Sandrine Rousseau surprenante candidate aux primaires d’EELV: très branchée sur la mode de l’intersectionnalité*, et un peu naïve concernant d’éventuels terroristes parmi les Afghans (« Quelque part, les avoir en France ça permet aussi de les surveiller »)

ENTRETIEN – Sandrine Rousseau, candidate à la primaire écologiste : « Inventer une société du respect »

Lundi 23 août 2021 à 7:58 –  Par  Florent VautierFrance Bleu Nord

Ce week-end avaient lieu les journées d’été d’EELV à Poitiers. L’occasion pour les candidats à la primaire des écologistes pour la présidentielle de 2022 qui aura lieu mi-septembre de convaincre. Parmi les cinq sur la ligne de départ, la nordiste Sandrine Rousseau, qui espère bien l’emporter.

Sandrine Rousseau, 49 ans, est également vice-présidente de l'université de Lille
Sandrine Rousseau, 49 ans, est également vice-présidente de l’université de Lille © Maxppp – Mathieu Herduin

Est-ce que vous pouvez être en quelque sorte la surprise de cette primaire alors qu’on attend peut être plus pour l’emporter l’un des deux favoris, l’eurodéputé Yannick Jadot et le maire de Grenoble, Eric Piolle ? 

Mais il n’y a pas de favori, il n’y a pas de pronostics déjà faits. On dit partout que je pourrais être une surprise, mais si on écoute des réseaux, si on regarde du côté des militants et militantes, il n’y a aucune surprise. Evidemment que je m’impose dans cette primaire. C’était prévu dès le départ. Je porte quelque chose qui est différent. Je porte un accès à la politique qui est différent et empreint de tout un militantisme des réseaux de lutte pour les droits humains. Par ailleurs, avec les militants Europe-Ecologie Les Verts, on a une longue histoire eux et moi, ensemble. J’ai quitté le parti, certes il y a trois ans, mais avant, j’y ai milité. J’ai milité auprès des personnes dans toutes les régions et donc évidemment que je fais partie des favorites de cette primaire. 

Vous avez un mot d’ordre dans cette campagne, c’est la radicalité. Mais c’est quoi une écologie radicale ? 

C’est de se dire que nous avons cinq ans pour agir, pas par dogmatisme, mais juste parce que nous avons cinq ans si nous voulons protéger nos enfants et nos vies. On l’a vu cet été, les catastrophes naturelles partout dans le monde se sont exacerbées, ont augmenté, se sont aggravées et donc on n’a pas tellement de choix. Alors évidemment, toutes les mesures à prendre ne seront pas toujours des mesures forcément très agréables à prendre. Mais c’est une condition de respect que l’on doit à nos enfants. Et puis surtout, c’est aussi une manière de réinventer comment on vit ensemble, comment on fait société, quelle économie on veut. Et en fait, c’est aussi très enthousiasmant de se dire que ce qu’il faut faire et peu de générations ont eu à le faire et bien c’est de redessiner un monde. 

La prédation ne doit plus être le terme principal qui défini notre rapport aux autres

Alors, au cœur de votre combat politique il y a également ce que l’on appelle l’écoféminisme. Mais c’est quoi au juste ? 

L’écoféminisme c’est prendre, utiliser, jeter. C’est au cœur de notre système économique, au cœur de notre système social, c’est est au cœur de notre rapport à l’environnement. La nature, aujourd’hui, on la prend, on utilise et on la jette. C’est le cas, par exemple, quand on prend du pétrole. On transforme en plastique et on jette dans les océans. C’est aussi ce que l’on fait sur les corps des personnes les plus précaires. Quand vous avez un travail qui est difficile, on vous prend votre corps, on l’utilise. Et puis, une fois qu’il est utilisé, on le jette. C’est la même chose sur les femmes ou quand elles subissent des violences, on prend ce corps, on utilise et on le jette. Aujourd’hui, on doit sortir de ça. Aujourd’hui, la prédation ne doit plus être le terme principal qui défini notre rapport aux autres. Aujourd’hui, on doit inventer une société de respect. Une société où on a un autre rapport à la nature qui consiste à la préserver plutôt qu’à l’utiliser. 

Dans votre programme, dans vos idées, il y a la défense, notamment donc des femmes, mais aussi des personnes LGBT… Comment on fait pour introduire de l’universel dans tout ça ? 

L’universel c’est que chacun et chacune ait exactement la même vie, quoi que l’on soit, que l’on soit une personne gay, lesbienne, que l’on soit noir ou blanc, que l’on soit femme ou homme. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Si vous dites que vous êtes gay ou lesbienne, par exemple à l’adolescence, vous avez un risque de suicide beaucoup plus important. Et ce risque de suicide n’est pas lié au fait que vous soyez gay ou lesbienne. C’est lié au regard que l’on porte sur votre sexualité. Il n’est pas normal aujourd’hui qu’en fonction de ce que l’on est on ait des risques de violences, des risques de suicide, des risques de maladies bien plus importants. Si vous n’êtes pas riche, par exemple, si vous faites partie des catégories les plus pauvres et bien vous avez une espérance de vie qui est beaucoup plus courte que celle des cadres. C’est tout cela qu’il nous faut changer. Votre sexualité, votre couleur de peau ou n’importe quoi ne peut pas définir la manière dont vous allez vivre et ne peut pas non plus vous exposer à davantage de violence. 

La première mesure que je prendrai, c’est de faire un revenu d’existence à 850 euros pour tout le monde

Lors des dernières élections municipales puis régionales qui ont réussi aux écologistes, on a vu que ce vote écolo était plus fort en ville qu’en zone rurale. Qu’est-ce que vous leur proposez concrètement aux habitants de ces campagnes ? 

Dans les zones rurales, il y a des problématiques qui nombreuses. C’est difficile de répondre en très peu de temps. Mais ce que je veux déjà dire, c’est qu’il faut d’abord un réinvestissement de l’Etat dans ces territoires ruraux. Depuis les années 80, on a vu une disparition des services publics, des services de santé dans ces territoires. Et puis ensuite, il y a toute une question autour du travail dans ces zones-là. Le travail qui reste, souvent c’est un travail qui est difficile. Il y a beaucoup, par exemple, de services à la personne. Il y a beaucoup d’emplois précaires. Il y a beaucoup d’artisanat qui a du mal à trouver des débouchés et à faire vivre les personnes qui y travaillent. Et donc il nous faut concevoir ces territoires comme étant des territoires autonomes où la dynamique territoriale permet des emplois de qualité et permet la protection des personnes les plus faibles. Et ça, ça doit être accompagnée de politiques publiques et notamment d’argent sur ces territoires. 

Pour terminer, on va imaginer que vous êtes désignée candidate des écologistes à la primaire et que vous êtes élue présidente de la République en 2022. Quelle est la toute première mesure que vous prenez une fois installée à l’Elysée ? 

La toute première mesure, c’est de mettre en place un revenu d’existence, c’est à dire d’augmenter le niveau minimum de ressources. Aujourd’hui, c’est le RSA et ça ne permet pas de vivre dignement. Donc, la première mesure que je prendrai, c’est de faire un revenu d’existence à 850 euros pour tout le monde

Sandrine Rousseau, invitée de France Bleu Nord matin

  • Afghanistan : Sandrine Rousseau en roue libre sur le terrorisme islamiste
  • Et les moutons seront bien gardés

    Par Jean-Loup Adenor

    Publié le 25/08/2021 à 19:30

    https://www.marianne.net/politique/ecolos/afghanistan-sandrine-rousseau-en-roue-libre-sur-le-terrorisme-islamiste?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210826&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

    Sur BFMTV, la candidate écolo s’est lancée dans un plaidoyer pour l’accueil des réfugiés afghans, en prenant quelques libertés avec les chiffres. Plus surprenant : Sandrine Rousseau a estimé qu’en cas d’infiltration d’éléments radicalisés parmi ces réfugiés, il était de toute façon préférable de les avoir en France pour pouvoir les surveiller. Une proposition politique on ne peut plus audacieuse.

    Les temps sont durs pour Sandrine Rousseau. Après avoir été « violemment » bousculée par un mystérieux agresseur à l’Université d’été des Verts et avoir vu ses équipes fondre en larmes face à la vague de harcèlement qu’elle subissait sur les réseaux sociaux, celle qui disait attendre de pied ferme Vladimir Poutine en cas de victoire à la présidentielle se prend les pieds dans le tapis de la crise afghane. En direct sur BFMTV, la candidate à la primaire écologiste s’est lancée dans un vibrant appel à l’accueil des réfugiés afghans, après la prise de pouvoir des talibans à Kaboul. « Là-bas, il y a des personnes civiles qui ont aidé les forces internationales, qui risquent leur vie », s’emporte l’écologiste. À juste titre : depuis la mise en place du pont aérien il y a une semaine, la France n’a rapatrié « qu’une vingtaine d’auxiliaires afghans de l’armée français »selon une source à Marianne.

    STATISTIQUES HASARDEUSES

    « La France fait partie des pays qui accueillent le moins d’Afghans. Nous, on est à 600 afghans, versus 10 000 en Allemagne », déplore la candidate. Un chiffre sorti du chapeau de l’écologiste, qui ne précise ni depuis quand, ni à quelle procédure d’accueil elle fait référence. Car selon les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), pour l’année 2020 qui est, rappelons-le, une année marquée par la pandémie de Covid-19, il y a eu une dizaine de milliers de demandes d’asile en France. Sur ces 10 000 demandes, 535 ont effectivement été acceptées au titre formel du droit d’asile, 4 286 autres réfugiés afghans ont été invités à rester en France au titre de la protection subsidiaire, une protection accordée aux réfugiés qui ne remplissent pas les conditions du droit d’asile. Soit dix fois plus. Si on y ajoute les demandes acceptées en appel, le nombre total d’Afghans accueillis par la France en 2020 a été de 7 494.

    Mais ces quelques approximations statistiques passeraient encore si Sandrine Rousseau n’avait pas appuyé son plaidoyer par une analyse pour le moins surprenante. « Il faut affirmer nos valeurs », martèle-t-elle. Quelles valeurs ? « Que chacune et chacun est libre ! Il nous faut les accueillir, il nous faut aussi mettre en place des mesures de surveillance sur les personnes qui arrivent, parce que le risque qu’il y ait une ou deux personnes qui s’infiltrent est évident. » Sandrine Rousseau fait ici référence à l’interpellation et au placement en garde à vue d’un Afghan arrivé en France et soupçonné d’être proche des talibans.

    Sur le plateau, le député La République en Marche Bruno Bonnell et le porte-parole du Rassemblement national Laurent Jacobelli en viennent rapidement à s’écharper sur cette affaire.

    ACCUEILLIR DES TERRORISTES POUR MIEUX LES SURVEILLER

    C’est en reprenant la parole après cet échange que démarre le dérapage incontrôlé de Sandrine Rousseau : « S’il y a vraiment des personnes qui sont dangereuses, de potentiels terroristes, ce n’est pas parce qu’ils restent en Afghanistan qu’ils sont moins dangereux », tente-t-elle de développer. Et là, Sandrine Rousseau tente l’une des propositions politiques les plus audacieuses de ces dernières années : « Quelque part, les avoir en France ça permet aussi de les surveiller », affirme la candidate écologiste, pour qui la France a « les moyens de la surveillance ». La vidéo de son intervention a, sans surprise, provoqué un tollé relativement important sur les réseaux sociaux, atteignant les 500 000 vues en quelques heures.

    Interrogée par France Inter, ce mercredi après-midi, l’écologiste a admis une phrase « assurément maladroite ». Et de poursuivre : « Pour l’instant, on nous dit que l’on ne peut pas rapatrier les populations civiles au motif d’un risque terroriste. Ce que j’ai voulu dire, c’est que l’on doit rapatrier les populations civiles, on a les moyens de surveiller les personnes et le risque terroriste est contenu. » Il faudrait rappeler à Sandrine Rousseau que « contenir » le risque terroriste s’est révélé plutôt compliqué ces dernières années en France. Mohammed Merah, Chérif et Saïd Kouachi, Amedy Coulibaly, Yassin Salhi, Larossi Abballa, Adel Kermiche, Abdelmalik Petitjean… Tous ces terroristes islamistes étaient connus des services de renseignement, certains fichés S, d’autres repérés.

    *https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/26/il-semble-quaujourdhui-la-question-de-la-classe-et-du-mode-de-production-capitaliste-disparait-pour-le-primat-de-la-race-et-du-genre/

    NB: Sandrine Rousseau aurait dit, au congrès EELV, que les combats du futur étaient « la race et le genre ». (A l’évidence c’est ce tromper de cible, en étant au gout du jour Dr J Scheffer)

    Publié par jscheffer81

    Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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