Conflit entre Etats en Australie entre « vivre avec le virus » et » la stratégie Zéro virus » – La tolérance Zéro un défi pour la Chine avec le variant Delta.

En Australie, la stratégie du zéro Covid vacille face au variant Delta

Confronté à une vague de contaminations difficile à juguler, le gouvernement de l’Etat de Nouvelles-Galles du Sud envisage de « vivre avec » le virus, une orientation dénoncée par les autres Etats et le gouvernement fédéral. 

Par Isabelle Dellerba(Sydney, correspondance)Publié le 11 août 2021 à 12h00 – Mis à jour le 11 août 2021 à 12h05  

Temps de Lecture 5 min. https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/11/en-australie-la-strategie-du-zero-covid-vacille-face-au-variant-delta_6091161_3244.html

Distribution de masques dans une rue de Sydney, le 11 août.
Distribution de masques dans une rue de Sydney, le 11 août. SAEED KHAN / AFP

« La ligne de 16 h 15, c’est votre tour, avancez, les uns derrière les autres et respectez les mesures de distanciation physique ! », crie une employée gouvernementale, dans un gilet orange fluo trop grand, en désignant l’entrée du Sydney Olympic Park, l’un des centres de vaccination de masse établi par l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud. Immédiatement, en ce jeudi 5 août, des dizaines de personnes se mettent en marche. A peine quelques minutes plus tard, chacun reçoit un texto avec un numéro de poste de vaccination. « Ils n’ont pas beaucoup de doses mais, au moins, ils sont bien organisés », dit en souriant Max, un quadragénaire soulagé d’avoir complété son parcours vaccinal.

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Mardi 10 août, seulement 23,09 % des Australiens avaient reçu deux injections de vaccin contre le Covid-19, 44,7 % une seule. Des taux extrêmement faibles, résultant de problèmes d’approvisionnement, qui placent l’île-continent en queue de peloton des pays développés et qui ne permettront pas de lever, à court terme, les mesures de restriction affectant une grande partie de la population depuis que le variant Delta s’est invité aux antipodes, le 16 juin.

Après plus de six semaines de confinement, Sydney, la ville la plus touchée d’Australie, n’est toujours pas parvenue à juguler la vague qui ne cesse de gagner en amplitude avec, mardi, 356 nouveaux cas dans l’ensemble de la Nouvelle-Galles du Sud, le chiffre le plus haut jamais enregistré dans cet Etat. Le défi est tel que le gouvernement local envisage désormais de « vivre avec » le virus, en contradiction avec la politique du « zéro Covid » ayant permis jusqu’ici au pays d’enregistrer moins de 1 000 morts depuis le début de la pandémie. Ce possible renoncement n’a encore rien d’officiel, mais il est déjà dénoncé par les dirigeants des autres Etats et territoires comme par les autorités fédérales, qui n’envisagent pas de franchir ce cap avant qu’au moins 70 % de la population âgée de plus de 16 ans ait été vaccinée.

Mesures de confinement durcies

« Tendre vers le zéro reste notre approche nationale actuellement », a martelé, le 6 août, Paul Kelly, le directeur général de la santé australienne, qui, comme d’autres responsables du pays, attend de la Nouvelle-Galles du Sud qu’elle prenne des mesures plus contraignantes pour éteindre ce foyer. « Il faut un coupe-circuit », a souligné le professeurParmi les pistes envisagées par les épidémiologistes : l’instauration d’un couvre-feu, l’obligation du port du masque en extérieur dans toute la ville ou encore la réduction du périmètre de déplacement autorisé qui s’étend actuellement jusqu’à 10 kilomètres. Des options balayées d’un revers de main par le gouvernement local, qui avait déjà eu bien du mal à se résoudre à confiner l’ensemble de sa capitale, le 26 juin. Une première depuis mai 2020.

Si tous les élus australiens approuvent la fermeture des frontières internationales – en place depuis mars 2020 – et la mise en quarantaine hôtelière obligatoire des personnes autorisées à entrer sur le territoire, le recours au confinement divise. Tandis que la majorité des Etats n’hésite pas à geler toute forme d’activité, le plus souvent brièvement, dès l’apparition de quelques cas, la première ministre libérale de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, s’enorgueillit de n’adopter des mesures liberticides qu’en cas d’extrême nécessité. En s’appuyant sur des services de traçage des cas contacts ultra-performants, elle était parvenue, jusqu’alors, à éteindre toutes les flambées épidémiques.

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La donne a changé depuis que le variant Delta est arrivé à Sydney sous les traits d’un sexagénaire, non vacciné, transportant du personnel navigant. Très vite, les services sanitaires ont tiré la sonnette d’alarme, mettant en garde contre l’extrême contagiosité de cette nouvelle souche capable de se propager, en quelques minutes, dans les allées d’un supermarché comme à la terrasse d’un café. Mais, malgré leur vigilance, il a suffi qu’un cas échappe aux équipes chargées du contact tracing et que ce malade participe à une fête d’anniversaire pour que le virus commence à se répandre dans l’agglomération puis au-delà. « Maintenant, les services sont débordés. Essayer de suivre ce variant extrêmement rapide et performant, c’est comme tenter de prendre en chasse un ennemi dans la jungle, de nuit, sans avoir de lunettes de vision nocturne », résume l’épidémiologiste Mary-Louise McLaws.

Le gouvernement a d’abord imposé des mesures de confinement localisées, avant de les étendre et de les durcir, se résolvant même à fermer les écoles comme la plupart des commerces pour la toute première fois, mais donne l’impression de courir après cette vague. « Je pense qu’au départ il n’a pas réalisé à quel point le variant Delta était plus difficile à contenir. Maintenant, c’est peut-être trop tard pour revenir à zéro. Et, le temps qu’un pourcentage suffisant de la population soit vacciné, Sydney risque de se retrouver confinée pendant un bon moment, prédit Omar Khorshid, président de l’Association médicale australienne. Nous n’avons pas d’autre choix si nous voulons éviter une catastrophe sanitaire. »

Accélération de la vaccination

Au fur et à mesure que grimpe le nombre de personnes contaminées, la première ministre évoque de moins en moins l’objectif de retomber à « zéro cas circulant dans la population ». Elle appelle en revanche ses concitoyens à se faire vacciner, y compris avec AstraZeneca, longtemps déconseillé aux moins de 60 ans en raison de risques d’effets secondaires graves, mais dont le rapport bénéfice-risque a été réévalué à la suite de la dégradation de la situation.A

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Il est désormais recommandé à tous les plus de 18 ans, car il est le seul disponible en quantité sur l’île-continent. Fin 2020-début 2021, les autorités fédérales en avaient acheté plus de 50 millions de doses et avaient fait l’erreur de ne négocier que 20 millions de doses de vaccin à ARN messager. Si elles ont depuis sextuplé leur commande, ces livraisons supplémentaires n’arriveront qu’à partir du dernier trimestre 2021. En Nouvelle-Galles du Sud, quand 6 millions de personnes (sur les 8 millions que compte l’Etat) auront reçu au moins une injection, Gladys Berejiklian promet de relâcher très graduellement les restrictions.

« J’ai peur de développer un caillot. J’ai beaucoup hésité avant de me faire vacciner. Mais j’ai décidé de sauter le pas pour protéger ma famille et pour que l’on puisse reprendre une vie normale, confie Dominic Spies, un électricien de 39 ans qui n’a eu accès qu’au vaccin élaboré par le laboratoire anglo-suédois. J’en veux à nos dirigeants locaux pour ne pas avoir instauré un confinement plus strict et au gouvernement fédéral pour sa mauvaise gestion de la campagne vaccinale. »

Dans les autres Etats, qui ont fermé leurs frontières avec la Nouvelle-Galles du Sud et n’envisagent pas de les rouvrir si Mme Berejiklian renonce à la stratégie du « zéro covid » avant que l’ensemble du pays n’ait atteint ses objectifs vaccinaux, les responsables redoutent de voir le virus gagner leur territoire. Notamment dans le Victoria, où les autorités tentent toujours d’empêcher une reprise épidémique par le biais d’un énième confinement, qui a encore été prolongé d’une semaine mercredi.

Isabelle Dellerba(Sydney, correspondance)

  • Nouveau tour de vis à Sydney, confinée depuis huit semaines

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/14/covid-19-dans-le-monde-nombre-inegale-de-morts-en-russie-nouveau-tour-de-vis-a-sydney_6091433_3244.html

Les restrictions vont être renforcées à Sydney, la plus grande ville d’Australie, qui entre dans sa huitième semaine de confinement, ont annoncé samedi les autorités, estimant qu’il s’agit de la « journée la plus inquiétante depuis le début de la pandémie ». Longtemps épargnée par la pandémie, l’Australie est frappée par une flambée de contaminations, portée par le variant Delta, qui menace sa stratégie de « zéro Covid ».

Plus de 10 millions d’habitants du pays sont confinés, notamment dans les deux plus grandes villes du pays, Sydney et Melbourne, ainsi que dans la capitale, Canberra. A compter de lundi, les personnes ne se conformant pas aux draconiennes restrictions seront passibles de lourdes amendes, les mesures prises n’ayant jusqu’à présent pas permis de freiner la propagation de l’épidémie.

Passengers wearing protective face masks walk across a train platform at the quiet Central Station in the city centre during a lockdown to curb the spread of a coronavirus disease (COVID-19) outbreak in Sydney, Australia, August 12, 2021. REUTERS/Loren Elliott

Les mesures de confinement ont également été étendues à l’ensemble de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud pour la première fois cette année. Elles sont entrées en vigueur samedi après-midi pour au minimum sept jours. Les patrouilles de police ainsi que les points de contrôle seront renforcés, alors que des centaines de militaires seront chargés de veiller au strict respect du confinement.Lire notre décryptage : En Australie, la stratégie du zéro Covid vacille face au variant Delta

  • En Australie, la moitié de la population est désormais reconfinée
Healthcare staff watch as workers construct a pop-up COVID-19 testing site in the carpark of a college in Melbourne, Australia, Thursday, Aug. 5, 2021. Australia’s second-largest city Melbourne is into its sixth lockdown with a state government leader blaming the nation’s slow COVID-19 vaccination rollout for the decision. (Daniel Pockett/AAP Image via AP)

Une semaine à peine après avoir levé les mesures de confinement, la ville de Melbourne, la deuxième la plus peuplée d’Australie, a été obligée de faire machine arrière pour juguler l’apparition de nouveaux cas de Covid-19 et, notamment, du très infectieux variant Delta.

Les autorités ont reconnu ne « pas avoir le choix » et ont annoncé qu’un sixième confinement depuis un an et demi entrerait en vigueur, jeudi soir, pour une durée minimale d’une semaine. Celui-ci sera même étendu à l’ensemble de l’Etat de Victoria, dans le sud-est de l’île. Plus de la moitié des 25 millions d’Australiennes et Australiens seront désormais confinés, puisque les villes de Sydney et Brisbane le sont déjà.

« Aucun d’entre nous n’est heureux d’être ici. (…) Il n’y a pas d’alternative au confinement », a déclaré le premier ministre de l’Etat, Dan Andrews. La poignée de cas détectés à Melbourne n’ont pu, dans leur majorité, être associés à une source de contamination identifiée, ce qui a précipité la décision de reconfiner immédiatement.

M. Andrews a également justifié cette décision par le fait qu’« il n’y a pas assez de personnes vaccinées. (…) Un jour viendra où nous aurons d’autres options. Mais ce n’est pas aujourd’hui. » A peine 20 % de la population de plus 16 ans est intégralement vaccinée en Asutralie, un chiffre bas qui s’explique par des problèmes d’approvisionnement et une grande défiance. Le gouvernement fédéral a promis d’accélérer les livraisons des vaccins Pfizer et d’AstraZeneca d’ici à la fin de l’année. En attendant, le verrouillage des villes est la politique privilégiée pour endiguer les contaminations.

La majorité des 262 cas quotidiens recensés dans l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud – le chiffre le plus élevé depuis le début de la pandémie – l’a été à Sydney. Le confinement de la ville la plus peuplée d’Australie, parti pour durer neuf semaines, vient d’entrer dans sa septième. Compte tenu de ce record de contaminations, les autorités locales doutent qu’il soit levé comme prévu

Le variant Delta, un défi à la politique chinoise de tolérance zéro face au Covid-19

Après l’émergence de plusieurs foyers de virus en Chine, le pays prend de nouveau des mesures drastiques pour tenter de contenir l’épidémie. 

Par Simon Leplâtre(Shanghaï, correspondance)Publié le 05 août 2021 à 11h00 – Mis à jour le 05 août 2021 à 18h26 

Temps de Lecture 5 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/05/le-variant-delta-un-defi-a-la-politique-chinoise-de-tolerance-zero-face-au-covid-19_6090615_3244.html

Dans un centre de vaccination à Nankin, le 2 août 2021.
Dans un centre de vaccination à Nankin, le 2 août 2021. JI CHUNPENG / AP

Les images rappellent de douloureux souvenirs en Chine : des villes entières confinées, des villages barricadés, des vols annulés, de longues files d’attente pour tester des millions d’habitants… Mercredi 4 août, le pays a même annoncé un resserrement des conditions de sortie du territoire. Pourtant, il est loin de revivre la catastrophe des tout premiers mois de l’épidémie de Covid-19 : depuis la découverte d’un foyer à Nankin, le 21 juillet, la Chine a recensé environ 600 cas de transmission locale. C’est le chiffre le plus important depuis la fin de la première vague pour la Chine, en avril 2020. Mais, pour l’instant, aucun cas grave n’a été signalé : c’est le paradoxe, ces mesures particulièrement strictes sont appliquées alors que la menace est plus faible. Grâce à une campagne vaccinale bien engagée, avec 1,68 milliard de doses administrées soit environ 60 % de la population couverte, la plupart des cas détectés ces dernières semaines sont bénins. De quoi poser la question, à moyen terme, de l’approche de tolérance zéro face au virus.

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Pour l’instant, c’est l’inverse qui se produit. En visite à Nankin, la vice-première ministre, Sun Chunlan, a déploré un « laxisme idéologique » à l’origine des nouvelles fuites dans le système de prévention, et exhorté : « Nous ne pouvons pas nous relâcher un seul instant. » Dans la capitale du Henan, Zhengzhou, la directrice de la commission de santé de la ville, a été limogée suite à l’apparition d’un petit foyer lié à un aéroport. Des villes entières, comme Yangzhou, 1,5 million d’habitants, sont confinées comme aux pires heures de la première vague : dans cette ville du Jiangsu où des cas sont apparus dans des salles de jeux fréquentées par des personnes âgées, plus vulnérables, seule une personne par foyer est autorisée à sortir pour faire les courses.

« Muraille sanitaire »

Comme ailleurs dans le monde, c’est le variant Delta qui s’est glissé dans les interstices de la « muraille sanitaire » chinoise. Edifiée après la première vague, elle repose d’abord sur la quasi-fermeture des frontières : les visas sont délivrés au compte-gouttes et les voyageurs soumis de deux à trois semaines de quarantaine dans des hôtels spécifiques. Dans le pays, ensuite, la population est tracée grâce au big data, et lorsqu’un foyer émerge, la réactivité est immédiate : au moindre cas, les autorités locales prennent des mesures drastiques, qui ne sont relâchées que quelques semaines après la dernière transmission. Jusqu’ici, le système fonctionnait relativement bien. Des infections ont bien eu lieu dans le cadre de la prise en charge de voyageurs arrivant de l’étranger et aux frontières les plus poreuses de la Chine, avec la Russie, au nord, ou avec la Birmanie, au sud, par exemple, mais elles ont chaque fois été contenues.

« Ce variant est capable de remettre en cause les stratégies qui ont eu le plus de succès auparavant », explique l’épidémiologiste Jennifer Huang Bouey

Avec un variant Delta considéré comme beaucoup plus contagieux que le premier virus apparu à Wuhan, les récents foyers pourraient être plus difficiles à maîtriser. « Ce variant est capable de remettre en cause les stratégies qui ont eu le plus de succès auparavant : que ce soit la vaccination de masse, comme aux Etats-Unis ou en Israël, ou la méthode confinement plus tests massifs, comme en Chine ou au Vietnam », explique Jennifer Huang Bouey, épidémiologiste et spécialiste des politiques de santé en Chine à la Rand Foundation, aux Etats-Unis.

En Chine, certaines voix, minoritaires, s’élèvent pour préparer la population à un changement d’approche. Le chef du groupe d’experts qui dirigent la réponse au Covid-19 à Shanghaï, note que le Royaume-Uni, vacciné à 70 % environ, a certes vu une reprise de l’épidémie après avoir relâché ses mesures de contrôle, mais aussi une chute de la mortalité. « Elle est passée de 18 % au plus haut, à moins de 0,1 % ces dernières semaines, c’est un niveau proche de celui de la grippe saisonnière », souligne le responsable dans un article publié sur Weibo, le Twitter chinois. Avant de mettre en garde : « Ce que nous avons vécu n’est pas le plus dur. Le plus dur sera d’avoir la sagesse d’apprendre à coexister avec le virus sur le long terme. » 

Un modèle autoritaire légitimé

D’autres chercheurs abondent : « Pour atteindre une vraie immunité, il faudrait avoir 90 % de la population vaccinée, et que chaque personne reçoive des rappels. Mais cela s’annonce très difficile et très long : comme certains ne veulent pas être vaccinés, il faut s’attendre à faire face à quelques infections. Ainsi, la société dans son ensemble doit progressivement changer son attitude vis-à-vis de la tolérance zéro face à des cas sporadiques », a défendu dans une interview Feng Zijian, directeur au Centre de contrôle et de prévention des maladies, à Pékin. Mais signe que le sujet est sensible, l’article a été supprimé.

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Pour autant, négocier ce virage paraît très difficile, car les Chinois soutiennent majoritairement la politique « zéro Covid ». Et les autorités ont fait de leur succès face à la pandémie un argument pour légitimer leur modèle autoritaire. « Si on regarde comment la pandémie a été gérée par différents gouvernements et différents systèmes politiques dans le monde, on voit clairement qui s’en est le mieux sorti », a célébré le président Xi Jinping, lors d’une réunion à l’école centrale du Parti communiste, début 2021. « A partir du moment où la Chine a admis l’existence de l’épidémie de coronavirus, elle n’a pas dérogé à sa politique de tolérance zéro, comme en 2003 avec le SRAS. Il sera difficile de convaincre le public que d’autres méthodes peuvent fonctionner », analyse Jennifer Huang Bouey.

Un autre problème est l’efficacité des vaccins chinois à virus inactivés, qui produisent dix fois moins d’anticorps que le vaccin à ARN messager de Pfizer-BioNTech, d’après une étude de l’université de Hongkong (HKU). Mais, outre les anticorps, « il y a d’autres éléments du système immunitaire qui entrent en jeu pour réduire la sévérité de la maladie : c’est pour ça que tous les vaccins peuvent réduire la gravité des infections, précise Ben Cowling, directeur de la division épidémiologie et biostatistique de l’école de santé publique de HKU, coauteur de l’étude. Je pense qu’il est prématuré pour la Chine d’envisager de vivre avec le virus à ce stade, notamment du fait de la faible efficacité des vaccins inactivés pour stopper la transmission, en particulier contre le variant Delta. » Le pays pourrait prochainement autoriser la commercialisation du vaccin de BioNTech, produit localement par Fosun Pharma, et un vaccin chinois à ARN messager est actuellement en phase trois de tests au Mexique.

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Simon Leplâtre(Shanghaï, correspondance)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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