11 Août 2021, Israël : no comment ! Explosion des contamination et hospitalisations aux Antilles

En Israël, les cas graves sont 6 fois plus élevés chez les non vaccinés

Dans nos Antilles, La Réunion, Tahiti, Nouvelle Calédonie, le variant Delta se propage à grande vitesse dans une population peu vaccinée (15% à 25% dans les Antilles) et de façon très majoritaire chez les non vaccinés et les structures hospitalières sont dépassées

Publié par Bernard PRADINES

Evolution des contaminations en Israël

Covid-19 : après la Martinique, un « confinement strict » décrété en Guadeloupe

Mercredi matin, Emmanuel Macron a insisté sur la situation « dramatique » aux Antilles, où « l’augmentation des contaminations se traduit par une explosion des formes graves » de Covid-19. 

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 09h08, mis à jour à 17h53  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/11/covid-19-renforcement-des-mesures-en-guyane-la-situation-extremement-grave-des-antilles-au-menu-du-conseil-de-defense-sanitaire_6091147_3244.html

En Guadeloupe, la situation sanitaire nécessite d’ouvrir « 100 lits de réanimation », a estimé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, mardi 10 août.
En Guadeloupe, la situation sanitaire nécessite d’ouvrir « 100 lits de réanimation », a estimé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, mardi 10 août. CEDRICK ISHAM CALVADOS / AFP

En France, la quatrième vague de Covid-19 frappe particulièrement les territoires d’outre-mer. En Guadeloupe et en Martinique, à peine 20 % de la population est complètement vaccinée, contre plus de 55 % en métropole, selon les derniers chiffres de Santé publique France.

  • Un confinement strict décrété en Guadeloupe

Comme c’est déjà le cas en Martinique, la Guadeloupe va connaître un « confinement strict » pour lutter contre l’épidémie, a annoncé, mercredi 11 août, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Ce dernier a rappelé qu’en Martinique le préfet avait pris mardi un arrêté « qui ferm[ait] les restaurants, les bars, l’accès aux plages et certains commerces, et allonge[ait] le couvre-feu »« Lors du conseil de défense de ce matin, nous avons décidé d’étendre ces mesures à la Guadeloupe », a-t-il poursuivi, précisant qu’il s’agissait de « mesures fortes mais nécessaires ».

« C’est une nécessité vitale [pour] stopper au plus vite la circulation du virus. [Aux Antilles] la situation est critique, jamais sur le territoire français nous n’avons atteint un tel taux d’incidence. »

Les chiffres sont en forte augmentation en Guadeloupe, avec un taux d’incidence de plus de 1 700 cas pour 100 000 habitants et quatorze morts la semaine dernière. La situation épidémique nécessite d’ouvrir « 100 lits de réanimation », a estimé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, à son arrivée mardi soir dans l’île.

Vaccination Covid-19 : suivez la progression de la campagne

  • Situation « dramatique » aux Antilles, des soignants et pompiers en renfort

A l’ouverture du conseil de défense sanitaire, Emmanuel Macron a alerté, mercredi, sur la « situation dramatique » de l’épidémie aux Antilles, où « l’augmentation des contaminations se traduit par une explosion des formes graves » de Covid-19 et une saturation des hôpitaux.

« Un scénario d’urgence est aujourd’hui devant nous », a encore souligné le chef de l’Etat, selon qui la situation aux Antilles « implique la solidarité inconditionnelle de la nation » et offre « la démonstration cruelle » que « la vaccination est le moyen le plus efficace » face au virus.

« Si la situation est si inquiétante aux Antilles, c’est parce que la couverture vaccinale n’est pas suffisante », a insisté M. Attal après le conseil, appelant la population à se faire vacciner.

Lire notre reportage : Covid-19 : à la Martinique, le confinement se durcit pour contenir une flambée épidémique

Quelque « 274 soignants et 60 pompiers » venus de la métropole sont arrivés pour « prêter main-forte aux équipes médicales » des deux îles, a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, sur Twitter :

Merci aux 274 soignants et 60 pompiers venus de tout l’Hexagone en renfort pour prêter main forte aux équipes médic… https://t.co/4aWDteWm2N— SebLecornu (@Sébastien Lecornu) 

En Martinique, un nouveau confinement strict a été mis en place, avec fermeture des commerces non essentiels, des locations saisonnières, des hôtels et des plages, alors que les touristes ont été invités à quitter l’île, lundi.

Lire le reportage : « On a l’impression d’être en guerre » : à la Martinique, le CHU est au bord de la saturation

  • En Guyane, remise en place du couvre-feu le week-end

En Guyane, pour lutter contre la progression du variant Delta, des mesures de protection renforcées ont également été décidées. A compter du 11 août, le couvre-feu est remis en place « du samedi 20 heures au lundi 5 heures [dans les communes] les plus touchées par la hausse du nombre de contaminations : Cayenne, Macouria, Matoury, Rémire-Montjoly et Kourou », a annoncé la préfecture dans un communiqué. Ces communes étaient déjà soumises à un couvre-feu en semaine dont les horaires restent « inchangés » (de 20 heures à 5 heures).

En outre, « tout voyageur non vacciné » en provenance de la Martinique et de la Guadeloupe « devra disposer d’un motif impérieux, présenter avant l’embarquement un test PCR négatif (de moins de soixante-douze heures) ou antigénique négatif (de moins de quarante-huit heures) et attester sur l’honneur qu’il accepte de se soumettre à un test antigénique à l’arrivée ». En cas de résultat positif, le voyageur devra observer une période d’isolement de dix jours, prolongeable si le test est toujours positif au bout de sept jours. « Cette mesure ne concerne pas les voyageurs dont le schéma vaccinal est complet », précise la préfecture.

Le taux d’incidence y est en hausse avec 259 cas pour 100 000 habitants, contre 213 cas la semaine précédente. « L’impact sur les hospitalisations est à craindre d’ici une ou deux semaines », s’alarme la préfecture, qui ajoute que le variant Delta, plus contagieux, représente désormais « plus de 60 % des tests PCR » réalisés en Guyane.

  • Nouveau couvre-feu en Polynésie

Le haut-commissaire de Polynésie, Dominique Sorain, a annoncé, lundi, le rétablissement d’un couvre-feu, de 21 heures à 4 heures, sur tout le territoire à partir de mercredi. Compte tenu de la flambée de l’épidémie, il n’a pas exclu d’étendre « très rapidement » les heures de ce couvre-feu, voire de mettre en place un reconfinement. « Le 16 juillet, nous avions un taux d’incidence inférieur à 10, aujourd’hui, on est à plus de 1 000 », a regretté M. Sorain.

Après plusieurs mois d’une circulation très faible du virus, l’épidémie a connu un regain soudain au début d’août. Plus aucun Polynésien n’était hospitalisé pour cause de Covid-19 à la mi-juillet ; ils sont désormais 159 à l’être, dont 27 en réanimation.

Les autorités avaient déjà instauré, depuis la fin du mois de juillet, plusieurs restrictions : limitation des rassemblements publics à vingt personnes et interdiction de tout événement réunissant plus de 500 personnes, interdiction des concerts, expositions, fêtes foraines, des mariages et des anniversaires dans les établissements publics, discothèques et salles de bal fermées, compétitions sportives à huis clos.Notre sélection d’articles sur les vaccins contre le Covid-19

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Le taux d’incidence aux Antilles Françaises

Le Monde avec AFP

Covid : cinq chiffres qui illustrent la situation « extrêmement grave » en Martinique et Guadeloupe 

par la rédaction numérique de France Inter  publié le 10 août 2021 à 16h43

Taux d’incidence « jamais connu » en France, hôpitaux débordés… En Guadeloupe et en Martinique, la situation est « extrêmement grave », a déclaré Sébastien Lecornu ce mardi, avant une visite dans les Antilles. Après sa voisine martiniquaise, la Guadeloupe pourrait connaître à son tour de nouvelles restrictions.

Covid : cinq chiffres qui illustrent la situation « extrêmement grave » en Martinique et Guadeloupe 

par la rédaction numérique de France Inter  publié le 10 août 2021 à 16h43

Au sein du service de soins critiques du CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe
Au sein du service de soins critiques du CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe © AFP / CEDRICK ISHAM CALVADOS

Dans les Antilles, « la situation est extrêmement grave« , a déclaré ce mardi le ministre des Outre-mer.  Sébastien Lecornu doit arriver dans la soirée en Guadeloupe, première étape d’une « visite de crise » qui le conduira ensuite en Martinique. Taux d’incidence vertigineux, hôpitaux saturés : les indicateurs sanitaires virent au cramoisi sur les deux îles. Les autorités martiniquaises ont annoncé lundi un durcissement des restrictions : au couvre-feu déjà en vigueur s’ajoutent trois semaines de confinement, les touristes « vulnérables » étant invités à quitter le territoire. La Guadeloupe pourrait à son tour connaître un nouveau tour de vis. Voici cinq chiffres qui résument l’ampleur de la 4e vague de Covid-19 sur les deux îles

1 769 pour 100 000 habitants : taux d’incidence vertigineux en Guadeloupe

« Ce sont des taux d’incidence que l’on n’a jamais connus [en France]« , a souligné ce mardi Sébastien Lecornu. Et pour cause. Du 2 au 8 août, la Guadeloupe a enregistré 1 769 nouveaux cas pour 100 000 habitants. « Il tombe sous le sens que nous allons devoir durcir les mesures de freinage tant il y a urgence« , a-t-il expliqué. La décision devrait être prise mercredi, après avoir consulté les élus locaux et assisté à distance à un Conseil de défense sanitaire présidé par Emmanuel Macron en visioconférence.

En Martinique, la même semaine, le taux était de 1 165 pour 100 000. À titre de comparaison, au niveau national, le pic a été enregistré fin octobre à 501/100 000.

En Martinique, le nombre de cas multiplié par 10 en un mois

La situation sanitaire s’est dégradée particulièrement rapidement. De 410 cas de Covid-19 le 6 juillet, la Martinique est passée à 4 171 la première semaine d’août. D’où les nouvelles restrictions annoncées ce lundi : commerces, locations saisonnières, lieux de culture et de loisirs (dont les plages) ont été fermés. Les déplacements sont interdits au-delà d’un rayon d’un kilomètre autour du domicile. En Guadeloupe, la hausse a été plus tardive, mais encore plus brutale.

Un taux d’occupation de 223% dans les hôpitaux martiniquais

Principale inquiétude des autorités sanitaires : la saturation des hôpitaux. En quatre semaines, 350 malades du Covid-19 ont été hospitalisés en Martinique. Au 9 août, on comptait 59 patients en réanimation. Le taux d’occupation hospitalière est de 223%. « Il faut comprendre que nous accueillons au moins 15 patients chaque jour : c’est l’équivalent d’une unité d’hospitalisation de médecine« , rappelle Jérôme Viguier, le directeur général de l’ARS de Martinique. 

Face à l’afflux de patients, les deux îles ont procédé début août aux premières évacuations de patients vers des hôpitaux de l’Hexagone.

349 morts en Guadeloupe depuis le début de l’épidémie

Depuis mars 2020, la Guadeloupe a enregistré dans ses hôpitaux 349 décès liés au Covid-19. En Martinique, l’épidémie a fait 178 morts, toujours selon les données hospitalières, qui indiquent une hausse significative depuis la fin juillet, avec plus de 5 décès quotidiens en moyenne. 

Moins d’une personne sur quatre en partie ou totalement vaccinée

Cette flambée épidémique s’explique par la propagation du variant Delta (88% des contaminations en Guadeloupe, 40% en Martinique) sur une population peu vaccinée. En Guadeloupe, 22% de la population a reçu au moins une injection. En Martinique, le taux de vaccination est à peine d’un point de plus. 

« On a l’impression d’être en guerre » : à la Martinique, le CHU est au bord de la saturation

Par  Jean-Michel Hauteville

Publié le 29 juillet 2021 à 11h02 – Mis à jour le 29 juillet 2021 à 15h00

https://http://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/29/on-a-l-impression-d-etre-en-guerre-en-martinique-le-chu-est-au-bord-de-la-saturation_6089903_3244.html

Face à un nombre record de cas de Covid-19, le préfet de Martinique a annoncé, mercredi 28 juillet, un confinement de l’île. A l’hôpital Pierre Zobda-Quitman, l’unité de réanimation n’a presque plus de places et des transferts de patients sont envisagés.

L’arrivée soudaine d’une patiente sur un brancard brise le calme tout relatif qui s’était installé, pendant quelques minutes, dans la salle des urgences dévolue aux personnes atteintes du Covid-19 de l’hôpital de Pierre-Zobda-Quitman, à Fort-de-France, le site principal du CHU de Martinique. Jessie, 34 ans, a été prise de difficultés respiratoires en matinée du mercredi 28 juillet et a appelé les secours. Huit jours auparavant, cette jeune femme souffrant d’asthme avait été testée positive après avoir été contaminée par le SARS-CoV-2 sur son lieu de travail.

« Vous ne souffrez ni de diabète ni d’hypertension ? », lui demande le docteur Madani Galleze, médecin réanimateur venu prêter main-forte aux urgences ce matin-là. Réponse négative de la jeune femme. « Bien. Vous n’êtes pas dans le profil type des patients qui présentent des risques d’aggravation. On va vous prendre en charge », lui dit-il d’un ton rassurant. Mais il se détourne d’elle et chuchote : « Un patient qui est jeune, qui est infecté et qui est gêné pour respirer, ça clignote rouge dans ma tête. »

France, Martinique, Fort-de-France, La Meynard, 2021-07-28. Une patiente agee admise dans la zone Covid est examinee avant d etre dirigee dans le service adequat. Photographie de Fanny Fontan / Hans Lucas.

Des malades comme Jessie, le docteur Galleze en voit défiler de plus en plus. Et pour cause : depuis un mois, la Martinique est confrontée à une effroyable flambée de l’épidémie. La quatrième vague est d’abord arrivée lentement, puis tout s’est brutalement accéléré. Mardi 27 juillet, l’agence régionale de santé (ARS) de Martinique annonçait un taux d’incidence record de 986 cas pour 100 000 habitants. En conséquence de cette explosion du nombre de cas, le préfet a annoncé un reconfinement de l’île pour au moins trois semaines : tout déplacement au-delà d’un rayon de 10 kilomètres nécessite une attestation, les restaurants sont fermés et le couvre-feu est étendu de 19 heures à 5 heures.

Lire aussi A la Martinique, une quatrième vague de Covid-19 d’une virulence inédite

Aucun autre territoire français n’est balayé avec une telle force par la maladie. « Cette vague à la Martinique est équivalente dans sa proportion à la première vague dans le Grand Est. On est sur le même profil épidémique », affirme le docteur Madani Galleze, qui a fait des vacations dans l’est de la France, puis en Guyane depuis le début de la pandémie, avant d’arriver à la Martinique pendant la troisième vague. La principale cause de ce désastre : la faible couverture vaccinale de la population. Au 25 juillet, seuls 16,1 % des Martiniquais de 12 ans et plus avaient reçu leurs deux doses de vaccin, selon l’ARS.

Deux patients sur trois hospitalisés

Les urgences de l’hôpital Pierre-Zobda-Quitman sont en première ligne de ce déferlement de patients. Le 23 juin, le CHU de Martinique ne comptait que huit malades du Covid-19 hospitalisés, auxquels s’ajoutaient quatre personnes en réanimation. Au 28 juillet, l’hôpital recensait 120 malades dans son unité Covid et 26 en réanimation. « Deux patients sur trois qui viennent aux urgences pour Covid doivent être hospitalisés », assure le docteur Galleze. « Sur ma dernière garde de vingt-quatre heures, avant-hier, on a dépassé les 45 hospitalisations. »

France, Martinique, Fort-de-France, La Meynard, 2021-07-28. Dans ce service, les soignants, meme vaccines, doivent particulierement veiller aux gestes barrieres. Photographie de Fanny Fontan / Hans Lucas.

Une infirmière prend la température de Jessie dans l’oreille : 39,2 °C de fièvre. Elle l’emmène ensuite en secteur Covid pour faire un bilan et un scanner des poumons. « Là, à l’intérieur, on a une vingtaine de patients qui attendent pour faire les mêmes examens, donc ça rallonge le temps de prise en charge », explique Malika Larcher, l’infirmière urgentiste qui s’est occupée de la jeune patiente asthmatique.

Lire aussi Covid-19 : face à la quatrième vague, les effets trop tardifs de l’accélération de la vaccination, selon l’Institut Pasteur

La totalité des 3 700 membres du personnel médical du CHU de Martinique est mobilisée et, comme tous ses collègues, Mme Larcher se donne sans compter depuis près de dix-huit mois. Le mois de congé qu’elle avait prévu de prendre en avril a été amputé des deux tiers pour cause de troisième vague et, pour septembre, elle se résigne déjà à devoir faire une croix sur ses vacances. Une fois de plus.

La jeune soignante au regard franc n’est pourtant pas du genre à s’apitoyer sur son sort. « J’aime beaucoup mon métier. Je suis en pleine forme, j’essaie de tout donner pour les patients qui arrivent. Et on est une équipe très volontaire, très soudée », assure-t-elle. « Mais c’est sûr que c’est compliqué de se lever le matin pour venir travailler. J’ai beaucoup de collègues qui sont presque en burn-out, parce qu’on est là tout le temps. Tout le temps. On a l’impression d’être en guerre. »

France, Martinique, Fort-de-France, La Meynard, 2021-07-28. Dans cette salle arrivent les patients Covid qui sont examines puis diriges vers les services adequats. Photographie de Fanny Fontan / Hans Lucas.

Un personnel plus assez nombreux

Pourtant, même avec tous les sacrifices demandés, le personnel soignant n’est plus assez nombreux. En l’espace de quelques semaines, l’hôpital a réussi un véritable tour de force en ouvrant 140 lits en unité Covid et en passant de 24 à 45 places en réanimation. Toutes les places de soins intensifs réservées aux patients atteints de Covid-19 sont occupées. Il ne reste que trois places en réanimation dans tout le centre hospitalier. « Il suffit d’un accident sur la voie publique et tout est rempli », s’inquiète Benjamin Garel, le directeur général du CHU de Martinique.

« On pourrait avoir la logistique pour créer plus de lits en “réa”, bien sûr. Mais il faut aussi trouver les infirmières qui ont les compétences pour la réanimation », souligne-t-il. Une vraie gageure, alors que l’établissement a déjà accueilli 40 réservistes arrivés de France métropolitaine courant juillet. Mais avec la pandémie qui repart dans l’Hexagone, en pleine période de vacances estivales, le flux de réservistes se tarit.

France, Martinique, Fort-de-France, La Meynard, 2021-07-28. Une jeune patiente positive au Covid et presentant fievre et difficultes respiratoires est examinee avant d etre hospitalisee dans le service dedie. Photographie de Fanny Fontan / Hans Lucas.
France, Martinique, Fort-de-France, La Meynard, 2021-07-28. Benjamin Garel, directeur general du CHU de Martinique, dans son bureau. Photographie de Fanny Fontan / Hans Lucas.

Alors, le CHU fait et refait ses plannings au jour le jour. Et ponctionne ses propres services. A force, toute l’activité hospitalière pâtit des besoins gigantesques de l’unité Covid. « On a déprogrammé 40 % des blocs opératoires sur le site principal, 50 % sur un autre site », relate Benjamin Garel. « On peut difficilement aller au-delà, car on doit maintenir toutes les activités de dépistage, de cancérologie, de maladies chroniques graves. »Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : à Paris, le taux d’incidence s’envole chez les jeunes

Une autre solution est envisagée pour réduire la pression : le transfert de patients en réanimation de Martinique vers la France hexagonale. Deux premiers malades martiniquais pourraient s’envoler pour Paris à bord d’un avion privé dès la fin de la semaine. « Les familles sont réticentes, mais nous leur expliquons que la qualité des soins est dégradée dans un hôpital saturé », explique le docteur Hossein Mehdaoui, chef du pôle réanimation-anesthésie-Samu-SMUR-urgences du CHU.

Beaucoup de patients jeunes

L’atmosphère est pesante dans l’unité de ce médecin strasbourgeois qui exerce à la Martinique depuis 1993. Toutes les chambres sont occupées par des malades branchés à des appareils plus ou moins sophistiqués. Beaucoup d’entre eux sont jeunes : huit des 26 patients atteints de Covid-19 et placés en réanimation ont moins de 35 ans. Et aucun d’entre eux n’est vacciné. Un homme de 28 ans, en léger surpoids et sans comorbidité, gît complètement nu dans sa chambre. Depuis six jours, il est sous « ECMO veino-veineuse », une technique d’assistance respiratoire de dernier recours qui effectue l’oxygénation du sang en dehors de l’organisme. Il a, au mieux, 50 % de chances de survie.

France, Martinique, Fort-de-France, La Meynard, 2021-07-28. Pr Hossein Mehdaoui, Chef de pôle Réanimation-Anesthésie-SAMU-SMUR-Urgences (RASSUR) dans le service reanimation. Photographie de Fanny Fontan / Hans Lucas.

Et il n’est pas le seul : après cinq semaines sans aucun décès lié au Covid-19 à déplorer dans toute l’île, la mortalité est également repartie à la hausse, avec en moyenne un décès par jour ces deux dernières semaines. « Beaucoup de soignants sont traumatisés. Surtout les jeunes, les internes. Ils voient agoniser des patients plus jeunes qu’eux », s’émeut le docteur Hossein Mehdaoui. « Jusqu’ici, on a eu peu de morts, car cet hôpital a été construit pour combattre les maladies infectieuses. On a eu le chikungunya, le Zika. Mais là, c’est pire que tout. Même que la grosse épidémie de dengue de 2010 », soupire le chef du service réanimation.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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