Pour la cour des comptes il faut adapter le nombre de lits de soins critiques à l’évolution de la démographie

Publié le 27/09/2021

La Cour des Comptes veut « réformer l’organisation des soins critiques »

Paris, le lundi 27 septembre 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/la_cour_des_comptes_veut_reformer_lorganisation_des_soins_critiques__189320/document_actu_pro.phtml

– Dans un rapport publié mercredi dernier, la Cour des Comptes tente de tirer les enseignements de la crise sanitaire sur l’organisation des soins critiques en France.

https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-soins-critiques

La crise sanitaire a mis sur le devant de la scène un monde que la plupart des Français connaissent très mal : celui des services de réanimation et de soins critiques. Pendant plus d’un an, les Français ont dû sacrifier certaines de leurs libertés pour éviter la saturation des services de soins critiques par les patients atteints de la Covid-19. À la demande de la commission des affaires sociales, la Cour des Comptes a rendu en juillet 2021 un rapport (publié mercredi dernier) sur l’organisation des soins critiques en France et les leçons à tirer de l’épidémie de Covid-19. Et comme souvent avec la Cour, l’analyse n’est pas tendre avec les pouvoirs publics.

Une forte capacité d’adaptation

Les magistrats soulignent que les services sanitaires français étaient mal préparés à la crise sanitaire. En effet, depuis plusieurs années, l’hôpital anticipait plutôt des évènements comme une attaque terroriste massive ou une épidémie de virus Ebola, mais n’avait pas envisagé une épidémie de maladie respiratoire provoquant un afflux massif de patients en réanimation. De manière générale, les services de soins critiques n’avaient pas évolué avec la démographie. Alors que la population âgée de plus de 60 ans, la plus susceptible d’être admise en soins critiques, augmentait, le nombre de lits restait stable, autour des 5 000 depuis 2013. Les professionnels de santé avaient su s’adapter à cette inadéquation de l’offre de soins en diminuant le recours aux soins critiques et le nombre de jours d’hospitalisations. Mais l’épidémie de Covid-19 a finalement servi de « révélateur des difficultés structurelles du secteur » selon le rapport.
Seul point positif pour la Cour des Comptes, les hôpitaux français et leurs services de soins critiques ont su montrer une forte capacité d’adaptation lorsque l’épidémie a touché le pays en mars 2020. En l’espace de deux mois, entre mars et mai 2020, le nombre de lits en soins critiques a ainsi été doublé, au prix cependant de la déprogrammation de nombreuses prise en charge soins non-urgentes « dont les conséquences en termes de santé publique restent à évaluer » selon les magistrats. La Cour souligne également que la doctrine de gestion de crise s’est « affinée » tout au long de l’épidémie, ce qui a permis de minimiser la déprogrammation de soins au cours des deuxièmes et troisièmes vagues.

Augmenter les places allouées à la réanimation aux ECN

Tentant de tirer les leçons de la crise, la Cour des Comptes formule plusieurs recommandations pour que les services de soins critiques soient mieux préparés à une éventuelle nouvelle épidémie. Elle recommande notamment de revoir les dispositifs de gestion des situations de crise sanitaire et de créer une réserve de soignants en soins critiques à mobiliser en cas d’afflux important de patients.

Sur le plus long terme, la Cour souhaite également que les besoins en soins critiques soient mieux évalués, notamment au regard du vieillissement de la population et que l’offre soit augmentée en conséquence. Enfin, pour éviter des situations de sous-effectif, la Cour souhaite que le nombre de places allouées à la réanimation et à l’anesthésie-réanimation aux ECN soit augmenté et propose de créer une qualification spéciale d’infirmier en réanimation. Sans fortes incitations salariales il sera cependant difficile d’augmenter l’attractivité d’un secteur très difficile psychiquement pour les soignants : en soins critiques, un patient sur cinq décède.

Quentin Haroche

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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