Le CNRS met enfin les points sur les « i » à propos de Didier Raoult, Perronne, Douste-Blaye… et l’INSERM s’attaque aux Fakes News Santé

24 SEPTEMBRE 2021 PAR HUET

Le comité d’éthique du CNRS accuse Didier Raoult

https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/09/24/le-comite-dethique-du-cnrs-accuse-didier-raoult/

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Le Comité d’éthique du CNRS, le COMETS, a publié il y a quelques jours un avis très attendu sur les dimensions déontologiques et éthiques de la crise sanitaire. Un avis rapidement salué par votre serviteur. Car il tranche, par sa franchise et la précision de son propos, avec les communiqués parfois sibyllins des directions des institutions scientifiques devant les dérives de certains chercheurs et médecins. Comme ce désormais célèbre communiqué de la direction du CNRS s’élevant contre des pratiques anti-déontologiques et in-éthiques de l’un de ses sociologues… qui tournait à la devinette. Mais, à qui pouvait bien s’appliquer ces condamnations sévères ??? Impossible de le savoir en lisant le texte qui ne comportait aucun exemple nominatif de ces dérives sévèrement condamnées. La devinette était facile, il s’agissait de Laurent Mucchielli, comme expliqué dans cette note du blog.

Raoult, Douste-Blazy, Perronne

L’avis du COMETS ne soumet pas de devinettes et ne tourne pas autour du pot. Et des noms, soigneusement choisis puisqu’il s’agit de ceux deDidier Raoult que l’on ne présente plus, l’ancien ministre de la santé Philippe Douste-Blazy et le professeur en santé publique Christian Perronne.

Il y a tout de même quelque chose qui pique avec ce texte du COMETS. Pas son contenu, ni ce qui n’y serait pas. Non. Ce qui pique c’est que, pour l’instant, le CNRS n’en fait vraiment pas la promotion. Rien sur la page d’accueil de son site web. Rien sur celle de CNRS info destinée aux journalistes. Alors en voici quelques extraits pour susciter la lecture du texte complet, à télécharger ici.

Sylvestre Huet

(les textes ci-dessous sont des extraits de l’avis du COMETS).

Le succès d’une communication se mesure à sa capacité d’informer de manière rigoureuse, honnête et objective de façon à ce que chacun soit en mesure de se faire sa propre opinion. Dans le contexte de la crise, ces objectifs n’ont été qu’imparfaitement atteints. Les raisons en sont multiples.
(i) La communication entre scientifiques a été incontestablement d’une immense richesse mais aussi marquée par des disfonctionnements qui ont impacté à la fois la communauté scientifique et le public.
(ii) La finalité de la communication scientifique a été détournée par certains médias qui l’ont traité comme un outil de marketing. Ils ont ainsi contribué à entretenir la confusion entre vérité scientifique et opinion, confusion qui a été par ailleurs alimentée par plusieurs acteurs de la recherche peu respectueux des principes d’intégrité scientifique et qui se sont servi de ces médias pour faire passer des messages à la finalité discutable.
(iii) Des réseaux sociaux et divers blogs ont servi de tribune à des acteurs de la recherche pour y communiquer des informations scientifiquement contestables, non validées par les pairs, leur servant à défendre des positions idéologiques sur des sujets éloignés de leur compétence professionnelles2 tout en entretenant une confusion entre leur expression à titre personnel et au titre de leur institution.
(iv) Les connaissances sur le virus et la pandémie étant en constante évolution, toute information considérée comme vérité un jour, peut se trouver contestée le lendemain. Or, dans le contexte anxiogène de la pandémie, le public ne peut se satisfaire de réponses qui paraissent ambiguës ou incertaines alors qu’elles ne sont que le reflet des phases évolutives de la recherche. Cette situation déstabilisante peut le conduire à choisir l’information qui le rassure ou conforte son opinion. Ce comportement est d’autant plus exacerbé que les médias de grande écoute, relayés par les réseaux sociaux, favorisent ce qui peut contenter le public.
(v) La peur engendrée par la pandémie favorise la recherche d’exutoires que certains citoyens trouvent dans des réseaux sociaux véhiculant à grande échelle la désinformation, voire des croyances complotistes.
Près de dix-huit mois après le début de la crise sanitaire, et alors qu’elle n’est pas encore achevée, il nous a semblé opportun de faire le point sur l’abondante communication scientifique qu’elle a générée. Identifier et analyser les forces et faiblesses de cette communication, ses excès et dérives, réclame que l’on appréhende ce qu’ont été les attentes et les finalités de ses différents acteurs et en quoi leur message a pu être audible par certains et inaudible par d’autres.

Le SARS-CoV-2 et la pandémie de COVID-19 ont fait l’objet d’un nombre considérable de travaux de recherche qui ont eu, pour certains, un impact décisionnel sur les politiques de santé et sur l’économie. En témoignent les 272 000 publications et 42 000 prépublications répertoriées pour l’année 2020 dans la base de données Dimensions. Il sera très intéressant d’analyser, avec le recul, le devenir de cette abondante littérature mais nous pouvons, dès à présent, porter un éclairage sur ses forces et faiblesses.

Néanmoins, on ne peut ignorer les dérives qui ont accompagné cette mobilisation dont certaines ont eu un impact au-delà de la communauté scientifique.

Les rétractations de deux études majeures parues dans des revues médicales internationalement reconnues, The Lancet et le New England Journal of Medicine (NEJM), sont révélatrices de dysfonctionnements dans les processus éditoriaux. Elles renvoient aussi à la question fondamentale de la responsabilité du chercheur en particulier lorsque l’impact de travaux publiés dépasse la communauté scientifique pour conduire à des décisions politiques prises dans l’urgence et ayant des retombées directes sur la santé des citoyens

Face à l’urgence de trouver des solutions thérapeutiques à la COVID-19, des acteurs de la recherche et du monde médical ont soutenu que l’intuition ou le « bon sens », médical seraient suffisants pour décider de l’efficacité et de la sécurité d’un traitement. Ils ont déclaré être les tenants d’une « éthique du traitement » qui serait opposée à une « éthique de la recherche ». Ce discours a servi la promotion, par Didier Raoult et son équipe de l’IHU de Marseille, du traitement de la COVID-19 par un antipaludéen connu de longue date, l’hydroxychloroquine (HCQ). Largement ouvert au public, dans des conditions peu respectueuses des règles de déontologie médicale, le traitement a fait l’objet d’un emballement médiatique et politique alors même que son efficacité sur la COVID-19 ne reposait que sur une étude clinique contestable. Les dérives qui ont accompagné la publication de cette étude dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents ont alerté la communauté scientifique. Elles sont édifiantes : accepté 24 heures après sa soumission, l’article a eu, dès sa parution, un énorme impact international ; il a été critiqué sur sa méthodologie (élimination de cas, biais statistiques, absence de preuves robustes,) et suscité des commentaires sur le processus de validation par les pairs, l’un des signataires, Jean-Marc Rolain, étant aussi l’éditeur en chef de cette revue. Face à la pression de la communauté scientifique, l’article a été ré-évalué postérieurement à sa publication. L’expertise, rendue publique par la revue, a recommandé le retrait de l’article, ce qui n’a pas été fait, son éditeur en chef l’ayant seulement « ouvert à la discussion ». On ne peut que déplorer une décision qui remet en cause le jugement par les pairs et va à l’encontre des critiques unanimes de ces derniers.
Près de 40 % des articles publiés dans l’International Journal of Antimicrobial Agents depuis sa création en 2013 ont été co-signés par son éditeur en chef, Jean-Marc Rolain, et un, voire plusieurs, membres de l’IHU de Marseille dont Didier Raoult. De tels conflits d’intérêt jettent la suspicion sur la validité de leurs travaux et sont d’autant plus critiquables que cette autopromotion contribue à l’avancement de carrière des auteurs et au financement de leur recherche, tous deux conditionnés par le nombre de leurs publications.
L’article de D. Raoult et son équipe oblige à un questionnement sur la responsabilité des auteurs face à l’énorme impact de leurs résultats en termes de soins. On peut s’inquiéter de ce que cette étude si peu probante ait pu susciter une telle adhésion du public. Il a été impossible par la suite d’en corriger les effets. Comme nous le discutons plus loin, cette situation rassemble beaucoup des ingrédients de ce qui s’apparente au « populisme scientifique ».
Les controverses autour de l’efficacité de l’HCQ ont conduit plusieurs équipes à conduire de nouvelles études. A la suite de la publication de l’une d’entre elles qui ne confirmait pas l’efficacité clinique de l’HCQ, ses auteurs ont subi une violente campagne de cyber-harcèlement sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à des menaces de mort. Cette situation a aussi été vécue par trois médecins-cheffes qui en ont fait état dans une tribune de la revue The Lancet. Ces comportements, exacerbés par les nouveaux médiateurs de l’information que sont internet et les réseaux sociaux, sont totalement inadmissibles et nous les dénonçons avec la plus grande vigueur.
Le COMETS s’inquiète aussi des tentatives de judiciarisation du débat scientifique à des fins d’intimidation et en a fait état dans un communiqué. Rappelons, qu’à partir du moment où elles se fondent sur des données factuelles tangibles, la discussion d’hypothèses et de résultats publiés et la mise en cause des procédures de preuves font partie de l’activité normale des chercheurs.
Nous conclurons ce chapitre en rappelant que les tensions entre « médecine qui cherche » et « médecine qui soigne », entre l’urgence des soins et l’obligation de rigueur, même si elles posent des problèmes éthiques particulièrement douloureux, ne sauraient éloigner le chercheur d’une démarche intègre.

Si certains médias se sont attachés à communiquer des informations de qualité s’appuyant sur la preuve scientifique, d’autres ont dérivé vers une « communication spectacle » volontiers polémique qui a contribué à la défiance de certains citoyens envers la science et les scientifiques.
Dans une période de crise, où la demande du public est importante, les médias télévisuels à large diffusion, et parmi eux les chaînes d’information en continu, devraient idéalement se mettre au service du citoyen pour l’informer. Mais, le régime de concurrence et la pression financière les conduisent à privilégier des stratégies destinées à gagner le plus d’audience. Dans les premiers mois de la crise sanitaire, ces médias ont ainsi diffusé des informations anxiogènes de manière répétitive pratiquement 24 heures sur 24, leur donnant un écho considérable et mêlant des faits scientifiquement établis à de simples conjectures, voire à des rumeurs sans les contextualiser et les questionner. Or, tenter de contrer une information absurde par une argumentation rationnelle est un processus très coûteux et, comme l’énonce la « loi de Brandolini », ou principe d’asymétrie de l’argumentation, « la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des foutaises est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire »!
Certains médias audiovisuels donnent aussi l’illusion au citoyen d’être partie prenante de débats d’idées, en organisant des tribunes faussement contradictoires entre des scientifiques et certains invités, qualifiés d’experts mais aux arguments sans fondements scientifiques et volontairement polémiques. Dès lors, les discussions sont organisées non pas en termes argumentés de controverses mais en termes, plus « vendeurs », de rapports de force. Il est alors difficile pour un scientifique ainsi « pris au piège » de faire admettre qu’il ne s’agit pas de confronter des opinions mais de faire état de connaissances avec leur part de doute et d’incertitude. La responsabilité des chercheurs (et quelquefois celle de leur organisme d’appartenance) peut se trouver engagée alors qu’ils ne disposent pas d’un droit de regard sur l’usage qui est fait de leurs propos. On ne peut toutefois pas ignorer que quelques scientifiques, par leur propos délibérément provocateurs et peu scrupuleux, voire irresponsables, contribuent à brouiller les messages à destination du public.
Les médias grand public nous ont donné à entendre en boucle les termes de « grand professeur », « scientifique prestigieux » ou encore « chercheur éminent ». Ces expressions, utilisées à l’excès ont pu donner le sentiment au public que, du fait de leur statut, des individus singuliers étaient porteurs de la « vérité scientifique ». Le COMETS l’a affirmé à plusieurs reprises dans ses avis, et la communauté scientifique le reconnaît dans son ensemble : la vérité s’exprime collectivement et non par la voix d’un seul, fut-il couronné de prix prestigieux, ou signataire d’un grand nombre de publications.

Dans le contexte de la crise sanitaire, le soutien sans partage d’une partie de la population au traitement à l’HCQ préconisé par Didier Raoult revêt certains traits du populisme scientifique : méfiance à l’égard de ceux qui s’expriment mais ne fournissent pas de clefs immédiates aux questions posées ; préférence pour les solutions simples et rassurantes ; défiance vis à vis des élites supposées ignorantes des réalités de terrain ; opposition de communautés régionales éloignées du centre de gravité parisien de prise des décisions ; rejet des affirmations des scientifiques jugés compromis par leur proximité avec l’instance politique qu’ils conseillent ; enfin une forme de fascination exercée par une « personnalité forte » qui s’affirme par ses défis contre la représentativité académique.
La dérive populiste de la science peut être aussi le fait d’un responsable politique. Ainsi, Philippe Douste-Blazy, ancien ministre et professeur de santé publique, et Christian Perronne, professeur de médecine, lançaient début avril 2020 une pétition en ligne demandant au gouvernement d ’accélérer les procédures de mise à disposition du traitement à l’HCQ et recueillaient près de 600.000 signatures ! Quelques jours plus tard était publié un sondage du Parisien, largement répercuté dans d’autres médias, qui portait sur « la croyance » du public en l’efficacité de l’HCQ. On ne peut que s ’inquiéter que le choix d ’un traitement puisse être décidé par l’opinion publique sur la base d’une pétition ou d’un sondage et que des décisions politiques puissent être prises en se fondant sur des croyances ou des arguments irrationnels, faisant uniquement appel à la peur ou l’émotion.
Les croyances complotistes servent aussi à alimenter le populisme scientifique et vont au-delà de la simple défiance envers la science. Le film documentaire de 2h40 « Hold-Up » mis en ligne fin 2020 en est un exemple édifiant. Son discours simplificateur, à caractère conspirationniste, mélangeant le vrai et le faux, a été abondamment relayé par les médias et par les réseaux sociaux, et a ainsi participé à la désinformation des citoyens sur la pandémie de COVID-19. Certes, la fausseté du discours et son caractère polémique ont été dénoncés par les scientifiques et ont alerté les Académies. Il n’en reste pas moins que, comme cela avait été souligné dans l’avis du COMETS sur la post-vérité, la croyance dans les nouvelles erronées (infox ou « fake news ») sont souvent difficiles à combattre même lorsque l’on en démontre la fausseté.

« Fake news santé » : le livre de l’Inserm pour que tout le monde ait accès à une information scientifique rigoureuse et crédible concernant sa santé 

COMMUNIQUÉ | 28 SEPT. 2021 – 9H30 | PAR INSERM (SALLE DE PRESSE) 
COVID-19 INSTITUTIONNEL ET ÉVÈNEMENTIEL 

https://presse.inserm.fr/fake-news-sante-le-livre-de-linserm-pour-que-tout-le-monde-ait-acces-a-une-information-scientifique-rigoureuse-et-credible-concernant-sa-sante/43842/

chocolat et santé

Le chocolat noir, meilleur pour la santé que le chocolat au lait ? L’Inserm s’attaque aux fake news et idées reçues dans son nouveau livre. Crédits : JP Courbatze

Alors que les effets de la crise sanitaire continuent de se faire ressentir, comment répondre aux nombreuses interrogations des citoyens en matière de santé et faire place à une parole scientifique utile au quotidien ? Plus que jamais mobilisé sur cette question, soucieux de fournir une information scientifique solide à tous et à toutes, l’Inserm publie un livre aux éditions du Cherche midi afin de déconstruire toutes les « fake news » et idées reçues en santé. 

Jeûner serait bon pour lutter contre le cancer, les stérilets rendraient stériles ou encore le VIH serait transmis par les piqûres de moustiques : dans le domaine de la santé, les fausses informations ont toujours existé. Toutefois, la démultiplication des canaux de communication et notamment l’essor des réseaux sociaux leur ont donné une visibilité nouvelle et plus forte. Nous l’avons tous constaté, la crise sanitaire a été le théâtre de polémiques virulentes, mettant en avant des paroles individuelles parfois au détriment de la parole scientifique collective.

Face à cette problématique, l’Inserm s’est mobilisé de manière très précoce contre les fausses informations, avec la diffusion de sa série de vidéos Canal Détox, dès 2018. Ces vidéos scientifiques pédagogiques visent à établir pour chacun une information scientifique fiable sur des sujets de santé qui préoccupent les citoyens. Avec la pandémie de Covid-19, l’initiative a été étendue à la publication de textes informatifs pour réagir rapidement à certaines informations erronées devenues virales, toujours en s’appuyant sur la parole scientifique rigoureuse et mesurée des dirigeants, chercheurs et chercheuses de l’Inserm.

Afin d’intensifier les efforts pour ouvrir la science au plus grand nombre, l’Inserm s’est associé aux éditions du Cherche midi pour décliner son label Canal Détox en livre. A travers une approche didactique et thématique, le recueil décortique près de 80 fausses informations en santé. Covid bien entendu, mais aussi alimentation, cancer, santé mentale, VIH… de nombreuses idées reçues sont battues en brèche, en s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes et sur l’expertise des chercheurs et chercheuses de l’Inserm.

« Alors que la crise sanitaire a révélé le besoin pour chaque citoyen de s’informer et de pouvoir prendre des décisions éclairées pour protéger sa santé, la devise de l’Inserm ‘La Science pour la Santé’ est plus que jamais d’actualité. Ce projet de livre illustre notre volonté de continuer à faire de l’Inserm une référence pour dialoguer avec la société et rendre la science biomédicale accessible au plus grand nombre », souligne le Dr. Gilles Bloch, P-DG de l’Inserm.

En librairie à partir du 30 septembre, ce livre à destination du grand public conserve l’angle ainsi que le ton quotidien et moderne des vidéos du label Canal Détox, en abordant les questions scientifiques les plus sérieuses et complexes. Au-delà d’apporter des réponses aux interrogations des lecteurs en matière de santé, il entend aussi partager avec toutes et tous les méthodes de la démarche scientifique rigoureuse, éthique et transparente à l’œuvre dans les 300 laboratoires de l’Inserm.

POUR CITER CET ARTICLE :COMMUNIQUÉ – SALLE DE PRESSE INSERM« Fake news santé » : le livre de l’Inserm pour que tout le monde ait accès à une information scientifique rigoureuse et crédible concernant sa santéLIEN :

https://presse.inserm.fr/fake-news-sante-le-livre-de-linserm-pour-que-tout-le-monde-ait-acces-a-une-information-scientifique-rigoureuse-et-credible-concernant-sa-sante/43842/

Raoult, Douste-Blazy, Perronne… Le comité d’éthique du CNRS fustige leurs écarts à l’intégrité scientifique   

Par Marion Jort   le 28-09-2021

https://www.egora.fr/actus-pro/deontologie/68925-raoult-douste-blazy-perronne-le-comite-d-ethique-du-cnrs-fustige-leurs?utm_source=ownpage&utm_medium=email&utm_campaign=20211003&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

Dans un rapport publié le 21 septembre, le comité d’éthique du CNRS pointe du doigt les propos et “dérives” de plusieurs personnalités scientifiques et politiques pendant la crise. Parmi elles : le Pr Didier Raoult, l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy ou le Pr Christian Perronne.   

C’est un rapport qui aurait presque pu passer inaperçu. Le 21 septembre, le Comité d’éthique du CNRS (Comets) a publié un nouvel avis sur les “multiples formes prises par la communication scientifique dans le contexte de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19”. Saluant, dans un premier temps, la “mobilisation inédite de la communauté scientifique internationale”, ce rapport vise à pointer du doigt les dérives de certains membres de cette communauté à propos de plusieurs polémiques : masques, gestes barrières, traitements médicaux, tests, traçage, vaccin…  

Au fil des pages, les auteurs fustigent les “écarts à l‘intégrité scientifique, à la déontologie et à l’éthique” et déplorent « le comportement irresponsable de certains chercheurs qui ignorent, ou veulent ignorer, les fondements de la démarche scientifique que sont la rigueur, l’honnêteté, la fiabilité et la transparence des méthodes utilisées et l’évaluation critique des publications par les pairs”.  

Hydroxychloroquine : et si la controverse scientifique était une bonne chose

Premier scientifique visé par ces propos : le Pr Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée, et ses équipes, qui sont nommément cités dans le rapport : “Ils ont déclaré être les tenants d’une ‘éthique du traitement’ qui serait opposée à une ‘éthique de la recherche’. Ce discours a servi la promotion, par Didier Raoult et son équipe de l’IHU de Marseille, du traitement de la Covid-19 par hydroxychloroquine (…) alors même que son efficacité ne reposait que sur une étude clinique contestable”, écrit d’abord le Comets. “Le soutien sans partage d’une partie de la population au traitement à l’HCQ préconisé par Didier Raoult revêt certains traits du populisme scientifique : méfiance à l’égard de ceux qui s’expriment mais ne fournissent pas de clefs immédiates aux questions posées ; préférence pour les solutions simples et rassurantes ; défiance vis-à-vis des élites supposées ignorantes des réalités de terrain ; opposition de communautés régionales éloignées du centre de gravité parisien de prise des décisions ; rejet des affirmations des scientifiques jugés compromis par leur proximité avec l’instance politique qu’ils conseillent ; enfin une forme de fascination exercée par une ‘personnalité forte’ qui s’affirme par ses défis contre la représentativité académique”, relèvent-ils notamment. 

Le Comets estime aussi que l’étude publiée par le Dr Raoult dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents est aberrante : “Accepté 24 heures après sa soumission, l’article a eu, dès sa parution, un énorme impact international ; il a été critiqué sur sa méthodologie (élimination de cas, biais statistiques, absence de preuves robustes,) et suscité des commentaires sur le processus de validation par les pairs, l’un des signataires, Jean-Marc Rolain, étant aussi l’éditeur en chef de cette revue”, rappelle-t-il. Réévalué quelques temps plus tard par la revue, cette dernière a finalement recommandé le retrait de l’étude… sans que cela ne soit fait.  

En effet, le Comets insiste sur les liens qui unissent le Pr Raoult à l’éditeur en chef de la revue, Jean-Marc Rolain, relevant du conflit d’intérêt. “De tels conflits d’intérêt jettent la suspicion sur la validité de leurs travaux et sont d’autant plus critiquables que cette autopromotion contribue à l’avancement de carrière des auteurs et au financement de leur recherche, tous deux conditionnés par le nombre de leurs publications”. “Cette situation rassemble beaucoup d’ingrédients de ce qui s’apparente au ‘populisme scientifique’ avec des tentatives de judiciarisation du débat scientifique à des fins d’intimidation”, écrivent les auteurs du rapport avant de conclure sur la nécessité “d’élever le niveau de culture scientifique des citoyens mais aussi des décideurs politique”, s’inquiètent-ils.  

Douste-Blazy et Perronne également visés  

Philippe Douste-Blazy, n’est pas en reste. Le Comets critique également dans son rapport la dérive populiste de la pétition lancée en avril 2020 – qui a recueilli plus de 600.000 signatures – par l’ex-ministre de la Santé, avec le Pr Christian Perronne, en soutien au traitement par Hydroxychloroquine proposé par le Pr Raoult aux malades atteints du Covid. “On ne peut que s’inquiéter que le choix d’un traitement puisse être décidé par l’opinion publique sur la base d’une pétition ou d’un sondage et que des décisions politiques puissent être prises en se fondant sur des croyances ou des arguments irrationnels, faisant uniquement appel à la peur ou l’émotion” affirme le comité.  

Hold-Up : les dessous d’un documentaire complotiste qui mélange Covid, 5G, Bill Gates et vaccins

Le documentaire conspirationniste “Hold Up” est aussi dans le viseur du comité d’éthique. Ils “ont participé de la défiance de certains citoyens envers la science ​en mettant sur le même plan de simples opinions, des observations empiriques, des conclusions hâtives tirées de ces observations et des résultats prouvés avec rigueur​”, estime-t-il en parlant de ses réalisateurs. “Son discours simplificateur, à caractère conspirationniste, mélangeant le vrai et le faux, a été abondamment relayé par les médias et par les réseaux sociaux, et a ainsi participé à la désinformation des citoyens sur la pandémie de Covid-19.”  

Hold-Up : les dessous d’un documentaire complotiste qui mélange Covid, 5G, Bill Gates et vaccins   

Par Marion Jort le 13-11-2020 

https://www.egora.fr/actus-pro/societe/62203-hold-up-les-dessous-d-un-documentaire-complotiste-qui-melange-covid-5g-bill?nopaging=1

Financé à l’aide d’une généreuse campagne de crowdfunding, le documentaire “Hold-Up” entend dénoncer “mensonges, corruptions et manipulations” sur le Covid-19 en France à l’aide du décryptage de plusieurs médecins, chercheurs, professionnels de santé et professeurs dont Philippe Douste-Blazy, le Pr Christian Perronne ou la députée et psychiatre Martine Wonner. Mais beaucoup lui reprochent d’évoquer une vaste conspiration mondiale autour du virus, avec un prisme complètement biaisé. A commencer par l’ex-ministre de la Santé, qui se désolidarise de la production, comme il le confie à Egora

Mensonges. Corruption. Manipulations. Trois mots inscrits en grand sur l’affiche de promotion du documentaire “Hold-Up” (production Tprod et Tomawak) dont l’annonce de la sortie a fait “sensation”. “Covid-19, retour sur un chaos”, prévient également ce documentaire sur son affiche de promotion. A côté du texte, deux personnes masquées avec les logos de médias tels que l’AFP, CNews, BFM TV ou TF1 dans les yeux. 

Le ton est donné : il s’agit de “tirer au clair les erreurs commises au plus haut niveau”. Alors que le documentaire est sorti officiellement le 11 novembre, CheckNews souligne que des milliers de publications le mentionnaient déjà sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête. Une popularité due en partie à sa diffusion gratuite sur des plateformes en ligne avant la sortie officielle, contre la volonté des producteurs, qui l’ont d’abord proposé de manière payante avant de changer d’avis. “Notre but : avertir, alerter, informer la population de ce qui est en train de se tramer de façon totalement pernicieuse et extrêmement bien calculée”, affirme Christophe Cossé, l’un des producteurs du film. Dans une tribune justifiant la production de son documentaire, ce dernier estime que “se profile la vaccination massive, et son corollaire, le fichage de chaque individu. En France, en Europe, mais dans le monde entier, au prétexte d’un virus pas plus offensif qu’un autre Covid saisonnier. Quelle incroyable et phénoménale entreprise de manipulation globale, au service d’une sombre idéologie, qui avant d’accomplir son dessein, distille la peur, la menace et la confusion afin que chacun perde ses repères pour mieux embrasser le pouvoir et l’autorité dans une servitude volontaire et rassurante”.

https://www.youtube.com/embed/qR3Xed5CMaM« C’est ça la réalité des hôpitaux » : la colère de Véran face aux députés qui limitent la durée de l’état d’urgence [VIDÉO] 

“Outre que le fait de confiner toute une population saine et non malade a été et demeure une première dans l’histoire de l’humanité, toutes les études qui ont été produites depuis le premier confinement rejoignent les conclusions des précédentes, à savoir l’inefficacité de cette mesure. Serait-elle politique ? (…) Il serait également bienséant de préciser, dans un souci de transparence et d’honnêteté, que le nombre de patients en réanimation tient aussi compte du nombre de patients en soins intensifs dans le privé. Toutefois, dans le calcul de Monsieur Véran et de son comité scientifique, on compte les malades du privé, mais pas le nombre de lits; simple tour de passe-passe pour permettre d’augmenter le taux d’occupation en réanimation et de justifier la peur, la panique ou la terreur. Étrange pour des médecins”, écrit-il encore. 

C’est pour répondre à tout cela – et bien d’autres points qui suscitent la controverse – que le producteur a réalisé un documentaire qui dure 2h45. Il faut d’ailleurs attendre plus de 2h30 pour comprendre l’angle véritable de ce documentaire, résumé ainsi par Libération : “le Forum économique mondial (Davos) se sert du Covid-19 (maladie qui serait causée par un virus fabriqué par l’homme) dans le cadre d’un ‘plan global [pour] soumettre l’humanité’, appelé le ‘Great Reset’”. 

Casting XXL

Parmi les  37 personnalités intervenant tout au long du film se trouvent notamment :  le biophysicien, chimiste et prix Nobel Michael Levitt; Michael Yeadon, ancien directeur de la recherche chez Pfizer; Astrid Stuckelberger, professeur et docteur en médecine; Miguel Barthélémy, ex-docteur en médecine moléculaire; Alexandra Henrion-Caude, généticienne et ancienne directrice de recherche de l’Inserm; Pascal Trotta, radiologue homéopathe et nutritionniste, la députée Martine Wonner ou l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy…

l’épidémiologiste Laurent Toubiana ou Jean-Dominique Michel, anthropologue suisse qui évoquait en mars 2020 une “hallucination collective” à propos de la pandémie” et le chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches, le Pr Christian Perronne. « Un médecin généraliste qui déclare un test Covid positif touche de l’argent » : le Pr Perronne dans le collimateur de l’Ordre

Plus étonnant, les réalisateurs ont fait le choix de faire intervenir des inconnus, anonymes. Comme au tout début, avec l’intervention d’un chauffeur de taxi, Mamadou, donnant allégrement son avis au même titre que les médecins précédemment cités. Plus loin, un homme présenté comme un “ancien opérateur du renseignement” affirme par exemple que “le virus avait été fabriqué” et que cette information lui avait été fournie par une “source de l’Agence de sûreté nucléaire”.

Ce que le documentaire dit…

Présenté comme une enquête journalistique, le documentaire fait pourtant l’impasse sur la contextualisation et les sources de ses nombreuses données chiffrées assénées pendant tout le film. Les propos des intervenants, parfois à peine présentés, filmés dans le noir sur fond de musique anxiogène, ne sont jamais questionnés ni remis en cause.

Le parti-pris est de s’intéresser dans un premier temps à des sujets “vastes” comme la peur entretenue par les politiques et les grandes instances telles que l’OMS. Ensuite, le Covid ne serait guère plus qu’une “grippette”, les morts du virus trop semblables aux “morts naturelles” et les mesures sanitaires prises depuis le printemps seraient « liberticides », incompréhensibles, preuve que le monde entier se serait fait berner par des élites calculatrices et corrompues. D’autres controverses ayant émergé pendant la pandémie sont également largement reprises, retrait de l’hydroxychloroquine en ville et LancetGate en tête. 

Le documentaire fait également la part belle au Pr Raoult et à son protocole. Il évoque aussi, par exemple, une intox du Rivotril : d’après le pharmacien Serge Rader, antivax notoire, l’autorisation par le Gouvernement de la vente en pharmacie du sédatif est la porte ouverte à une législation de l’euthanasie des personnes âgées. “Non seulement on ne les a pas amenées en réanimation, mais on leur a préparé la seringue de Rivotril avec un arrêté à la clé pour les achever complètement alors qu’ils étaient déjà en détresse respiratoire”, assène-t-il. Hydroxychloroquine : et si la controverse scientifique était une bonne chose

Et puis, Hold-Up affirme que les médecins seraient payés pour déclarer des cas de Covid, ou tout du moins incités financièrement à le faire. 

… Et ce que le documentaire ne précise pas

Comme le dévoile l’enquête de CheckNews, une bonne partie des intervenants sont membres de l’association BonSens, qui se décrit comme “lobby citoyen” de personnalités critiques vis-à-vis de la gestion de la crise. Globalement, tous ont été choisis pour leurs propos critiques envers l’épidémie. Si on ne présente plus le Pr Perronne, il convient en revanche de souligner que le “lanceur d’alerte” Silvano Trotta est un youtubeur pro-Trump, qui évoque sans hésiter la “Plandémie”. Il est également connu pour relayer des fake news à propos des élections américaines. Font également partie du casting des personnalités qualifiées de “rassuristes” comme Laurent Toubiana, qui considérait auprès d’Envoyé Spécial début octobre que la deuxième vague n’en était pas une. Plus étonnant : Monique Pinçon-Charlot, sociologue traditionnellement classée à gauche et qui a beaucoup travaillé avec son mari sur le thème de la haute bourgeoisie, critique le discours de “peur” véhiculé par les médias et va même jusqu’à parler d’une “Troisième Guerre mondiale” et d’un “Holocauste” visant à “éliminer la partie la plus pauvre de l’humanité, parce que les riches n’en ont plus besoin”, précise Libération. Enfin, l’Inserm s’est désolidarisé de la chercheuse Alexandra Henrion-Claude suite à ses propos affirmant que le virus avait été manipulé par l’Homme, tenus le mois dernier.

Intox et fake news

Après l’avoir analysé à la loupee, de nombreux décrypteurs ont pu relever bon nombre de contre-vérités…

affirmées tout au long du documentaire. En voici une sélection :

« Le virus a particulièrement sévi du 15 mars au 15 avril, période où nous étions tous confinés grâce à une mesure historique censée ne pas faire apparaître cette courbe », affirme la voix off du documentaire affirme, chiffres de l’Insee à l’appui. A cette époque, il y avait un décalage de 28 jours entre le moment de l’infection et celui de décès causé par le Covid.

« On a interdit les autopsies à cause d’une instruction de l’OMS » affirme l’endocrinologue Violaine Guérin. L’Organisation mondiale de la Santé n’a jamais interdit les autopsies. En revanche, au début de la crise, elle appelait les légistes à la prudence dans la mesure où les corps pouvaient continuer à être contagieux. 

 “On a vu un pic de mortalité pendant deux-trois semaines qui était l’effet Lancet, puisque les gens avaient arrêté de prescrire”, assure le Pr Perronne. Aucun pic de mortalité n’a pu être observé entre fin mai et mi-juin, ni en France, ni dans d’autres pays européens tels que l’Espagne ou la Suisse, rappelle Sciences et Avenir

– “Ce virus va jusqu’à faire construire des futurs camps d’internement au Canada”, affirme la voix off avant de diffuser un extrait du député canadien Randy Hillier à ce propos. Il s’agit en réalité de chambres d’hôtels mises à disposition des personnes qui entrent sur le territoire canadien, rappelle les Décodeurs du Monde, et qui n’ont pas d’autre endroit pour respecter l’isolement obligatoire de 14 jours.  

-L’autorisation du Rivotril est la porte ouverte à une légalisation de l’euthanasie des personnes âgées. Olivier Véran lui-même avait répondu à ces accusations début novembre : “On ne pouvait plus utiliser les médicaments de confort de fin de vie pour des gens qui allaient mourir. Il y avait deux options : ou on laissait les gens mourir d’agonie dans les Ehpad (…), ou on les accompagnait pour les soulager avec un autre médicament qu’est le Rivotril, conforme aux recommandations de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs”, expliquait alors le ministre de la Santé. 

Mais qui sont donc les coupables ?

Pour Hold-Up, les coupables sont Bill Gates, Jacques Attali et David Rockefeller. Pourquoi ? Parce que ces élites auraient anticipé l’épidémie de Covid-19 et en auraient profité financièrement pour conquérir leur pouvoir. Bill Gates est par exemple présenté comme un “spécialiste des virus après avoir échoué à les maîtriser chez Microsoft”. Il lui est notamment reproché d’avoir émis l’hypothèse que l’humanité serait un jour confrontée au danger d’une épidémie. “Un virus plus puissant qu’une bombe atomique ? J’ai peine à le croire. À moins que celui-ci ne soit utilisé comme arme de guerre. Tout doit être envisagé”, ironise la voix off. Est également cité le Dr Anthony Fauci, chef de la cellule de crise de l’administration Trump, qualifié de “suiveur” Raoult, désaveu des généralistes, dépistage… Douste-Blazy étrille la gestion de la crise Covid

Selon le documentaire, le Covid aurait été orchestré par le forum économique de Davos [qui accueille chaque année les chefs d’Etats et les dirigeants de grands groupes, NDLR]. Il cible le projet “Great Reseat”, porté par ce forum, visant à réfléchir aux moyens d’assurer une “croissance économique plus durable” à l’occasion de la crise économique causée par la crise sanitaire. De manière très confuse, le documentaire fait aussi le lien entre les nanoparticules, la 5G et la crypto-monnaie. 

Philippe Douste-Blazy se désolidarise 

Contacté par Egora, l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy n’a pas caché sa colère lorsqu’il…

a découvert le montage :  “Je ne suis pas du tout pour les thèses conspirationnistes et complotistes. Quand j’ai vu ce documentaire, il m’a semblé essentiel de le rappeler. Je n’approuve pas du tout ces théories”, s’agace-t-il. 

Concernant le film #Holdup, il m’a été présenté comme un documentaire sur l’épidémie de #Covid_19 et j’ai répondu, comme toujours, aux questions qui m’ont été posées. 1/2

— Philippe Douste-Blazy (@pdousteblazy) November 11, 2020

Le co-fondateur de la plateforme participative Ulule s’est aussi désolidarisé de ce documentaire, dans un long message posté sur Twitter : 

De nombreux élus politiques ont tenu à dénoncer le message véhiculé tout au long du film, comme la députée LREM Laetitia Avia. 

A lire ! Ce thread de @tristanmf sur le « documentaire » complotiste sur la crise sanitaire. Un vrai « hold-up » en effet reprenant fake news sur fake news. Hallucinant. On pourrait en rire si la situation n’était pas aussi grave. https://t.co/1jBYNNfm59

— Laetitia Avia (@LaetitiaAvia) November 12, 2020

Sur @CNEWS, je dénonce l’invitation par @PascalPraud du producteur de #holdup sans contradicteur. Ce “documentaire”, ramassis de thèses complotistes, va jusqu’à qualifier le #covid19 d’”Holocauste” conduit par les riches contre les pauvres !Tous responsables face au complotisme! pic.twitter.com/8FIfJeSDma

— Ilana Cicurel (@ilanacicurelrem) November 12, 2020

« Le masque ne sert strictement à rien » : quand la psychiatre Martine Wonner dérape à l’Assemblée

Enfin, certains spectateurs attentifs auront relevé un détail qui n’en est pas un… Si initialement le logo CNews apparaissait en gros sur l’affiche, il semblerait que ce dernier ait été retiré après…

l’invitation de ses réalisateurs sur la chaîne d’information en continue. 

1 : Affiche initiale #HoldUp
2 : Présentation sur #CNEWS
3 : Affiche actuelle #Holdup

Apparemment, il suffit de vraiment pas grand chose pour manipuler les promoteurs du « docu » pic.twitter.com/bq53S7Th3s

— Guillaume Hoaxbuster (@Guillaume_HB) November 12, 2020

Un documentaire financé grâce aux financements participatifs 

C’est grâce à une généreuse campagne de crowdfunding que les réalisateurs ont pu tourner leur film. Depuis le 18 août, 182.970 euros ont été récoltés via Ulule. L’objectif initial de 20.000 euros a été atteint en quatre jours. “La très bonne surprise a été l’engouement de tout le monde sur cette campagne qui finalement nous a permis de tourner directement et de faire face à nos premières dépenses”, se satisfait l’équipe de T-Prod sur son site Internet. D’après elle, l’argent a été réparti de la manière suivante : 50.000 euros pour les archives, 45.000 euros pour le tournage plateau, 55.000 euros pour la post-production et le graphisme, 5.000 euros pour la musique, 45.000 euros pour les salaires, charges sociales et production, 16.650 euros pour les salaires et les charges sociales de la réalisation, 15.000 euros de frais de déplacement et de repas, 2.000 euros pour des cadeaux aux contributeurs, 10.000 pour la version anglaise et 13.600 euros pour les frais de production comprenant par exemple l’assurance et la comptabilité. Sexe, Raoult et complot… Qui se cache derrière les anti-masques ?

Après vérification sur les deux plateformes de financement participatif, la somme de 182.970 euros a effectivement été récoltée via Ulule. En revanche, une autre cagnotte en ligne ouverte sur Tipee garantit aux producteurs la somme de 122.377 euros par mois. Un engagement sans limite de temps, que les 6.247 donateurs peuvent poursuivre tant qu’ils le souhaitent. 

Voir aussi:

L’un des producteurs Pierre Barnérias explique sa démarche: https://tribune-diplomatique-internationale.com/hold_upfilm_documentairechristophe_cossepierre_barnerias/


Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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