Christophe Prudhomme: Voilà des propositions intéressantes d’un spécialiste des médicaments. En résumé et dit plus clairement, il demande à E. Macron de fermer sa gueule sur la question des vaccins et plus largement des questions médicales.
Le Pr Bégaud, directeur de pharmacologie à l’Inserm, estime que la méfiance envers le vaccin pourrait se retrouver renforcée en France, à la suite de l’annonce de la 3e dose pour les plus de 65 ans, à cause d’une communication qu’il juge chaotique et inadaptée.
La France fait partie des pays où la défiance envers les vaccins est la plus forte, rappelle le pharmacologue, qui s’est longtemps penché sur les causes ayant favorisé cette perception. « La situation est devenue préoccupante » en raison d’une accumulation d’erreurs de communication, y compris pour aborder cette question du rappel vaccinal, ce qui confirme que cette résistance de la population française face au vaccin n’est pas prise en compte par les autorités.
L’annonce du 12 juillet du lancement de la campagne de rappel vaccinal par le président de la république, Emmanuel Macron, illustre parfaitement l’absence de stratégie de communication cohérente, estime le Pr Bégaud. Selon lui, l’annonce est notamment arrivée trop tôt, au moment où les scientifiques soulignaient le manque de données sur cette stratégie et qu’une partie de la population, jusque-là hésitante, commençait tout juste à envisager de recevoir sa première dose de vaccin.
« La méfiance envers les vaccins a été engendrée par de mauvaises décision politiques ». Pour le Pr Bégaud, il est désormais temps de forger une communication adaptée, en passant par une réduction du nombre de structures habilitées à se prononcer sur les vaccins (ANSM, HAS, conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, conseil scientifique, comité citoyen sur la vaccination…), qui participent à brouiller le message, et en désignant une personne référente, spécialisée en santé publique, pour annoncer avec pédagogie les différentes mesures liées à la politique vaccinale.
Avec cette épidémie de Covid-19, « nous avons raté une occasion de redéfinir la communication autour du vaccin », estime le pharmacologue.