Dans les établissements de soins la crise sanitaire a entraîné une cristallisation des scissions qui ont toujours existé, probablement exacerbées par des considérations politiques et par les réseaux sociaux.

Publié le 17/09/2021

Soignants : ceux qui croyaient aux vaccins et ceux qui n’y croyaient pas 

Paris, le samedi 18 septembre 2021

https://www.jim.fr/e-docs/soignants_ceux_qui_croyaient_aux_vaccins_et_ceux_qui_ny_croyaient_pas__189207/document_jim_plus.phtml

Les opposants à la vaccination obligatoire des soignants avaient voulu prédire une situation catastrophique à partir du mercredi 15 septembre dans les hôpitaux et les établissements hébergeant des personnes âgées (EHPAD). Il n’en fut rien : les suspensions ont été limitées et de nombreuses unités de soins et de structures ont pu fièrement afficher une couverture vaccinale frôlant les 100 %.

Damoclès

Cependant, les semaines qui viennent de s’écouler ont été marquées dans de nombreux établissements par une exacerbation des conflits autour de l’obligation vaccinale. Alors que dans les premières heures, la confrontation a d’abord porté sur un terrain scientifique, elle a glissé peu à peu sur celui de la responsabilité. Certains soignants vaccinés contre la Covid ont ressenti comme une trahison la future désertion de leur poste par leurs collègues. Aujourd’hui, de longues semaines vont sans doute être nécessaires pour resouder les liens entre ceux qui ont été vaccinés dès que cela leur a été possible et ceux qui ont fait planer, jusqu’à la dernière minute, sur le fonctionnement de l’hôpital une épée de Damoclès.

Déchirement

Et il y a ceux, rares, qui ont choisi de raccrocher la blouse. Une poignée témoignait sur Twitter cette semaine derrière le mot clé « Dernier jour ». Des médecins, des pharmaciens, des infirmiers évoquant la fin de carrières, parfois longues de plusieurs décennies. Si les « soignants vaccinés » ont voulu rétorquer à l’aide d’un mot clé parallèle qu’ils étaient bien plus nombreux non seulement à avoir eu confiance dans la vaccination mais aussi à avoir voulu se donner toutes les chances de protéger leurs patients, ces récits de ceux qui ont fermé leur cabinet ou quitté l’hôpital étaient inévitablement marquants. Alors que demeure forte l’image de métiers qui répondent à une vocation souvent nourrie dans l’enfance, de métiers passions qui engagent ceux qui les exercent parfois au-delà du champ professionnel, le fait de constater que certains se résignent à renoncer à ce qui constitue une part d’eux-mêmes pour « échapper » à une vaccination, même sous l’effet de la peur, de rejets politiques ou de fausses informations, interpelle nécessairement. « C’est bizarre à dire, mais je les aime ces vieux. Ce travail je l’ai dans le ventre », commente par exemple tristement dans les colonnes de Libération une aide-soignante qui à quelques heures du 15 septembre refusait encore la vaccination.

Bon débarras !

Dans les commentaires qui suivent les annonces de ceux qui déplaquent ou démissionnent à regret, on trouve beaucoup de messages de soutien, parfois de patients, qui louent une qualité d’écoute. Mais d’autres messages sont bien plus mordants : « C’est un soulagement pour la science et une chance pour vos (ex) patients » peut-on lire par exemple sous le message d’une femme médecin généraliste annonçant son « dernier jour» après 35 ans de pratique. Les condamnations vis-à-vis des soignants non vaccinés ont en effet pu être sans appel. Alors que cet été le Pr Gilbert Deray avait estimé interrogé par Radio Classique que les anti vaccins étaient des « criminels », cette semaine, le professeur Karine Lacombe analysait « Dans le soin, l’intérêt est collectif. Quand on s’engage dans le soin, on pense aux autres. Et penser aux autres, c’est faire en sorte d’être vacciné, protégé pour ne pas se contaminer et pour ne pas non plus contaminer les autres. C’est une démarche qui est altruiste. On ne veut pas se faire vacciner, on change de métier, on se met en disponibilité ». En filigrane, derrière ce type d’observations, qu’elles émanent d’utilisateurs anonymes sur Twitter ou de médecins fortement médiatisés, est suggérée l’idée que ces personnes n’avaient pas leur place dans le corps médical et donc que leur éviction, au-delà des problèmes pratiques qu’elle peut entraîner, ne doit pas nécessairement être considérée comme un dommage. On retrouve clairement énoncée cette idée dans le texte publié par un collectif de professionnels de santé dans le Quotidien du médecin cette semaine. Ce texte est né de l’indignation de nombreux praticiens face aux images d’autres soignants brulant leur blouse ou leur diplôme dans les manifestations contre le passe sanitaire ou l’obligation vaccinale. « Ces images de personnes se réclamant comme des professionnels de santé qui brûlent leurs diplômes pour protester contre la vaccination obligatoire et le passe sanitaire ont soulevé, chez beaucoup de professionnels impliqués dans cette terrible lutte contre la Covid, un sentiment de honte. Plus encore, ce geste est ressenti comme une trahison, un clivage profond sur le plan de l’éthique, de la déontologie et de l’humanisme au sein de la communauté des soignants. Quant aux patients, aux familles et autres aidants, c’est aussi bien une incompréhension totale qu’une révolte complète pour toutes celles et tous ceux qui ont contracté cette maladie dans un établissement de soins. (…) « En premier, ne pas nuire ». En vertu de ce principe fondamental, il n’est pas tolérable, quand on s’occupe de personnes en situation de vulnérabilité, de les mettre, par sa pratique professionnelle, en situation de danger. Or, le refus de se vacciner contre une maladie aussi contagieuse est en flagrante contradiction avec ce principe fondateur des soins depuis l’antiquité. (…) A l’heure où les soignants les plus méritants sont justement applaudis pour leurs efforts par la société tout entière, alors même que beaucoup font leurs métiers, nonobstant l’absence de considération et leurs médiocres conditions salariales, il faut que les familles, les aidants, et les autres acteurs de santé voient partir avec soulagement ceux qui brûlent leurs diplômes vers d’autres destinations professionnelles », écrivent-ils.

Des gens responsables et dévoués quel que soit le statut vaccinal

Ainsi, un soignant qui rejette la vaccination serait nécessairement un mauvais soignant. Des avis plus nuancés peuvent cependant être exprimés. D’abord, tout au long des semaines écoulées, on a vu de nombreux médecins montrer comment ils étaient parvenus dans leur service à faire fondre les réticences et les peurs de leurs confrères et collègues grâce à la pédagogie. Le Dr Gérald Kierzeck lui-même vacciné et qui a souvent signalé l’efficacité de la vaccination sur les formes graves (mais dont les discours relativisant la gravité de l’épidémie ont souvent été épinglés sur la toile) s’irrite pour sa part de la « stigmatisation » des personnels non vaccinés : « La seule logique est celle de l’exemplarité mais je ne tolère pas que les soignants au sens large, applaudis au printemps 2020 soient maintenant pointés du doigt et stigmatisés. Les soignants sont des gens responsables et dévoués et ne pas être vacciné n’est pas un acte criminel ! Sur le fond, le vaccin n’empêche pas d’être contaminé et contaminant ; il ne dispense pas des gestes barrières que nous appliquons tous au quotidien et cela bien avant le Covid d’ailleurs. Les clusters hospitaliers peuvent être évités non pas par la vaccination mais par un dépistage précoce, systématique et régulier dans les établissements (tests rapides, pooling salivaire…). Il faut aussi s’interroger sur la forme et sur les motivations de ces soignants qui refusent la vaccination. Donner ou déposer ses informations médicales de vaccination dans un portail administratif de déclaration est inadmissible sur un plan déontologique ; où est le secret médical ? Cela prouve aussi que le dialogue est rompu à l’hôpital (ou dans le système de santé d’ailleurs) entre le « management » et les acteurs du soin, entre ceux qui décident et ceux qui font. On peut véritablement parler de maltraitance institutionnelle et de harcèlement maintenant, entraînant un cercle vicieux de démissions, départs et manque de personnels préjudiciables à tous et ayant aggravé pour ne pas dire causé la crise sanitaire », s’indigne-t-il.

Lutte des classes

La « rupture » de ce dialogue évoqué par Gérald Kierzeck pourrait n’être qu’un nouveau symptôme des conflits de classe qui de tout temps ont existé à l’hôpital. Si juste avant l’épidémie, les actions du collectif Inter-Urgences avaient semblé offrir une forme d’apaisement à ces scissions historiques avec une prise de position de médecins en faveur de leurs collègues paramédicaux, la crise a comme gelé ces rapprochements. C’est ce qu’analyse le sociologue Frédéric Pierru (CNRS) spécialiste du champ médical cité par Libération, évoquant les rapports entre personnels médicaux et paramédicaux: « On parle de domination professionnelle mais pas que. Le recrutement bourgeois de la profession médicale amène à une hiérarchie sociale : des classes aisées qui donnent des ordres aux classes moyennes et populaires ». Or, relève-t-il concernant le refus de la vaccination «Plus vous descendez dans l’échelle, plus les réticences sont fortes (…) il peut y avoir un message : nous les aides-soignants et infirmiers, nous ne sommes pas aux ordres des médecins ».

Sens sacrificiel de la vocation de soignant

Si l’on écarte la question de la désinformation et au-delà de l’influence certaine des considérations de classes et politiques, au-delà de la volonté de certains d’affirmer leur liberté ou leur refus d’être considérés comme incapables de protéger leurs patients, ce sont probablement deux conceptions différentes de la profession de « soignant » qui s’affrontent. La première, portée par les défenseurs sans nuance de l’obligation vaccinale (qui pour la première fois puisqu’il n’y a jamais eu d’obligation vaccinale des soignants contre la grippe n’est pas seulement destinée à protéger le soignant mais aussi, voire surtout, à protéger les patients) concerne probablement une certaine idée de la vocation. Au nom de cette dernière, des « sacrifices », surtout aussi infimes (et bénéfiques pour soi !) que celui de se faire vacciner, doivent nécessairement être consentis. C’est oublier que pour une partie des soignants, quoi qu’en dise l’image d’Epinal, enfiler la blouse est l’aboutissement de choix pragmatiques dans un pays où le monde médical est un de celui qui offre la plus grande certitude de trouver un emploi. Que soigner peut être considéré comme une activité professionnelle comme une autre, que l’on accepte de faire, et de faire bien, mais sans pourtant renoncer à ses propres convictions. Tout le monde n’embrasse pas une carrière médicale ou paramédicale comme un sacerdoce.

Le soin n’est pas une science

L’autre écart majeur est le lien établi entre la science et le soin. Pour les premiers, il est absolu : la médecine doit d’abord être dictée par la science et c’est à ce titre que toute mise en doute du bien-fondé de la vaccination est appréhendée comme quasiment antinomique avec le fait de soigner. Pourtant, outre quelques « complotistes », chez ceux qui refusent la vaccination obligatoire contre la Covid, il y a l’idée que le soin n’est pas d’abord un processus qui découle de preuves scientifiques. Ils mettent en avant qu’il y a d’autres façons de « prendre soin » et de « protéger » que de recourir à des techniques extérieures. Bien sûr, beaucoup assurent que cet écart résulte d’un défaut de culture et de formation scientifique de certains soignants. Pourtant, il n’est pas sûr que la connaissance permette systématiquement de faire évoluer la position de certains sur cette façon de concevoir le « soin ». En tout état de cause, on peut noter combien une fois encore la crise sanitaire a entraîné une cristallisation des scissions qui ont toujours existé mais qui pourtant n’empêchaient pas le travail en bonne intelligence, scissions probablement exacerbées par des considérations politiques et par les réseaux sociaux.

On pourra relire :

L’article de Libération sur ceux qui refusent la vaccination obligatoire*
L’intervention de Karine Lacombe sur BFM-TV**
La contribution d’un collectif de soignants***

La prise de position de Gérald Kierzeck****

Aurélie Haroche

Témoignages

*Obligation vaccinale pour les soignants : «Ma hiérarchie m’a demandé de vous faire changer d’avis»

https://www.liberation.fr/societe/sante/obligation-vaccinale-pour-les-soignants-ma-hierarchie-ma-demande-de-vous-faire-changer-davis-20210913_CIKRB42BKJACLBOQTOXZQ743GA/?redirected=1

La pandémie de Covid-19 en FrancedossierDepuis l’annonce du pass sanitaire obligatoire pour les soignants, des tensions apparaissent au sein des équipes entre vaccinés et non vaccinés. Dans certains services, cette injonction rouvre les plaies d’une relation tourmentée entre médecins et paramédicaux. 

Un patient atteint du Covid-19 hospitalisé en réanimation, au CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le 3 septembre. (Carla Bernhardt/AFP)

par Lucie Beaugé

publié le 13 septembre 2021 à 15h23

Le tic-tac sanitaire s’accélère. Mercredi, qu’ils soient infirmiers ou médecins, à l’hôpital ou en Ehpad, la vaccination sera obligatoire pour tout soignant voulant continuer à travailler et toucher son salaire. Pendant l’été, le choix de la raison ou de la rébellion a pesé sur les équipes médicales. Julie (1), infirmière dans un institut de cancérologie de la région parisienne, a choisi l’option la plus risquée : ne pas se faire vacciner. Sa position a radicalement changé les relations avec sa binôme infirmière, convaincue par le vaccin. Du coup, «je fuis les conversations avec ma collègue parce qu’on n’est pas du tout d’accord sur le vaccin. On a beaucoup de conflits en interne», déballe la soignante.

Entre leçons de morale et débats agités, Julie ne se retrouve plus dans cette relation professionnelle qui avait pourtant évolué en amitié : «J’ai fini par lui dire que j’allais faire le vaccin pour qu’elle me laisse tranquille.» Elle a longtemps songé à se procurer un faux pass mais elle s’est résolue à ne rien en faire. «Avec la 

POUR KARINE LACOMBE, LES SOIGNANTS QUI NE VEULENT PAS SE FAIRE VACCINER DOIVENT « CHANGER DE MÉTIER »

Céline Hussonnois-AlayaLe 14/09/2021 à 9:38

https://www.bfmtv.com/societe/pour-karine-lacombe-les-soignants-qui-ne-veulent-pas-se-faire-vacciner-doivent-changer-de-metier_AN-202109140119.html#:~:text=%22Dans%20le%20soin%2C%20l’,une%20démarche%20qui%20est%20altruiste

Invitée ce mardi matin sur BFMTV-RMC, l’infectiologue Karine Lacombe a évoqué l’obligation vaccinale des soignants. « Quand on s’engage dans le soin, on pense aux autres », a-t-elle fait valoir.

La professeure Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (AP-HP), a évoqué ce mardi sur BFMTV-RMC l’obligation vaccinale des soignants. À partir de ce mercredi 15 septembre, les aide-soignants, infirmiers ou médecins qui ne seront pas vaccinés contre le Covid-19 seront sanctionnés.Cela fait-il craindre une pénurie de personnels dans les hôpitaux? Non, selon l’infectiologue.

« On a des problèmes de fonctionnement mais qui, très honnêtement, ne sont liés aux personnes qui ne veulent pas se faire vacciner. On a des problèmes de fonctionnement parce qu’on a des personnels en burn-out, des personnels qui se sont blessés, ça n’a pas de lien avec le vaccin. »

« On ne veut pas se faire vacciner, on change de métier »

Globalement, les 2,7 millions de soignants sont plus vaccinés que la population générale (88% contre 73,6%). Ceux qui refusent toujours se faire vacciner représenteraient « aux alentours de 5 à 10% » des personnels à l’hôpital Saint-Antoine, précise Karine Lacombe.

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2dcc8eda-05c9-4e37-b185-c1dec942a3ff

Contribution

***« Perte de sens, perte d’éthique : quand on brûle ses diplômes… » : un collectif réclame des sanctions contre les soignants antivax

PUBLIÉ LE 14/09/2021

https://www.lequotidiendumedecin.fr/opinions/perte-de-sens-perte-dethique-quand-brule-ses-diplomes-un-collectif-reclame-des-sanctions-contre-les

CONTRIBUTION – Ils ont fait ça ! Le mois dernier des soignants hostiles à l’obligation vaccinale ont brûlé collectivement leurs diplômes. Devant la montée des oppositions quelques fois violentes chez les soignants, des personnalités du monde de la santé, médecins et représentants d’associations de malades expriment dans une tribune leur incompréhension et « un sentiment de honte ». Les 138 signataires appellent les ordres professionnels, les sociétés savantes et les syndicats à intervenir et suggèrent une radiation des protestataires.

Des soignants manifestent contre l'obligation vaccinale et les sanctions infligées aux contrevenants.

Des soignants manifestent contre l’obligation vaccinale et les sanctions infligées aux contrevenants. 
Crédit photo : AFP

Choquant !

Ces images de personnes se réclamant comme des professionnels de santé qui brûlent leurs diplômes pour protester contre la vaccination obligatoire et le passe sanitaire ont soulevé, chez beaucoup de professionnels impliqués dans cette terrible lutte contre la Covid, un sentiment de honte. Plus encore, ce geste est ressenti comme une trahison, un clivage profond sur le plan de l’éthique, de la déontologie et de l’humanisme au sein de la communauté des soignants. Quant aux patients, aux familles et autres aidants, c’est aussi bien une incompréhension totale qu’une une révolte complète pour toutes celles et tous ceux qui ont contracté cette maladie dans un établissement de soins. Certains en sont morts ! Quoi de pire que d’entrer dans un établissement de soins pour une intervention bénigne et de décéder de la Covid !

Oublié le Primum non nocere ?

« En premier, ne pas nuire ». En vertu de ce principe fondamental, il n’est pas tolérable, quand on s’occupe de personnes en situation de vulnérabilité, de les mettre, par sa pratique professionnelle, en situation de danger. Or, le refus de se vacciner contre une maladie aussi contagieuse est en flagrante contradiction avec ce principe fondateur des soins depuis l’antiquité. Déjà, lors d’épidémies de grippes saisonnières avait-on vu des EHPAD perdre un nombre significatif de pensionnaires du fait d’une infection transmise par les professionnels. Ceci avait contraint les autorités à instaurer une obligation vaccinale qui est malheureusement restée lettre morte.

D’où vient cette dérive ?

Quelles sont les raisons qui portent des personnes à agir ainsi, elles qui devraient « par vocation » dédier aux autres toute l’attention qu’ils méritent et qui leur sont confiées par la société elle-même ? En voici au moins trois. La première réside dans l’ignorance notamment dans le recrutement de personnes sur des formations et des qualifications techniques, loin des valeurs humaines et des aspirations qui fondent les valeurs de ces professions. La deuxième, notamment dans les établissements médico-sociaux, s’explique par la perte de sens, la banalisation de la « maltraitance passive », celle qui s’insinue au quotidien dans la prise en charge des personnes dépendantes et qui a déjà été souvent dénoncées. La troisième est plus grave, surtout en ces temps de complotismes : les mouvements de thérapies « parallèles » et un certain nombre de phénomènes sectaires sont de plus en plus présents au sein des professionnels. La Miviludes* vient d’ailleurs d’en faire un rapport.

Retrouver le sens de la mission

Avant de sanctionner il est fondamental d’expliquer et de former convenablement. Mais en cas de refus, il devient urgent que les ordres, syndicats professionnels, sociétés savantes et directions d’établissement se saisissent, avec les pouvoirs publics, de cette question cruciale. Il ne faudrait pas que cette volonté de rupture exprimée de façon violente ne soit pas suivie d’effets. Ces actions doivent être considérées comme des auto-radiations des ordres, une impossibilité à pouvoir exercer des responsabilités de soignants auprès de personnes malades. Mais plus loin encore, à l’heure où les soignants les plus méritants sont justement applaudis pour leurs efforts par la société tout entière, alors même que beaucoup font leurs métiers, nonobstant l’absence de considération et leurs médiocres conditions salariales, il faut que les familles, les aidants, et les autres acteurs de santé voient partir avec soulagement ceux qui brûlent leurs diplômes vers d’autres destinations professionnelles.

* Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

* Marianne Rivière, Présidente d’AFL+ (Association Française du Lupus et autres maladies auto-immunes) Danielle Vacher, Présidente de l’ANDAR (Association National de Défense contre l’Arthrite Rhumatoïde) Jean-François Thébaut, vice-Président de la FFD (Fédération Française du Diabète) Vincent Olivier, Dirigeant de Recto Verso Guillaume Molinier, ancien responsable d’association de malades Olivier Mariotte, médecin, élu local et entrepreneur Marc Frachette, Consultant-chercheur en management sanitaire Pierre-Emmanuel Aubert, Entrepreneur Pierre Poitou, membre de l’Académie de Pharmacie Félix Faucon, enseignant à Sciences Po Paris Ludovic Atellian, Cofondateur OBSERVIA & Président BE AGENCY Magali Pacanowski Fournier, Fondatrice de MEDI3C Philippe Tronc, Associé de Diligence Pierre Lanot, Médecin Anesthésiste-Réanimateur Noël Renaudin Yvonne Kaspers, Présidente de Vie et Avenir Christine Salavert Grizet, Présidente de la CPTS Aunis Sud Marie Hélène Royer Isabelle Riom, Interne en médecine Christophe Naturel, gérant d’Evolixir Conseil Charles Descours, sénateur honoraire Victorine Carré, Consultante Philippe Thebault, Président d’Alliance du Cœur Catherine Le Louarn, Directeur de Cell Solution Virginie Lleu, Managing Director L3S Partnership Jean-Jacques Zambrowski, Délégué Général de la Société Française de Santé Digitale Jean-Jacques Cleach, médecin Hospitalier Laurence Feron, Head of Research L3S Partnership Fabienne Attali, Journaliste Santé Claude Huriet, membre de l’Académie de Médecine, sénateur honoraire Lina Arnaud, étudiante à l’EHESP Gérard Dubois, membre de l’Académie nationale de médecine Joël Chazerault, Médecin spécialiste en médecine vasculaire Jan Marc Charrel, Président Adjoint France Rein Brigitte Thevenin-Lemoine, Conseillère médicale France Rein Lysiane Bernal-Gallois, Pharmacien Responsable NEURAXPHARM Benoit Péricard, Président Association Le Moulin Vert  François Locher, Professeur émérite des Universités Michel Mondrzak, médecin généraliste Catherine Stamm, Responsable HCL SMQ PCMP, Hospices Civils de LYON LH Haddad, cadre URPS Jean de Bodman, Administrateur de diverses associations sanitaires et sociales  Anthony Mascle, Remplaçant en pharmacie d’officine Daniel Gillet, Directeur de Recherche, CEA Georges Scheiber, Gérant, Docteur en Pharmacie Dr Gilles Mesnard Deloche, pédiatre Younès Telali, consultant Martine Labarre, CEO d’Evinrude Gérard Viens, Professeur émérite à l’ESSEC Joelle Delacote, Infirmière libérale retraitée Olivier Ertzbischoff , Executive Director at JADRAN CLINICAL Marc Hagenbach, retraité Philippe Collard, Chef d’entreprise Jacques Pinatel, Citoyen Aline Legendre, Comité « Droits et Partenariat Patients » du Centre Hospitalier Alpes Léman. Christine et Michel Sudarskis, Association Internationale de Développement Urbain Patrick Mallea, Directeur général adjoint chez NEHS DIGITAL Agnès Raffiot, Directrice des soins, coordinatrice générale des soins, Directrice de la qualité, gestion des risques, chez EPSM74 Bernard Savarieau, président de R2S (Réflexion Stratégie Santé) Hélène Logerot, Médecin de santé publique, chef de pôle à l’ABM Gérard Garcia, président de l’Association Française des Familles pour le Don d’Organe (AFFDO) Laure Com-Ruelle, Directeur de recherche GIP-IRDES Cécile Vandevivère, Directrice générale France Rein Marc Gombeaud, Past président du Syndicat des Agences de Presse d’information générale (SAPIG) Stéphanie Rist, Députée du Loiret Roberte Aubert, présidente de France Psoriasis Jean-Carles Grelier, Député de la Sarthe Fabienne Mignot, Chargée des relations institutionnelles, Groupe Pasteur Mutualité Agnès Firmin Le Bodo, Députée de Seine Maritime Monique Goar Bertrand Gintz Richard Villet, membre de l’Académie Nationale de Médecine Christiane Millien, volontaire association Aides Alain Roig, Responsable CalC-Communication Fabienne PIOCH-LAVAL, Pharmacien, Déléguée nationale sanitaire, Croix-Rouge Française Francine Morat-Vuong, médecin libéral Laurence Perrier, consultante Jean-Jacques Cristofari, journaliste à la Voix des Airs, Fédération Française des Associations et Amicales de Malades (FFAAIR), Insuffisants ou Handicapés Respiratoires Patrick Alary, psychiatre honoraire des hôpitaux  Christine Beaumont, Infirmière Diplômée d’Etat Didier Beaumont, Colonel en retraite de l’armée de terre, Directeur dans une entreprise de services numériques Olivier Kourilsky, Professeur honoraire au Collège de médecine  Bernard Moyon, retraité Jacques Elmalem, médecin, ancien cadre dirigeant dans l’industrie pharmaceutique, volontaire en vaccinodrome Olivier Tribondeau, Responsable de filière, école d’ingénieurs ESTACA Thierry Jacques, Médecin réanimateur Minka Sally Oceane, médecin urgentiste  Minka Fadi Hillary, médecin urgentiste Igor Auriant, Médecin réanimateur, expert judiciaire Bernard Panza, Professeur agrégé d’Histoire Géographie CE Ancien membre du CPP Sud Méditerranée 1 François Lecardonnel, Responsable des Opérations Cliniques Jean-Baptiste Perret, médecin-dentiste, ancien adjoint au CHU de Lausanne (chirurgien maxillo-facial) Fernando Leal-Calderon, Professeur des Universités Richard Philippe, Docteur ès Sciences, cadre exécutif télécommunications, retraité Sébastien Audibert, Journaliste Dominique Patrone, Pharmacien Consultant, Dirona Consulting Maryline Girard, Docteure en pharmacie Alain Collomb, Président d’ACE Robert Schenk, Président de l’Association du Syndrome de Fatigue Chronique (ASFC) Michel Vermorel, Médecin retraité  Christine Cauchetier, Présidente de C3 Santé Marie Thérèse Barrelier, Praticien Hospitalier retraitée Christian Devaux, Anesthésiste-Réanimateur retraité Laurent El Ghozi, Président d’honneur de l’Association Élus, Santé publique et Territoires Patrick Block, Président PB Consulting & Associés  Marie Petit Thierry Béchu Mauduit Laurence, Journaliste, Actipress Anne Thiellet, Médecin Isabelle Courtin, Responsable d’EducTher Claude Bouchardy, Présidente de Santé Environnement Jean Francois Rey, Président WEO Alain Vuong, Médecin Libéral Delphine Blanchard, Patiente partenaire en santé Bernard Simon, Responsable du pôle santé de la direction des relations et opérations internationales de la Croix-Rouge française  Marie France Moyon, Retraitée Yves Le Roy, Chirurgien Libéral, Vice-Président DAC Appui Santé Nord Finistère Marie-Claude Saux, PU émérite, Université de Bordeaux Claude Choisy, Professeur émérite des Universités, Académie Nationale de Médecine Sophie Drevon-Clavel, Pharmacien Véronique Dufour, Pédiatre, InfoVac France Jean-Michel Klein, 1er Vice-Président du Syndicat National des ORL (SNORL) Christian Anastasy, Président de Persan Conseil Jean-Charles Quincampoix, Biologiste Médical AAHP, Biosmose idf selas Eric Salat, Enseignant, Université Sorbonne UdP Frederique de Liege Paul Garassus, Président UEHP Julien Pepiot, Directeur associatif Yannick Marzin Colette Senan, Docteur ès sciences Francois Carré, Professeur Émérite, CHU PONTCHAILLOU- Université Rennes 1 Thierry Gombeaud, Médecin gastro-entérologue, Président du conseil territorial de sante du 93 Catherine Weil Olivier, Professeur honoraire de pédiatrie, Paris7 Marie Augé-Caumon, Pharmacienne, Conseillère USPO François Frostin, Ingénieur André Tanti, Inspecteur général des finances honoraire Marie-Françoise Vecchierini  Gilles Chollet, infirmier libéral, président de la FNI 77, administrateur fédéral de la Fédération national des infirmiers (FNI) Daniel Guillerm, Président de la Fédération national des infirmiers (FNI)138 cosignataires *

****Crise sanitaire: «Nous payons un envahissement de la bureaucratie au détriment des soins de terrain»

Par Aziliz Le CorrePublié le 14/09/2021 à 11:06, mis à jour le 14/09/2021 à 13:24

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/crise-sanitaire-nous-payons-un-envahissement-de-la-bureaucratie-au-detriment-des-soins-de-terrain-20210914

«Peut-être faudra-t-il un vaccin chaque année mais nous n’en sommes pas là et surtout il devrait être réservé aux personnes à risques et vulnérables». Adobe Stock

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que la rumeur d’une cinquième vague se fait entendre, le médecin urgentiste Gérald Kierzek fait un point sur la situation sanitaire de la rentrée.

Gérald Kierzek est médecin urgentiste et chroniqueur santé, Directeur médical de Doctissimo, et auteur notamment de Coronavirus, comment se protéger? (Éditions de l’Archipel, mars 2020).À découvrir


FIGAROVOX. – 3000 classes ont déjà fermé leur porte depuis la rentrée pour cause de Covid. Ce protocole sanitaire est-il trop strict, selon vous ?

Gérald KIERZEK. – Sur 540.000 ! Il faut toujours recontextualiser les chiffres avec cette crise Covid pour raison garder. Le protocole sanitaire en 4 niveaux a déjà été assoupli et on peut saluer que la priorité des priorités est désormais l’éducation et non la fermeture au moindre cas. Le protocole prévoit par exemple que seuls les cas contacts directs en collèges et lycées sont considérés comme potentiellement contagieux ; les fermetures de classes ou d’établissement ne sont heureusement plus envisagées. Notons au passage une incohérence par rapport à la vaccination : les cas contacts vaccinés restent en présentiel alors que les autres non. La vaccination n’est pourtant pas une garantie absolue de non-contamination et contagiosité, loin s’en faut.

En école primaire ou maternelle, les cas contacts étant évidemment plus difficiles à déterminer, ce sont dans ces établissements que la classe entière ferme mais c’est un moindre mal.

En revanche, le protocole est trop strict sur le port du masque et la désinfection des surfaces. Il ne tient pas compte des modes de contamination du SARS Cov2 que l’on connaît bien maintenant. Obliger le port du masque en intérieur aux élèves dès la primaire en niveau 2 du protocole et en intérieur et extérieur en niveau 3 n’a pas de sens. Médicalement, le virus ne se transmet que très peu en extérieur et l’aération des locaux en intérieur est une mesure efficace. Les enfants et adolescents ont besoin de relations sociales interindividuelles normalisées ; le masque n’y aide pas, sans compter qu’il est de toute façon mal porté, mal positionné, manipulé… La désinfection des surfaces est également une perte de temps et d’énergie pour les équipes. La transmission est dans l’air et pas sur les surfaces.

Si le testing dans les établissements a été un coûteux fiasco logistique (des conditionnements de tests non adaptés aux usines à gaz pour organiser les campagnes de dépistage), il est urgent que chacun puisse régulièrement, à la maison, se dépister.Gérald Kierzek

Encore une fois et je le répète depuis des mois, il faut progressivement adopter des gestes barrières de bon sens et tenables à long terme vu la situation endémique du Covid. Vivre avec le virus, c’est avant tout vivre ! Aération, lavage des mains, port du masque uniquement dans les pièces closes mal ventilées avec un brassage de population sont des mesures raisonnables et efficaces. En revanche, la distanciation physique, les sens de circulation, la condamnation d’une toilette sur deux, le «théâtre de l’hygiène» comme le dit le CDC (Center of Disease Control) aux États-Unis ne servent pas à grand-chose sauf à maintenir un niveau de paranoïa, dépenser de l’argent qui serait utile ailleurs et ne sont d’ailleurs plus respectés par les citoyens.

Quelques mots sur les autotests. Ils seraient utiles à intégrer dans la vie quotidienne des Français et notamment des élèves et parents d’élèves. Si le testing dans les établissements a été un coûteux fiasco logistique (des conditionnements de tests non adaptés aux usines à gaz pour organiser les campagnes de dépistage), il est urgent que chacun puisse régulièrement, à la maison, se dépister. Cela permettrait un repérage précoce des cas et un isolement pendant quelques jours.

Enfin, la circulation virale a minima chez les mineurs qui n’ont quasi aucun risque de formes graves est également intéressante sur le plan de l’immunité. De nombreuses études montrent que l’immunité naturelle postinfection est solide et participe à la protection individuelle et collective contre les virus. Avec le Covid, nous semblons avoir oublié les principes de base de la médecine et de l’immunologie !

Ce mercredi 15 septembre, la vaccination contre le Covid-19 devient obligatoire pour plusieurs professions parmi lesquelles les personnels soignants, les pompiers ou encore les ambulanciers. Au-delà de cette date butoir, des sanctions pourront être appliquées. N’est-ce pas normal pour ces professions fortement exposées et au contact de patients ?

Non. La seule logique est celle de l’exemplarité mais je ne tolère pas que les soignants au sens large, applaudis au printemps 2020 soient maintenant pointés du doigt et stigmatisés. Les soignants sont des gens responsables et dévoués et ne pas être vacciné n’est pas un acte criminel ! Sur le fond, le vaccin n’empêche pas d’être contaminé et contaminant ; il ne dispense pas des gestes barrières que nous appliquons tous au quotidien et cela bien avant le Covid d’ailleurs. Les clusters hospitaliers peuvent être évités non pas par la vaccination mais par un dépistage précoce, systématique et régulier dans les établissements (tests rapides, pooling salivaire…).

Il faut aussi s’interroger sur la forme et sur les motivations de ces soignants qui refusent la vaccination. Donner ou déposer ses informations médicales de vaccination dans un portail administratif de déclaration est inadmissible sur un plan déontologique ; où est le secret médical ? Cela prouve aussi que le dialogue est rompu à l’hôpital (ou dans le système de santé d’ailleurs) entre le « management » et les acteurs du soin, entre ceux qui décident et ceux qui font. On peut véritablement parler de maltraitance institutionnelle et de harcèlement maintenant, entraînant un cercle vicieux de démissions, départs et manque de personnels préjudiciables à tous et ayant aggravé pour ne pas dire causé la crise sanitaire. La crise est avant tout une crise structurelle de paupérisation et de pénurie de notre système de santé et de l’hôpital en particulier.

Le «monde d’après» est en train de devenir pire que le «monde d’avant» si rien n’est fait dans les prochains mois pour renverser la gouvernance, par exemple. La campagne présidentielle devrait être l’occasion de cette refondation majeure et attendue par les Français qui veulent être soignés. Les aberrations notamment en termes de dépenses publiques sont insupportables. En mars 2019, lors de la grève des urgences, les collectifs de défense de l’hôpital public demandaient un relèvement de l’ONDAM (Objectif National de Dépenses de l’Assurance Maladie) à hauteur de 4 milliards et ils se voyaient répondre qu’il n’y avait pas d’argent ; la crise COVID a coûté 424 milliards ! Plus modestement mais symboliquement, les contrôles de passe sanitaires à l’entrée des hôpitaux coûtent 60 millions d’euros par mois selon la Fédération Hospitalière de France. Ne croyez-vous pas que ces budgets pourraient être plus utilement affectés ? Le problème à l’hôpital mais également dans d’autres secteurs en France est «qu’on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés» comme disait Einstein et que le problème dure depuis quelques décennies. Nous payons un envahissement de la bureaucratie (y compris avec des médecins plus bureaucrates que soignants) depuis des années au détriment des soins de terrain. Une refonte profonde du type de celle de la réforme Debré de 1958 qui avait créé les Centres Hospitalo-Universitaires est urgente ; ce modèle est dépassé.

Concernant la troisième dose, le débat scientifique doit donc être ouvert et réglé avant de prendre des décisions hâtives, plus politiques que sanitaires.Gérald Kierzek

Depuis le 1er septembre, les injections de troisième dose ont commencé pour certaines populations à risque. Peut-on imaginer que cela concerne ensuite toute la population ?

La course au toujours plus est dangereuse si on ne respecte pas les principes de base de la médecine. La balance bénéfices-risques est un de ces grands principes. Qui bénéficie le plus du vaccin ? Les personnes âgées et à risque. Ce sont elles qui sollicitent le système de santé avec 95 % des patients en réanimation qui avaient plus de 65 ans pendant les précédentes «vagues». Sont-ils tous vaccinés ? Non. La logique est donc de chercher à convaincre et vacciner ceux qui ne le sont pas avant d’aller proposer une troisième dose. Tout n’a pas été fait. Les acteurs de terrain (infirmières, médecins, pharmacien…) connaissent leurs patients à risque ; leur amener le vaccin avec les mairies et l’assistance de l’Assurance Maladie est possible.

Un deuxième grand principe est le primum non nocere. D’abord ne pas nuire. Les études ne vont pas toutes dans le même sens pour démontrer l’intérêt de ce rappel vaccinal. Des autorités scientifiques américaines ne le recommandent pas comme encore récemment dans le Lancet. Nous assistons à une fuite en avant du politique, cautionné par quelques universitaires, qui mise tout sur la vaccination comme une panacée qu’elle n’est pas. Les études en vie réelle comme en Israël le démontrent.

Peut-être faudra-t-il un vaccin chaque année mais nous n’en sommes pas là et surtout il devrait être réservé aux personnes à risques et vulnérables. Nous sommes à ce jour incapables de mesurer en routine l’immunité réelle conférée par le vaccin. Le taux d’anticorps brandi comme l’argument pour rebooster l’immunité est très imprécis : certains sont protecteurs, d’autres non, et l’immunité cellulaire, très importante en sus des anticorps, ne peut être évaluée. Pire, certaines études animales sur les coronavirus ont largement montré que des anticorps post-vaccinaux pourraient faciliter les infections. Le débat scientifique doit donc être ouvert et réglé avant de prendre des décisions hâtives, plus politiques que sanitaires.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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