
Alors que le ministre de la santé communique sur l’anniversaire du Ségur et déclare « Je n’ai pas d’indicateurs à ce jour attestant d’une fuite de l’hôpital », le CIH constate l’échec du Ségur pour restaurer l’attractivité de l’hôpital publi

| Ségur de la santé : Le SML déplore une année noire pour la médecine libérale |
| Malakoff, le 20 juillet 2021 | Le Gouvernement a réuni, ce mardi 20 juillet, le comité de suivi pour tirer le bilan de la première année d’application du Ségur de la Santé. Si des mesures courageuses ont été prises pour moderniser les établissements hospitaliers et médico-sociaux, comme pour revaloriser les carrières et l’attractivité des métiers dans ce secteur, en revanche le SML ne peut que dresser le constat amer que la médecine de ville n’a pas fait l’objet des mêmes attentions de la part du Gouvernement. Le Ségur de la santé n’a mené qu’à une réforme hospitalière. Le Gouvernement continue d’ignorer la crise profonde que traversent les médecins libéraux, qui s’est encore aggravée avec la crise sanitaire. Depuis le début de ce quinquennat, la profession attend que le Gouvernement aille au-delà des annonces et qu’il se mobilise pour restaurer son attractivité, ce qui passe par un investissement massif sur la médecine de ville. Au lieu de cela, le Gouvernement a multiplié les atteintes à la profession en accélérant le dépeçage des compétences et des actes médicaux au profit de professions moins qualifiées. Mais ce n’est pas tout : il a aussi privé les médecins libéraux de toute perspective d’évolution organisationnelle et de revalorisations tarifaires en confisquant la convention médicale, dont le terme a été repoussé arbitrairement à 2023, afin d’imposer un mode de rémunération forfaitaire dont le seul objectif est d’emporter les médecins ville dans une forme de salariat déguisé. À l’inverse, 8 milliards d’euros ont été investis au profit des personnels hospitaliers… Depuis un an, l’action du Gouvernement dans les territoires s’est bornée à la multiplication des structures comme les centres de santé, ou encore les CPTS et MSP héritées de la loi Touraine. Le ministre a beau indiquer que le Ségur de la santé a introduit de la souplesse dans le système de santé, les difficultés que rencontrent aujourd’hui les acteurs des soins de ville pour faire reconnaître et financer les équipes ouvertes de soins libérales témoignent du contraire. La progression très limitée du nombre de CPTS, trop bureaucratisées, justifie pleinement le soutien aux formes de coordinations libérales qui vivent sur le terrain que réclame, avec d’autres, le SML. Le seul point positif du Ségur de la santé que le SML concède est l’accélération de la télésanté. Elle était incontournable avec la crise sanitaire, et le syndicat tient à souligner la mobilisation inédite des médecins libéraux qui ont réalisé l’essentiel des 17 millions de téléconsultations effectuées par les acteurs de ville. Reste que la télésanté ne doit pas devenir le cheval de Troie des régimes obligatoires et complémentaire pour remettre en cause l’indépendance de la pratique médicale avec des outils comme la prescription électronique et le tiers payant. Au total, le SML ne peut saluer ce premier anniversaire du Ségur de la santé que comme une année noire de plus pour la médecine de ville. Le SML réclame un investissement urgent de 2 milliards d’euros pour sauver et relancer la médecine libérale. |
« Des dizaines de postes vacants : à Rouen, le CHU veut séduire pour recruter »
Le Parisien 21 Juillet
Date de publication : 21 juillet 2021 Laurent Derouet indique dans Le Parisien que « face à la pénurie générale de personnels de santé, le CHU de Rouen lance une vaste campagne de recrutement pour mettre en avant les atouts de l’hôpital public et les possibilités d’évolution qu’il propose à ses salariés ».
Le journaliste note en effet : « Plus gros employeurs de Normandie avec près de 10.000 salariés – dont plus de 5000 soignants –, le CHU Charles-Nicolle de Rouen peine pourtant à recruter sur certains postes en tension comme les aides-soignants, les infirmiers ou les infirmiers de bloc opératoire, hommes ou femmes ».
Alexandre Morand, directeur des ressources humaines, remarque qu’« actuellement, il y a environ une centaine de postes vacants chez les soignants ».
Laurent Derouet observe que « même si, depuis le début de l’année, 365 recrutements ont déjà été effectués tous secteurs confondus, la volonté affichée par la direction est de dépasser sa moyenne annuelle de 700 embauches pour se donner un peu d’air ».
Véronique Desjardins, directrice générale de l’établissement, précise que « notre objectif, c’est d’atteindre le plein-emploi sur le CHU. Nous constatons une hausse de 0,5 à 1% de l’absentéisme, ici comme au niveau national, ce qui n’est pas surprenant après 18 mois de crise sanitaire. L’hôpital a tenu bon, mais son personnel est épuisé ».
Le journaliste note qu’« une vaste campagne de recrutement vient donc d’être lancée afin de mettre en avant les avantages à travailler dans un hôpital de cette taille ».
Alexandre Morand fait savoir que « le Ségur de la santé a permis une revalorisation des salaires à hauteur de 183 € par mois, et une revalorisation des grilles de salaires qui va débuter en octobre. A titre d’exemple, une infirmière qui débute chez nous va toucher 1950 € nets par mois et une aide-soignante 1 750 € nets ».
Françoise Delaire, coordinatrice des soins, indique quant à elle que « sur les premières années, il peut y avoir une différence, mais à moyen terme, les possibilités d’évolution dans un établissement tel que le nôtre sont beaucoup plus larges, avec un vaste choix de spécialités qui peuvent se succéder au sein d’une même carrière ».
« En outre, une aide-soignante qui souhaite par exemple devenir infirmière peut le faire tout en étant payée durant le temps de sa formation. Et c’est la même chose pour les infirmières qui souhaitent se spécialiser. Chaque année, le CHU de Rouen investit plus de 7M€ dans la formation, ce qui représente un total de 8 000 journées », ajoute-t-elle.
Laurent Derouet relève en outre que « si ces arguments ne suffisent pas, pour les postes les plus recherchés, le CHU de Rouen n’hésite pas à appliquer un système de prime à l’embauche, ce qui est pour l’instant le cas avec les Ibode (Infirmier de bloc opératoires diplômés d’Etat) qui peuvent recevoir 5000 € à la suite de leur signature ».