Une nouvelle souche du coronavirus, baptisée « Mu » (Colombien). Classée comme « variant à suivre » – Le C.1.2 sud africain également surveillé.

Plus contagieux, plus résistants : faut-il s’inquiéter à chaque découverte d’un nouveau variant ?

L'OMS a lancé une alerte sur la découverte d'un nouveau variant, baptisé "Mu".L’OMS a lancé une alerte sur la découverte d’un nouveau variant, baptisé « Mu ». AFP

Coronavirus – Covid 19,  Santé,  France – Monde

Publié le 02/09/2021 à 07:01 , mis à jour à 22:03 https://www.ladepeche.fr/2021/09/01/plus-contagieux-plus-resistants-faut-il-sinquieter-a-chaque-decouverte-dun-nouveau-variant-9762930.php

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En l’espace d’une semaine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’elle surveillait de près deux « variants d’intérêt ». Ces alertes ne font pourtant pas toutes consensus au sein de la communauté scientifique : certaines mutations du SARS-CoV-2 ne sont en effet pas des sources d’inquiétude. 

Alpha, Bêta, Delta… En un an et demi, depuis le début de la pandémie de Covid-19, le coronavirus SARS-CoV-2 responsable de la maladie s’est présenté sous bien des visages. Le virus mute, se transforme, s’adapte, change : à tel point qu’il n’a cessé d’inquiéter les autorités sanitaires et la communauté scientifique, tant il fait craindre une reprise plus grave de l’épidémie.

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs fait de l’étude et de la surveillance des nouveaux variants du Covid-19 son cheval de bataille. Dernier exemple en date ce mardi 31 août : l’organisme a fait savoir qu’il surveillait de près une nouvelle souche du coronavirus, baptisée « Mu ». Classée comme « variant à suivre », celle-ci avait été détectée pour la première fois en Colombie en janvier dernier. Sa principale caractéristique selon les derniers éléments d’analyse : un risque « d’échappement immunitaire », c’est-à-dire une résistance accrue du variant aux vaccins existants. 

Des variants plus contagieux mais pas inquiétants

Ces alertes, l’OMS en a formulé plusieurs ces derniers mois : depuis le début de l’épidémie, près de 500 variants du SARS-CoV-2 ont été détectés. Depuis des mois, seuls les variants les plus contagieux ont été les plus surveillés. « Jusqu’à présent, les variants qui nous ont posé des problèmes sont ceux qui ont accéléré la course de l’épidémie dans une population qui n’était pas immunisée », explique l’épidémiologiste Martin Blachier. 

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Aujourd’hui pourtant, l’apparition de nouveaux variants, plus contagieux ne doit pas être constamment sources d’inquiétude selon l’épidémiologiste. « La découverte d’un variant plus contagieux, à cette phase-là de l’épidémie en France, ce n’est pas grave, explique Martin Blachier à La Dépêche du Midi. La peur d’un variant plus contagieux n’a aujourd’hui plus lieu d’être, étant donné qu’une une majorité de la population française est immunisée soit par la vaccination, soit par une immunité naturelle ». En France, 65% de la population fait aujourd’hui l’objet d’un schéma vaccinal complet. 

La crainte d’un variant insensible aux vaccins

Subsiste pourtant la peur d’un « super variant ». Une mutation qui serait particulièrement résistante à l’immunité naturelle et vaccinale. « C’est le scénario qui fait peur », évoque l’épidémiologiste, reprenant l’exemple du variant « Mu ». Le médecin se montre pourtant prudent : « La priorité, c’est de savoir si ce variant est à ce point dangereux qu’il envoie à l’hôpital des personnes qui ont déjà été contaminées ou qui ont un schéma vaccinal complet avec les vaccins que l’on utilise en Europe. Or, pour l’heure, nous ne disposons pas de ces données-là. »

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Le médecin rassure cependant. « Lorsque l’on avait ce niveau d’analyse avec le variant Alpha et Delta, les premiers résultats montraient que ces variants n’étaient pas sensibles aux vaccins et que l’on observait des résistances in vitro. Or aujourd’hui on voit très bien que les vaccins fonctionnent sur ces variants-là. » L’épidémiologiste l’affirme : aucun scientifique n’a fait pour l’heure la découverte d’une mutation du SARS-CoV-2 qui échapperait à la fois à l’immunité naturelle et à l’immunité vaccinale. « Lorsque ce sera le cas, on pourra s’en inquiéter ».

Covid-19 : que sait-on du nouveau variant C.1.2., qui inquiète les scientifiques ?

Covid-19 : c'est quoi le nouveau variant C.1.2., qui inquiète les scientifiques ?

Coronavirus – Covid 19,  Santé,  France – MondePublié le 31/08/2021 à 08:22 , mis à jour à 16:03

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C.1.2., un nouveau variant du coronavirus, inquiètent les scientifiques sud-africains. 

Des scientifiques sud-africains surveillent un nouveau variant du coronavirus possédant un taux de mutation inhabituel et dont la fréquence a graduellement augmenté ces derniers mois, a indiqué lundi l’Institut national des maladies transmissibles d’Afrique du Sud (NICD). Le variant, connu sous le nom de C.1.2 a été signalé la semaine passée par la Plateforme de recherche, d’Innovation et de Séquençage du Kwazulu-Natal (Krisp) dans une étude pas encore publiée.

Jusqu’ici, C.1.2 a été détecté dans toutes les provinces sud-africaines, ainsi qu’ailleurs dans le monde, notamment en Chine, à Maurice, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni. Il n’est cependant pas assez fréquent pour être qualifié de « variant digne d’intérêt » ou de « variant inquiétant », comme le sont les variants Delta et Bêta – apparu en Afrique du Sud en 2020 -, tous deux très contagieux.

?NEW VARIANT—a new #SARSCoV2 variant C.1.2 just identified in South Africa & several countries, with concerns it could be more infectious and evade vaccines. #C12 also has mutation rate that is nearly **twice as fast** as the rate of the other variants.?https://t.co/r4RReDcAIepic.twitter.com/a432jYiexE— Eric Feigl-Ding (@DrEricDing) August 30, 2021

Les scientifiques du NICD assurent lundi que C.1.2 n’est « présent qu’à de très faibles niveaux » et qu’il est trop tôt pour déterminer son évolution. « À ce stade, nous n’avons pas de données expérimentales pour confirmer comment il réagit, en termes de sensibilité aux anticorps », a expliqué Penny Moore, chercheuse au NICD. Mais « nous avons une confiance considérable dans le fait que les vaccins distribués en Afrique du Sud continueront de nous protéger contre les cas graves et la mort », a-t-elle ajouté.

L’Afrique du Sud est le pays le plus touché du continent africain, avec 2,7 millions de cas recensés jusqu’ici, dont 81 830 ont été fatals. Le variant Bêta est à l’origine d’une deuxième vague de contaminations qui a touché en décembre et janvier le pays, désormais confronté à une troisième vague, dominée par le variant Delta.

La rédaction avec AFPVOIR LES COMMENTAIRES

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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