Hôpital : le virage ambulatoire s’est poursuivi durant la crise sanitaire
Publié il y a 12 heures, mis à jour il y a 7 heures
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/hopital-5-700-lits-supprimes-en-2020-20210929

Le nombre de lits en hospitalisation complète a poursuivi son repli en 2020, quand l’hospitalisation à domicile et partielle se sont développées. Les lits de réanimation ont bondi de 14,5% en un an.
La crise sanitaire n’a pas stoppé le virage ambulatoire à l’hôpital. Selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2020, l’Hexagone comptait moins de 3000 établissements de santé – 2983, précisément -, dont 1342 dans le secteur public et 974 dans le secteur privé à but lucratif. Ces lieux comptaient 386.835 lits en hospitalisation complète, un nombre en baisse de 1,5% – soit 5758 lits – par rapport à un an plus tôt.À découvrir
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/ER1208.pdf
À LIRE AUSSI Hôpitaux et Ehpad face aux promesses en suspens du «Ségur»
«Ce repli poursuit une tendance observée depuis plusieurs années», rappelle le rapport, qui chiffre les fermetures de lits depuis sept ans à 27.000, «soit une baisse de 6,5%». Loin d’être ralenties par la crise sanitaire, les fermetures se sont même accélérées en 2020, malgré le déploiement temporaire de lits supplémentaires à certains moments de l’année. Les déprogrammations d’opérations et le refus d’accueillir des patients dans certains services pour dégager du personnel face à l’épidémie ont pu accentuer cette dynamique, de même que les transformations de chambres doubles en simples, qui ont réduit d’autant le nombre de lits disponibles, note la Drees.https://datawrapper.dwcdn.net/oSdS9/1/
À l’inverse, les places d’hospitalisation partielle ont augmenté sur l’année d’1,7%, poursuivant, là encore, une évolution visible depuis plusieurs années. La progression est plus marquée, depuis sept ans, que le recul des places en hospitalisation complète : «depuis 2013, 8200 places ont été créées, soit une hausse de 11,4 %», calcule la Drees. Autre signe du virage ambulatoire, l’hospitalisation à domicile continue son déploiement, avec une croissance «particulièrement vive» en 2020, de l’ordre de 10,8%. Une progression plus forte que les années passées, due, en partie, à la crise sanitaire. À la fin de l’année, 21.300 patients pouvaient «être pris en charge simultanément en HAD sur le territoire», précise le document.
Les soins critiques renforcés durant la crise sanitaire
Autre élément d’importance, la crise sanitaire a conduit à un renforcement des services de soins critiques, en difficulté depuis plusieurs années. Fin 2020, 20.300 lits de soins critiques étaient ouverts dans les établissements de santé, en hausse de 3,6% sur un an, «une progression trois fois plus rapide que la tendance des années précédentes». Dans le détail, les lits de réanimation ont bondi de 14,5% en un an, «soit 786 lits de réanimation supplémentaires installés». 6200 étaient dénombrés fin décembre, et la moitié de ceux créés durant l’année l’ont été dans des établissements qui n’en comptaient aucun. Les lits de soins intensifs ont également progressé, de 0,5% seulement, quand les lits en surveillance continue ont reculé, perdant 114 places.
https://datawrapper.dwcdn.net/NkLjL/1/
Les fragilités des services de soins critiques ont été soulignées à plusieurs reprises par la Cour des comptes. Mi-mars, l’institution jugeait que ceux-ci devraient être repensés après la crise sanitaire, afin de les préparer à d’éventuelles épreuves futures. Leur modèle de financement était pointé du doigt, de même que les difficultés humaines, le travail éprouvant menant à un «un important turn-over d’infirmiers» dans ces services. Reste à voir si la multiplication des lits durant la crise sanitaire sera pérennisée, ou si elle ne sera que conjoncturelle.
À VOIR AUSSI – Dans un hôpital de Lyon, les patients en réanimation sont plus jeunes et non-vaccinés
Pourquoi, malgré l’épidémie de Covid-19, le nombre de lits continue de baisser à l’hôpital
En 2020 plus de 5700 lits d’hospitalisation complète ont été fermés. Un mouvement à l’oeuvre depuis de nombreuses années qui a même été amplifié par la crise.
Durée : 6 min
Entre fin 2019 et fin 2020, le nombre de lits a baissé d’1,5 %, une chute « un peu plus marquée » que les années précédentes. Illustration / AFP PHOTO / BORIS HORVAT
AFP
Par Valentin EhkirchPublié le 29/09/2021 à 14:25, mis à jour à19:15Newsletter
Le SeptLes 7 infos qui comptent pour commencer la journéeEnvoyée chaque matinJe m’inscris
La crise sanitaire n’a pas endigué le mouvement à l’oeuvre depuis plusieurs années, il a même contribué à son accélération. En 2020 plus de 5700 lits d’hospitalisation complète ont été fermés, selon une étude du ministère de la Santé publiée ce mercredi.
Le mouvement n’est pas nouveau (depuis 2013 le nombre de lits d’hospitalisation complète n’a cessé de chuter, passant d’un peu plus de 413 000 à près de 387 000 en 2020), mais la crise sanitaire semble avoir accéléré la dynamique.
Entre fin 2019 et fin 2020, le nombre de lits a baissé d’1,5 %, une chute « un peu plus marquée » que les années précédentes (-0,9 % par an en moyenne), souligne la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS). Avec les déprogrammations et les tensions sur les services de réanimation, certains établissements ont été contraints de ne plus accepter de patients dans plusieurs de leurs services d’hospitalisation pour dégager des moyens en personnel. « Enfin, pour limiter la contagion, de nombreuses chambres doubles ont été transformées en chambres simples, réduisant là aussi le nombre de lits d’hospitalisation complète disponibles en fin d’année », ajoute l’étude.
LIRE AUSSI >> « Ça n’a pas changé notre vie » : un an après le Ségur de la Santé, le malaise demeure à l’hôpital
Après la première vague de l’épidémie de Covid-19, Olivier Véran s’était engagé à mettre fin au « dogme » des réductions des capacités des établissements. Mais la politique d’un développement plus important des hospitalisations en ambulatoire, et d’une réduction des lits conventionnels, semble s’être poursuivie. 1 369 places d’hospitalisation « de jour » ont été ouvertes en 2020, portant leur nombre total à 80 089. « Il y a un choix politique depuis une quinzaine d’années de réduire les hospitalisations complètes (celles de plus de 24 heures), et de développer les hospitalisations partielles, ou en ambulatoire. C’est une tendance longue qui a su satisfaire un besoin mais qui, développée à l’excès a des aspects pervers. Notamment parce qu’elle contraint certains patients à revenir à l’hôpital en cas de complications, et qu’elle amène à se reposer sur le secteur privé », regrette Nathalie Coutinet, maîtresse de conférences en économie au Centre d’économie de l’université Paris-Nord, spécialiste de l’économie de la santé.
Forte augmentation des lits de réa
Ces fermetures s’observent également à travers la réduction du nombre d’établissements de santé sur le territoire. La France compte désormais moins de 3 000 hôpitaux et cliniques selon le dernier comptage de la Dress. « Sous l’effet des réorganisations et des restructurations, 25 établissements publics et privés ont fermé l’an dernier, indique-t-elle. « Ce travail de réorganisation de l’offre de soin qui s’est orienté vers le développement de grands groupes hospitaliers, n’a pour autant pas absorbé tous les lits qui ont fermé, et cela entraîne des difficultés pour certains patients situés dans des déserts médicaux », commente Nathalie Coutinet.
De l’autre côté, le nombre d’hospitalisation à domicile a connu une « croissance particulièrement vive » de 10,8 %, soit 21 276 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire », relève l’étude. Là encore l’épidémie peut avoir joué un rôle : « dans cette période de tension hospitalière, les établissements de santé ont pu accentuer leur recours à l’hospitalisation à domicile, notamment pour des patients non concernés par la Covid-19 ». Sur le même sujet
- « Ça n’a pas changé notre vie » : un an après le Ségur de…
- 30% de turn-over en réanimation : « Les autorités doivent…
- Ségur de la santé : ces « vieux » problèmes qui sont vite…
LIRE AUSSI >> Hôpital « à bout de souffle » : derrière les fermetures de lits, la question des salaires
Enfin la crise sanitaire se voit également sur le nombre de lits de réanimation, qui a fortement varié au gré des vagues de Covid, et qui a terminé l’année en hausse de 14,5% (soit environ 6 200). Les très fortes tensions hospitalières observées durant l’épidémie ont également amené des structures ne faisant pas de réanimation à devoir se transformer. Ainsi l’augmentation observée par la Dress résulterait pour moitié de l’augmentation des capacités d’accueil des établissements déjà équipés en 2019, mais également, pour l’autre moitié, de l’ouverture de lits de réanimation dans 63 établissements qui n’en disposaient pas du tout avant la crise. Ces lits toutefois ne devraient pas systématiquement être pérennisés. Des autorisations dérogatoires pour l’activité de réanimation ont été délivrées depuis mars 2020, afin de faire face à l’épidémie. Ils pourraient retrouver la qualification de lits de soins de surveillance continue (qui ne relève pas directement de la réanimation), ou de l’hospitalisation conventionnelle.
Hôpital : près de 6000 lits supprimés en 2020 malgré le Covid
Par M.J. le 29-09-2021

Plus de 5.700 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2020 dans les établissements de santé français malgré la crise sanitaire liée au Covid.
On aurait pu croire l’inverse, mais le Covid-19 n’a pas interrompu la réduction inexorable des capacités hospitalières. Au contraire, la crise sanitaire a en partie amplifié les fermetures de lits. Selon une étude de la Drees parue mercredi 29 septembre, plus de 5.700 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2020 dans les établissements de santé français qui ont créé dans le même temps, près de 1.400 places d’hospitalisation partielle. Signe de ce déclin, la France compte désormais moins de 3.000 hôpitaux et cliniques. « Sous l’effet des réorganisations et des restructurations », 25 établissements publics et privés ont fermé l’an dernier, précise la Drees.
Les 2.983 structures encore ouvertes fin 2020 disposaient très exactement de 386.835 lits d’hospitalisation complète fin 2020, soit 5.758 de moins en un an – comparé au dernier bilan pour l’année 2019, publié en juillet par le ministère de la Santé. Cette baisse est « un peu plus marquée » que les années précédentes, ce qui « pourrait s’expliquer par le contexte d’épidémie », avec « de nombreuses chambres doubles transformées en chambres simples pour limiter la contagion », ainsi que des déprogrammations massives pour réaffecter les personnels soignants dans les services de soins critiques. 32 médecins d’un hôpital menacent de démissionner des urgences pour protester contre leurs conditions de travail
Virage ambulatoire
Le nombre de lits de réanimation, qui a fortement varié au gré des vagues de Covid, a d’ailleurs terminé l’année en hausse de 14,5% (soit environ 6.200). Cela n’a pas empêché la tendance de fond du « virage ambulatoire » – sur fond de « contraintes de personnel » – de se poursuivre : 1.369 places d’hospitalisation « de jour » ont été ouvertes en 2020, portant leur nombre total à 80.089.
L’hospitalisation à domicile a dans le même temps connu une « croissance particulièrement vive » de 10,8 %, soit 21.276 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire ». Ce mode de prise en charge représentait ainsi, fin 2020, « 7% des capacités totales en hospitalisation complète » hors psychiatrie, contre 2,1% en 2006.
Quand la crise sanitaire amplifie (logiquement) la fermeture des lits

Paris, le jeudi 30 septembre 2021 –
« A l’issue de cette crise un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital ». Les mots prononcés par le président de la République Emmanuel Macron le 25 mars 2020 devant l’hôpital de campagne déployé à Mulhouse au plus fort de la crise du Covid-19 avait suscité de nombreuses attentes, mais aussi quelques doutes sur la capacité ou la volonté des pouvoirs publics à agir.
Certes, le Ségur de la Santé a constitué une traduction réelle de cet engagement dans le marbre par une revalorisation des rémunérations d’un certain nombre de professionnels de santé. Mais la tendance lourde des dernières années sur la question des fermetures de lits ne semble pas avoir été stoppée nette du fait de la crise.
Au contraire. Plus de 5.700 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2020, qui ont créé dans le même temps 1.400 places d’hospitalisation partielle, selon une étude du ministère de la Santé publiée ce mercredi. Un recul plus marqué que les années précédentes.
La poursuite du virage ambulatoire
Sur les réseaux sociaux et dans la classe politique, le chiffre a été largement commenté.
Faut-il voir dans cette baisse un calcul cynique des autorités sanitaires en pleine pandémie, ou au contraire, faut-il voir dans cette récupération politique d’un chiffre biaisé un calcul tout aussi cynique ?
A l’évidence, la baisse des lits en hospitalisation complète n’est pas un phénomène nouveau. Entre 1998 et 2020, le nombre de lits est passé de 488.710 à 386.835, tous établissements confondus (-101.875).
Une baisse qui s’explique en particulier dans le développement de la médecine ambulatoire et la diminution du temps d’hospitalisation.
Tandis que le nombre de lits en hospitalisation complète baissait de 1,5 % pour passer à 386 835 lits, le nombre de lits en hospitalisation partielle a connu une hausse de 1,7 % (80 089 lits) et le nombre de places en HAD a augmenté de 10,8 % pour atteindre 21 300 patients pouvant être pris en charge simultanément.
Pourquoi une accélération en 2020 ?
A l’heure du « quoi qu’il en coûte » comment expliquer l’amplification de la baisse du nombre de lits en pleine crise sanitaire ?
En réalité, la note de la Direction de la recherche, des études et des statistiques, soulignent un certain nombre d’arguments permettant d’expliquer cette chute.
Ainsi la déprogrammation massive d’opérations, mais aussi la transformation de chambres doubles en chambres simples pour limiter la contagion, et le recours plus importants aux hospitalisations à domicile explique en grande partie ces fermetures.
Toutefois la note de la Drees présente certaines limites. En effet, l’étude ne prend en compte l’évolution du nombre de lits allant du 1er janvier au 31 décembre. Or, à l’occasion des vagues de Covid-19, le nombre de lits (notamment les capacités d’accueil en soins critiques) ont subi une forte augmentation avant de retrouver des capacités « normales ». Au 31 décembre 2020, le nombre de lits en soins critiques ont augmenté de 3,6 % par rapport à décembre 2019.
« La suppression de plus de 5000 lits d’hospitalisation public en un an est consternante », lance l’AMUF (Communiqué)
Imprimer la listeRecherche30/09/2021
Émis par : AMUF
https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/181788/la-suppression-de-plus-de-5000-lits-dhospitalisation-public-en-un-an-est-consternante-lance-lamuf-communique/
L’AMUF le dit depuis des années : la casse du service public hospitalier continue et ce malgré la crise sans précédent de la Covid-19.
Tout le monde s’est mobilisé et nous pensions que les pouvoirs publics avaient compris l’importance d’arrêter la fermeture des lits et de rouvrir notamment des lits de réanimation. Mais pas du tout et la casse continue et les fermetures sont soulignées par un rapport du Ministère lui-même.
Nous dénonçons cette casse qui a comme conséquence des difficultés au quotidien pour pouvoir hospitaliser les malades ce qui engendre des conditions de travail effroyables aux urgences et donc des départs des personnels et médecins.
Nous sommes face à une irresponsabilité de la politique de santé.
L’AMUF dénonce cette évolution qui est une involution de l’hôpital au profit du privé.
Contact presse : secretariat@amuf.fr
