L’efficacité du vaccin Moderna serait supérieure (Mayo Clinic de Rochester) – Le variant delta met à mal la stratégie tolérance Zéro en Australie et en Chine

Covid-19 : face au variant Delta, l’efficacité et les limites des vaccins à ARN

Une étude américaine menée à partir de données collectées auprès de 25 000 patients constate que l’efficacité du vaccin Moderna est nettement supérieure à celle du Pfizer

Par Stéphane Foucart et Pascale SantiPublié hier à 06h36, mis à jour à 11h24  

Temps de Lecture 5 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/14/covid-19-face-au-variant-delta-l-efficacite-et-les-limites-des-vaccins-a-arn_6091407_3244.html

Dans un restaurant de Los Angeles en Californie, le 7 août 2021. Une preuve de vaccination est demandée aux clients avant leur entrée.
Dans un restaurant de Los Angeles en Californie, le 7 août 2021. Une preuve de vaccination est demandée aux clients avant leur entrée. PATRICK T. FALLON / AFP

Essentiel pour limiter les dégâts sanitaires du Covid-19, le vaccin ne sera pas suffisant pour enrayer, à lui seul, la circulation du nouveau coronavirus dans la population. En cause, notamment, l’efficacité réduite du vaccin de Pfizer-BioNTech – et dans une moindre mesure de celui de Moderna –, face au variant Delta, désormais majoritaire en France.

Dans une prépublication postée le 9 août sur le portail MedRxiv, des chercheurs du réseau hospitalo-universitaire américain Mayo Clinic et de la société d’analyse de données Nference proposent la première estimation comparative et chiffrée, en vie réelle, de l’efficience des deux vaccins à ARN messager. Ces données suggèrent le maintien d’un haut niveau de protection, supérieur à 75 %, contre les formes graves de la maladie, face au Delta.

Lire nos informations à ce sujet : Vaccination : face aux variants, les laboratoires cherchent la parade

Mais la protection contre l’infection – symptomatique ou non – chute devant le variant apparu en Inde et descend jusqu’à à peine plus de 40 % pour le Pfizer. Le Moderna, beaucoup moins utilisé en France, conserve quant à lui un haut niveau de protection. La perspective d’atteindre rapidement l’immunité de groupe grâce à la seule vaccination s’éloigne ainsi encore un peu plus.

Appel à des études complémentaires

Ces chiffres, non encore formellement publiés, doivent être considérés avec précaution. Mais, selon les scientifiques sollicités par Le Monde, ils sont crédibles et surtout cohérents avec d’autres éléments de preuve déjà disponibles. Les auteurs ont analysé les données d’hospitalisation et de résultat des tests RT-PCR de Mayo Clinic, obtenues en janvier et en juillet, sur plus de 25 000 patients du Minnesota. Ils ont ensuite rétrospectivement comparé le destin sanitaire des personnes non vaccinées avec celles ayant bénéficié de deux doses, en sélectionnant les plus de 18 ans et en tenant compte du sexe, du groupe ethnique et de la date de vaccination.

Les chercheurs ont ainsi pu évaluer l’efficacité des deux vaccins face aux variants Alpha (dit « anglais ») et Delta (« indien »), en s’appuyant sur le fait qu’au Minnesota le premier était largement dominant en janvier et le second en juillet. Les résultats sont éloquents. Face à l’Alpha, le Pfizer offrirait une protection de 85 % contre l’hospitalisation et de 76 % contre l’infection, le Moderna protégeant, respectivement, contre ces événements à 91,6 % et à 86 %. Face au Delta, le Moderna ne protège plus qu’à 81 % contre l’hospitalisation et à 76 % contre l’infection, tandis que le Pfizer conserve un taux de protection de 75 % contre l’hospitalisation, mais de seulement 42 % contre l’infection.

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Les chercheurs ont confronté ces résultats avec ceux d’autres Etats. Ces dernierssemblent confirmer la meilleure tenue du Moderna face au variant Delta. « En Floride, qui connaît actuellement la plus forte poussée de Covid-19 à ce jour [aux Etats-Unis], le risque d’infection en juillet après une vaccination complète avec l’ARNm-1273 [Moderna] était environ 60 % plus faible qu’après une vaccination complète avec le BNT162b2 [Pfizer] », écrivent les chercheurs. Ils appellent à des études complémentaires pour confirmer ce différentiel, entre deux produits pourtant réputés très proches, et le cas échéant pour en élucider les mécanismes. De tels travaux pourraient en effet s’avérer très utiles pour la mise au point de nouveaux vaccins.

« Un vaccin n’est jamais efficace à 100 % »

Comme toutes les études réalisées en vie réelle, l’analyse des données est délicate et tous les biais n’ont pu être écartés par les auteurs. L’épidémiologiste Mircea Sofonea (université de Montpellier), qui n’a pas participé à ces travaux, relève ainsi que le statut sérologique des patients est inconnu et n’a donc pu être pris en compte. « Cela signifie que, dans le groupe des non-vaccinés, il ne peut être exclu que certains aient été préalablement en contact avec le virus et aient ainsi développé une immunité, explique-t-il. Puisque l’efficacité des vaccins est ici estimée en comparant les vaccinés et les non-vaccinés, il est possible que ces résultats minorent légèrement l’efficacité réelle des deux vaccins. »

Ces estimations de baisse d’efficacité des vaccins face au Delta ne surprennent pas le virologue Olivier Schwartz, de l’Institut Pasteur. « C’est cohérent avec ce que l’on sait par ailleurs, dit-il. On sait que la quantité d’anticorps neutralisants a tendance à diminuer dans les mois qui suivent la vaccination. Or, notre équipe a montré[dans des travaux publiés le 8 juillet dans la revue Nature], comme d’autres équipes, qu’il faut environ quatre fois plus d’anticorps pour neutraliser le Delta qu’il n’en faut pour neutraliser l’Alpha. »

« Un vaccin n’est jamais efficace à 100 %, renchérit Benjamin Terrier, professeur de médecine interne (hôpital Cochin à Paris). Des données de Singapour montrent aussi que les personnes vaccinées infectées ont une charge virale qui diminue plus rapidement, et donc transmettent probablement moins que les sujets non vaccinés. »

Garder le masque en milieu clos

Des travaux français prépubliés sur la plate-forme HAL, coordonnés par François Blanquart, chercheur (CNRS) au Centre interdisciplinaire de recherche en biologie, et Florence Débarre, chercheuse (CNRS) à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris, suggèrent en effet que la charge virale (c’est-à-dire, schématiquement, la quantité de virus) retrouvée dans le nasopharynx chez les personnes infectées mais asymptomatiques est plus faible chez les vaccinés, deux semaines après la deuxième dose, que chez les non-vaccinés.

Toutefois, précise Florence Débarre, « lorsque l’infection est symptomatique, nous ne détectons pas de différence de charge virale entre les patients totalement vaccinés et ceux qui ne sont pas totalement vaccinés ». Avec, dans ce cas, un potentiel de transmission probablement comparable.

Obtenues grâce aux données anonymisées des résultats de près de 300 000 tests RT-PCR effectués en France entre mi-juin et fin juillet, ces données portent autant sur le variant Alpha et que sur le Delta. « Ces résultatsainsi que les doutes sur le maintien de l’efficacité de certains vaccins contre l’infection par le variant Delta, incitent à prendre au sérieux le potentiel de transmission du virus chez les personnes symptomatiques, même si elles ont été vaccinées », affirme Mme Débarre.

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« Dans ce contexte et face à un virus plus transmissible, compte tenu du mode de transmission du SARS-CoV-2, il semble prudent de garder le masque en milieu clos »,indique Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue à l’hôpital Bichat, à Paris. D’autant plus que la durée de validité d’un test négatif au Covid-19 est alLe variant delta mat à mal la stratégie tolérance Zéro en Australie et en Chinelongée à soixante-douze heures depuis le 9 août, contre quarante-huit heures initialement. La prudence s’impose, précise l’infectiologue, car « plus le virus circule, plus de nouveaux variants peuvent se développer ». Fin juillet, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains avaient d’ailleurs mis en avant l’argument de la très haute transmissibilité du variant Delta pour justifier leur recommandation de réintroduire le masque en intérieur.

Stéphane Foucart et  Pascale Santi

Vaccins Pfizer et Moderna : une moindre efficacité face au variant Delta ?

Stéphanie Lavaud

AUTEURS ET DÉCLARATIONS

18 août 2021

francais.medscape.com/voirarticle/3607431#vp_1(ouvre un nouvel onglet)

Rochester, Etats-Unis ― Une étude des chercheurs de la Mayo Clinic publiée en préprint[1] et tendant à montrer une meilleure efficacité du vaccin Moderna par rapport au vaccin Pfizer/BioNTech face au variant Delta a fait réagir le Dr Antoni Fauci, conseiller officiel de la Maison-Blanche en matière de Covid.

Pfizer vs Moderna

Alors que les essais cliniques et les études de vraie vie ont établi l’efficacité des vaccins à ARNm contre le Covid-19, des questions se posent, dans un contexte d’émergence de variants et de nouvelles infections, quant à leur efficacité face au variant Delta. Pour en savoir plus, une équipe de la Mayo Clinic a regardé l’efficacité du vaccin Moderna (mRNA-1273) et celle du vaccin de Pfizer/BioNTech (BNT162b2) entre janvier et juillet 2021, une période de grande circulation des variants Alpha et Delta.

Leur étude a porté sur 2 cohortes de sujets du Minnesota vaccinés et non vaccinés, de 25 589 personnes chacune.

Les chercheurs ont trouvé une bonne efficacité des deux vaccins à cette période contre les infections à SARS-CoV-2 (mRNA-1273/Moderna: 86%, [IC95% : 81-90.6%]; BNT162b2/Pfizer : 76%, [IC95% : 69-81%]), de même que contre les hospitalisations liées au Covid-19 (mRNA-1273 : 91.6%, [IC95% : 81-97%]; BNT162b2: 85%, [IC95% : 73-93%]).

Moderna plus efficace que Pfizer sur le variant Delta ?

Néanmoins, quand ils se sont limités au seul mois de juillet, les auteurs ont noté que l’efficacité contre l’infection était nettement plus faible : 76% (95% CI: 58-87%) avec le vaccin Moderna et 42% (95% CI: 13-62%) avec celui de Pfizer, soit une baisse encore plus prononcée pour le 2e vaccin. Au cours de cette période, la prévalence du variant Delta dans l’état du Minnesota ― où a été menée l’étude ― est passée de 0,7% en mai à plus de 70% en juillet, tandis que la prévalence du variant Alpha passait de 85% à 13% sur la même période.En juillet, l’efficacité contre l’infection était nettement plus faible avec le vaccin Moderna et avec celui de Pfizer, avec une baisse encore plus prononcée pour ce dernier. 

En comparant les taux d’infection entre des individus complètement vaccinés pour le Moderna versus Pfizer via le système de santé de la Mayo Clinic sur plusieurs états (Minnesota, Wisconsin, Arizona, Florida et Iowa), les chercheurs ont montré que le vaccin Moderna conférait une réduction deux fois plus élevée du risque de nouvelle infection comparativement au vaccin Pfizer (IRR = 0,50, IC95% : 0,39-0,64). Et l’observation semble similaire en Floride, où la vague de nouvelles infections à Covid-19 est la plus marquée actuellement, avec un risque d’infection après un schéma vaccinal complet 60 % plus faible avec le vaccin de Moderna qu’avec une vaccination complète par le vaccin Pfizer (IRR: 0,39, IC95%: 0,24-0,62) – et ce, toujours pour le mois de juillet.

Le variant Delta met à mal la stratégie tolérance Zéro en Australie et en Chine:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/08/15/conflit-entre-etats-en-australie-entre-vivre-avec-le-virus-et-la-strategie-zero-virus/

Publié le 16/08/2021

L’Australie doit-elle renoncer au « zéro covid » ? 

https://www.jim.fr/pharmacien/actualites/pro_societe/e-docs/laustralie_doit_elle_renoncer_au_zero_covid__188776/document_actu_pro.phtml

C’était il y a huit mois, autant dire une éternité à l’époque du coronavirus. Alors que l’Europe multipliait les restrictions pour faire face à l’émergence du variant Delta, les spectateurs confinés du vieux continent pouvaient regarder à travers leurs écrans de télévision les habitants de Melbourne vivre une vie presque normale à l’occasion de l’Open d’Australie.
Derrière ce succès se cache une stratégie au nom qui sonne comme une promesse marketing : le « zéro covid ».

En quoi consiste-t-elle ? Lorsqu’un cas ou plusieurs cas de Covid sont détectés dans une ville, les autorités locales mettent en place un confinement strict d’une zone géographique délimitée pendant une période pouvant aller de 5 jours à plusieurs semaines. En dehors de ces périodes, très peu de restrictions sont appliquées. Cette politique s’accompagne notamment d’une politique stricte de fermeture des frontières extérieures.

Enviée en France en janvier, critiquée en Australie aujourd’hui

Au moment où Emmanuel Macron refusait de reconfiner la France en janvier 2021, de nombreux médecins et politiques ont défendu la mise en place du « zéro covid » en Europe.

Dans une tribune publiée dans le Monde le 16 février 2021, un collectif de médecins, économistes et politistes faisait du zéro covid « le moyen clair pour traverser la pandémie en limitant les dégâts ».

D’un point de vue humain, la stratégie constitue un succès indéniable. Seuls 966 morts ont été recensés en Australie depuis le début de l’épidémie (pour 25,6 millions d’habitants) et 26 en Nouvelle Zélande (pour 4,9 millions d’habitants). Mais sur le long terme, la stratégie du « zéro covid » (qui implique la multiplication des mesures de « stop and go ») entraine une fatigue importante pour la population locale.

Une fatigue aggravée par l’apparition sur le territoire australien du variant Delta dont la propagation semble beaucoup plus difficile à contrôler pour les autorités sanitaires qui avaient jusqu’alors mis en place une politique de tracing efficace. Alors que le pays n’avait recensé que 12 cas de coronavirus le 1er juin, les autorités reportent désormais 395 cas en moyenne par jour sur la dernière semaine écoulée. « Essayer de suivre ce variant extrêmement rapide et performant, c’est comme tenter de prendre en chasse un ennemi dans la jungle, de nuit, sans avoir de lunettes de vision nocturne », résume l’épidémiologiste Mary-Louise McLaws au journal Le Monde.
Si les chiffres sont incroyablement plus bas que ceux affichés en Europe, ils suffisent à justifier des mesures de restrictions particulièrement énergiques. Samedi 14 août, la ville de Sydney est entrée dans sa huitième semaine de confinement strict. Ces mesures ont en outre été étendues à l’ensemble de l’État de Nouvelle-Galles du Sud pour la première fois cette année. Elles sont entrées en vigueur samedi après-midi pour au minimum sept jours.

Vaccination encore insuffisante

Pour les autorités, la reprise épidémique est à mettre sur le compte du relâchement général des comportements. À Byron Bay, une ville côtière de Nouvelles-Galles du Sud, la ville doit se confiner jusqu’au 17 août après la détection d’un seul cas. À l’origine de la contamination, un homme venu de Sydney où il avait passé quelques jours auprès de son épouse atteintes de Covid. L’homme, un quinquagénaire, se serait promené pendant plusieurs jours dans la région avec ses deux enfants, même s’il commençait à ressentir lui aussi des symptômes de la maladie. Le maire de Byron Michael Lyon, cité par la télévision ABC, a fustigé un comportement inacceptable.
Mais l’opinion publique semble désormais accentuer ses critiques autour de la lenteur de la campagne de vaccination. Au 14 août, 38,5 % de la population ont reçu une première dose du vaccin, et 20,7 % présentent un cycle vaccinal complet.

C’est « le pire échec en matière d’administration publique dans l’histoire de ce pays », a dénoncé, dès le 1er juillet, l’ancien premier ministre libéral, Malcolm Turnbull. Il faut dire que le pays a multiplié les erreurs stratégiques en la matière. Les autorités sanitaires ont attendu fin janvier pour délivrer l’autorisation de mise sur le marché aux vaccins Pfizer et  Moderna et ont limité les commandes des deux produits. Alors que l’Australie, à l’image du Royaume-Uni, voulait faire reposer sa campagne de vaccination sur le vaccin AstraZeneca, le pays a fini par déconseiller le produit aux moins de 60 ans, sans disposer dans le même temps de vaccin de substitution. Faisant face à la tension considérable du marché, le pays éprouve aujourd’hui le plus grand mal à s’approvisionner en vaccins à ARNm.

Pour faire face à cette pénurie, l’Australie a fait acquisition auprès de la Pologne de plus d’un million de doses du vaccin Pfizer (pays où la campagne de vaccination a fortement ralenti).

Le gouvernement appelle désormais la population à se faire vacciner massivement, y compris avec le vaccin AstraZeneca, longtemps déconseillé aux moins de 60 ans, après une réévaluation du rapport bénéfice risque face à la « détérioration » de la situation. Mais bien informée, la population préfère jouer la montre. Mardi 10 août, 61 % des personnes non vaccinées interrogées disaient préférer attendre les doses supplémentaires de Pfizer et de Moderna pour se protéger contre la Covid-19.
Si Cambera a obtenu à l’issue d’un accord de dernière minute la livraison de 100 millions de doses de vaccins à ARNm, la commande ne pourra être délivrée qu’à partir du dernier trimestre 2021. Voilà qui devrait repousser l’hypothétique application de la promesse du gouverneur de Nouvelle-Galles-du-Sud qui a affirmé que lorsque six millions de personnes (sur les 8 millions que compte l’État) auront reçu une première dose, il relâcherait progressivement les restrictions de circulation. Non seulement, les taux de vaccination actuels rendent cette annonce encore très virtuelle, mais elle suscite en outre d’importantes tensions chez les états voisins qui envisagent de fermer leurs frontières avec les Nouvelle-Galles-du-Sud si elle était effective.

C.H.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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