Plans blancs dans des hôpitaux en raison des soignants non vaccinés suspendus et des nombreuses absences (Mulhouse, Marseille en difficulté) – Aux Antilles suspensions impossibles

Amputé de 170 soignants non vaccinés, l’hôpital de Mulhouse déclenche son Plan blanc

SOS

Par Ella Micheletti

Publié le 22/09/2021 à 12:17

https://www.marianne.net/societe/sante/ampute-de-ses-soignants-non-vaccines-lhopital-de-mulhouse-declenche-son-plan-blanc?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210922&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

170 salariés non vaccinés ont été suspendus dans le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace (GHRMSA), qui comprend dix établissements dans le Haut-Rhin. Par conséquent, le Plan blanc a été déclenché mercredi 22 septembre. La veille, l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille qui souffre aussi d’un manque d’infirmiers, a lancé un appel au recrutement d’infirmiers sur Twitter.

En France, plus de 90 % du personnel soignant a déjà reçu une dose de vaccin. Néanmoins, depuis l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale le 15 septembre, au moins 3 000 d’entre eux ont été suspendus, faute de vaccination. Résultat : plusieurs établissements tirent la sonnette d’alarme, à commencer par le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace (GHRMSA), qui a déclenché son Plan blanc mercredi 22 septembre.

Le groupe comprend dix établissements dans le Haut-Rhin. Sur 6 000 salariés, 170 non-vaccinés n’ont plus le droit d’y travailler, ce qui désorganise voire entrave grandement le bon fonctionnement des services. Dans un communiqué, le GHRMSA évoque « une situation critique marquée par la poursuite de la gestion de la crise sanitaire, le besoin en renforts de ressources humaines, la réduction du nombre de lits liée à un absentéisme conséquent ».

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Le Plan blanc permet, en cas de crise exceptionnelle, de reconfigurer l’organisation d’un établissement afin de prendre en charge le plus de malades possibles, tout en leur assurant la même qualité de soins. Faire aussi bien avec moins de moyens, en somme. Généralement, les opérations non urgentes sont déprogrammées, le personnel absent ou en congés est appelé en renfort, des sorties anticipées de patients sont mises en place. De même, les locaux sont entièrement repensés en fonction de l’urgence du moment, c’est-à-dire du Covid-19. Ce Plan blanc avait été lancé en août en PACA et en Corse.

S’agissant du GHRMSA, 41 patients atteints par le coronavirus restent hospitalisés dans les établissements, dont 15 en réanimation. Le Haut-Rhin est le seul département du Grand Est où le taux d’incidence atteint les 100 cas pour 100 000 habitants, d’après les données fournies l’Agence régionale de santé. Ce taux monte même à 143,1 pour la communauté d’agglomération de Mulhouse. Le personnel de santé est déjà éreinté par la première vague qui avait durement touché ce département en mars 2020. Selon les chiffres publiés par l’Assurance Maladie sur son site, 63,9 % de la population est totalement vaccinée dans le Haut-Rhin. Un taux moindre par rapport à celui des départements voisins, comme le Bas-Rhin (70,3 %) ou les Vosges (70,6 %).

L’APHM ÉGALEMENT DANS LA PANADE

S’ajoute le manque récurrent d’effectifs que le GHRMSA connaît depuis des années. Un problème qui se pose également à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (APHM). Cette dernière a d’ailleurs lancé un appel au recrutement d’infirmiers, mardi, sur son compte Twitter. Comme l’a expliqué à France Info Karen Inthavong, coordinatrice générale à l’APHM, « les lits de réanimation nous consomment beaucoup d’infirmiers ». Outre la trentaine de soignants suspendus pour non-vaccination, l’APHM se trouve aussi submergée par un haut taux d’absentéisme devenu malheureusement habituel.

Une situation critique mais prévisible pour Kader Benayed, aide-soignant à l’hôpital Édouard-Toulouse à Marseille et secrétaire adjoint du syndicat SUD Santé Sociaux dans les Bouches-du-Rhône. Il y a des soignants « qui disparaissent, qui sont en arrêt maladie ». « Je ne sais pas comment ils [les établissements] vont faire, comment ils vont tenir », nous avait-il confié dès le mois d’août.

Obligation vaccinale : les hôpitaux du Haut-Rhin contraints de déclencher le plan blanc

Mulhouse, le mercredi 22 septembre

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/obligation_vaccinale_les_hopitaux_du_haut_rhin_contraints_de_declencher_le_plan_blanc_189254/document_actu_pro.phtml

L’hôpital de Mulhouse (Haut-Rhin) et le Groupement hospitalier Mulhouse sud Alsace (GHRMSA) annoncent déclencher le plan blanc dans leur établissement.

En cause, l’éviction temporaire des soignants qui ne se sont pas soumis à l’obligation vaccinale. Ainsi, selon la direction du GHRMSA, environ 8% des 5 500 agents ne sont pas vaccinés et 169 personnels ont dû être suspendus.
Le groupe hospitalier explique ainsi dans un communiqué être confronté à « une situation critique marquée par la poursuite de la gestion de la crise sanitaire, le besoin en renforts de ressources humaines, la réduction du nombre de lits liée à un absentéisme conséquent« .
Désormais, comme au plus haut de la crise du Covid, seules les interventions urgentes sont maintenues.

Des difficultés qui touchent également les établissements privés de Mulhouse. Ainsi, la clinique du Diaconat a dû également déprogrammer des opérations pour des raisons d’absence de personnel et ses urgences sont fermées jusqu’au 28 septembre.

Rassurant ou lénifiant ?

Ce mercredi matin au micro de France Bleu France 3 Alsace Matin, Pierre Lespinasse, délégué territorial de l’Agence Régionale de Santé dans le Haut-Rhin s’est néanmoins voulu rassurant : « Cette activation du plan blanc ne signifie pas que nous traversons une crise dramatique, c’est un outil mis en place par la direction de l’hôpital pour une meilleure gestion des plannings » avant d’ajouter « je ne peux pas dire combien de temps ça va durer, mais l’ensemble des hôpitaux met tout en œuvre pour que cela dure le moins longtemps possible. On regrette de devoir repousser les opérations pour les personnes qui attendent mais pour l’instant c’est la seule solution. »

Quoi qu’il en soit, il pourrait s’agir d’une première alerte, après que, déjà, les hôpitaux de Montélimar et de Nice ont dû organiser des déprogrammations (sans activer le plan blanc) pour les mêmes raisons de manque d’effectifs.

On semble loin, en tout cas, des déclarations rassurantes d’Olivier Véran qui ne comptait que 3 000 suspensions dans toute la France…bien qu’au moins 5 % des agents hospitaliers ne soit pas vaccinés soit des dizaines de milliers de personnes.

Autant de cas qui pourrait faire vaciller l’hôpital public à la veille de la saison grippale et d’une hypothétique nouvelle vague de Covid.  

X.B.

Publié le 22/09/2021

Aux Antilles, l’impossible obligation vaccinale

Pointe-à-Pitre, le mercredi 22 septembre 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/aux_antilles_limpossible_obligation_vaccinale_189250/document_actu_pro.phtml

– L’obligation vaccinale pour les soignants, officiellement entrée en vigueur en France depuis le 15 septembre dernier, n’est pas appliquée aux Antilles françaises, en raison d’un taux de vaccination trop faible.
Le gouvernement s’est confronté au principe de réalité. Depuis le 15 septembre dernier, tous les soignants de France et de Navarre ainsi que toutes les personnes travaillant dans des établissements hospitaliers sont obligés d’avoir reçu au moins une dose d’un vaccin contre la Covid-19 pour exercer, sous peine de suspension sans salaire. Mais dans les hôpitaux de Guadeloupe et de Martinique, aucune sanction de ce genre n’a été prise. Tous les médecins et infirmiers, qu’ils soient vaccinés ou non, ont pu continuer à soigner les patients comme si de rien n’était.

Cette absence de sanction n’est pas un cas de désobéissance. Elle se fait en accord avec le gouvernement. Le 26 août dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran a en effet précisé que l’obligation vaccinale des soignants ne s’appliquerait pas immédiatement aux Antilles. Cette exception s’explique par la forte pression hospitalière dans les hôpitaux antillais liée au variant delta mais également au faible taux de vaccination des personnels de santé des iles. Au CHU de Pointe-à-Pitre, 70 % du personnel n’avait toujours pas commencé son parcours vaccinal le 13 septembre dernier. Une défiance qui illustre celle de la population générale des Antilles : seulement 36 % des Guadeloupéens de plus de 12 ans sont vaccinés, contre 74 % en métropole. Dans cette situation, l’application de la vaccination obligatoire des soignants était impossible.

Jusqu’au quand durera cette exemption ? Impossible de le dire. « Les modalités particulières concernant les Antilles devront prendre fin lorsque la situation le permettra » se contente de déclarer le ministère de la Santé. Un certain flou règne donc, alimenté par une communication particulièrement erratique. Le 10 septembre, la direction du CHU de Pointe-à-Pitre et l’ARS de Guadeloupe avaient ainsi informé le personnel soignant que les sanctions tomberaient bel et bien le 15 septembre avant de se faire rappeler à l’ordre par Paris. « Les déclarations non concordantes rajoutent de l’inquiétude et de la colère au sein de la population » commente le député guadeloupéen Olivier Serva, l’un des rares élus LREM à avoir voter contre l’obligation vaccinale des soignants et le passe sanitaire.
Selon les autorités locales, la mise en place de la vaccination obligatoire sera donc progressive et sera précédé d’une période de « pédagogie ». « On écrit d’abord un courrier pour faire comprendre aux soignants et agents de santé l’urgence de la vaccination, ensuite on appliquera les sanctions » explique Valérie Denux, directrice de l’ARS de Guadeloupe. L’approche se veut également territorialisée. A Saint-Barthélemy, où l’épidémie est sous contrôle, l’obligation vaccinale s’applique déjà et les sanctions tombent. En Guadeloupe en revanche, les soignants non-vaccinés devraient pouvoir continuer à exercer au moins jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Reste que la vaccination peine à prendre de l’ampleur chez les professionnels de santé des iles et les Antillais en général. « La plupart des soignants vivent cette obligation comme une contrainte » explique le docteur Tania Foucan, qui exerce au CHU de Pointe-à-Pitre. Les antivaccins se montrent de plus en plus menaçants sur les réseaux sociaux. Le directeur du CHU a ainsi porté plainte pour menace de mort après que des soignants aient été violemment pris à parti par des antivaccins. La défiance reste donc grande à l’égard des vaccins contre la Covid-19. Une défiance où, de l’avis de la plupart des spécialistes, l’Histoire douloureuse des Antilles françaises joue un rôle prépondérant.

Nicolas Barbet

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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