Le JIM revient dans un dossier sur l’affaire du sociologue MUCCHIELLI à propos des 1000 décès qu’il avance, créés par les vaccins anti-covid 19, et réfutés par différentes sources pas toujours de la meilleure des façons

Publié le 28/08/2021

Comment répondre à ceux qui proclament que la dangerosité des vaccins anti-Covid est inédite ? 

Paris, le vendredi 27 août 2021

https://www.jim.fr/medecin/jimplus/posts/e-docs/comment_repondre_a_ceux_qui_proclament_que_la_dangerosite_des_vaccins_anti_covid_est_inedite__188916/document_jim_plus.phtml

– Toujours, le télescopage entre ces différentes interrogations revient. Comment concilier défense de la liberté d’expression et lutte contre la désinformation délétère (comme celle sur les vaccins) ? Comment rappeler aux chercheurs, scientifiques et médecins leur responsabilité tout en préservant leur liberté de parole ? Un nouvel exemple de la complexité de ces questions a été récemment donné.

Prologue

Laurent Mucchielli est sociologue, directeur de recherche au CNRS, et s’est consacré notamment aux politiques de sécurité et de délinquance. Son intérêt pour l’épidémie de Covid, quoiqu’affirment certains, n’est pas totalement décorrélé de son cœur de recherche. En effet, en tant que spécialiste des questions de sécurité, il a pu être sensible à l’instauration d’une politique sanitaire stricte, qui a façonné de nouveaux rapports entre les citoyens et l’autorité publique. Dans ce cadre, Laurent Mucchielli a toujours défendu l’idée selon laquelle les pouvoirs publics, soutenus par les médias, ont sciemment exagéré l’ampleur de l’épidémie. Cependant, depuis le début de la campagne vaccinale, cet admirateur du professeur Didier Raoult, se concentre plus particulièrement sur la prétendue dangerosité des vaccins. Dans un billet très remarqué publié début août sur son blog hébergé par Mediapart* (et que le média en ligne a finalement choisi de dépublier, soulignant qu’il était contraire à sa charte qui interdit la diffusion de « fausses nouvelles»), il affirme « La pharmacovigilance des vaccins anti-covid est déniée car elle menace l’idéologie de la vaccination intégrale portée par les industries pharmaceutiques, les gouvernements et les principaux médias. Cette vaccination de masse conduit pourtant à une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne ». Suit une démonstration qui s’appuie en particulier sur les chiffres publics de pharmacovigilance de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). En effet, n’en déplaise aux suspicieux en tous genres, les vaccins contre la Covid font probablement partie des produits de santé les plus surveillés au monde et les autorités sanitaires prennent soin de publier régulièrement leurs données, tandis qu’un grand nombre de signaux (en l’absence même parfois de significativité statistique) fait l’objet d’enquêtes approfondies. De son analyse, qui est présentée à la manière d’un article scientifique, Laurent Mucchielli conclut : « Enfin, si l’on additionne les conséquences les plus graves, mentionnés précédemment pour chacun des 4 vaccins, l’on parvient au tableau ci-dessous qui livre le constat de plus de 15 000 événements indésirables graves, parmi lesquels près de 1 800 hospitalisations, plus de 2 800 mises en jeu du pronostic vital et près de 1 000 morts. Le tout en seulement 6 mois », comparant plus tard avec la vaccination grippale aux Etats-Unis : « Une autre façon d’exprimer ces résultats est donc de dire que, aux Etats-Unis, en 6 mois, la vaccination anti-covid a contribué à tuer 8 fois plus de personnes que la vaccination anti-grippe en 30 ans. Ceci confirme d’une autre façon encore que nous sommes bien en présence de vaccins d’un nouveau genre, dont la dangerosité est inédite » (sans rappeler que l’on a jamais autant vacciné contre la grippe que contre la Covid).

Erreur de débutant

La critique contre la « démonstration » de Laurent Mucchielli n’a pas été difficile et longue à attendre. Partout, ceux que l’on appelle notamment les « debunkers » ont dénoncé « l’erreur grossière » consistant à confondre corrélation des événements indésirables graves rapportés dans les heures ou jours ayant suivi une vaccination et causalité. Dans une tribune publiée dans le Monde, huit sociologues**, refusant de voir ainsi donnée une si mauvaise image de leur discipline, remarquent : « En effet, la soi-disant démonstration, appuyée sur une série de tableaux statistiques, confond les décès intervenus durant une période consécutive à une vaccination avec ceux causés par la vaccination – une causalité qui, bien sûr, n’a été nullement avérée, et dont la probabilité est infinitésimale. C’est là un exemple de la confusion classique entre concomitance et causalité. Une faute de raisonnement qui ferait sourire de la part d’étudiants en première année mais qui, commise par un chercheur au CNRS, constitue une démonstration d’incompétence professionnelle ».

Rideau

La fin de ce premier acte pourrait déjà être porteur de nombreuses leçons. Il est édifiant de constater (une nouvelle fois) la prégnance d’un défaut manifeste de connaissance de la démarche scientifique, dont une des premières bases est justement de se méfier de la confusion entre corrélation et causalité. Voilà qui rappelle une énième fois l’importance d’une meilleure initiation à l’esprit scientifique de tous, pour éviter ces erreurs qui peuvent être dommageables (par exemple quand elles risquent de détourner de la vaccination).

Coup de théâtre !

Mais la pièce est loin d’être terminée. En effet, la multiplication des interventions de Laurent Mucchielli sur le sujet ne peut en effet que créer le doute sur la sincérité de cette erreur, et plus encore son refus de toute correction. Aussi, les professeurs en sociologie auteurs de la tribune du Monde feignent de s’interroger. « Mais s’agit-il seulement d’incompétence ? On peut en douter au vu de la multiplication de publications complotistes commises par ce même sociologue depuis le début de la crise épidémique, et que recense avec précision le site Conspiracy Watch – L’observatoire du conspirationnisme, dans un article du 6 août. Tout indique que le tour de passe-passe tendant à mettre en doute l’innocuité des vaccins, en comptant sur la naïveté ou l’ignorance des lecteurs, relève d’arrière-pensées idéologiques et non pas seulement d’une erreur ponctuelle ». Ces sociologues sont loin d’être les seuls à être convaincus que l’on est loin dans cette affaire d’une erreur involontaire d’interprétation. Sur son blog, le journaliste scientifique Sylvestre Huet l’étrille ****: « Il est en effet beaucoup trop qualifié, intellectuellement, pour être capable de confondre des morts « après vaccination » et des morts « pour cause de vaccination ». Lorsque l’on vaccine trois milliards d’êtres humains en commençant par les plus vieux, il est obligatoire qu’il y ait des morts « après vaccination ». Et même, statistiquement, très peu de temps après. Laurent Mucchielli le sait. Il fait semblant de ne pas le savoir. Il ment. L’efficacité de son mensonge lui est connue : comme cette confusion entre « après » et « à cause de » est un grand classique, très répandue dans la population, il sait qu’il trouvera des millions de gens d’accord avec cet apparent bon sens. Ce faisant, il rompt avec l’éthique et la déontologie de l’universitaire ou du scientifique qui leur enjoignent de tenir compte de la méconnaissance de la science (et par exemple de ce risque de confusion entre succession temporelle et causalité) pour leurs discours publics ».

Qui parle, le chercheur ou le citoyen ?

Forts de ces constatations, tant les sociologues auteurs de la tribune du Monde que l’association Citizens4Sciences ont demandé au CNRS des sanctions claires*****. Ils considèrent en effet que l’institution ne pouvait se contenter « d’y voir une simple « prise de position», comme l’a fait le service de communication » de l’instance « dans un tweet du 4 août ». Le collectif de sociologues rappelle en effet que Laurent Muchielli a quitté le champ de la simple « opinion » en présentant délibérément son propos à la manière d’un article scientifique, tandis que les références à son affiliation au CNRS sont également constantes, ce qui invalide l’interprétation d’une position « personnelle ». Ainsi, Citizen4Sciences détaille : « Le site internet de son laboratoire Lames Mesopolhis – UMR 7064 mentionne dans les programmes de recherche : « Covid 19, enquêtes dans le champ médical et controverse dans le débat public ». A ce titre, il s’exprime bien en tant que chercheur au CNRS lorsqu’il parle de la crise sanitaire ». Or, rappelait l’organisation « De nombreux points de la charte de déontologie du CNRS précisent que les chercheurs ne doivent pas contribuer à jeter le discrédit sur le CNRS (…). Or M. Mucchielli en relayant et en contribuant largement à la désinformation sur la pandémie tout en mettant en avant son affiliation CNRS met en péril la réputation de votre organisme ainsi que celle de tous vos chercheurs. Nous vous avions donc opposé le 4 août sur Twitter, à titre d’exemple, le point 3 de la Charte française de déontologie des métiers de la recherche que : « La liberté d’expression et d’opinion s’applique dans le cadre légal de la fonction publique, avec une obligation de réserve, de confidentialité, de neutralité et de transparence des liens d’intérêt. Le chercheur exprimera à chaque occasion à quel titre, personnel ou institutionnel, il intervient et distinguera ce qui appartient à son domaine d’expertise scientifique et ce qui est fondé sur des convictions personnelles. La communication sur les réseaux sociaux doit obéir aux mêmes règles. »  Ainsi M. Mucchielli quand il s’exprime sur la crise sanitaire, Covid et vaccins s’exprime sur la base de convictions personnelles. En déclarant publiquement le 17 août être dans un groupe de recherche sur le sujet et produire des résultats de recherche, il est en violation totale de votre charte. (…) Que des scientifiques partent à la dérive, c’est un phénomène récurrent, particulièrement depuis l’arrivée du Covid. Mais que les sociétés savantes et les organismes de recherche dont ils dépendent laissent faire, sans être le verrou de sécurité nécessaire qui fait partie de leur rôle, c’est de la complicité dont les conséquences en pleine pandémie sont gravissimes. La crédibilité de la recherche scientifique française a été mise à mal à de nombreuses reprises durant cette pandémie» insistait l’association. Dans ce cadre, le communiqué plus sévère publié cette semaine par le CNRS******, en forme de rappel à l’ordre, qui sans cibler directement l’intéressé ne faisait pas de doute, n’a pas été considéré comme suffisant aux yeux de l’association.

Dérives contre dérives

Mais faut-il vraiment aller plus loin ? Certains rappellent l’importance de la défense de la liberté d’expression, y compris celle des chercheurs (point qui est rappelé dans plusieurs lois), liberté qui ne saurait souffrir d’exception sans devenir caduque (voir notre article du mois de janvier qui abordait cette question : Crise sanitaire et liberté d’expression : laissons les Trump de l’épidémie parler !). Ils s’inquiètent d’un autre risque de dérive : celui d’une « éviction » de tous ceux qui présenteraient des opinions décalées avec la doxa. Or, une telle méthode risque d’avoir (en tout cas dans un premier temps) un effet contre-productif en transformant en « martyr » ceux qui sont ainsi vilipendés. Mais surtout (car le risque de transformer en « martyr » n’est pas une excuse suffisante pour ne pas sévir et se laisser « ridiculiser ») on sait que ce qui, à un instant T, peut-être jugé comme faisant consensus, et s’appuyant sur des données tangibles (l’origine de l’épidémie, l’inefficacité des masques…) pourra demain être complètement révisé. Néanmoins, ce souci ne doit pas, ne peut pas empêcher, la traque des informations délibérément trompeuses, quand la preuve de cette intention délibérée peut-être apportée. Par ailleurs, tout en préservant la liberté d’expression de chacun, une institution scientifique peut interdire à un chercheur de parler en son nom, quand ses propos instrumentalisent manifestement la science.

Les vaccins ont peut-être été associés à un millier de décès, et alors ?

Cependant, entre l’indignation et les demandes de sanctions et le « laisser faire » complice, une troisième voie est-elle possible ? Encore et toujours celle de la pédagogie. Et c’est celle qu’a peut-être incarnée cette semaine le sociologue Hervé Le Bras dans une tribune publiée par le Monde*** en réponse à l’ensemble de ses collègues (Laurent Mucchielli et le collectif de sociologues). Il écrit en effet : « Selon les rapports de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les professionnels de santé ont constaté entre janvier et juillet 2021 un millier de morts en France parmi les personnes ayant subi des troubles à la suite de l’injection de l’un des quatre vaccins contre le Covid-19. Ce chiffre a été interprété de deux manières opposées.

D’un côté, Laurent Mucchielli, sociologue connu notamment en matière de statistiques criminelles, a publié sur le site Mediapart un texte [depuis retiré] dans lequel il estime que l’ensemble de ces morts a été causé par les vaccins.

Au contraire, huit de ses collègues l’ont critiqué avec virulence dans une tribune du Monde **en affirmant que le lien entre ce millier de décès et l’administration du vaccin avait une « probabilité infinitésimale ». Nous voici plongés dans un débat binaire du tout ou rien : ou mille morts causés par les vaccins, ou zéro.

Qui a raison ? Aucune des deux parties, semble-t-il. Les rapports de l’ANSM concluent après un examen assez approfondi des décès post-vaccin que, « dans ces conditions, il n’est pas possible de statuer sur un lien physiopathologique avec le vaccin ». Autrement dit, la question reste ouverte. (…) Les huit signataires de la tribune du Monde reprochent à Laurent Mucchielli d’avoir attribué « de façon grossièrement erronée » les mille décès après vaccination à cette dernière. Ils parlent de « manipulation » des données, de « faute de raisonnement » que ne commettrait pas même un « étudiant de première année » et demandent au CNRS de réagir. Logiquement, on peut leur reprocher dans les mêmes termes d’avoir estimé qu’aucun de ces mille décès ou presque n’est attribuable à la vaccination. C’est une faute symétrique de celle dont ils chargent M. Mucchielli. L’affaire est d’autant plus regrettable que leur critique pouvait porter sur d’autres interventions contestables de Laurent Mucchielli auxquelles ils font seulement allusion. En ayant choisi un mauvais angle d’attaque, ils desservent la cause de la sociologie qu’ils voulaient défendre » débute-t-il. Mais surtout il observe : « Ce qui est regrettable dans cette controverse n’est cependant pas la position extrême prise par chacune des deux parties, mais la faiblesse de l’enjeu. Ces mille décès, même s’ils sont imputables aux vaccins, doivent être mis en regard des 47 millions de personnes vaccinées, soit au plus un risque de décès de 2 pour 100 000 : 2 pour 100 000 du côté de M. Mucchielli, 0 pour 100 000 du côté des huit signataires de la tribune du Monde. Or, au cas où une personne n’est pas vaccinée, son risque de décès en cas de Covid-19 est estimé entre 0,5 et 1 pour 100 dans les pays développés, où les prises en charge hospitalières sont de bon niveau. Dans les deux plateaux de la balance, on a donc d’un côté un risque de 2 pour cent mille au plus et dans l’autre, de 1 000 pour cent mille au plus, soit cinq cents fois plus élevé. Savoir si, dans le premier plateau, le risque est de zéro ou de deux pour cent mille ne change rien à ce déséquilibre. La seule différence entre les risques de décès avec ou sans vaccin porte, comme pour la plupart des vaccins, sur la temporalité. Le risque en cas de vaccin est couru durant les quelques jours qui suivent l’injection, tandis que le risque de subir une contagion est plus lointain, voire ne sera jamais couru. La pandémie ayant déjà tué 120 000 personnes en France, ce qui représente au minimum 12 millions de contaminés, les projections estiment que la majorité des non-vaccinés seront atteints par la Covid-19. En supposant toutefois que 50 % échapperaient à la contamination, le risque d’attraper la maladie puis d’en mourir serait seulement divisé par deux, donc encore 250 fois supérieur au risque couru à cause de la vaccination. La focalisation sur les décès après vaccin, plutôt que sur la comparaison des risques de décès selon que l’on est vacciné ou non, égare le débat. On oublie souvent qu’en statistique un chiffre seul – ici les mille décès – ne prend une signification que confronté à d’autres chiffres – ici les 47 millions de vaccinés ». Zéro partout, balle au centre ?

On pourra relire (ou pas si certaines « analyses » créent quelques réactions épidermiques) :

L’analyse de Laurent Mucchielli *
La tribune du collectif de sociologues**
Le blog de Sylvestre Huet****
La lettre ouverte de Citizens4Sciences*****
La tribune d’Hervé le Bras***

Aurélie Haroche

*La vaccination à l’épreuve des faits. 2ème partie : une mortalité inédite – Version originale intégrale!

 Luc Baillet 5 août 2021 Vues: 25856 Temps de lecture:22 Minutes, 38 Secondes 

http://www.mediaplus.site/2021/08/05/la-vaccination-a-lepreuve-des-faits-2eme-partie-une-mortalite-inedite-version-originale-integrale/

La pharmacovigilance des vaccins anti-covid est déniée car elle menace l’idéologie de la vaccination intégrale portée par les industries pharmaceutiques, les gouvernements et les principaux médias. Cette vaccination de masse conduit pourtant à une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne. Il y a urgence à la suspendre pour évaluer la balance bénéfice/risque au cas par cas.

Avertissement: Cet épisode a été initialement publié, sous forme de billet, sur le blog de Laurent MUCCHIELLI, hébergé dans le Club de Médiapart. Suite à des plaintes, la Rédaction de MEDIAPART a “dépublié” sans préavis l’article, sans en informer l’auteur. Avec l’accord de Laurent MUCCHIELLI, la rédaction de MEDIAPLUS a décidé d’une part de republier intégralement l’article, et d’autre part d’ouvrir un forum pour permettre aux abonnés intéressés de commenter l’une ou l’autre des informations partagées. 
Par souci de traçabilité, l’article originel de Mediaplus, reproduisant des extraits du billet restera en ligne et seul accessible directement via les renvois vers les réseaux sociaux. Il sera mis à jour en fonction de l’évolution de la situation.

Episode 59 – Version originale.

Laurent MUCCHIELLI, sociologue, directeur de recherche au CNRS – Hélène BANOUN, pharmacien biologiste, PhD, ancienne chargée de recherches à l’INSERM – Emmanuelle DARLES, maîtresse de conférences en informatique à Aix-Marseille Université – Éric MENAT, docteur en médecine, médecin généraliste – Vincent PAVAN, maître de conférences en mathématique à Aix-Marseille Université – Amine ULMILE, pharmacien des hôpitaux, praticien hospitalier, unité de pharmacovigilance du Centre hospitalier de Cholet

Dans le précédent épisode de notre mini-série sur la vaccination, nous avions montré que les données épidémiologiques les plus facilement disponibles à l’échelle mondiale suffisent à prouver que la vaccination ne protège pas de la contamination et de la transmission du Sars-Cov-2, en particulier de l’actuel variant Delta (ou indien), ce qui contredit massivement les déclarations répétées des représentants du pouvoir exécutif français relative à la « protection vaccinale ». Aux Etats-Unis, le directeur du NIAID, Antony Fauci, vient du reste de le reconnaître publiquement, recommandant même le port du masque en intérieur par les personnes vaccinées. Autre exemple : en Angleterre, les touristes français doivent subir une quarantaine même s’ils sont vaccinés. Il est donc déjà clair que la vaccination n’est pas la solution miracle annoncée pour endiguer l’épidémie et que le chantage formulé par l’exécutif français (vaccination générale ou reconfinement) est fondé sur un mensonge. Un second mensonge répété à plusieurs reprises tant par le président de la République, le premier Ministre que le ministre de la Santé (et d’autres élus adoptant des postures sanitaires autoritaires, à l’image du maire de Nice M. Estrosi) est probablement la prétendue quasi-disparition (« à 96% ») des formes sévères de la Covid grâce à la vaccination. En Israël, un des pays où la population est la plus vaccinée au monde, les autorités viennent ainsi de décider de fermer les frontières du pays aux touristes vaccinés, indiquant non seulement que la vaccination ne protège pas de la contamination et de la transmission, mais également que la majorité des personnes hospitalisées pour des formes graves sont désormais des personnes vaccinées. Tout ceci suggère clairement qu’un gouffre sépare le marketing des industriels (repris par la propagande politique) des réalités de santé publique. Et c’est également au fond de ce gouffre qu’est pour le moment oubliée la question des effets secondaires graves de la vaccination anti-covid, sujet de ce nouvel épisode. 

Sortir du déni, observer froidement les données de la pharmacovigilance

Dans un autre précédent épisode de notre enquêtenous avons montré comment et pourquoi la plupart des journalistes français travaillant dans les médias mainstream ont trahi certains principes déontologiques de base de leur profession, n’exerçant plus leur rôle de contre-pouvoir pour devenir au contraire de simples relais de la communication gouvernementale. En cause notamment, la fin du journalisme d’investigation, remplacé par un fact-checking de bureau qui n’est plus qu’un simulacre de journalisme. S’agissant de la sécurité des vaccins anti-covid, le pseudo-journalisme va ainsi chercher à dénier la réalité des effets indésirables, dans la droite ligne du discours gouvernemental. Un exemple parmi de nombreux autres est fourni par les fact-checkers du groupe de télévision TFI-LCI qui, depuis janvier 2021, s’évertuent à dénier toute conséquences médicales négatives de la vaccination (le dernier article en ce sens est à lire ici). L’argument est toujours le même, et il est bien connu. Sur tous les sites de pharmacovigilance du monde, on trouve en effet les mêmes précautions d’interprétation indiquant que les déclarations d’effets indésirables imputées à tel ou tel médicament ne sont qu’une présomption de causalité (imputabilité). Cette présomption est cependant considérablement renforcée lorsque les décès surviennent très rapidement après la vaccination, ce qui est le cas comme on le verra avec les données américaines (la très grande majorité des décès déclarés sont survenus dans les 48h). Ceci est une évidence. Les personnes qui font des réactions négatives plus ou moins graves à la vaccination sont souvent des personnes fragilisées par d’autres facteurs (défenses immunitaires affaiblies, âge avancé, maladies anciennes, etc.) et il est bien clair que tout ce qu’on va lire par la suite relève d’une présomption de causalité. Mais, ceci est vrai pour la pharmacovigilance de manière générale, et on verra que la comparaison avec d’autres médicaments montre qu’il se passe bel et bien quelque chose d’inédit pour ces vaccins génétiques anti-covid

Comme d’habitude, les journalistes sont aveuglés par leur dépendance au pouvoir politique et aux sources institutionnelles directement liées au ministère de la Santé, et ils font preuve d’un esprit critique à géométrie extrêmement variable. Les mêmes précautions valent en effet, par exemple, pour le comptage des morts imputables à la Covid (morts de la Covid ou avec la Covid ?), sujet sur lequel on n’a pourtant quasiment jamais lu d’article critique dans la presse. Autre exemple saisissant de parti-pris : à la fin du mois de mars 2020, il avait suffi de 3 cas de décès (liés en réalité à des auto-médications surdosées) remontés par la pharmacovigilance pour déclencher en France une tempête politico-médiatique sur le thème de la dangerosité de l’hydroxychloroquine. En d’autres termes, pour la plupart des journalistes, les statistiques sanitaires sont indiscutables quand elles vont dans le sens de la narration officielle, mais elles deviennent soudainement discutables lorsqu’elles contredisent cette même narration. Cette malhonnêteté intellectuelle devrait sauter aux yeux. 

En outre, nous allons voir que, dans certains pays (comme la France mais également les Etats-Unis), les remontées d’informations de pharmacovigilance sur la sécurité des vaccins anti-covid sont principalement le fait de médecins et non de malades. Et nous verrons également qu’elles corroborent largement celles des pays (comme les Pays-Bas) où la déclaration est principalement le fait des malades. Nous verrons même qu’il existe des recherches qui ont testé rétrospectivement la fiabilité de ces déclarations, et qui indiquent un haut niveau de fiabilité.

A distance de ces jeux de représentations et de ces arguments d’autorité, nous allons donc ici observer froidement les données de la pharmacovigilance concernant la sécurité des vaccins anti-covid. Et nous allons le faire dans plusieurs pays afin d’échapper au tropisme français. On verra alors que, en réalité, les mêmes constats peuvent être faits un peu partout dans les pays occidentaux. 

Dernière précision avant d’entamer l’examen des chiffres : loin d’exagérer les problèmes, ces chiffres sont au contraire à considérer comme des minima sous-évaluant la réalité. En effet, la pharmacovigilance fonctionne presque partout de façon passive (et non pro-active) : les centres dédiés à la collecte des effets indésirables des médicaments attendent que les professionnels de santé et les particuliers leur signalent les problèmes. Si pour une raison ou une autre (oubli, incertitude, auto-censure, manque de temps ou négligence des médecins généralistes ou hospitaliers, isolement du malade qui meurt seul à domicile, ignorance du dossier médical de la personne décédée par le médecin établissant le certificat de décès, problèmes informatiques divers et variés, etc.) les médecins ou les malades ne remplissent pas le formulaire de déclaration d’incident, ce dernier ne sera jamais connu. Dès lors, la sous-estimation de l’état réel des problèmes est à la fois permanente et massive. Les premières études françaises, au début des années 2000, estimaient qu’environ 95% des effets indésirables des médicaments n’étaient pas rapportés. Même si on peut éventuellement faire l’hypothèse que la sous-déclaration concerne surtout les effets indésirables les moins graves, tout ce qui suit doit donc non seulement être pris très au sérieux, mais de surcroît regardé comme constituant très probablement une euphémisation de la réalité des problèmes de sécurité posés par les vaccins anti-covid (comme pour tout autre médicament).

En France, les rapports de l’agence du médicament

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publie un « suivi hebdomadaire des effets indésirables des vaccins » dont nous avons épluché les rapports détaillés sur chacun des quatre vaccins utilisés en France. Malgré le discours lénifiant qui accompagne ces données (on est bien obligés de les publier, mais tout en disant qu’elles ne signifient rien), on va systématiquement y observer ce qui est recensé sur les effets « graves ».

Concernant le vaccin d’Astrazeneca, l’ANSM indique que 7,2 millions de doses avaient été administrées au 08 juillet 2021, majoritairement dans la population ciblée par les recommandations vaccinales des plus de 55 ans, mais « on note néanmoins 623 doses tracées comme administrées chez des patients de moins de 16 ans ». A la même date, plus de 22 071 évènements indésirables ont été déclarés, exclusivement par des professionnels de santé (on se souvient qu’il leur était réservé en priorité au début, conformément à la Recommandation de la Haute Autorité de Santé du 2 février 2021), dont 5 191 événements « graves » (soit près d’un quart du total). Comme l’indique le tableau ci-dessous, ces cas graves concernent toutes les tranches d’âge mais sont concentrés entre 30 et 74 ans. Parmi ces 5 191 événements graves, un quart a nécessité une hospitalisation, 247 ont engagé le pronostic vital, 121 ont entraîné des invalidité ou incapacités et 170 ont conduit à la mort. 

Source : CRPV d’Amiens ‐ CRPV de Rouen, Enquête de pharmacovigilance du vaccin VAXZEVRIA®

Concernant le vaccin de Pfizer, plus de 42,5 millions de doses avaient été administrées au 1er janvier 2021 (dont 700 000 à des jeunes de 16 à 18 ans) et 31 389 cas effets/évènements indésirables déclarés, principalement par les professionnels de santé. Parmi eux, 8 689 événements « graves » survenus à partir de l’âge de 30 ans (27,7% du total des événements indésirables), dont 2 551 mises en jeu du pronostic vital, 460 invalidités ou incapacités et 761 décès.

Source : CRPV de Bordeaux, CRPV de Marseille, CRPV de Toulouse, CRPV de Strasbourg, Enquête de pharmacovigilance du vaccin Pfizer – BioNTech Comirnaty

Concernant le vaccin de Janssen, l’ANSM indique que 608 489 injections ont eu lieu au 08 juillet 2021, dont 7% de personnes âgées de 16 à 49 ans et même 407 enfants âgés de 0 à 15 ans, « contrairement aux recommandations nationales de réserver ce vaccin aux plus de 55 ans » ! A la même date, 243 évènements indésirables ont été déclarés, principalement par des professionnels de santé. Parmi ces événements, on note 39 hospitalisations, 4 pronostics vitaux engagés, 1 invalidité ou incapacité et 7 décès. 

Source : CRPV de Grenoble et CRPV de Lyon, Enquête de pharmacovigilance du vaccin JANSSEN®

Concernant le vaccin de Moderna, l’ANSM indique que 5,2 millions de doses avaient été administrées au 08 juillet 2021, dont près de 53 000 à des mineurs. A la même date, environ 6 000 évènements indésirables avaient été déclarés, dont 14,4% de cas graves et autant de « cas inattendus » (on ignore hélas ce que recouvre cette catégorie), signalés ici presque autant par les particuliers que par les professionnels de santé. Sur les 1 050 événements graves, on note 312 hospitalisations, 50 mises en jeu du pronostic vital, 25 incapacités ou invalidités et 44 décès (dont quelques cas de morts fœtales). Les principaux problèmes constatés parmi ces cas graves sont de type hématologiques/vasculaires (thromboses, AVC, embolies pulmonaires), neurologiques (paralysies faciales, convulsions généralisées), cardiaques (troubles du rythme, myocardites), à quoi s’ajoutent « 28 morts subites inexpliquées ».

Source : CRPV de Lille, CRPV de Besançon, Enquête de pharmacovigilance du VACCINE MODERNA

De quels effets indésirables s’agit-il précisément ?

Au 8 juillet 2021, au terme d’environ 6 mois de campagne vaccinale, la pharmacovigilance française du vaccin AstraZeneca rapporte un total de près de 43 000 effets/évènements indésirables, dont 9 637 (22,5%) classés comme « graves ». Ces derniers sont des réactions immédiates à la vaccination, des affections du système nerveux (paralysies notamment), des problèmes vasculaires (thromboses, AVC notamment), des problèmes respiratoires graves et cardiaques graves, enfin des problèmes cutanés très importants, des affections hématologiques et des troubles graves de la vision et/ou de l’audition.

CRPV d’Amiens ‐ CRPV de Rouen, Enquête de pharmacovigilance du vaccin VAXZEVRIA®

La même analyse peut être faite sur les 4 vaccins qui ont des effets secondaires graves en partie différents (surtout neurologiques et nerveux pour le Moderna et le Janssen, davantage cardiaques pour le Pfizer).
Enfin, si l’on additionne les conséquences les plus graves, mentionnés précédemment pour chacun des 4 vaccins, l’on parvient au tableau ci-dessous qui livre le constat de plus de 15 000 événements indésirables graves, parmi lesquels près de 1 800 hospitalisations, plus de 2 800 mises en jeu du pronostic vital et près de 1 000 morts. Le tout en seulement 6 mois. 

 PfizerModernaAstrazenecaJanssenTotal
Hospitalisations1753121 260391 786
Décès761441707982
Pronostic vital engagé2 5515024742 852
Invalidité/incapacité460251211607
Médicalement significatif4 7396193 393458 796
Anomalies congénitales3nspnspnsp3
Total8 6891 0505 1919615 026

Source : ANSM

Ce que dit la pharmacovigilance dans d’autres pays occidentaux 

Au Royaume Uni, le ministère de la santé indique que, le 14 juillet 2021, ont été administrées environ 20 millions de premières doses et 12 millions de deuxièmes doses du vaccin Pfizer/BioNTech, 25 millions de premières doses et 23 millions de deuxièmes doses du vaccin AstraZeneca (cette firme pharmaceutique étant domiciliée à Londres), et environ 1,3 million de premières doses du vaccin Moderna. Au total, plus de 46 millions de personnes ont reçu au moins une dose et plus de 35 millions deux doses. Le rapport de pharmacovigilance du 22 juillet commence – comme en France – par indiquer que les vaccins sont sûrs et fait tout pour appeler à la vaccination générale. Le début du rapport officiel signale que les vaccins ont des effets indésirables de court terme qui sont très peu graves. Par exemple, pour la Pfizer, « les effets indésirables les plus fréquents dans les essais étaient la douleur au site d’injection, la fatigue, les maux de tête, les douleurs musculaires, les frissons, les douleurs articulaires et la fièvre ; ceux-ci ont été signalés chacun chez plus de 1 personne sur 10. Ces réactions étaient généralement d’intensité légère ou modérée et se sont résorbées en quelques jours après la vaccination ». Certes, le ministère précise aussi avoir enregistré quelques 325 000 signalements d’effets secondaires (dont les deux tiers pour l’AstraZeneca). Mais dans le détail, il précise que « l’écrasante majorité des rapports concernent des réactions au site d’injection (douleur au bras par exemple) et des symptômes généralisés tels que syndrome « ​​grippal », maux de tête, frissons, fatigue (fatigue), nausées (envie de vomir), fièvre, étourdissements, faiblesse, douleurs musculaires et rythme cardiaque rapide. Généralement, ceux-ci surviennent peu de temps après la vaccination et ne sont pas associés à une maladie plus grave ou plus durable ». En un mot : tout va bien. Comme en France, le gouvernement anglais martèle du reste dans son rapport que « les vaccins sont le meilleur moyen de protéger les gens contre le COVID-19 et ont déjà sauvé des milliers de vies. Tout le monde doit continuer à se faire vacciner lorsqu’on lui demande de le faire, sauf indication contraire ». Et pourtant. Une fois passée l’introduction à la gloire de la vaccination, la seconde partie du rapport détaille les effets secondaires : chocs anaphylactiques, paralysie de Bell (paralysie faciale), thromboses (71 décès de ce type avec l’AstraZeneca), troubles menstruels et saignements vaginaux, myocardites et péricardites (surtout avec le Pfizer), réactions cutanées sévères (surtout avec le Moderna), syndromes de Guillain Barré (surtout avec l’AstraZeneca) et enfin des « événements à l’issue fatale », c’est-à-dire des morts. Dans le détail, à la date donc du 14 juillet 2021, l’agence britannique reconnaît 999 morts liés à l’injection du vaccin AstraZeneca, 460 liés à celle du Pfizer et 31 autres, ce qui porte le total à près de 1 500 morts

Aux Pays-Bas, le centre de pharmacovigilance (bijwerkinden centrum – LAREB) fait un point mensuel sur la vaccination et ses effets indésirables, ces derniers étant principalement signalés par les citoyens. Dans sa dernière actualisation du 4 juillet 2021, il faisait état de 16,5 millions de doses administrées, principalement le Pfizer (11,8 millions de doses, contre 2,8 millions pour AstraZeneca, 1,3 million pour Moderna et 600 000 pour Janssen). A cette date, 93 453 déclarations d’effets indésirables avaient été remontées concernant les conséquences de la vaccination anti-covid, parmi lesquels les thromboses dans le cas des vaccins AstraZeneca et Janssen. Enfin, le centre comptait 448 décès rapportés comme liés à la vaccination, concernant principalement des personnes âgées et principalement le vaccin Pfizer. 

En Europe, le site de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament est particulièrement difficile à manier informatiquement, le chargement des données concernant les vaccins anti-Covid est compliqué à trouver et extrêmement long à réaliser, quand il fonctionne. Deux chercheurs français les ont cependant étudiées patiemment à la fin du mois de juin et présenté dans cette vidéo. A la fin du mois de juin, la pharmacovigilance européenne avait déjà enregistré environ 9 000 décès liés à la vaccination uniquement pour le vaccin de Pfizer, notamment du fait de complications cardiaques, pulmonaires ou cérébro-vasculaires, inclues des morts par Covid (un comble pour les vaccins anti-covid…). Par ailleurs, ces données livrent également un deuxième constat très préoccupant, qui est le fait que ces risques d’effets secondaires graves concernent non seulement les personnes âgées de plus de 65 ans, mais aussi les nourrissons et les adolescents (12-17 ans). En d’autres termes, les vaccins génétiques anti-covid utilisés en Europe présentent des risques d’effets indésirables graves (pouvant aller jusqu’à la mort) dans des catégories de la population qui ne sont nullement menacées par la Covid. Les professionnels de santé du collectif ReinfoCovid et de la Coordination Santé Libre ont ainsi montré que, en dessous de l’âge de 45 ans, la balance bénéfice/risque est très défavorable à la vaccination génétique anti-covid. Concernant les enfants et les adolescents, elle relève même d’une forme de violence sur mineurs qu’il serait par conséquent criminel de généraliser.

Enfin, aux Etats-Unis, où la pharmacovigilance (comme la transparence des données d’administration publique de manière générale) est beaucoup mieux organisée et plus contraignante que dans beaucoup de pays européens, des données très précises peuvent être exploitées sur le site de la Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS). Et, contrairement à l’argument des industriels, répétés en boucle par les journalistes français (à l’image des fact-checkersdéjà cités), ces données sont très largement fiables. Six chercheurs anglais viennent ainsi d’analyser un échantillon de 250 déclarations de décès attribués aux vaccins anti-covid dans la VAERS. Il en résulte que les deux tiers des déclarations ont été faites par des médecins et qu’elles sont fiables à 86%. Or le constat qui ressort des données américaines est plus saisissant encore. En recherchant dans ces données les décès liés à la vaccination, il est possible non seulement d’avoir un comptage détaillé pour chaque vaccin anti-covid, mais de surcroît de pouvoir comparer ces résultats avec ceux de tous les autres vaccins administrés depuis plus de 30 ans dans ce pays. Au 16 juillet 2021, date à laquelle 160 000 millions d’Américains avaient été intégralement vaccinés, les vaccins anti-covid sont associés à plus de 6 000 décès, 91% d’entre eux étant attribuables aux seuls vaccins de Moderna et Pfizer (deux entreprises pharmaceutiques/biotechnologiques américaines, Janssen étant la filiale belge d’une autre entreprise pharmaceutique américaine, Johnson & Johnson). Nous avons reconstitué le tableau ci-dessous qui donne le détail de ces chiffres. 

 Nombre%
Moderna2 77246,1
Pfizer2 69644,8
Janssen5228,7
Autres vaccins260,4
Total vaccins Covid6 016100

Source : VAERS, calcul réalisé sur les données datant du 16 juillet 2021

Par ailleurs, ces fichiers permettent donc de comparer cette mortalité des vaccins anti-covid à la mortalité vaccinale globale dans ce pays depuis 30 ans (concernant des centaines de vaccins). Ce fichier donne un total de 10 672 décès pour l’ensemble des vaccins sur toute la période. A elle seule et en seulement 6 mois, la vaccination anti-covid représente donc 56% de la totalité de la mortalité vaccinale depuis 30 ans. Par comparaison, dans la même base de données, nous avons compté le nombre de morts occasionnés par l’administration des différents vaccins contre la grippe saisonnière (influenza seasonal). En 30 ans (1990-2020), ces vaccins ont occasionné 1 106 décès, ce qui représente 6,66% du total de la mortalité vaccinale depuis 30 ans. Une autre façon d’exprimer ces résultats est donc de dire que, aux Etats-Unis, en 6 mois, la vaccination anti-covid a contribué à tuer 8 fois plus de personnes que la vaccination anti-grippe en 30 ans. Ceci confirme d’une autre façon encore que nous sommes bien en présence de vaccins d’un nouveau genre, dont la dangerosité est inédite.

Conclusion

La question des effets secondaires graves des vaccins anti-covid fait l’objet d’un déni et d’un silence proprement scandaleux de la part du gouvernement et des principales agences sanitaires (Agence nationale de sécurité du médicament, Haute autorité de santé, Haut conseil de santé publique, etc.). Tout se passe comme s’il s’agissait d’un véritable tabou, en France comme dans la plupart des autres pays occidentaux. L’importance de ces effets apporte en effet une contradiction trop flagrante et dévastatrice pour l’idéologie de la vaccination intégrale qui guide des gouvernements ayant choisi de s’abandonner dans les bras de l’industrie pharmaceutique. Cette dernière est en effet au cœur de toute la gestion d’une épidémie qui constitue pour elle une aubaine inédite dans l’histoire : quel produit commercial breveté a pour marché potentiel la totalité de l’humanité, renouvelable chaque année qui plus est ? Patrons et actionnaires de ces firmes pharmaceutiques et biotechnologiques sont en train de devenir immensément riches. Au vu de la façon (dans l’urgence, pour générer un maximum de profits) dont ces industries ont travaillé, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre, pour mettre au point ces nouveaux vaccins génétiques (ADN ou ARN), on pouvait ainsi dès le départ redouter que ces produits ne soient pas de très bonne qualité. Mais la réalité dépasse ces craintes et montre que ces vaccins ont davantage d’effets secondaires plus ou moins graves qu’aucun autre avant eux. Nous avons vu ainsi qu’aux Pays-Bas l’on parvient à un taux de 2,7 morts pour 100 000 vaccinés (16,5 millions de vaccinés, 448 morts). En France et aux Etats-Unis, ce taux monte à environ 3,7 morts pour 100 000 vaccinés. Et en Grande-Bretagne, ce taux grimpe même à 4,3 morts pour 100 000 vaccinés, très probablement en raison de la prépondérance du vaccin AstraZeneca que l’on sait depuis le mois de mars 2021 être le plus dangereux des quatre vaccins couramment utilisés en Occident (en particulier du fait des nombreuses thromboses qu’il provoque et qui commencent à être documentées dans la littérature scientifique médicale, voir par exemple ici et ), ce qui n’est guère surprenant lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles il a été fabriqué en Chine. Au passage, nous avons également signalé que ce fut le premier vaccin administré en France, dès février 2021, aux professionnels de santé. De là une des raisons rationnelles probables de la grande réticence à la vaccination anti-covid que manifestent une partie d’entre eux. 

Cette mortalité vaccinale (qui n’est que la pointe immergée de l’iceberg des effets indésirables graves) est donc inédite, elle est particulièrement grave et sa dissimulation l’est plus encore. Soyons clair : dissimuler d’une façon ou d’une autre un tel danger est tout simplement criminel vis-à-vis de la population. Même réduite à ses plus élémentaires principes de déontologie (primum non nocere), l’approche de cette question en termes de santé publique devrait conduire à suspendre d’urgence la campagne vaccinale, à étudier beaucoup plus en détail les données de cette pharmacovigilance (en particulier selon les classes d’âge et en fonction des différents facteurs de risque) et, au terme d’une analyse bénéfices/risques méticuleuse, à déterminer à quelles catégories bien précises de la population il est possible de proposer la vaccination sans risque que les effets secondaires graves soient plus nombreux que les formes graves de la Covid dont elle sensée les protéger. Tout autre approche ne relève pas de la santé publique mais de postures idéologiques ou d’un marketing commercial. Et l’histoire a déjà montré (sur le tabac, sur les pesticides, sur la pollution aux hydrocarbures, etc.) que ces postures et ce marketing étaient responsables de véritables crimes contre les populations civiles. Que ces crimes soient commis au nom du Bien ou au nom de la Santé ne devrait en aucun cas aveugler sur leur réalité et leur nature. Toutes celles et ceux qui s’y adonnent pourraient être désormais considérés comme complices de cette nouvelle mortalité vaccinale inédite dans l’histoire de la médecine moderne. Il y a donc urgence à suspendre cette campagne vaccinale et à en débattre démocratiquement. 

PUBLIÉ LE PAR HUET

****Covid : mensonges et sociologie

Tweet

https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/08/25/covid-mensonges-et-sociologie/

L’épidémie de COVID-19 donne raison à Platon. Le philosophe grec qui proclamait que «la perversion de la Cité commence par la fraude des mots».

Le Monde en donne un exemple, à son corps défendant, en terminant ainsi un article sur l’affaire Muchielli et la dernière réaction officielle de la direction du CNRS sur l’intervention médiatique de ce Directeur de recherche, sociologue spécialiste de la délinquance, sur cette épidémie dévastatrice : «Un avis que ne partage pas Laurent Mucchielli. « La science repose sur le débat contradictoire, la libre discussion des données et des raisonnements, se défend-il dans une réponse écrite au MondeLe CNRS ne s’en serait jamais inquiété s’il n’avait pas été harcelé par mes détracteurs. »

Présentation volontairement fausse

Laurent Mucchielli par cette déclaration, fraude les mots. Comme souvent depuis le début de l’épidémie. Il évoque un « débat contradictoire, une libre discussion des données et des raisonnements » auquel il prétend participer alors qu’il fait tout pour l’éviter. Dans un réel débat contradictoire entre scientifiques, qui se tient dans des lieux et sous des formes bien cadrées, les « données et les raisonnements » sont soumis à des règles disciplinaires sévères. Il n’est ainsi pas possible de publier dans une revue scientifique normale un raisonnement prétendant être fondé sur des « données » selon lesquelles la Terre est plate, s’est formée il y a six mille ans et où les espèces vivantes seraient inchangées depuis leurs apparitions. Tout simplement parce que la revue par les pairs préalable à la publication bloquerait ce mensonge car de telles données n’existent pas.

Or, comme souvent depuis le début de l’épidémie, Laurent Mucchielli ment. Il présente comme des « données », une présentation volontairement fausse de la réalité. Il est en effet beaucoup trop qualifié, intellectuellement, pour être capable de confondre des morts « après vaccination » et des morts « pour cause de vaccination ». Lorsque l’on vaccine trois milliards d’êtres humains en commençant par les plus vieux, il est obligatoire qu’il y ait des morts « après vaccination ». Et même, statistiquement, très peu de temps après. Laurent Mucchielli le sait. Il fait semblant de ne pas le savoir. Il ment.

Ethique et déontologie

L’efficacité de son mensonge lui est connue : comme cette confusion entre « après » et « à cause de » est un grand classique, très répandue dans la population, il sait qu’il trouvera des millions de gens d’accord avec cet apparent bon sens. Ce faisant, il rompt avec l’éthique et la déontologie de l’universitaire ou du scientifique qui leur enjoignent de tenir compte de la méconnaissance de la science – et par exemple de ce risque de confusion entre succession temporelle et causalité – pour leurs discours publics.

Est-ce original ? Sans précédent ? Non. Des scientifiques stipendiés par l’industrie du tabac ont fait de même. Des scientifiques poussés par d’autres motivations (idéologiques, politiques, égotiques…) ont fait de même dans le dossier climatique, Claude Allègre en est un exemple célèbre et extrême.

Les morts du mensonge

Est-ce grave ? Oui. Personne ne saura jamais quel est le nombre des morts de la COVID provoqués par les mensonges répandus sur des traitements (le scandale de l’hydroxychloroquine) ou sur les vaccins. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des malades en réanimation en France sont des personnes qui auraient pu être vaccinées mais ne le sont pas uniquement en raison de leur refus – et une part d’entre elle va décéder de ce refus. Combien de ces personnes ont été convaincues par les mensonges de Didier Raoult ou de Laurent Mucchielli ? Impossible de le mesurer. Mais croire qu’elles n’existent pas n’est pas raisonnable. Ces mensonges tuent.

C’est pourquoi, dirigeants politiques, journalistes et dirigeants des institutions scientifiques ont la responsabilité de combattre cette fraude des mots. Et donc de s’exprimer le plus clairement possible. Ce n’est pas le cas de ce communiqué du CNRS. Il y manque les noms des fraudeurs de mots. Il y manque les données essentielles : les morts de la COVID-19, en France, aujourd’hui, sont pour la plupart des personnes non-vaccinées par choix, un choix influencé par les fraudeurs de mots.

C’est pourquoi, aussi, l’APHM ne doit communiquer sur le départ à la retraite de Didier Raoult en évoquant uniquement son âge. Après tout, on manque de personnels dans le système hospitalier. Continuer à travailler après l’âge de la retraite peut aider la société à combattre ce fléau. Non. L’APHM doit dire au public qu’elle veut que Didier Raoult prenne sa retraite parce que ses discours mensongers sur la vaccination tuent des gens.

Les journalistes ont leur responsabilité. Lorsque Laurence Ferrari invite encore Didier Raoult sur CNews, elle participe à ce mensonge meurtrier.

Quant aux responsables politiques, ils ont leur part. Tous ceux qui ont tenté de capter la lumière à côté de Didier Raoult doivent en présenter un mea culpa. A commencer par Emmanuel Macron et ces responsables politiques de Marseille, ville dont les hôpitaux sont actuellement en tension forte en raison du faible taux de vaccination de la région.

Sylvestre Huet

► Le coût du déni de la science en temps de pandémie. 

► Sciences, expertises, politiques et Covid-19. 

► Pouvait-on éviter tant de morts en France ?

*****INFO JDD. Covid-19 : le CNRS appelé à sanctionner le sociologue antivax Laurent Mucchielli

 22h00 , le 21 août 2021, modifié à 08h05 , le 22 août 2021

Dans une lettre ouverte dévoilée en exclusivité par le JDD, l’association de citoyens et acteurs de la science Citizen4Science enjoint le CNRS de dénoncer la « désinformation mortifère » diffusée par le sociologue Laurent Mucchielli au sujet du vaccin contre le Covid-19, et de le sanctionner.

Laurent Mucchielli invité par l'IHU Méditerranée Infection, le 14 octobre 2020 à Marseille.
Laurent Mucchielli invité par l’IHU Méditerranée Infection, le 14 octobre 2020 à Marseille. (Capture d’écran YouTube)

Les positions du sociologue au CNRS Laurent Mucchielli sur le Covid-19, déjà épinglées jeudi par huit de ses confrères dans Le Monde, font l’objet d’une lettre ouverte adressée samedi à son organisme de tutelle, et que le JDD dévoile en exclusivité. L’association de citoyens et acteurs de la science Citizen4Science reproche d’abord au CNRS la faiblesse de sa réaction après un billet du sociologue, publié sur son blog personnel hébergé par Mediapart (qui l’a depuis retiré), sur la prétendue mortalité liée à la vaccination anti-Covid.

Evoquant un chercheur « en dérive publique depuis un an et demi », Citizen4Science presse l’organisme de s’opposer « fermement à [s]a méconduite scientifique » propageant une « désinformation mortifère », en dénonçant publiquement celle-ci, en faisant retirer toute la « production afférente » de Mucchielli « des sites affiliés au CNRS » et en le sanctionnant.

Voici leur lettre ouverte.

Le 4 août 2021, le CNRS s’est très timidement désolidarisé de l’un de ses directeurs de recherche, sur Twitter via son compte officiel @CNRS : « Laurent Mucchielli est sociologue au CNRS mais s’exprime à titre personnel sur la vaccination anti-Covid. Le CNRS ne peut aucunement être associé à cette prise de position ». Nous avions immédiatement répondu à votre tweet péremptoire via notre compte officiel @Citizen4Sci : « Incroyable de lire cela. Ce monsieur s’exprime en tant que chercheur au CNRS et utilise cette position pour tromper le public. Vous apportez donc votre caution en laissant faire. Agissez, et vite. » En complément nous avons tweeté un extrait de la charte française de déontologie des métiers de la recherche manifestement enfreinte par votre chercheur.

L’article écrit par votre chercheur instrumentalise la science pour faire passer une idéologie antivaccinale

Votre tweet nous est apparu comme une réponse gênée en réaction à la dépublication par Mediapart de votre chercheur sur son blog personnel hébergé par ce média : « La vaccination Covid à l’épreuve des faits. 2e partie : une mortalité inédite ». Le motif de retrait par Mediapart? la « diffusion de fausses nouvelles […] sous l’alibi de démonstrations prétendument scientifiques ». Nous saluons cette décision responsable et la justification apportée, qui contrastent douloureusement avec votre façon de balayer du revers de la main votre responsabilité.

Qu’en est-il sur le fond? L’article écrit par votre chercheur instrumentalise la science pour faire passer une idéologie antivaccinale. Il s’agit d’une démonstration pseudo-scientifique qui s’appuie sur des données brutes d’événements survenus chez les vaccinés sans causalité établie, présentées pour leur faire dire ce qu’elles ne disent pas : une soi-disant dangerosité des vaccins contre la Covid qui aurait conduit à potentiellement 100.000 morts en France. La faille de raisonnement est grossière et à vrai dire un subterfuge classiquement utilisé par les adeptes de la pseudoscience au point que nous en avons fait une planche éducative intitulée « illusion de la corrélation », utilisée dans les écoles et collèges. Voilà qui s’apparente donc clairement à une manipulation du public non averti.

Peu impressionné par votre déclaration peu honorable qui ne fait, il faut l’avouer, que l’encourager à persévérer, M. Mucchielli s’est empressé de crier à la censure et de publier à nouveau son billet litigieux sur le blog France-Soir, bastion de la dérive complotiste, ainsi que chez Altermidi, média local revendiquant la libre expression des opinions. La science n’est pourtant pas une opinion, ce qui nous a amené à inviter ce média à retirer ce billet de désinformation à deux reprises.

Comment pouvez-vous tolérer ces manipulations grossières du public, et le fait que votre chercheur persiste et signe avec pour toute réponse de votre part un tweet laconique pour s’en laver les mains?

D’autant que M. Mucchielli n’en est pas à son coup d’essai. Il participe depuis 18 mois à la diffusion de fausses informations sur la pandémie en défendant des thèses pseudo-scientifiques, et ce totalement hors de son champ de compétence : il a promu tour à tour des traitements contre la Covid non éprouvés voire dangereux (hydroxychloroquine, ivermectine), s’est opposé au confinement, le taxant d’inefficace pour lutter contre la pandémie, allant jusqu’à rassembler des signataires pour une tribune comprenant quelques scientifiques figures du « rassurisme » complotiste au milieu d’un flot de signataires comme lui sans légitimité sur la problématique abordée.

Cette attitude de votre chercheur témoigne d’une dérive manifeste excluant la démarche scientifique et la rationalité pour sombrer dans les théories du complot 

Cette attitude de votre chercheur, à base de déni de science systématique témoigne d’une dérive manifeste excluant la démarche scientifique et la rationalité pour sombrer dans les théories du complot ; on retrouve chez M. Mucchielli la rhétorique habituelle d’accusations gratuites de corruption des acteurs de la crise sanitaire. Tout le monde y passe : les médecins chercheurs (qui seraient payés par l’OMS), les autorités sanitaires (ANSM), les laboratoires pharmaceutiques, les médias « mainstream » et le gouvernement, le tout selon votre chercheur, « assorti de purs mensonges. » « Tout ceci n’est ni de la science, ni de la médecine. C’est de l’idéologie, associée à un commerce », a-t-il clamé le 17 août dans un billet de blog sous forme d’entretien. Comme nous l’avons indiqué publiquement le jour-même dans un thread Twitter en réponse, il s’agit de la mise au pilori du consensus scientifique et de ceux qui le font, un véritable piétinement de la science, au final un engouffrement dans l’obscurantisme par une personne incompétente sur les sujets techniques abordés.

Nous vous invitons donc à cesser de fermer les yeux et à prendre conscience du discours scientifiquement inapproprié et de l’évolution inquiétante de votre chercheur en consultant par exemple les synthèses suivantes : son portrait sur le site Conspiracy Watch ou bien la vidéo du site la Tronche en Biais « Trajectoire vers le complotisme d’un sociologue | Laurent Mucchielli », ainsi que le travail de compilation du Dr Alexander Samuel qui vient d’extraire et de commenter l’ensemble des articles publiés par M. Mucchielli sur son blog personnel Mediapart, soit environ 500 pages d’écrits accablants partagés en open source afin de contrer la désinformation. Citizen4Science participe à l’effort de mise à jour de cette initiative citoyenne ouverte pour pallier votre défaillance à empêcher votre chercheur de disséminer les fausses nouvelles sous label CNRS.

Il use en permanence de son affiliation au CNRS comme argument d’autorité auprès du public

Pour justifier votre inaction, vous prétendez via votre tweet du 4 août que M. Mucchielli s’exprime à titre personnel. Cet argument ne tient pas une seconde. En effet, votre chercheur rappelle sa position de directeur de recherche au CNRS de façon constante sur les réseaux sociaux, dans les médias et tous les billets qu’il a produits dans son espace blog Mediapart et ailleurs, y compris à l’IHU Marseille. Il use ainsi en permanence de son affiliation au CNRS comme argument d’autorité auprès du public. Le site internet de son laboratoire Lames Mesopolhis – UMR 7064 mentionne dans les programmes de recherche : « Covid 19, enquêtes dans le champ médical et controverse dans le débat public ». A ce titre, il s’exprime bien en tant que chercheur au CNRS lorsqu’il parle de la crise sanitaire.

Dans son interview du 17 août, une étape a été franchie : il précise faire partie d’une équipe de recherche de 6 personnes sur le Covid et les vaccins. La confusion des genres et des fonctions est telle sur que dans une tribune publiée dans le journal Le Monde le 19 août, des sociologues dont membres du CNRS s’indignent : « La sociologie ne consiste pas à manipuler des données pour étayer une position idéologique », évoquant une « démonstration d’incompétence professionnelle ». Il s’agit là d’une condamnation ferme par ses pairs. D’ailleurs, êtes-vous conscient du malaise induit auprès des collaborateurs de son laboratoire, qui peuvent facilement être assimilés aux propos et agissements douteux de votre chercheur?

Son site CNRS est en outre truffé des liens vers des sites complotistes et désinformateurs tels que France-Soir et ReinfoCovid de Louis Fouché. Vous n’êtes sans doute pas sans savoir, concernant ce dernier, que l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille vient de prendre ses responsabilités : son communiqué du 18 août précise qu’il est évincé suite à « ses prises de paroles à l’opposé des principes moraux, éthiques, déontologiques et scientifiques » de l’AP-HM.

Vous disposez de tous les arguments pour faire cesser le scandale destructeur de la parole d’un chercheur au CNRS en dérive publique

Il est urgent d’agir à votre tour. Vous disposez de tous les arguments pour faire cesser le scandale destructeur de la parole d’un chercheur au CNRS en dérive publique depuis 1 an et demi.

De nombreux points de la charte de déontologie du CNRS précisent que les chercheurs ne doivent pas contribuer à jeter le discrédit sur le CNRS (obligation de dignité et de neutralité). Or M. Mucchielli en relayant et en contribuant largement à la désinformation sur la pandémie tout en mettant en avant son affiliation CNRS met en péril la réputation de votre organisme ainsi que celle de tous vos chercheurs. Nous vous avions donc opposé le 4 août sur Twitter, à titre d’exemple, le point 3 de la Charte française de déontologie des métiers de la recherche que : « La liberté d’expression et d’opinion s’applique dans le cadre légal de la fonction publique, avec une obligation de réserve, de confidentialité, de neutralité et de transparence des liens d’intérêt. Le chercheur exprimera à chaque occasion à quel titre, personnel ou institutionnel, il intervient et distinguera ce qui appartient à son domaine d’expertise scientifique et ce qui est fondé sur des convictions personnelles. La communication sur les réseaux sociaux doit obéir aux mêmes règles. »  Ainsi M. Mucchielli quand il s’exprime sur la crise sanitaire, Covid et vaccins s’exprime sur la base de convictions personnelles. En déclarant publiquement le 17 août être dans un groupe de recherche sur le sujet et produire des résultats de recherche, il est en violation totale de votre charte.

Votre guide CNRS « Pratiquer une recherche intègre et responsable » qui décline les principes de la charte citée ci-dessus, précise : « Le chercheur est garant de la fiabilité et de l’objectivité des informations qu’il communique. Il peut être conduit à s’exprimer dans les médias et en direction du public sur des sujets sensibles, voire controversés, dont la complexité et l’ampleur des enjeux ne s’accordent pas avec des réponses simples et univoques. […] Il est de la responsabilité des chercheurs, dans l’intérêt de la science et le respect de leur institution, d’apprécier l’impact que peuvent avoir les informations qu’ils y déposent et de s’assurer de leur fiabilité et de leur objectivité. » Par ses écrits largement contestables d’un point de vue scientifique et en dehors de son champ d’expertise, M. Mucchielli enfreint très largement ce point. 

Que des scientifiques partent à la dérive, c’est un phénomène récurrent, particulièrement depuis l’arrivée du Covid. Mais que les sociétés savantes et les organismes de recherche dont ils dépendent laissent faire, sans être le verrou de sécurité nécessaire qui fait partie de leur rôle, c’est de la complicité dont les conséquences en pleine pandémie sont gravissimes. La crédibilité de la recherche scientifique française a été mise à mal à de nombreuses reprises durant cette pandémie. Il est urgent de vous opposer fermement à la méconduite scientifique, au non-respect des règles déontologiques, et au final à la propagation de désinformation mortifère en stoppant M. Mucchielli dans son entreprise actuelle. Il y va de la réputation de votre organisme prestigieux, de celle de l’ensemble des chercheurs qui y officient et sans nul doute souffrent de votre silence incompréhensible, et de celle de la recherche française. Il y va également de la préservation des messages de santé publique et directement par voie de conséquence, de la santé des Français mis en danger chaque jour par votre inaction face à un discours qui instrumentalise la science sous label CNRS.

Aussi, nous vous demandons d’intervenir de façon urgente pour :

  • dénoncer publiquement la désinformation scientifique opérée par M. Laurent Mucchielli depuis 18 mois ;
  • faire retirer toute sa production afférente des sites affiliés au CNRS ;
  • le sanctionner à la hauteur de ses agissements et à titre exemplaire.

Nous serons vigilants à la suite que vous donnerez à cette lettre dont nous attendons réponse de votre part. »

Paris, le 21 août 2021,

De Citizen4Science, association à but non lucratif, représentée par ses administrateurs Fabienne Blum, Patrick Mercié, Marine Paulhiac-Pison, Julien Vauquelin, Virginie Votier. contact@citizen4science.org

Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/27/le-pr-begaud-directeur-de-la-pharmacologie-a-linserm-et-la-mefiance-vis-a-vis-des-vaccins-en-france-une-communication-chaotique-et-inadaptee/

**https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/22/8-sociologues-renvoient-le-pr-laurent-mucchielli-a-ses-cheres-etudes-certains-anti-vaccins-feraient-mieux-de-chercher-dautres-mentor-que-raoult-fouche-et-mucchielli/

***https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/26/retour-sur-les-1000-morts-de-laurent-mucchielli-la-focalisation-sur-les-deces-apres-vaccin-plutot-que-sur-la-comparaison-des-risques-de-deces-selon-que-lon-est-vaccine-ou-non-egare-le-deba/

******Communiqué du CNRS: https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/24/18912/

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/25/des-soignants-impuissantssideres-incomprehensifs-dans-une-terrible-colere-interieure-devant-la-connerie-et-la-defiance-des-anti-vaccins/

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/21/comment-la-lutte-contre-les-anti-vaccins-sopere-sont-ils-recuperables/

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/18/savoir-interpreter-les-effets-secondaires-des-medicaments-ou-vaccins-releves-scrupuleusement-par-la-pharmacovigilance-ne-semble-pas-evident-meme-pour-un-sociologue-chercheur-au-cnrs-comme-laurent-muc/

Soutien de dernière minute à Laurent Mucchielli

Soutien à Laurent Mucchielli : L’insulte ne saurait remplacer le débat scientifique (Mme Geneviève Massard-Guilbaud, directrice d’études à l’EHESS)

Je publie ici une tribune de Mme Geneviève Massard-Guilbaud, directrice d’études à l’EHESS, en soutien à Laurent Mucchielli. Son texte a été refusé par Le Monde, qui tel le préfet Lallement, n’est « pas dans le même camp ». Mucchielli est victime d’une chasse à l’hérésie : face à de nouveaux Inquisiteurs s’estimant tout puissants, espérons qu’un peu de raison puisse encore se faire entendre

L’insulte ne saurait remplacer le débat scientifique.
Réponse à une tribune parue dans Le Monde du 19 août

Geneviève Massard-Guilbaud

Directrice d’études à l’EHESS

 [tribune proposée au Monde le 23 août 2021, 
refusée par Le Monde le 24 août « faute de place »]

La tribune intitulée “Vaccination contre le Covid-19 : « La sociologie ne consiste pas à manipuler des données pour étayer une position idéologique »”, publiée dans ces colonnes le 19 août dernier, rédigée par huit collègues sociologues dont quatre appartiennent à la même institution que moi, m’a paru particulièrement choquante. Dans cette tribune, les signataires s’attaquent avec virulence à un directeur de recherches au CNRS, Laurent Mucchielli, à propos d’un billet publié sur son blog Mediapart, puis censuré par ce journal au motif qu’il diffuserait de fausses nouvelles (alors que ce billet analyse des données officielles mais ne diffuse aucune « nouvelle ») mais republié par d’autres media souhaitant défendre la liberté d’expression. Cette tribune dans Le Monde, qui entend défendre l’honneur de la discipline sociologique, accuse l’auteur de confondre concomitance et causalité, et appelle le CNRS à « une réaction plus ferme ». Mon avis est qu’au lieu de défendre la sociologie, cette tribune va à l’encontre des règles couramment admises en matière de recherche scientifique et ne fait pas honneur à la profession.

Je ne suis pas sociologue, mais historienne. Je crois cependant pouvoir revendiquer quelque compétence en matière de construction et de lecture de données statistiques, ayant longuement enseigné ces techniques dans l’université où j’enseignais au début de ma carrière. Je ne pense pas, personnellement, que Mucchielli ait jamais confondu causalité et concomitance, mais l’on pourrait discuter ce point, si besoin, comme on peut discuter toute interprétation, en sciences sociales. Cependant, ce n’est pas de la lecture des données dont je voudrais parler ici — les lecteurs pourront se reporter à la réponse de Mucchielli sur son blog Mediapart et à l’article incriminé lui-même pour se faire une opinion (la référence de l’article initial se trouve également dans cette réponse), mais de la « façon » et du ton de la tribune de ces huit collègues. Je précise, avant de poursuivre, que je ne connais pas L. Mucchielli, ne l’ai jamais rencontré, et n’ai jamais échangé avec lui plus de trois lignes par email, à l’occasion d’une tribune dont il était l’auteur principal et que j’avais souhaité signer, comme plusieurs centaines d’universitaires et de chercheurs.

Les accusations que nos huit collègues portent contre Mucchielli sont graves, et de surcroît fort méprisantes. Il s’agit d’attaques ad hominem, puisqu’elles incriminent un article signé en réalité par six chercheurs ou praticiens de disciplines diverses (sociologie, mais aussi biologie, pharmacie, informatique, médecine, mathématique, pharmacovigilance), L. Mucchielli, donc, mais aussi E. Darles, V. Pavan, H. Banoun, É. Ménat, A. Umlil (NB : je ne connais aucune de ces personnes). Or la tribune du Monde ne nomme que Mucchielli. Faut-il penser que les cinq autres signataires sont si peu compétents qu’ils ne méritent même pas d’être évoqués ? C’est un premier signe de mépris et du fait que c’est bien à un homme en particulier que l’on s’en prend.

Vient ensuite une série de termes qui me paraissent relever de l’insulte plutôt que du débat scientifique. Je les reprends, dans l’ordre d’apparition. « Falsification des données » : il n’y a aucunement falsification, puisqu’il s’agit de données officielles, que personne ne conteste — même si l’on peut parfois discuter la façon dont ces données officielles sont construites. Le désaccord porte sur leur interprétation. C’est donc mentir que d’accuser Mucchielli de falsifier des données. Et pourtant, le grief est lourd ! Quant à l’accusation centrale, celle de confondre causalité et concomitance, elle est considérée comme du niveau « d’étudiants de première année », et comme une « démonstration d’incompétence professionnelle ». Le grade de directeur de recherches au CNRS ne se trouve pourtant pas dans les pochettes-surprises, et Mucchielli a évidemment dû, pour y parvenir, faire preuve de sa compétence. De quel droit quelques collègues peuvent-ils « fusiller » ainsi l’un de leurs pairs sans l’ombre d’une démonstration mais sur simple argument d’autorité ? Les membres des jurys qui ont évalué la compétence de Mucchielli tout au long de sa carrière sont-ils donc tous des imbéciles et, eux aussi, la honte du CNRS ? Une démonstration de la raison pour laquelle Mucchielli se trompe, s’il se trompe, aurait été plus digne, de la part des auteurs. Ces derniers vont jusqu’à lui reprocher de faire état de son grade de directeur de recherche au CNRS, arguant que son opinion n’engage que lui. Mais pourquoi diable n’aurait-il pas le droit d’afficher le titre qui est le sien ? Et depuis quand les écrits des chercheurs du CNRS devraient-ils être à l’unisson ? Depuis quand le CNRS aurait-il un point de vue qui lui soit propre, et unique ? Rien de tout cela n’est conforme à la tradition universitaire qui privilégie la pluralité des analyses et la discussion de celles-ci dans séminaires et colloques…

Mucchielli serait ensuite « complotiste ». Affirmation qui renvoie cette fois à l’ensemble de ses recherches récentes et non au seul article initialement incriminé, mais que les auteurs ont oublié d’assortir d’une quelconque preuve. Où est le complot ? Où sont les références qui montreraient un quelconque complotisme ? La seule qui soit fournie renvoie à un article du site Conspiracy Watch, qui mériterait d’être passé au crible de la critique, lui aussi… J’aurais pour ma part préféré une démonstration de première main par les auteurs de la tribune eux-mêmes. Il faut être tout à fait convaincu de ce que l’on dit pour traiter ainsi un collègue. Lui répondre sur le fond, critiquer ses conclusions (leurs conclusions, en fait) n’aurait donc dû poser aucun problème aux auteurs de la tribune. Et pourtant… rien. En revanche, chacun a pu remarquer comment, ces derniers temps, l’argument du complotisme est devenu la panacée pour déconsidérer ceux qui professent une opinion différente de celle de la majorité (à tous les sens du terme). Tout désaccord devient ainsi un complotisme, comme si la connaissance n’avait jamais avancé autrement que par discussion critique et controverses. Et au risque d’en oublier les vrais complotistes, ceux qui arguent de l’existence d’un complot caché pour asseoir leurs affirmations, antisémites ou autres… C’est désolant, mais encore bien plus désolant de la part de chercheurs patentés, qui devraient s’abstenir d’emboucher ce genre de trompettes.

On peut ensuite se demander ce qui permet aux auteurs de la tribune d’employer des termes comme « tour de passe-passe », « douteuse production », « balivernes », « manipul[ation] de données », « travaux de rechercher indigents, voire frauduleux », toujours sans l’ombre d’une démonstration qui pourrait justifier ces termes. On est là encore dans le domaine de l’injure, de la colère, pas du débat scientifique. J’ai personnellement lu l’ensemble des écrits de Mucchielli sur la Covid, et je me permets de dire que je les trouve sérieux, argumentés, souvent déroutants, généralement convaincants — et toujours référencés. Si j’ai parfois quelques divergences d’interprétation, je trouve cela normal. Et j’invite chacun.e à se faire un opinion personnelle en allant les lire, sans a priori. Ils constateront que rien ne permet de mettre ainsi violemment en cause la réputation de ce collègue — que, je le répète, je ne connais pas.

Car, et c’est cela qui m’a poussée à écrire cette tribune, je trouve détestable que l’on puisse ainsi mettre en doute la compétence et la probité d’un collègue chercheur, l’insulter publiquement simplement parce que l’on n’est pas d’accord avec lui, et ceci sans prendre même la peine de défendre son propre point de vue — qui irait donc de soiet ne supporterait aucune discussion. Pire, que l’on appelle à des sanctions contre lui (n’est-ce pas ce qui est suggéré ?). Je trouve de telles dérives fort inquiétantes (et le cas dont je parle ici n’est malheureusement pas le seul cas récent). Le monde scientifique s’honorerait de refuser de hurler avec loups, fussent-ils majoritaires, de ne jamais perdre son sens critique, et de ne pas oublier les principes de respect d’autrui et de liberté d’expression qui sont au fondement de nos démocraties.

Dareizé, le 23 août 2021

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire