Vaccins contre le Covid : légère baisse de l’efficacité au bout de six mois
Par Marielle Ammouche le 27-08-2021

L’efficacité des vaccins contre le Covid, que ce soit celui de Pfizer/BioNTech ou d’Oxford/AstraZeneca, diminue au bout de six mois, indique de nouvelles données britanniques.
Dans cette étude, nommée ZoeCovid, les chercheurs du King’s College de Londres ont analysé les données d’environ 1 million d’utilisateurs qui avaient téléchargé l’application Zoe après leur vaccination, entre le 8 décembre 2020 et le 3 juillet 2021. Grâce à cette application, ils ont pu comptabiliser les contaminations survenues entre le 26 mai et le 31 juillet 2021 chez ces utilisateurs, période au cours de laquelle le variant Delta est devenu dominant au Royaume-Uni. Avec plus de 1,2 million de résultats de tests et de participants, il s’agit de l’une des plus grandes études sur l’efficacité d’un vaccin en vie réelle jamais enregistrée.
Les auteurs ont alors constaté que la protection initiale contre l’infection un mois après la deuxième dose du vaccin Pfizer était de 88%, tandis qu’après cinq à six mois, elle tombait à 74%. Pour le vaccin AstraZeneca, il y avait environ 77% de protection un mois après la deuxième dose, tombant à 67% après quatre à cinq mois.
« Dans un scénario catastrophe raisonnable, on pourrait voir une protection inférieure à 50% pour les personnes âgées et le personnel de santé d’ici l’hiver », juge le Pr Tim Spector, responsable de ce projet. Pour cet expert, « nous devons de toute urgence planifier des rappels de vaccins et, sur la base des ressources vaccinales, décider si une stratégie de vaccination des enfants est judicieuse si notre objectif est de réduire les décès et les hospitalisations ».
Sources : Covid.jointzoe.com, 25 aout 2021
https://covid.joinzoe.com/post/covid-vaccine-protection-fading#part_1
Publié le 26/08/2021
Nouvelle confirmation dans la « vraie vie » de l’efficacité du vaccin Pfizer anti-Covid

L’Espagne a lancé sa campagne de vaccination contre la Covid-19 dès la fin décembre 2020, rapidement après l’autorisation accordée au vaccin à ARNm Pfizer-BioNtech. Le British Medical Journal publie les résultats d’une étude prospective menée en Catalogne, évaluant l’impact de la vaccination sur le taux d’infections par le SARS-CoV-2, d’hospitalisations et de décès, parmi les résidents (n = 28 456), le personnel (n = 26 170) et les soignants (n = 61 791) d’établissements pour personnes âgées.
Risque d’infection réduit de 80 à 90 % après 2 doses dans les établissements pour personnes âgées en Espagne
Il apparaît que la vaccination partielle (une seule dose) est associée à une réduction de 40-50 % du taux d’infections par le SARS-CoV-2, nécessitant la poursuite des mesures de prévention, particulièrement durant les deux premières semaines suivant la première dose. En revanche, la vaccination complète (2 doses) réduit le risque d’infection de 80-90 %. L’effet est sensiblement le même pour les résidents, le personnel et les soignants des établissements, et conforme aux résultats annoncés par les essais de phase III. Le risque de formes sévères diminue considérablement pour les résidents, avec une réduction de 95 à 97 % des hospitalisations et des décès après les 2 doses, pendant au moins 5 mois.
Des données rassurantes
Les vaccins contre la covid-19 ont montré leur efficacité dans les essais cliniques, mais les preuves dans la « vraie vie » sont bienvenues pour confirmer ces effets dans le contexte de la pratique courante et dans les populations sous-représentées dans les grands essais cliniques. D’autres travaux sont nécessaires pour préciser l’efficacité à long terme des vaccins anti-Covid-19. Ces données devraient toutefois rassurer dès à présent la population sur les bénéfices majeurs des campagnes de vaccination. Elles pourraient aussi permettre d’améliorer l’organisation dans les établissements d’accueil des personnes âgées, notamment en ce qui concerne les visites, les équipements, etc.
Dr Roseline Péluchon
RÉFÉRENCES
Cabezas C et coll.: Associations of BNT162b2 vaccination with SARS-CoV-2 infection and hospital admission and death with covid-19 in nursing homes and healthcare workers in Catalonia: prospective cohort study. BMJ 2021;374:n1868. doi.org/10.1136/bmj.n1868
Variant Delta : efficacité diminuée à 66% pour les vaccins à ARNm
Par Marielle Ammouche le 27-08-2021

L’efficacité des vaccins à ARN messager (Pfizer-BioNTech et Moderna) contre l’infection au Covid-19 est passée de 91% à 66% lorsque le variant Delta est devenu dominant, selon de nouvelles données américaines publiées par les Center for Disease Control and Prevention (CDC).
Cette étude a porté sur la cohorte Heroes-Recover, qui comprend des personnels de santé et autres employés de 8 hôpitaux dans 6 états du pays. Au total, 4.217 participants ont été inclus, 3.483 (83%) étaient vaccinés : 2.278 (65%) avec le vaccin de Pfizer/BioNTech, 1.138 (33%) avec celui Moderna et 67 (2%) avec celui de Janssen (Johnson & Johnson). Ils étaient testés toutes les 2 semaines et en cas de symptômes. Deux périodes ont été comparées : avant et après que le variant Delta soit prédominant (supérieur ou égal à 50%). Les auteurs ont alors calculé que l’efficacité vaccinale ajustée au cours de la période à prédominance Delta était de 66 % (IC à 95 % = 26 % à 84 %) contre 91 % (IC à 95 % = 81 % à 96 %) au cours des mois précédant cette période (entre décembre 2020 et avril 2021).
Les auteurs de l’étude préviennent cependant que d’autres facteurs pourraient contribuer à cette baisse de l’efficacité vaccinale : érosion de l’efficacité du vaccin avec le temps, imprécisions dues aux études observationnelles… « Bien que ces données intermédiaires suggèrent une réduction modérée dans l’efficacité des vaccins contre le Covid-19 pour prévenir l’infection, le fait que la réduction des infections reste de deux tiers souligne l’importance et le bénéfice continus de la vaccination », soulignent-ils. En outre, ces données ne font pas de différence entre l’efficacité des différents vaccins.
Le variant Delta est devenu dominant aux Etats-Unis début juillet, et est actuellement responsable de plus de 98% des infections. Sources : CDC, 27 aout 2021.Avec AFP