenés à prendre en charge tous les patients, qu’ils relèvent de la gastro-entérologie ou de la médecine interne : « Pourtant, chaque service a ses pathologies spécifiques. Ils vont devoir appréhender une nouvelle façon de travailler, dans un climat anxiogène, et gérer des pathologies qu’ils n’ont pas l’habitude de traiter », regrette Émilien Jean, de l’Unsa.

« Catastrophique »

Pour les patients, « c’est catastrophique », estiment les représentants syndicaux. Ils craignent « une baisse des consultations, des dépistages, des examens », « des retards de prise en charge alors qu’on en a déjà subi avec le Covid », et « l’impossibilité de gérer en sécurité des urgences type hémorragies digestives » : « Il y a des jours et des nuits où il n’y aura pas de gastro-entérologue dans le service ».

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Cette situation pourrait durer « au minimum jusqu’au 1er janvier 2022 » rapportent l’Unsa et la CFDT : « Des fois, le provisoire dure longtemps », souffle Isabelle Leralle. Tout dépendra du recrutement de professionnels : « On nous dit qu’il y a des pistes, mais on ne les voit pas arriver, et quand elles arrivent, elles ne restent pas », peste Céline Rocancourt. 

L’hôpital de Lisieux est référent, a des perspectives de modernisation, du personnel qualifié, des équipements modernes et performants. Qu’est-ce qui pêche ? On a tous les outils, ce qu’il faut c’est des médecins, qu’on nous en trouve ! Isabelle Leralle

Un appel aux personnalités politiques 

Ils se disent « inquiets pour les autres spécialités », et rappellent que le centre hospitalier Robert Bisson a déjà vécu un été très compliqué : faute de personnel, les urgences avaient été restreintes la nuit en août 2021.https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Ffochlisieux%2Fposts%2F387152776399991&show_text=true&width=350

« Il ne fait pas bon vivre en pays d’Auge, l’offre de soins se dégrade, lance Céline Rocancourt. C’est grave. » « Les politiques vont devoir se mouiller », appellent les syndicats, qui s’alarment : « Dans quelques années, on va devenir un grand département gériatrique, avec quelques petites médecines à côté ».

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Jura. La fin programmée de la chirurgie non-ambulatoire à Dole 

https://actu.fr/bourgogne-franche-comte/dole_39198/jura-la-fin-programmee-de-la-chirurgie-non-ambulatoire-a-dole_45266116.html

À partir de février, il n’y aura plus de chirurgie d’urgence à Dole. Et la chirurgie conventionnelle va elle aussi disparaître d’ici quelques années.

Le Comité de défense des hôpitaux publics de Dole lutte pour le maintien de toutes les chirurgies à Dole. Lundi, il donnait une conférence commune avec le docteur Kabbache.
Le Comité de défense des hôpitaux publics de Dole lutte pour le maintien de toutes les chirurgies à Dole. Lundi, il donnait une conférence commune avec le docteur Kabbache. (©Tony Le Pennec)

Par Tony Le PennecPublié le 29 Sep 21 à 10:38 Voix du JuraMon actuSuivre

Le Collectif de défense des hôpitaux publics de Dole tire une fois de plus la sonnette d’alarme : d’ici peu, l’hôpital Louis Pasteur de Dole risque de ne plus pouvoir disposer de chirurgie d’urgence. Lors d’une conférence de presse organisée lundi 27 en présence du chirurgien dolois Morhaf Kabbache, le docteur et le collectif faisaient les comptes : en chirurgie viscérale, le seul professionnel à faire des astreintes, le docteur Assad, devrait partir à la retraite sous quelques semaines, après avoir déjà repoussé la date à plusieurs reprises pour ne pas laisser l’hôpital sans urgences chirurgicales.

Fin de la conventionnelle en 2026

Et côté orthopédie et traumatologie, le service compte actuellement trois chirurgiens : un part à la retraite en janvier, un autre a décidé de quitter l’établissement. Ne devrait donc rester que le docteur Kabbache, qui ne peut plus assurer les urgences pour des raisons de santé. Si aucun chirurgien n’est recruté d’ici janvier, il n’y aura donc plus du tout d’urgences chirurgicales à Dole en février. Quant à la chirurgie conventionnelle (celle qui nécessite de passer au moins une nuit à l’hôpital), elle devrait se maintenir au moins le temps que le docteur Kabbache reste en poste, c’est-à-dire jusqu’en 2026. Mais après cette date : mystère. Le Comité dit demander depuis longtemps des éclaircissements à l’ARS sans arriver à en obtenir.

Le directeur assume la fin des urgences

Contacté, le directeur de l’hôpital, Gilles Chaffange, est en revanche très clair : la chirurgie d’urgence disparaîtra effectivement de l’hôpital de Dole en février, et la chirurgie conventionnelle avec le départ du docteur Kabbache.

« Depuis deux ans et demi que je suis à la tête de l’hôpital, j’ai publié beaucoup d’offres de poste, mais je n’ai jamais eu de réponse de chirurgien avec un dossier complet et en conformité. Ce qui n’est pas forcément étonnant d’ailleurs : aujourd’hui les jeunes chirurgiens sont hyperspécialisés, alors qu’ici il faut une polyvalence assez grande. »Gilles ChaffangeDirecteur de l’hôpital Pasteur

Le docteur Kabbache comprend qu’il soit difficile de recruter, dans un contexte où la plupart des chirurgiens actuels sont sur le départ et le futur de la spécialité dans le flou. Sauf que, assure-t-il, il a lui-même proposé des candidats chirurgiens il y a quatre ou cinq ans à l’ancienne direction, à une époque où le recrutement était potentiellement plus aisé. Et qu’aucun dossier n’a été accepté.

« Le projet de la chirurgie à Dole, c’est le 100 % ambulatoire »

La chirurgie ambulatoire (avec opération et sortie de l’hôpital dans la journée), en revanche, semble avoir de beaux jours devant elle : des blocs flambant neufs vont sortir de terre, en principe en 2023. Le choix du cabinet d’architecte, un temps bloqué, a été fait cet été.

« Le projet de la chirurgie à Dole, c’est le 100 % ambulatoire. Mais il a le mérite de maintenir une chirurgie publique, et nous allons augmenter le nombre de spécialités, avec de la chirurgie ORL, plastique, en urologie. »Gilles Chaffange

Les opérations seront prises en charge par des chirurgiens venus de Besançon, dans les nouveaux blocs. Le directeur de l’hôpital Pasteur précise en outre que les opérations en ambulatoire représentent déjà 70 % des opérations réalisées à Dole.

Le risque d’une perte de chance ?

Mais le docteur Kabbache a quelques lourdes réserves : il cite pêle-mêle la personne âgée qui doit se faire opérer du col du fémur, et qui devra passer plusieurs jours à l’hôpital de Besançon, loin de chez elle. Où l’opération du canal carpien : une opération qui se fait dans la journée, mais qui, si la personne vit seule, oblige à garder une nuit en observation. Les personnes seules iront donc se faire opérer de la main à Besançon. Dans le cas des urgences, le chirurgien craint en outre une perte de chance pour les patients du bassin dolois, le passage sur la table d’opération étant retardé par le transport jusqu’au CHU de Besançon ou de Dijon.

Un rassemblement ce jeudi

« Je comprends que les gens ne se sentent pas entièrement sécurisés, parce que toutes les réponses ne sont pas encore là, dit le directeur de l’hôpital. L’hôpital de Dole, notamment ses médecins urgentistes, est en concertation avec les chirurgiens de Besançon, pour mettre en place un protocole pour la prise en charge des urgences, et sécuriser les patients. »
Le Comité de défenses des hôpitaux publics de Dole organise ce jeudi 30, à 17 h, un rassemblement devant l’hôpital Pasteur pour demander le maintien des chirurgies conventionnelle et d’urgence. Un combat qui semble déjà perdu, sans que personne n’ait pris la peine d’en informer clairement le Comité. Pas plus que les chirurgiens enchaînant les astreintes et reculant leur départ à la retraite pour permettre jusqu’à présent aux urgences chirurgicales de se maintenir.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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