Faux décès, chiffres mal interprétés : comment les antivaccins sèment le doute sur les effets secondaires
Certains défenseurs de la « liberté vaccinale » font feu de tout bois pour s’opposer au passe sanitaire et à la généralisation des vaccins contre le Covid-19.
Par William Audureau
Publié aujourd’hui à 05h12, mis à jour à 08h16
« J’étais là tout le mois d’août. A part un monsieur de 63 ans, personne n’est mort. Je l’aurais su, on est un petit village. » Au téléphone, le secrétaire de la mairie de Néfiach est formel : dans cette commune de 1 292 âmes près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), aucune Evelyne Bailly n’est morte récemment, contrairement à ce que rapporte une rumeur partagée sur les réseaux sociaux. « Evelyne Bailly, une mère de famille de 31 ans, 3 enfants de 2 à 10 ans, a reçu le vaccin Pfizer le 3 août, peut-on y lire. Violents maux de tête immédiats. AVC au travail. Elle décède 3 heures après l’injection. La cérémonie religieuse à l’église le 10.08.21. » Suivent trois émoticones de mains qui prient et quatre hashtags comme #BlanquerMent ou #Manif14août.
- « C’est bidon » : des morts inventées
A Néfiach, l’église est à quinze mètres de la mairie : un enterrement, ça se serait su. La responsable du lieu sacré n’apprécie guère. « J’ai 80 ans. Les rumeurs, j’en ai ma claque », tranche-t-elle avant d’écourter la conversation. Renseignement pris auprès des élus locaux et de la police municipale, la mairie de Néfiach est formelle : « Il n’y a rien eu, c’est bidon. »
Cette fausse annonce de mort, ou du moins fort imprécise, n’est pas une première. Dès décembre 2020, les antivax américains ont fait courir le bruit que Tiffany Dover, une véritable infirmière américaine victime d’un malaise après sa première injection, était morte, malgré ses démentis et ceux de ses proches.Lire aussi « Où est l’infirmière Tiffany Dover ? » : la théorie complotiste qui obsède les sphères antivaccins
Depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, les militants qui y sont hostiles redoublent d’efforts pour discréditer les vaccins, en amplifiant et manipulant les informations sur les effets secondaires. Les publications sur les réseaux ou les éléments de discours varient, mais font souvent appel aux mêmes biais.Lire aussi : le tour des nouvelles rumeurs sur les vaccins
- Les décès liés à AstraZeneca mis en avant
Les drames partagés par les antivax ne sont pas tous fictifs. Mais ils sont instrumentalisés. Ainsi, une pancarte brandie lors d’une manifestation contre le passe sanitaire le 31 juillet interpelle : « Anthony Rio, 24 ans, mort du vaccin le 18 mars 2021. Ne l’oublions pas ! Et combien d’autres ? » Une référence au décès d’un étudiant en médecine de 24 ans, mort d’une thrombose peu après sa première injection, au printemps. La pancarte suggère qu’il y a de nombreuses autres victimes. On retrouve dans la presse les cas de Joël Crochet, 63 ans, en Haute-Savoie, ou encore Marie-France, une femme de 70 ans, dans l’Ariège, morts peu après avoir reçu une première injection. S’il est toujours difficile de prouver un lien certain de cause à effet, dans ces cas, le lien médicamenteux fait l’objet d’une forte suspicion.
Tous ces drames sont liés au même vaccin, celui du laboratoire britannique AstraZeneca. En tout, au 29 juillet, sur près de 7,7 millions d’injections réalisées en France, l’Agence nationale de surveillance du médicament (ANSM) dénombrait 58 cas de thrombose atypique, dont treize morts. Ce que la pancarte ne dit pas, c’est que, depuis ces tragédies, le vaccin d’AstraZeneca n’est quasiment plus utilisé : dès la fin mai, il ne représentait plus que 1 % des injections. Pfizer et Moderna, les deux vaccins majoritaires, sont plus sûrs, si l’on en croit les autorités sanitaires. Des morts ont bien été rapportées après des injections de ces deux vaccins, mais « les éléments transmis n’indiquent pas un rôle potentiel du vaccin », juge, à ce jour, l’ANSM.
- Des liens non prouvés entre vaccin et AVC
La question du lien entre les causes de décès et les vaccins est cruciale. Alors que les autorités médicales veillent à ne rien affirmer qui n’ait fait l’objet d’une preuve scientifique, les discours antivaccins ne craignent pas les rumeurs ou les rapprochements rapides. Des vidéos très partagées accusent les vaccins de provoquer des accidents vasculaires cérébraux (AVC) : celle d’un pompier en mai, celle plus récente de l’épouse d’un homme de 53 ans en réanimation pour une rupture d’anévrisme six jours après son injection.
La confusion entre consécution et corrélation est banale. Si deux événements se succèdent, il est courant d’y voir un lien de cause à effet. Dans certains cas, il est réel. Dans d’autres, il s’agit d’une coïncidence.
Or, une vaste étude française publiée mi-juillet et portant sur les plus de 75 ans a mis en évidence que, statistiquement, le risque d’AVC n’augmentait pas avec la vaccination. Cela ne signifie pas que ces accidents cardiovasculaires soient fictifs. Mais dans la majorité des cas, en l’état actuel des connaissances, les scientifiques estiment qu’ils ne sont pas liés au vaccin. En France, les AVC touchent environ 150 000 personnes chaque année et causent 40 000 morts.
- Des chiffres bruts mal interprétés
Les tenants de la liberté vaccinale relaient souvent drames individuels ou témoignages poignants, certains n’hésitant pas à citer des chiffres sans les contextualiser.
Fin juillet, le sociologue français Laurent Mucchielli, proche des sphères complotistes, a publié, dans un blog hébergé sur Mediapart, un billet cosigné avec quatre autres universitaires affirmant que la vaccination contre le Covid-19 « conduit à une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne ». En citant les données de pharmacovigilance de l’ANSM, il décompte « près de 1 000 morts potentiellement liés à la vaccination ». Le site d’information a, finalement, dépublié ce billet, car il « contrevenait à [sa] charte de participation, qui prohibe la diffusion de fausses nouvelles ». Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), organisme pour lequel travaille le sociologue, s’est également dissocié publiquement de cette tribune.
L’influent site américain antivax Children’s Health Defense (cité en France par des comptes naturopathes) s’est appuyé sur les données du Vaers (Vaccine Adverse Event Reporting System, équivalent de la base de l’ANSM) pour s’alarmer mi-août de l’existence de « 500 000 effets secondaires en six mois » et « plusieurs milliers de morts ».
Les publications jouent de la confusion entre « signaux » – c’est-à-dire des notifications brutes rentrées dans ces bases de données – et « cas avérés », confirmés par les autorités de santé. « Les gens signalent quelque chose après un vaccin, mais ça ne veut pas dire que c’est dû au vaccin », précise Catherine Hill, épidémiologiste de l’Institut Gustave Roussy, interrogée par l’Agence France-Presse :
« Vous vaccinez 30 millions de gens, pendant ces trois mois, il va y avoir des gens qui vont mourir parce que la vie continue, le vaccin ne protège pas de toutes les causes de mort qui peuvent arriver. »
- Des notifications qui peuvent être inventées
Le nombre très élevé de signalements s’explique par l’ampleur massive de cette campagne de vaccination : plus de 350 millions de doses ont été injectées. De plus, le système VAERS américain, ouvert à tous, est facilement manipulable, et permet d’enregistrer des notifications mensongères, comme la (fausse) mort d’une fillette de 2 ans, très reprise par des antivax.
Une étude de 2015 relevait déjà le risque de mal interpréter les notifications d’effets secondaires. « Faire des généralisations et tirer des conclusions à propos de liens entre vaccin et décès sur la base de notifications spontanées sur Vaers, dont certaines sont anecdotiques ou rapportées de seconde main, ou les cas rapportés dans les médias, n’est pas une pratique scientifique valide. »
Covid-19 : la vaccination est-elle vraiment à l’origine d’une « mortalité inédite » ?
lun. 2 août 2021 à 5:09 PM·5 min de lecture
Un article de blog hébergé sur Mediapart pointe du doigt la mortalité vaccinale, évoquant près de 1 000 décès liés aux vaccins. Des conclusions qui indignent de nombreux médecins.
« Une mortalité inédite ». Dans un article de blog hébergé par Mediapart, le sociologue Laurent Mucchielli affirme qu’il y a « urgence à suspendre » la vaccination de masse contre le Covid-19 et pointe du doigt une mortalité « inédite dans l’histoire de la médecine moderne », évoquant le chiffre de presque 1000 morts du vaccin. Un article alarmiste dont les conclusions sont dénoncées par de nombreux médecins.
Ce truc de Muchielli tourne, et il est repris par de nombreuses personnes qui se laissent berner par ce « dr » (non médecin) en sociologie, sc po et histoire, qui a fait du Covid son cheval de bataille, sa marotte, en usant de son affiliation @CNRScomme argument d’autorité pic.twitter.com/GB9yFeCbHa
— Le Doc (@Le___Doc) August 1, 2021
Les chiffres utilisés dans cet article de blog sont issus des données de l’ANSM, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, librement consultables en ligne. S’ils sont vrais, c’est l’interprétation qui en est faite qui indigne les médecins.
Des chiffres issus de la pharmacovigilance
« Ce sont des bases de déclaration, donc l’imputabilité du vaccin n’est pas définie. L’auteur utilise des bases de données sans savoir les interpréter », déplore Matthieu Molimard, chef de Service de Pharmacologie Médicale au CHU de Bordeaux
Des données qui sont compilées par l’ANSM grâce à la pharmacovigilance, c’est-à-dire la surveillance des effets secondaires nocifs éventuels d’un médicament. C’est notamment grâce à cette surveillance que quelques rares cas de thromboses ont été signalés après l’injection du vaccin AstraZeneca chez les plus jeunes.
« Chaque vacciné peut signaler un effet indésirable »
« Les médecins, mais aussi les vaccinés peuvent signaler un effet indésirable, qui est ensuite remonté au centre régional de pharmacovigilance, puis entré dans une base nationale. L’effet signalé est ensuite étudié selon la bibliographie, c’est-à-dire savoir s’il y a eu des précédents déjà rapportés, selon le temps de survenue de l’événement indésirable après le vaccin. Tout cela permet d’évaluer la probabilité d’un lien avec le vaccin : probable ou non », nous éclaire le docteur Michael Rochoy, ancien interne en pharmacovigilance à Lille.
Vidéo. Les laboratoires en profitent, les prix des vaccins flambent
Le signalement d’un effet indésirable s’effectue en ligne, sur le site de l’ANSM. Avec la vaccination contre le Covid-19, les signalements d’effets indésirables sont plus nombreux, avec plus de 40 millions de vaccinés en sept mois.
« Tous les décès signalés après le vaccin ne sont pas dus au vaccin »
« Les chiffres utilisés dans cet article sous-entendent que tous les décès signalés après le vaccin sont dus au vaccin. Or, ce n’est pas le cas. Vous pouvez par exemple faire un infarctus après le vaccin, sans que celui-ci ne soit la cause. Vous auriez tout de même fait cet infarctus sans avoir été vacciné », illustre Michaël Rochoy, membre du collectif Du Côté de la Science.
C’est par exemple ce qui a été établi après le décès d’un jeune de 33 ans à Issoudun (Vienne). Quelques heures après sa vaccination, l’homme décède, le vaccin est suspecté. L’autopsie a révélé que l’homme a succombé à un infarctus, dont les effets ont été aggravés par la prise de poppers.
Autre exemple, celui de la mort d’un jeune homme de 22 ans, dont le père a lié le décès à sa vaccination huit heures plus tôt, dans une vidéo devenue virale. L’autopsie a finalement confirmé le décès lié à une allergie, faisant le lien avec l’absorption « peu avant son décès, durant un repas au restaurant, d’un aliment pour lequel il avait une allergie connue ».
« Hormis un ou deux cas peut-être lié à une réactogénicité qui a donné une fièvre mal tolérée chez des personnes très âgés et très fragiles en Ehpad, on n’a pas à déplorer de décès liés à Pfizer », poursuit Matthieu Molimard, qui rappelle que les rares cas d’allergie au vaccin se font quasi-instantanément, ce qui explique les 15 minutes de surveillance après la vaccination durant lesquelles le vacciné reste sous la surveillance d’un médecin.
« La balance bénéfice risque resterait quand même en faveur du vaccin ! »
« Tous les cas rapportés dans les synthèses de pharmacovigilance n’ont pas un lien établi avec le vaccin. Certains peuvent être probables, d’autres moins », résume Michaël Rochoy. « Concernant les cas de décès déclarés, les données actuelles ne permettent pas de conclure qu’ils sont liés au vaccin », écrit justement l’ANSM dans le document dont sont extraits les chiffres cités par le blog.
Au-delà du fait que l’auteur considère que les décès rapportés sont forcément liés au vaccin, plusieurs médecins déplorent l’appel à suspendre la vaccination de masse. « Dans l’hypothèse, qui est fausse, qu’il y ait 1000 décès liés aux vaccins depuis le début de la campagne il y a sept mois, le bénéfice resterait supérieur au risque. Il faut se rappeler que de novembre à mars, on déplorait plus de 300 décès liés au Covid chaque jour », conclut Michaël Rochoy.
Un article largement relayé
Un article alarmiste largement partagé dans les groupes Facebook anti vaccins et relayé par plusieurs personnalités politiques, comme le député Gilbert Collard.
Dans Mediapart qui cite l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, le #vaccin a tué près d’un millier de personnes ces 6 derniers mois !
Qui paiera pour toutes ces victimes ? Il faudra bien un jour que les responsables s’expliquent !
src: https://t.co/Wy2ci8q77q pic.twitter.com/Pjs2YfNK5r
— Gilbert Collard (@GilbertCollard) July 31, 2021
Mais contrairement à ce que sous-entend Gilbert Collard, les blogs de Médiapart ne sont pas écrits par les journalistes de la rédaction, mais par des abonnés au média, dont fait partie Laurent Mucchielli. Face à ces propos écrits, plusieurs internautes demandent au CNRS de prendre des mesures face à celui qui est directeur de recherche.
Bonjour @CNRS. des gens m’écrivent, paniqués d’avoir lu sous la plume d’un chercheur proche de France Soir des informations en décalage complet avec l’état des connaissances scientifiques, et qui promettent le pire à ceux qui se vaccinent.
Votre responsabilité est engagée. pic.twitter.com/pZQrowlmw4
— La Tronche en Biais (@TroncheBiais) July 30, 2021
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Les informations sur le Covid-19 arrivent en masse et ce qui est vrai un jour ne l’est plus forcément quelques mois plus tard, d’où une certaine confusion. Le Covid-19 ne tuerait « pas plus que la grippe », toujours selon Gaëlle, gilet jaune.
« Après la première vague en 2020, il était permis de penser qu’il y aurait moins de décès pendant la deuxième partie de l’année, le Covid-19 ayant accéléré la mort des plus vulnérables. On a observé cet “effet moisson” en 2003. L’espérance de vie aurait même pu continuer d’augmenter, cela a été le cas après la canicule pour les hommes. La deuxième vague de Covid-19 puis le fait que l’épidémie perdure ont tout changé », indique Michel Guillot, spécialiste de la mortalité à l’Institut national d’études démographiques (Ined).
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Gaëlle est ouverte à la discussion et se montre attentive à une mise à jour du décompte macabre, le Covid-19 ayant causé plus de 112 000 morts depuis le début de la pandémie. Elle avoue ne plus savoir où trouver une information juste.
Au-delà des morts, il y a les centaines de milliers de patients souffrant d’un Covid long, longtemps passés sous les radars. Une étude de l’Office national des statistiques anglais montre que 10 % des personnes infectées par le Sars-CoV-2 avaient encore des symptômes, parfois très invalidants, trois mois après leur test PCR positif.
Le fait que « les scientifiques changent souvent d’avis » est souvent évoqué dans les cortèges et semble alimenter la défiance. Le nombre de jours à attendre entre les deux doses de vaccin, par exemple, a évolué. « Il n’y a pas de vérité vraie et la vérité est évolutive au fil du temps à mesure que les connaissances s’accumulent. Au début, on ne peut pas avoir toutes les réponses », justifie Daniel Lelièvre.
« Les vaccinés favorisent l’apparition de variants du Sars-CoV-2 »
En réalité, plus un virus circule et plus il risque de muter. Comme la vaccination limite la transmission du Sars-CoV-2, elle réduit aussi le risque de voir apparaître un variant préoccupant. D’ailleurs, les premiers sont apparus avant même le début des campagnes de vaccination, au Brésil, au Royaume-Uni et en Inde, notamment.
« Les variants préoccupants naissent là où l’épidémie est très active en tentant de prendre la place du variant qui circulait jusqu’alors majoritairement. Ils touchent surtout la population non immunisée », précise Jean-Michel Pawlotsky, chef du pôle biologie du CHU Henri-Mondor.
« Dans les pays qui connaissent de très fortes poussées épidémiques, de nouveaux variants vont se développer et se propager ailleurs dans le monde. Même si l’Inde a bouclé ses frontières depuis le début de la pandémie, de par ses relations avec la Grande-Bretagne, le variant Delta est entré en Europe », rappelle Jean-Michel Pawlotsky, à la tête d’une plateforme de séquençage du Sars-CoV-2, qui permet d’identifier les différents variants en circulation.
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D’où l’importance d’un accès à la vaccination dans le monde entier, et non uniquement dans les pays riches. Moins de 4 % de la population africaine a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19.
« Pour éradiquer le virus, il faudrait que plus de 80 % de la population mondiale soient vaccinés et on en est loin, constate Jean-Michel Pawlotsky. Ce que l’on recherche, c’est que le Sars-CoV-2 devienne comme la grippe. On vaccine, la plupart de ceux qui sont infectés sont des non-vaccinés mais on n’arrête pas le pays pour autant. » Même si l’objectif d’atteindre l’immunité collective paraît encore loin, s’en approcher permettrait de limiter largement les dégâts du Covid-19.