L’Europe en ordre dispersé: l’Allemagne contrairement à la France, pour des actions fortes (lieux clos) dès 35cas/100.000 hab – Le sud des Etats-Unis mal vacciné en proie à une nouvelle poussée de décès et d’hospitalisations

Covid-19 : l’Allemagne anticipe pour contrer « une pandémie des non-vaccinés »

L’entrée dans les lieux clos sera soumise à de nouvelles règles, les tests ne seront plus gratuits… Le pays met en place une série de mesures qui devront s’appliquer dès que le seuil des 35 nouveaux cas pour 100 000 habitants est franchi. 

Par Hélène Kohl(Berlin, correspondance)Publié aujourd’hui à 05h59, mis à jour à 11h17  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/11/covid-19-l-allemagne-anticipe-pour-contrer-une-pandemie-des-non-vaccines_6091130_3244.html

La chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse sur les mesures anti-coronavirus, le 10 août 2021, à Berlin.
La chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse sur les mesures anti-coronavirus, le 10 août 2021, à Berlin. CHRISTIAN MANG / AP

Avec une incidence à seulement 23,5 cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, mardi 10 août, l’Allemagne a l’air de résister à l’avancée européenne du variant Delta. Mais la courbe des nouveaux cas est en progression constante depuis trente-quatre jours. Une nouvelle vague se présente, à la croissance déjà exponentielle. Pour contrer l’envolée des chiffres, la chancelière Angela Merkel a convoqué, mardi 10 août, les ministres-présidents des seize Länder. « C’était une bonne réunion, au bon moment », a souligné le maire de Berlin, Michael Müller, à l’issue de la rencontre par visioconférence.

Lire aussi  Le débat sur la vaccination obligatoire s’invite dans la campagne électorale allemande

Initialement, cette réunion devait se tenir à la fin du mois. Mais les données sont sans appel : Hambourg (59), Berlin (41) et le Schleswig-Holstein (44), les trois Länder où la rentrée a déjà eu lieu, sont ceux qui enregistrent la plus forte incidence. Les spécialistes ont salué la réactivité des dirigeants allemands qui sont parvenus à un accord mardi au bout de quelques heures.

Il n’a pas fallu négocier une partie de la nuit comme au début de la deuxième vague. « La mauvaise nouvelle est que le rythme de vaccination a ralenti considérablement », note par ailleurs Angela Merkel. Après avoir connu au printemps des journées avec plus d’un million de doses injectées, le pays a vacciné seulement 55 817 nouvelles personnes lundi, ce qui équivaut au rythme du mois de février. La chancelière cite comme objectif un taux vaccinal « très supérieur à 70 %, voire de 80 %. Nous en sommes loin ».

Les commerces et les transports exclus du dispositifs

Au total, 52 millions d’Allemands ont reçu une dose (62,5 %) et 45,8 millions sont complètement vaccinés (55,1 %). « Nous ne voulons pas d’obligation de vaccination », a clarifié le ministre-président de la Bavière, Markus Söder. Mais « cela ne suffira pas pour passer l’automne. Nous avons désormais une pandémie des non-vaccinés ». Pour l’endiguer autant que possible, l’Allemagne veut d’une part renforcer le dépistage précoce, de l’autre encourager la vaccination.

Le pays met en place une série de mesures qui devront s’appliquer dès qu’est franchi le seuil des 35 nouveaux cas pour 100 000 habitants. C’est déjà le cas d’une cinquantaine d’arrondissements sanitaires (sur 401), où ces règles rentreront en vigueur dès jeudi 12 août. De nombreuses métropoles sont concernées, comme Berlin, Hambourg, Kiel, Leverkusen, Bonn, Düsseldorf, Cologne, Sarrebruck, etc.

L’entrée dans tous les lieux clos sera soumise à la présentation d’un test négatif, d’une preuve d’immunité ou d’un schéma vaccinal complet. Il conditionne l’accès aux salles de sport, cinémas, musées, théâtres, salons de coiffure ou encore à l’intérieur des restaurants. Ce passe sanitaire qui ne dit pas son nom – le mot n’a jamais été prononcé lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion – sera aussi nécessaire pour se rendre à l’hôpital ou dans une maison de retraite. En revanche, il ne sera pas demandé à l’entrée des lieux de culte. A l’heure actuelle, les commerces et les transports sont exclus du dispositif mais le port du masque y restera obligatoire au moins jusqu’en 2022.

Dépistage à chaque coin de rue

A partir du 11 octobre, les tests ne seront plus gratuits. Actuellement, on peut se faire dépister à chaque coin de rue outre-Rhin : auto-école, réparateur de téléphones, agence de voyages, station-service, kiosque à journaux… Au printemps, de nombreux commerces ont obtenu l’homologation pour pratiquer des tests antigéniques. L’Etat leur reverse une somme forfaitaire de 12,50 euros par test. Entre avril et juin, l’Allemagne a ainsi déboursé 660 millions d’euros.

 Lire aussi  Covid-19 : l’Allemagne ouvre la vaccination aux plus de 12 ans

Angela Merkel est formelle : « Dès lors que nous avons fait une offre vaccinale à tous ceux dans ce pays qui peuvent être vaccinés, nous mettons fin à la gratuité des tests. » Passé l’âge de 12 ans, il faudra payer. De facto, la chancelière ouvre la porte à la vaccination des adolescents. Elle outrepasse les positions de la Stiko, le comité permanent de vaccination de l’Institut Robert Koch, qui ne la recommande que pour les 12-17 ans à risques.

Markus Söder renvoie les opposants au vaccin à leurs propres arguments : « Dans un Etat de droit, libre, chacun a des responsabilités. Se faire vacciner, c’est se montrer responsable. Celui qui fait consciemment le choix de refuser de se protéger et de protéger les autres doit aussi prendre ses responsabilités et ne pas attendre que ce soit le collectif qui paie. Ce serait injuste. » Les entreprises pourront continuer à proposer des tests gratuits pour leurs employés. Dans les établissements scolaires, les élèves (dès le CP) et les enseignants seront dépistés au moins deux fois par semaine.

« Une obligation de vaccination déguisée »

La chancelière a aussi précisé que plus aucune mesure de restriction ne s’appliquera à ceux qui ont reçu leurs deux doses. « Les vaccinés retrouvent tous leurs droits » sauf « si une mutation remet totalement en question l’efficacité des vaccins ». Les contraintes (couvre-feu, limitation du nombre de personnes lors des regroupements privés…) ne frapperont plus que les réticents.

« C’est une obligation de vaccination déguisée » mise en place par un « sommet qui nous met en laisse » et entérine « l’apparition de citoyens de deuxième classe »,souligne en « une » le quotidien Bild-Zeitung, qui se fait le porte-voix du mouvement Querdenker (« ceux qui pensent différemment »). Puissant il y a un an, il n’a rassemblé que 5 000 personnes à Berlin le 1er août. Ses positions sont toutefois très relayées par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, crédité de 10 % à 12 % des voix pour les législatives du 26 septembre. 10 %, c’est aussi le nombre d’Allemands qui disent ne jamais vouloir se faire vacciner (sondage ARD).

 Lire aussi  En Allemagne, la campagne électorale des législatives bouleversée par les inondations

En pleine campagne électorale, les libéraux et les Verts critiquent, eux aussi, la fin de la gratuité des tests au motif qu’ils ont été un outil précieux au printemps. Mais pour le virologue Marco Binder à l’université de Heidelberg, « c’est une décision parfaitement acceptable et juste » dès lors que la vaccination est possible. Plusieurs spécialistes, dont le professeur Christian Drosten de l’hôpital de la Charité, à Berlin, spécialiste des coronavirus, ont souvent mis en garde contre une stratégie basée principalement sur les tests antigéniques moins fiables que les PCR. Ils peuvent créer l’illusion d’une sécurité et empêcher l’application rigoureuse des gestes barrières.

Hélène Kohl(Berlin, correspondance)

Publié le 11/08/2021

Etats-Unis : explosion des cas de Covid-19 en Floride, la France déconseillée (et citée en exemple)

Miami, le mercredi 11 août

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/etats_unis_explosion_des_cas_de_covid_19_en_floride_la_france_deconseillee_et_citee_en_exemple__188739/document_actu_pro.phtml

– A l’image de l’Europe, l’Amérique fait face à une nouvelle vague de Covid-19. Le 10 août, à quelques jours de la rentrée scolaire, plus de 161 000 cas de coronavirus ont été dépistés à travers le pays.

Un chiffre en constante augmentation depuis le 20 juin, où le pays décelait en moyenne 11 000 cas par jour seulement. Cette hausse des cas s’accompagne également d’une augmentation considérable des décès. Un total de 1 049 décès ont en effet été recensés le 10 août contre 300 le 20 juin dernier.

Si l’on est loin du pic du 12 février lors de la troisième vague, date à laquelle 5 463 décès avaient été déplorés en 24 heures, cette augmentation interroge dans un pays où 58 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Les raisons de cette nouvelle vague sont sans doute à trouver du coté des disparités vaccinales  entre les États mais aussi entre les générations.

Nord contre Sud

Les fractures politiques américaines s’affichent en effet au grand jour en matière de couverture vaccinale.

Si les États du Vermont, du Massachusetts et d’Hawaï, bastions démocrates, connaissent de forts taux de vaccination (avec un pourcentage de population partiellement vaccinée de 74,9 %, 71,7 % et 70,6 %) les États du sud ou ruraux boudent majoritairement la campagne. Ainsi, la Louisiane et la Mississippi présentent des taux de vaccination de 40 % et de 37,9 %.

Sans surprise, c’est bien le sud du pays qui est frappé par une vague d’hospitalisation inédite. Avec plus de 20 000 cas quotidiens pour 21 millions d’habitants, « l’État ensoleillé », la Floride, fait face à sa pire vague épidémique.

Le gouverneur DeSantis en lutte… contre le masque à l’école

Malgré tout, le gouverneur de l’État Ron DeSantis se fait remarquer par sa gestion libertaire (pour ne pas dire erratique) de la crise sanitaire.

L’étoile montante du parti Républicain, disciple de Donald Trump, a promulgué vendredi un décret pour interdire aux écoles d’exiger que les élèves portent le masque durant les cours. Une décision qui va à l’encontre des dernières recommandations des CDC pour permettre une rentrée des classes en bon ordre après de longs mois de fermeture.
En conflit ouvert avec les autorités scientifiques, le gouverneur avait déjà signé un décret interdisant aux services administratifs de délivrer des attestations de vaccination, mais aussi aux entreprises privées d’exiger de leurs clients une preuve d’immunisation.

Face à la fronde de nombreux enseignants et parents d’élèves, l’élu a menacé les responsables des écoles allant à l’encontre du décret de sanctions financières. « Les parents se retrouvent dans une situation impossible, à devoir choisir entre la santé, la vie de leur enfant, et leur retour à l’école », ont protesté des parents d’enfants handicapés dans une plainte déposée vendredi contre la décision du gouverneur.
Car la hausse des hospitalisations concerne également les mineurs. « Nous avons sans aucun doute vu une hausse des cas ici, aux urgences et également dans les autres services de l’hôpital, ces deux ou trois dernières semaines », confirme le docteur Marcos Mestre, directeur médical dans un hôpital pour enfants de Miami.

La France déconseillée pour les voyageurs, citée en exemple pour son pass sanitaire

Interrogé par CNN, le Dr Jonathan Reiner, professeur à l’université George Washington a résumé la situation en déclarant que « si la Floride était un autre pays, nous devrions envisager d’interdire les voyages de la Floride aux États-Unis. »
En attendant, c’est un autre choix qui a été fait par les autorités américaines qui déconseillent fortement aux Américains de se rendre en France pour les voyages « non essentiels ». Plusieurs pays sont concernés par cette nouvelle liste, et notamment Israël, l’Islande, la Croatie, l’Autriche, le Kenya et la Jamaïque.

Dans le même temps, de nombreux observateurs citent le pass sanitaire « à la française » comme un outil efficace pour inciter le public américain à reprendre le chemin des centres de vaccination. Au moment d’instaurer le passeport vaccinal dans sa ville, le Maire de New-York Bill de Blasio n’avait pas hésité à citer en exemple l’hexagone : « je ne suis pas toujours un grand fan de Macron, mais je pense que c’est une direction que nous devons envisager sérieusement ».

C.H.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire