82 % des Français (5 points de plus qu’en 2020) approuvent l’idée « que le gouvernement prenne des mesures rapides et énergiques » quitte à « modifier en profondeur leur mode de vie » – Offensive contre l’exécutif écologiste de la métropole de Lyon. 

La transition climatique et les modifications des modes de vie, un défi pour l’Etat

L’indispensable modification des modes de vie nécessitera de nouvelles dépenses, sous peine de peser sur les entreprises, l’emploi et le pouvoir d’achat des ménages. 

Par Audrey TonnelierPublié le 12 septembre 2021 à 05h06 – Mis à jour le 15 septembre 2021 à 09h12  

Temps de Lecture 6 min.

 https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/12/les-risques-sociaux-de-la-transition-climatique-un-defi-pour-l-etat_6094357_823448.html

Bornes de recharge pour voitures électriques sur le parking d’un hôtel de Castelnaudary (Aude), le 28 août 2021.
Bornes de recharge pour voitures électriques sur le parking d’un hôtel de Castelnaudary (Aude), le 28 août 2021. THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / AFP

Ce sera l’un des thèmes incontournables de la campagne présidentielle. Après un été marqué par un rapport très alarmant du GIEC sur le climat, par la recrudescence des catastrophes naturelles, et alors que s’est tenu, vendredi 10 septembre, le troisième débat entre prétendants à la primaire écologiste, aucun candidat ne peut se permettre de faire l’impasse sur la transition écologique. Selon l’enquête annuelle « Fractures françaises » publiée par Le Monde le 7 septembre, 82 % des Français (5 points de plus qu’en 2020) approuvent l’idée « que le gouvernement prenne des mesures rapides et énergiques » quitte à « modifier en profondeur leur mode de vie ». Mais ont-ils vraiment conscience de ce que cela impliquerait au quotidien ?

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Dans une note publiée mi-août par le Peterson Institute for International Economics, un cercle de réflexion basé à Washington, l’économiste Jean Pisani-Ferry avertit des « implications significatives » des mesures climatiques sur l’économie et, plus largement, sur l’ensemble des politiques publiques. « On parle un peu trop de croissance verte. Ce n’est pas faux, mais il faut aussi parler de ce que la transition écologique va bouleverser », souligne celui qui participa à l’élaboration du programme d’Emmanuel Macron en 2017. « Aujourd’hui, les politiques ne tiennent aux gens que deux types de discours. Soit : vous aurez la même vie, mais avec des technologies différentes, soit : il faut changer totalement de mode de vie et passer à la sobriété. A terme, la technologie va apporter des solutions, mais la transition sera brutale », poursuit l’économiste, qui pointe le risque de plans sociaux durant cette période : « Qui va tirer son épingle du jeu ? La question va se poser assez vite. »

« L’argument repris par le gouvernement ou par les entreprises, selon lequel les investissements nécessaires à la transition écologique vont nécessairement augmenter l’activité, gonfler les recettes fiscales et créer des emplois est battu en brèche, abonde Benoît Leguet, directeur général de l’Institute for Climate Economics, un think tank fondé par la Caisse des dépôts et l’Agence française de développement. Dans un premier temps, une voiture électrique coûtant plus cher qu’une voiture thermique, les ménages vont probablement modifier leur panier de consommation, avec à la clé des destructions d’emplois dans d’autres secteurs. »

Sujet inflammable

A cela s’ajoute le défi des reconversions professionnelles, avec la disparition prochaine de pans entiers de l’industrie. Un bouleversement aux conséquences comparables, selon M. Pisani-Ferry, aux chocs pétroliers des années 1970. « Pour continuer à produire à l’identique (énergies renouvelables, modes de transport différents…), il faudra d’ici à 2030 dépenser en moyenne [secteurs public et privé] un point de PIB par an, soit plus de 250 milliards d’euros supplémentaires sur la décennie », estime l’économiste. Le plan de relance tricolore lancé en 2020 comprend, comme ses homologues européens, un volet écologique (30 milliards pour deux ans). Dans celui-ci, l’enveloppe budgétaire pour le dispositif MaPrimeRénov’ (rénovation énergétique des logements privés), déjà doté de 2 milliards d’euros, va être doublée en raison de la forte demande, tandis que le soutien aux véhicules propres (bonus écologique, prime à la conversion), gonflé par rapport à ce qui existait avant la crise, représente 1,9 milliard d’euros. Mais cela ne saurait suffire.

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En France, où la hausse de la taxe carbone en 2018 avait mis le feu aux poudres avec la crise des « gilets jaunes », obligeant le gouvernement à geler sine die ce prélèvement, le sujet est particulièrement inflammable. Mais le mouvement est lancé. Mi-juillet, la Commission européenne a proposé un plan climat ambitieux (qui devra d’abord être discuté et approuvé par les Etats membres), en particulier sur le volet énergétique. Il s’agit désormais d’atteindre en 2030 un objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne (par rapport à 1990), et non plus de 40 % comme auparavant. Pour cela, Bruxelles propose notamment d’élargir le système des quotas carbone (qui oblige les entreprises à acheter des quotas pour compenser leurs émissions de CO2) au chauffage domestique et aux carburants, ou d’interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. Cela entraînerait des répercussions sur le pouvoir d’achat et les finances publiques.

Risque politique

« Aujourd’hui, il est question de tirer un trait sur notre modèle de production tel qu’on le connaît. (…) Les solutions technologiques existent, mais elles coûtent plus cher d’une part, et surtout elles ne peuvent pas être imposées de force à nos concitoyens », s’est ému Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, lors de l’université d’été du syndicat patronal, le 25 août.

Les mises en garde se font aussi entendre au sein de la famille écologiste. « La transition écologique en douceur, ça n’existe pas. (…) Votez pour nous et tout sera plus difficile »,assénait l’ancien député européen Daniel Cohn-Bendit dans Les Echos du 24 août. « On ne peut pas utiliser la fiscalité carbone de la même manière pour les entreprises ou les ménages, au risque de reproduire les gilets jaunesestime le macroniste Pascal Canfin, président de la commission environnement au Parlement européen. Un enjeu majeur du prochain quinquennat, ce sera d’inventer des formes de négociations nouvelles et innovantes pour accélérer la mise en place d’alternatives accessibles aux consommateurs. » Et de prendre l’exemple des zones à faible émission, ces centres-villes où les véhicules les plus polluants vont être progressivement interdits. « Ça risque d’exploser à la figure des élus locaux et des responsables politiques, si on n’accélère pas dès maintenant l’accessibilité de la voiture électrique », prévient M. Canfin.

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A Bercy, où l’on se dit « réservé » sur l’extension des quotas carbone au quotidien des Français, on est bien conscient du risque politique. « Nous ne ferons pas payer aux ménages modestes le coût de la transition écologique », s’était empressé de déminer le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, au cours de l’été, après l’annonce de la feuille de route européenne. Tout en plaidant pour accompagner « les secteurs industriels qui sont les plus touchés par cette accélération de la transition », via « un fonds de transition, sur lequel nous sommes prêts à travailler avec la Commission européenne ».

« On n’a plus le temps »

Chez les candidats à la primaire des écologistes, les coûts de la transition sont encore souvent minimisés au profit des gains futurs liés à la rénovation thermique des logements ou à un changement des modes de transport. « Notre objectif, c’est de faire gagner aux Français un treizième mois écolo, soit environ 1 800 euros par an. A la fin de notre mandature, la majorité des Français en aura bénéficié. Il y aura forcément un décalage dans le temps, mais sans coût pour les ménages. Le coût de l’inaction serait de toute façon nettement plus désastreux », explique Eva Sas, en charge du volet économique de la campagne de Yannick Jadot. « Pour les plus fragiles, il y aura une compensation euro par euro », a précisé ce dernier lors du deuxième débat entre candidats, le 8 septembre sur LCI.

« Le vrai sujet, c’est de réorienter l’argent là où il y a vraiment urgence, par exemple sur la reconversion des emplois », estime pour sa part Quentin Guillemain, le porte-parole de Génération Ecologie, le parti de Delphine Batho. « On n’a plus le temps, la transformation doit être rapide et radicale, et ce n’est possible que si cela s’accompagne de mesures sociales », abonde Amandine Richaud-Crambes, la directrice de campagne de Sandrine Rousseau. Elle plaide pour une aide unique, un revenu d’existence de 850 euros par mois.

Pour Eric Piolle, la hausse de 10 % des bas salaires et la mise en place d’un ISF climatique doivent permettre de passer les obstacles. Mais Emmanuel Bodinier, qui pilote le programme du maire de Grenoble, le reconnaît : « Oui, cela nous inquiète. On ne peut pas dire que la transition écologique ne créera pas de tensions sociales. »

Audrey Tonnelier

*A Lyon, les élus verts et les industriels tissent des liens

Le président écologiste de la métropole, Bruno Bernard, s’est engagé à favoriser les implantations d’entreprises. 

Par Richard Schittly(Lyon, correspondant)Publié le 11 septembre 2021 à 09h05 – Mis à jour le 11 septembre 2021 à 11h37  

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/11/a-lyon-les-elus-verts-et-les-industriels-tissent-des-liens_6094291_823448.html

Le président EELV de la métropole de Lyon, Bruno Bernard, à Lyon le 2 juillet 2020.
Le président EELV de la métropole de Lyon, Bruno Bernard, à Lyon le 2 juillet 2020. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Baskets et costume noirs, chemise et fine pochette blanches, Bruno Bernard, président (Europe Ecologie-Les Verts) de la métropole de Lyon, pose pour la photo, tout sourire au milieu d’une vingtaine de chefs d’entreprise. L’opération de communication est soigneusement orchestrée sur le stand de la métropole au salon Global Industrie, qui se déroule lundi 6 septembre à Eurexpo, près de Lyon. L’élu et les industriels signent un « manifeste pour une industrie qui s’engage pour l’environnement ». Selon ce document, la collectivité s’engage à favoriser les implantations et à faire connaître les emplois industriels, alors que les entreprises promettent « d’agir pour la réduction de l’empreinte énergétique et environnementale de l’industrie ».

Pour Bruno Bernard, l’objectif est de démontrer la crédibilité des écologistes, en s’affichant sans complexe aux côtés des industriels, qui assurent plus de 60 000 emplois à la deuxième agglomération économique de France. Choc des cultures ? Souvent caricaturés pour leur prétendue naïveté décroissante, les écologistes lyonnais cherchent à nouer des relations constructives avec les entrepreneurs, dans un subtil équilibre.

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« Nous n’avons aucun point irritant dans nos relations avec les entrepreneurs. Comme tous les élus en responsabilité, nous échangeons avec eux en permanence, explique Emeline Baume, première vice-présidente de la métropole de Lyon, déléguée à l’économie, l’emploi, le commerce, le numérique et la commande publique. Ils connaissent notre parti pris : la transition écologique, le mixte énergétique. Avant l’élection nous n’avions pas accès à eux, cela nous pesait, depuis un an nous dialoguons. » « Quand Gérard Collomb était arrivé à la mairie il y a vingt ans, les milieux d’affaires pensaient que les chars russes débarquaient à Lyon. Le nouvel exécutif écologiste suscite les mêmes doutes, nous les dissipons en rencontrant chaque semaine les chefs d’entreprise », abonde un proche conseiller de M. Bernard.

« Le dialogue est ouvert »

Après une phase d’attentisme, les relations entre industriels et élus écologistes lyonnais avancent au rythme d’intérêts croisés. « Ils sont très sensibles aux mobilités, aux termes des commandes publiques. On va voir si la qualité des échanges s’inscrit dans la durée », confie Alexandra Mathiolon, directrice générale de Serfim, entreprise lyonnaise de travaux publics aux 2 200 salariés. Soucieuse d’entretenir de bonnes relations avec les collectivités, avec lesquelles elle assure 50 % de son activité, la jeune patronne tutoie le nouveau président de la métropole, elle lui reconnaît « un vrai pragmatisme ». L’ancien conseiller municipal de Villeurbanne a dirigé une entreprise de dépollution et de désamiantage, avant de conquérir la métropole au 1,2 million d’habitants.

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« Les nouveaux élus ont compris que l’écologie passera par l’industrie. Nous sommes incontournables. Décarboner au maximum notre activité, nous y sommes déjà engagés, c’est une clé de développement. On peut travailler main dans la main », estime Bruno Voland, président rhodanien de l’union des industries et des métiers de la métallurgie. « Les relations sont très cordiales. Les élus écologistes cherchent à concilier leur programme avec le secteur industriel. Il se trouve que l’industrie est capable de rendre possible beaucoup d’améliorations environnementales, donc le dialogue est ouvert », ajoute Stanislas Lacroix, PDG d’Aldes, concepteur de système de ventilation et de purification d’air, basé à Vénissieux.A

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Certains entrepreneurs s’inquiètent des contraintes de la prochaine zone à faible émission, tout en souhaitant voir augmenter l’offre de mobilités pour leurs salariés. Philippe Rosier profite de la séance de signature du manifeste métropolitain pour interpeller Bruno Bernard : « J’attends toujours ma piste cyclable ! » Le PDG de Symbio, spécialiste de la combustion à hydrogène, prépare le transfert de son siège à Saint-Fons, dans la célèbre vallée de la chimie. Les accès au site par vélo et tram déterminent la qualité de vie de l’entreprise. « Je bataille avec le préfet, on va y arriver », répond le président de la métropole. L’élu explique les contraintes réglementaires dans un secteur ultrasécurisé. Puis il interroge à son tour l’entrepreneur sur l’avenir de l’hydrogène vert.

« Maintenir les emplois industriels »

De leur côté, les élus écologistes cherchent à favoriser les filières qui cadrent avec leurs idées. La collectivité a ainsi prévu une enveloppe de 12 millions d’euros pour acquérir des parcelles dans des zones industrielles, afin de peser sur les futures implantations, et coordonner les circuits d’approvisionnement. Le nouvel exécutif utilise les leviers mis en place par ses prédécesseurs, Gérard Collomb et David Kimelfeld (ex-La République en marche), en les colorant en vert.

La métropole de Lyon investit 17 millions d’euros dans un fonds d’amorçage industriel tout juste créé. La collectivité prévoit de participer directement au capital des entreprises, avec des tickets de 50 000 euros en moyenne, pour lancer l’industrialisation de produits ou procédés innovants. En posant une condition : l’impact environnemental positif. « Nous voulons maintenir les emplois industriels, accélérer les efforts de sobriété énergétique et de diminution de la pollution », souligne Bruno Bernard. Le président de la métropole de Lyon réagit sèchement au discours de Jean Castex, à l’inauguration du salon Global Industrie. « Le premier ministre a des conceptions du siècle passé, il parle de croissance et de production, sans un seul mot sur l’environnement, alors que l’industrie s’est elle-même emparée du sujet », confie Bruno Bernard, désireux de concilier stratégie économique et doctrine écologiste.

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Richard Schittly(Lyon, correspondant)

**Les communes poursuivent leur fronde contre la métropole de Lyon

Quarante-quatre des cinquante-neufs maires des communes situées dans la zone de la métropole de Lyon ont signé une tribune pour critiquer la gouvernance du nouvel exécutif écologiste. 

Par Richard Schittly(Lyon, correspondant)Publié hier à 18h30  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/17/les-communes-poursuivent-leur-fronde-contre-la-metropole-de-lyon_6095082_823448.html

Inquiétude des maires et manœuvre politique sont à l’origine d’une spectaculaire offensive contre l’exécutif écologiste de la métropole de Lyon. Quarante-quatre des cinquante-neuf maires des communes situées dans le périmètre de la deuxième agglomération de France, ont cosigné une tribune réclamant l’abandon du modèle particulier de la métropole de Lyon, tout en critiquant sévèrement la gouvernance de la majorité écologiste, jugée « dogmatique et verticale ». Ces élus sont issus ou proches de deux groupes d’opposition de la métropole : le Rassemblement de la droite, du centre et de la société civile, majoritairement constitué d’élus Les Républicains (LR), et Synergies élus et citoyens pour une démocratie du quotidien, formé d’élus sans étiquette de petites communes.

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« La majorité des communes n’est pas représentée au sein des instances délibératives de la métropole. (…) A vouloir déposséder les élus municipaux de tout moyen d’action, alors même que ce sont les seuls au contact avec les habitants au quotidien, c’est la démocratie de proximité que l’on atteint », écrivent les maires dans ce texte publié samedi 11 septembre sur le site du Journal du dimanche. Lors d’une conférence de presse organisée mercredi 15, certains menacent de ne plus signer les permis de construire, ou de stopper certaines missions de police municipale, pour contester le pouvoir de la métropole. « Les trois quarts des maires ont signé ce texte de contestation, c’est une lame de fond transpartisane. Les maires ne sont pas seulement décoratifs, ils ne supportent plus d’être ignorés », explique Philippe Cochet, maire (LR) de Caluire-et-Cuire, qui espère « une écoute attentive au Sénat ».

Un sentiment d’exclusion

Les maires demandent la révision de la loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles (Maptam), initiée en 2014 par Gérard Collomb et Michel Mercier, anciens maire et président du conseil général du Rhône. Avant la réforme, tous les maires étaient automatiquement nommés dans l’assemblée intercommunale, ainsi que des conseillers municipaux, en proportion des populations des communes. La loi Maptam a changé le mode d’élection de la communauté urbaine de Lyon, en créant pour la première fois en France un scrutin métropolitain par suffrage universel direct, organisé en quatorze circonscriptions. La métropole est devenue une collectivité aux nouvelles compétences, dotée d’un budget de 4 milliards d’euros, absorbant une partie du département du Rhône. L’élection directe des conseillers métropolitains a mécaniquement écarté les maires de l’assemblée. D’où un sentiment d’exclusion, que n’a pas compensé la conférence métropolitaine, rassemblant les maires une ou deux fois par an, dans un exercice purement consultatif.

« Il n’y a jamais eu autant d’échanges avec les maires, je les ai tous rencontrés », se défend Bruno Bernard, le président de la métropole

Fatale à Gérard Collomb, privé du soutien clé du groupe Synergies, à son retour du ministère de l’intérieur, la crise institutionnelle se double d’une offensive contre la nouvelle majorité écologiste et socialiste. « Sous les présidences précédentes, nous n’étions pas d’accord, mais la notion d’intérêt général reprenait le dessus, les maires étaient écoutés », affirme M. Cochet, qui reproche aux écologistes « une vision sectaire et autoritaire »« Je n’étais pas là quand a été créée la métropole par mon prédécesseur. Attaquer le modèle de la métropole, c’est prendre un risque. C’est un outil qui va dans le sens de l’histoire, avec une capacité à agir à la hauteur des enjeux », répond Bruno Bernard à ses détracteurs. Le président (Europe Ecologie-Les Verts, EELV) de la métropole de Lyon réfute catégoriquement le procès en arrogance fait aux écologistes. « Nous avons mené des centaines de réunions de concertation sur nos projets. Il n’y a jamais eu autant d’échanges avec les maires, je les ai tous rencontrés, sauf un qui a refusé, ma porte est toujours ouverte », affirme-t-il.

La majorité métropolitaine est décidée à dérouler son programme. La révision du plan local de l’urbanisme et de l’habitat est annoncée pour la semaine du 20 septembre, prévoyant la hausse des zones naturelles préservées, des mesures de mixité sociale et d’amélioration de qualité du logement. « L’inquiétude des maires est exploitée à des fins partisanes, c’est l’ancien monde qui voudrait revenir en arrière, or les électeurs ont exprimé l’exigence de traiter l’urgence climatique et la justice sociale », note un proche conseiller du président de la métropole, persuadé d’une « opération de déstabilisation, par des élus LR poussés par la région dirigée par Laurent Wauquiez ».

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Richard Schittly(Lyon, correspondant)Contribuer

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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