Covid-19 : neuf fois plus de non-vaccinés sont admis en soins critiques
Par Pierre Breteau et Léa Sanchez
Publié aujourd’hui à 18h27, mis à jour à 20h12
DÉCRYPTAGES
L’efficacité de la vaccination pour réduire les formes graves du Covid-19 est confirmée par les données hospitalières.
Combien compte-t-on de personnes vaccinées contre le Covid-19 parmi les admissions hospitalières ? La réponse à cette question a longtemps été rendue impossible par le cloisonnement entre les bases de données concernées. Depuis la fin de juillet, cette information est publiée en accès libre par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). L’organisme a recoupé la base SI-VIC, qui recense les personnes hospitalisées en lien avec le Covid-19, avec les bases Vacsi, qui retrace les vaccinations, et Sidep pour les tests virologiques.
Difficile d’interpréter les données brutes, puisque la progression de la campagne de vaccination accroît chaque jour la part de personnes qui ont complété leur schéma vaccinal : elles étaient 14 % le 1er juin, contre 44 % le 1er août. Dans le même temps, la part de non-vaccinés se réduit, passant de 64 % de la population à 42 %. Au fil du temps, les chiffres bruts vont donc refléter une hausse des personnes vaccinées parmi les admissions à l’hôpital, car elles représenteront une part de plus en plus importante de la population totale. En revanche, en rapportant le nombre d’hospitalisations ou d’admissions en soins critiques pour Covid-19 à l’ensemble de la population vaccinée ou non vaccinée, il est possible d’apprécier l’effet de la vaccination. Et il est majeur.Ces deux graphiques en barres empilées représentent la proportion de personnes complètement vaccinées parmi les nouveaux patients hospitalisés et les admissions en soins critiques depuis la fin du mois de mai 2021, et ce uniquement parmi les cas confirmés par un test PCR positif. Les courbes indiquent la moyenne hebdomadaire.
Afin de pouvoir comparer les populations complètement vaccinées et celle qui n’a pas même eu de première dose, nous avons rapporté pour chaque jour les deux groupes à l’ensemble de leur groupe (vacciné et non vacciné donc), avant de calculer un taux pour 10 millions d’habitants.
Ce faisant, comme la taille des deux groupes évolue en fonction des nouvelles vaccinations, les données restent comparables entre elles dans le temps.


Lors de la semaine du 26 juillet au 1er août, parmi les personnes admises en hospitalisation classique, les non-vaccinés sont six fois plus nombreux, en proportion. Et on arrive même à neuf fois plus de non-vaccinés que de personnes complètement vaccinées lorsqu’on étudie les entrées en soins critiques.
La grande disparité liée au statut vaccinal se retrouve également au niveau des tests RT-PCR. Durant la dernière semaine de juillet, les non-vaccinés représentent 78 % du total des testés positifs, contre seulement 9 % pour les personnes complètement vaccinées. Il faut toutefois noter que les non-vaccinés ont davantage recours au dépistage : alors qu’ils comptent pour 42 % de la population totale, ils ont réalisé 62 % des tests (contre 24 % pour les personnes complètement vaccinées).
En remontant au début de juin, la moyenne hebdomadaire montre aussi que les hospitalisations de patients vaccinés augmentent très faiblement sur les deux mois considérés, alors que la courbe des non-vaccinés grimpe en flèche, suivant la hausse forte des contaminations observéedepuis le début du mois de juillet sur le territoire national. « Ces constats se vérifient également au niveau régional », assure la Drees, qui a publié vendredi 13 août les premiers indicateurs territoriaux.
Des données à consolider
Ces résultats portent sur le flux des admissions hospitalières et non sur le nombre total de personnes hospitalisées, ce qui incite à la prudence lorsque les chiffres en valeur absolue sont assez faibles. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de ne pas comparer, pour l’instant, les chiffres concernant les décès hospitaliers de personnes vaccinées et non vaccinées. De plus, les données agrègent des patients tous âges confondus, alors que la politique vaccinale a été largement orientée vers les plus âgés et les plus à risque avant le début de juin. Sur Twitter, Fabrice Lenglart, le directeur de la Drees, a annoncé la publication prochaine de données détaillées par âge.Vaccination Covid-19 :suivez la progression de la campagne
Autre limite à l’analyse, les différences dans le mode de production des indicateurs. Ainsi, le nombre d’admissions hospitalières survenues entre le 31 mai et le 1er août relevé par la Drees ne correspond qu’à 80 % du total communiqué par Santé publique France (93 % pour les soins critiques). Une partie de cet écart s’explique par le fait que la Drees, lors de l’appariement des bases de données, a exclu les patients pour lesquels manquaient certaines informations identifiantes (nom, prénom, date de naissance).
Pierre Breteau
Léa Sanchez
Dr Jean SCHEFFER:
Militer contre la vaccination est criminel. On n’a plus le droit d’être fidèle à une idéologie qui ne correspond plus aux données factuelles: les données de cet article, ce qui se passe aux Antilles, au Brésil, au sud des États Unis, tous endroits où il y a peu de vaccinés, des gens jeunes meurent en réanimation, certains sans co-morbidité.
On assiste à une évolution avec le variant Delta, vers une diminution de l’âge des hospitalisés, la tranche des moins de 50 ans étant en nette augmentation.
Faites vacciner tous ceux qui autour de vous ne le sont pas quel que soit l’âge, jusqu’à 12 ans. Entre 18 et 12 ans, ils seront moins porteurs pour les plus âgés qu’eux, même s’ils ne risquent presque rien.
