Publié le 15/09/2021
Le Royaume-Uni ne mise plus que sur le vaccin

Londres, le mercredi 15 septembre 2021
– Deux mois après la levée des restrictions sanitaires, le gouvernement britannique s’en remet à la vaccination pour combattre une épidémie qui ne faiblit pas.
Le Royaume-Uni « est le pays le plus libre et a l’économie la plus ouverte d’Europe » se félicite Boris Johnson. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi pour faire le point sur l’épidémie de Covid-19, le Premier Ministre britannique Boris Johnson a conservé sa ligne libérale, deux mois après que l’intégralité des restrictions sanitaires aient été levées dans le pays. En effet, depuis le 19 juillet dernier, les Britanniques ont retrouvé l’intégralité de leurs libertés et ne sont plus soumis à aucune jauge ou obligation de porter le masque. L’abandon ce dimanche du projet de passe sanitaire, qui avait créé beaucoup de remous au sein de la majorité conservatrice, confirme que le gouvernement ne souhaite pas restreindre les libertés des Britanniques.
Pourtant, si elle est loin d’être catastrophique, la situation épidémique reste inquiétante au Royaume-Uni. Le pays compte environ 35 000 contaminations par jour et 150 décès quotidiens.
Les hôpitaux, sans être saturés, sont sous tension. On compte environ 1 000 hospitalisations par jour et de nombreuses opérations non-urgentes ont dû être reportées : environ 5 millions de personnes seraient en attente de soin. La rentrée des classes et l’automne risque d’aggraver la situation. Pour le professeur Chris Whitty, conseiller scientifique du gouvernement, la situation pourrait rapidement empirer, alors que « le NHS est déjà sous extrême tension ».
Le gouvernement veut vacciner les adolescents, contre l’avis des scientifiques
Conscient de cette situation incertaine, Boris Johnson souhaite éviter toute nouvelle restriction de liberté, qui risque de passer très mal dans l’aile droite du parti conservateur. Il mise donc intégralement sur la vaccination. C’est le « plan A » de lutte contre l’épidémie, présenté par le Premier Ministre ce mardi et qui repose sur trois piliers : inciter les réticents à se faire vacciner (19 % des adultes n’ont toujours pas reçu la moindre dose), injecter une troisième dose aux personnes âgées de plus de 50 ans et vacciner les adolescents de 12 à 15 ans. Sur ce dernier point, le gouvernement est passé outre l’avis du JCVI, le comité vaccinal britannique, qui estimait que la vaccination des adolescents n’était pas nécessaire.
Mais qui dit « plan A » dit « plan B ». Le Premier Ministre Boris Johnson a prévenu : si les hôpitaux britanniques venaient à être de nouveau débordés, des mesures plus contraignantes devront être prises : les règles de distanciation physique seront rétablies et le port du masque de nouveau obligatoire dans les lieux publics fermés. Surtout, le Premier Ministre n’a pas totalement exclu la mise en place d’un passe sanitaire pour les grands rassemblements et les boites de nuit. « Les passeports vaccinaux sont mis en réserve, il ne serait pas raisonnable d’exclure leur usage » a prévenu le ministre de la Santé Sajid Javid. En revanche, tout nouveau confinement est exclu. Le Parlement devrait en effet prochainement modifier le Coronavirus Act pour retirer au gouvernement le pouvoir de confiner la population.
Nicolas Barbet