TRIBUNE
Sortons du «pass» et de l’impasse sanitaire
Libération 6 Août 2021
Dépassé, le gouvernement choisit d’imposer une vaccination tous azimuts qui laisse de côté les éternels oubliés. Une autre approche est possible : une politique de santé de proximité qui vise prioritairement les publics vulnérables, estiment la philosophe Barbara Stiegler, les députés François-Xavier Bellamy (LR) et François Ruffin (LFI) et des soignants.
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par Un collectif de chercheurs, de personnalités du monde médical, et d’élus.publié le 6 août 2021 à 18h00
Pétition: non au pass sanitaire : pour une véritable politique de santé
a lancé cette pétition adressée à
Sortons du « pass » et de l’impasse sanitaire : exigeons une véritable politique de santé publique fondée sur les preuves.
Initiateurs : Barbara Stiegler, François Alla, au nom d’un collectif de soignants, de chercheurs en santé, d’élus et de citoyens, premiers signataires*
Tribune publiée dans sa version courte dans Libération : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/sortons-du-pass-et-de-limpasse-sanitaire-20210804_VDDY3DSABFH5JLL4BBKXWFQP6U/
et sur:
Nous soignants, acteurs et chercheurs en santé, nous parlementaires et élus, nous citoyens, appelons au retrait du « pass sanitaire » car il transgresse les principes fondamentaux de l’éthique biomédicale et du droit des personnes. Il fracture en outre le corps social en deux camps qu’il rend ennemis. En cela, il ignore les principes de santé publique. En cela, il n’a rien de « sanitaire » puisqu’il risque plutôt de nous conduire à une impasse en creusant encore davantage les inégalités et laissant les personnes les plus vulnérables à la fois sans protection face au virus et sans voix pour exprimer leurs doutes ou leurs inquiétudes. En réalité, il existe une autre option qui jusqu’ici n’a pas été prise : déployer une véritable politique de santé de proximité, dont la vaccination est un des outils indispensables, mais qui ne peut en aucun cas être présentée comme la panacée universelle qu’il faudrait imposer à toutes et tous.
Les vaccins contre le covid-19 ont fait la preuve de leur efficacité pour la plupart des personnes vulnérables (personnes âgées et/ou avec des comorbidités) [1]. La priorité est donc d’aller vers ces personnes. Mais en laissant chaque individu face à des applications numériques improvisées, en retirant l’acte de la vaccination aux médecins et professionnels de proximité, en évinçant l’expertise de santé publique dès le début de la crise[2][3], et en confiant (à prix d’or) la réflexion sur la stratégie et la logistique à des cabinets de conseil tout en sous-finançant la recherche publique[4], on ne s’est pas suffisamment donné les moyens d’« aller vers » les plus concernés. On ne s’est pas plus donné les moyens d’entendre les questions et les doutes des personnes, comme l’exige le « consentement libre et éclairé » inhérent à tout acte de soin, accroissant sans doute la méfiance actuelle des hésitants vaccinaux. Résultat : la France est la lanterne rouge de l’Europe de l’Ouest pour la vaccination des plus âgés[5].
Dépassé, le gouvernement choisit d’imposer une vaccination tous azimuts en faisant montre d’autorité, qui laisse de côté les éternels oubliés et arrose le reste de la population. Ainsi le vaccin est érigé en remède miracle pour pallier l’absence de stratégie de santé publique. Celle-ci appelerait au contraire une priorisation, un accompagnement et l’association des populations aux décisions qui les concernent[6], comme l’atteste le succès des initiatives locales portées notamment par des professionnels de santé, des associations, des collectivités territoriales[7].
On se retrouve ainsi avec des millions de personnes à faible risque vaccinées et des millions de personnes fragilisées sans protection vaccinale. Or sur ces derniers, le chantage au QR code est souvent inopérant : brandir la carotte du TGV, du théâtre ou du restaurant, est un raisonnement de classe favorisée, inadapté pour beaucoup de publics âgés, précaires, marginalisés. La question des inégalités a, comme toujours, été oubliée dès le départ[8]. Toucher ces populations suppose de formuler et déployer une vaccination mobilisant du temps humain, sans barrière d’accessibilité et dont les enjeux sont compris. Bref, c’est faire tout le contraire de ce que propose le gouvernement, un cocktail de technologisme, de stigmatisation des « récalcitrants »[9], de répression et d’abandon des publics qui sont à la fois les plus fragiles face au virus et les moins vaccinés[10].
Au lieu de cela, le « pass sanitaire » soumet, sans sommation, ces publics ainsi que les enfants et les jeunes, déjà durement éprouvés par les confinements successifs, à une logique de chantage et de punition[11], les obligeant à trouver « vite leur dose » (souvent introuvable) s’ils veulent avoir le droit de continuer à vivre normalement voire de garder leur emploi ou d’accéder à l’éducation. Ceci est d’autant plus déroutant qu’il n’est à ce jour pas prouvé que la vaccination massive des populations jeunes en bonne santé soit une bonne stratégie. Il s’agit plutôt d’un pari[12]: celui de faire baisser la circulation virale pour protéger les non-vaccinés et éviter la multiplication des variants, pari que les dernières données israéliennes et américaines sont en train de remettre en cause puisque la contagiosité des vaccinés reste élevée, ce qui pourrait contribuer à expliquer les récents clusters en France au sein de lieux dont l’accès est pourtant soumis au pass sanitaire. Par ailleurs, les vaccins n’ont pas, au vu des données disponibles à ce jour, démontré une balance bénéfice / risque favorable en termes individuel chez les adolescents en bonne santé. Des effets indésirables ont été déclarés dans plusieurs pays, notamment des myocardites, inflammation du muscle cardiaque, dont l’incidence et les effets à long terme restent à déterminer. Or, du point de vue de l’éthique, un bénéfice collectif, lui-même hypothétique, ne constitue pas à lui seul un motif suffisant[13]. Enfin, rappelons de plus, que parce que les vaccins ne bénéficient pour l’heure que d’une autorisation de mise sur le marché temporaire, aucun gouvernement ne peut prendre le risque juridique de rendre ces nouveaux vaccins obligatoires. Par le « pass sanitaire », qui conduit à une obligation déguisée, le gouvernement français en réalité déplace une responsabilité qu’il se garde bien d’assurer lui-même en particulier sur les parents[14].
Une vraie stratégie de santé publique serait de laisser vivre les jeunes et de mobiliser tous les moyens en direction des publics vulnérables. C’est ce que l’on appelle une approche proportionnée aux besoins. Il faut associer à cela des mesures de réduction des risques, en particulier pour limiter les contaminations en lieu clos[15]. Le tout vaccination oublie en effet toutes ces stratégies qui permettent de vivre en diminuant le risque pour soi et pour les autres.
La réponse ne peut enfin pas être exclusivement nationale. Nous affrontons une pandémie qui nécessite une réponse mondiale. Les inégalités dans l’accès aux vaccins aboutissent à ce que moins de 2 % des personnes en Afrique soient aujourd’hui vaccinées. Refuser l’accès d’une immense partie de la population mondiale à toutes les armes pour lutter contre cette pandémie est non seulement non éthique, c’est une ineptie d’un point de vue sanitaire. Pour répondre à cette crise, il faut notamment renforcer les capacités de production au niveau mondial, lever les barrières associées aux brevets, et favoriser les transferts de technologies [16].
En conclusion, ce « pass sanitaire » crée un précédent qui pourra être invoqué à chaque crise écologique ou sanitaire. Des milliers de manifestants se dressent contre ces mesures. Ces protestations sont trop souvent réduites dans les médias au seul discours d’antivax, de complotistes, ou d’extrême-droite, qui n’ont jamais été du côté des libertés ni de la santé publique. Veillons à ce que l’arbre ne cache pas la forêt. Nous appelons tous les médias éclairés et les mouvements collectifs (partis, syndicats, ligues, associations) à s’opposer au « pass sanitaire » et à demander de toute urgence la mise en oeuvre d’une autre option : au lieu del’autoritarisme et de la panique, le déploiement d’une véritable politique de santé, qui mobilise les données scientifiques et qui favorise l’implication des citoyennes et citoyens.
Pour signer:
* Premiers signataires :
• Sabrina Ali Benali, médecin urgentiste, Paris
• François Alla, professeur de santé publique, Université de Bordeaux, Chef du service de prévention, CHU de Bordeaux
• Gaëlle Baudin, éducatrice spécialisée, Gironde
• François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains et professeur de philosophie
• Henri Bergeron, sociologue, directeur de recherche CNRS, Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris
• Anne Bernard, psychologue clinicienne, secteur médico-social, Gironde
• Olivier Borraz, sociologue, directeur de recherche CNRS, directeur du Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris
• Linda Cambon, enseignante-chercheuse en santé publique, Université de Bordeaux
• Patrick Castel, sociologue, Directeur de recherche de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris
• Marie-Claude Decouard, infirmière anesthésiste, cadre de santé formatrice, membre du comité d’éthique du CHU de Bordeaux
• Stéphane Gomot, juriste, conseiller municipal et métropolitain de Bordeaux, membre de Génération.s.
• Sébastien Jumel, Député, groupe parlementaire Parti Communiste Français
• Loïc Hervé, Sénateur de la Haute-Savoie, secrétaire du Sénat, membre du groupe Union centriste
• Bastien Lachaud, Député, groupe parlementaire La France insoumise
• Harmonie Lecerf, juriste, conseillère municipale de la mairie de Bordeaux, Europe-Ecologie-Les-Verts
• Pauline Londeix, co-fondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament
• Jérôme Martin, co-fondateur de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament
• Patricia Martin, infirmière coordinatrice de soins, Gironde
• Olivier Mollier, neurochirurgien, praticien hospitalier, CHU de Bordeaux, membre du comité d’Ethique du CHU
• Etienne Nouguez, sociologue, chargé de recherche CNRS, Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris
• Valery Ridde, directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement, Centre population et développement, Paris et Dakar
• Céline Robert, psychomotricienne, Formatrice conférencière enfance et parentalités, Bordeaux
• François Ruffin, Député, groupe parlementaire La France Insoumise
• Barbara Stiegler, professeur de philosophie politique et d’éthique médicale, Université de Bordeaux Montaigne, membre du conseil de surveillance de l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine
• Cyril Tarquinio, professeur de psychologie clinique, directeur du centre Pierre Janet, Université de Lorraine
• Laurent Thines, neurochirurgien, CHU de Besançon, université de Franche-Comté
• Stéphane Velut, chef du service de neurochirurgie, CHU de Tours
Références :
[1] 93% des décès concernaient des personnes de plus de 75 ans et/ou avec comorbidités, https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/348002/document_file/COVID19-PE_20210527_signets.pdf
[2] Bergeron, H., Borraz, O., Castel, P., Dedieu, F. (2020). Covid-19 : une crise organisationnelle. Paris: Presses de Sciences Po.
[3] Cambon L, Bergeron H, Castel P, Ridde V, Alla F. When the worldwide response to the COVID-19 pandemic is done without health promotion. Glob Health Promot. 2021 Jun;28(2):3-6.
[4] https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-financement-de-la-recherche-publique-dans-la-lutte-contre-la-pandemie-de-covid-19
[5] notamment seulement 82% de personnes de plus de 80 ans ont reçu au moins une dose vaccinale en France au 28 juillet 2021, contre 100% au Danemark, en Irlande, au Portugal, en Espagne. https://qap.ecdc.europa.eu/public/extensions/COVID-19/vaccine-tracker.html#age-group-tab
[6] https://theconversation.com/comment-convaincre-les-francais-de-se-faire-vacciner-contre-la-covid-19-151736
[7] https://www.fabrique-territoires-sante.org/sites/default/files/cp_fts_espt_avril_2020.pdf
[8] Mathevet I, Ost K, Traverson L, Zinszer K, Ridde V. Accounting for health inequities in the design of contact tracing interventions: A rapid review. Int J Infect Dis. 2021 May;106:65-70.
[9] Le président de la République a récemment dénoncé « l’irresponsabilité et l’égoïsme » des non vaccinés
[10] https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/25/covid-19-en-france-une-triple-fracture-vaccinale_6089451_3244.html
[11] «Dans le secondaire, seuls les élèves non vaccinés seront évincés et devront suivre l’enseignement à distance» d’après le ministre de l’éducation nationale (28/07/2021)
[12] Paul E, Brown GW, Kalk A, Ridde V. Playing vaccine roulette: Why the current strategy of staking everything on Covid-19 vaccines is a high-stakes wager. Vaccine. 2021 Jul 20:S0264-410X(21)00923-3.
[13] https://www.ccne-ethique.fr/fr/actualites/enjeux-ethiques-relatifs-la-vaccination-contre-la-covid-19-des-enfants-et-des-adolescents
[14] https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190721/extension-du-passe-sanitaire-aux-enfants-des-chercheurs-et-des-professionnels-de-sante
[15] https://theconversation.com/debat-est-il-temps-de-changer-de-strategie-face-au-covid-158999
[16] https://www.medecinsdumonde.org/fr/actualites/france/2021/08/04/contre-le-pass-sanitaire-tant-que-chacun-naura-pas-un-acces-effectif-la-vaccination
Derrière le passe sanitaire des atteintes gravissimes aux droits fondamentaux de la santé et du travail
Communiqué de presse, 9 août 2021 – Association Henri Pézerat
CP Passe sanitaire 09021.pdf
Soyons clairs ! Le passe sanitaire ne protège pas la santé des citoyens, travailleurs ou non, et porte atteinte aux droits fondamentaux de la personne inscrits dans la déclaration universelle des droits humains.
Il y a quelques mois, à l’initiative de l’association Henri Pézerat, un collectif d’associations et de syndicats revendiquait une autre stratégie de lutte contre la pandémie *
https://www.asso-henri- pezerat.org/covid-19-une-autre-strategie-de-lutte-est-possible-mobilisons-nous/
Aucune de nos propositions n’a été entendue.
Le pouvoir a choisi la stratégie autoritaire et répressive. L’instauration du passe sanitaire est une nouvelle étape liberticide qui tend un peu plus le climat. Amendes et anathèmes ne sont pas des antivirus !
Au lieu de re-tisser un véritable réseau de soins de santé de base gratuits dans les villages, les quartiers, en commençant par les trop fameux « déserts médicaux », le pouvoir a choisi la politique la pire qui soit : « surveiller et punir » soit-disant au nom de la santé !
Or, parce qu’il concerne le droit de chaque personne de disposer de son corps, l’acte sanitaire quelque qu’il soit, ne peut avoir de sens qu’inscrit dans une réponse appropriée à l’ensemble des besoins de santé, réponse construite avec les premiers concernés et non contre eux, dans une démarche humaine et démocratique.
Depuis des années, Emmanuel Macron et ceux qui l’entourent n’ont eu de cesse de briser les contre-pouvoirs patiemment construits au fil des luttes, depuis plus d’un siècle, par les collectifs et syndicats de travailleurs. Le dernier acte de cette destruction implacable est celui contenu dans les ordonnances Macron de 2017 ayant mis fin au contre-pouvoir des CHSCT, dernier vestige d’une défense des droits à la santé des travailleurs dans le travail.
Depuis le début de la crise sanitaire, ce gouvernement a fait pression sur les inspecteurs du travail afin de faire obstacle à toute sanction des employeurs en infraction par rapport aux règles du code du travail, qu’il s’agisse du risque infectieux lié au COVID19, ou de tout autre risque du travail. En parallèle, les travailleurs se sont vus refuser le recours au droit de retrait en cas de situation de danger grave et imminent, droit garanti par la convention n°155 de l’OIT, transposée en droit français en 1982 (voir encadré)
Droit de retrait
Code du Travail, article L. 4131-1
Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa
santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d’une telle situation.
Dans sa volonté d’éradiquer toute velleité de résistance au pouvoir de l’employeur, le gouvernement instrumentalise la crise sanitaire pour pervertir le sens fondamental du contrat de travail. Celui-ci avait pour enjeu de garantir les droits fondamentaux de la personne du travailleur – à la vie, à la santé, à la dignité – en reconnaissant ces droits comme limite absolue au pouvoir de l’employeur. Par le rôle donné aux employeurs dans la mise en application du passe sanitaire, il libère le pouvoir discrétionnaire de ces derniers et rend le travailleur otage de ce pouvoir.
Nous tous qui sommes chaque jour confrontés à la dégradation des conditions de travail, à la montée des atteintes à la santé liées au travail, aux conséquences sanitaires gravissimes des accidents et débordements industriels (AZF, Lubrizol, mais aussi les très nombreux sites et usines qui répandent la pollution autour d’eux, sans oublier les pesticides), nous sommes révoltés par les mesures répressives mises en application, ce jour, par le gouvernement.
Nous appelons les travailleurs à recourir collectivement au plus fondamental de leurs droits, celui de se retirer d’une situation de danger grave et imminent. Il n’y a pas que la menace de la contamination COVID. Le plomb, l’amiante, les pesticides, la radioactivité, les hydrocarbures polycycliques aromatiques, mais aussi le stress au travail et la perte de salaire ou d’emploi blessent et tuent. Tous ces dangers justifient le retrait immédiat de ces situations de mise en danger.
Re-créons dans les ateliers, les écoles, les hôpitaux, la solidarité des collectifs de travail engagés non seulement dans la résistance aux risques du travail mais dans la construction patiente, démocratique et humaine du travail vivant comme bien commun qui doit cesser d’être pris en otage de la technocratie aveugle, néo-libérale, qui nous gouverne.
Nous renouvellons notre appel à l’instauration d’une autre stratégie de lutte contre la pandémie.
Nos revendications
https://www.asso-henri-pezerat.org/covid-19-une-autre-strategie-de-lutte-est- possible-mobilisons-nous/
Dans les quartiers, les communes, en milieu rural comme en milieu urbain, mobilisons- nous pour des budgets alloués aux communes, aux associations, à tous les acteurs de vie sociale, pour organiser, non pas un programme vertical de dépistage, mais la re-création de structures de proximité, qui pourront, de façon humaine et gratuite, prendre en charge médicalement et humainement les malades, quelle que soit la ou les pathologies, mais aussi tous les laissés-pour- compte de cette crise.
Dans les écoles, collèges, lycées, exigeons non seulement un dédoublement pérenne des classes, mais tous les moyens nécessaires à la prévention de la contamination Covid et à la mission pédagogique qui est celle de l’école républicaine, à commencer par l’égalité. Exigeons la remise en place des CHSCT et l’attribution de moyens de formation, d’heures de délégation et de recours à l’expertise, assurant le rétablissement de ce contre-pouvoir indispensable à la protection des droits des travailleurs en matière de santé.
Exigeons que cessent les mesures autoritaires en reconnaissant la mobilisation citoyenne volontaire que chacun.e de nous met en pratique au quotidien, non seulement pour arrêter les chaînes de contamination Covid mais aussi pour l’avènement d’une véritable politique de prévention des atteintes à la santé professionnelles et environnementales.
Exigeons l’arrêt des « allègements » de cotisations sociales des grandes entreprises et le remboursement de la dette patronale à la sécurité sociale contractée depuis des décennies au détriment des droits de tous à une sécurité sociale de qualité.
Les morts – évitables – du Covid ne doivent faire oublier, ni les morts – évitables – de l’amiante et autres substances cancérogènes, mutagènes, neurotoxiques et reprotoxiques, ni les accidents mortels du travail – eux aussi évitables -, ni les suicides et burn out – oh ! combien évitables – dus à une organisation du travail mortifère. N’attendons pas le vaccin pour agir dès aujourd’hui, exiger des moyens et organiser la solidarité dans la lutte pour la santé, la dignité, la vie.
Contact : Annie Thébaud-Mony, 06 76 41 83 46
Passe sanitaire et vaccination : face à la résurgence du Covid-19, Emmanuel Macron fait le pari de l’intransigeance
A quelques mois de la présidentielle, le chef de l’Etat n’hésite pas à cliver : malgré la fronde estivale contre sa stratégie sanitaire, il reste largement soutenu par l’electorat qui pourrait lui être favorable en 2022.
Par Olivier Faye
Publié aujourd’hui à 05h54, mis à jour à 07h44
Temps de Lecture 4 min.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/09/passe-sanitaire-et-vaccination-face-a-la-resurgence-du-covid-19-emmanuel-macron-fait-le-pari-de-l-intransigeance_6090946_3244.html

De Tokyo 2020 à Paris 2024, la flamme olympique a changé de mains, dimanche 8 août. « Nous sommes prêts ! », a assuré Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux en prévision de ce rendez-vous qui placera la capitale française au centre de l’attention mondiale. Mais cet horizon joyeux paraît encore lointain tant l’épidémie de Covid-19 bouche les perspectives. Les Français devront encore cohabiter avec le virus « tout au long de cette année 2021 et sans doute pour plusieurs mois de l’année 2022 », a reconnu le président de la République lors de sa dernière allocution, le 12 juillet. La gestion de cette crise devrait déterminer en grande partie son éventuelle réélection. Dans ce calendrier, l’été 2021 représente un moment charnière. D’abord chef de guerre, puis président épidémiologiste, ou pédagogue, le locataire de l’Elysée prend aujourd’hui le pari de cliver à propos de la vaccination. « Le seul chemin vers le retour à la vie normale », estime-t-il.
L’extension du passe sanitaire, imposé depuis lundi dans les bars et restaurants, les TGV et les avions, en plus des cinémas, théâtres ou musées, participe de cette stratégie. Elle « devrait nous permettre de gagner peut-être 10 millions de Français vaccinés », a prédit le ministre de la santé, Olivier Véran, dimanche, dans Le Parisien. « Le passe et la progression de la vaccination devraient nous éviter d’autres couvre-feux et confinements », a ajouté M. Véran. Pour l’heure, un peu plus de 44 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin – l’exécutif vise le chiffre de 50 millions à la fin du mois d’août. Ce qui ne va pas sans heurts.
Lire notre reportage : Passe sanitaire : à Toulon, la droite nationaliste au premier rang des mobilisations
Pour son quatrième week-end de mobilisation consécutif, le mouvement contre le passe sanitaire a gagné en ampleur. 237 000 personnes ont défilé, samedi 7 août, sur l’ensemble du territoire, selon le ministère de l’intérieur. Ils n’étaient que 114 000, trois semaines plus tôt. Leur mot d’ordre : la « liberté » face à la « dictature sanitaire ». En contrepoint de cette fronde estivale – soutenue par 35 à 40 % des Français, selon différents instituts de sondages –, le gouvernement se veut le porte-voix des citoyens « raisonnables ». 76 % des sympathisants macronistes sont hostiles au mouvement, affirme une enquête Elabe, tout comme 61 % de ceux du Parti socialiste et 62 % du parti Les Républicains. Trois électorats clés pour le chef de l’Etat en vue de l’élection présidentielle de 2022.
« Quelques dizaines de milliers de citoyens en perte de sens »
Emmanuel Macron a multiplié les vidéos sur Instagram et TikTok, la semaine dernière, pour répondre aux « fausses informations » et inciter à se faire vacciner. Des messages adressés aux jeunes, en particulier, réputés plus hésitants. Dans Paris Match, jeudi, le chef de l’Etat a dénoncé avec force les manifestants, ces « quelques dizaines de milliers de citoyens en perte de sens telle qu’ils peuvent dire qu’on vit en dictature ». Des hommes et des femmes porteurs à ses yeux d’une « violence radicale ».
Si le mouvement se déroule sans débordements majeurs, dans certaines manifestations, les références récurrentes au nazisme ou à l’étoile jaune choquent. A Metz, samedi, une ancienne candidate du Front national (qui a rompu avec le parti) a brandi une pancarte ouvertement antisémite, suscitant l’indignation – une enquête a été ouverte par le parquet de Metz.
« Ce mouvement charrie ce qu’il y a de plus nauséabond dans la société. L’antisémitisme, le complotisme, la contestation de la science et de la démocratie », a dénoncé Pieyre-Alexandre Anglade, porte-parole du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale. « Le visage de la France qui se bat, c’est celui des millions de Français qui ont respecté les gestes barrière, ont fait attention à leurs proches, se sont vaccinés. Et dont on parle beaucoup moins, hélas, que du magma d’antivax, anti-sciences, anti-Etat, a regretté pour sa part Olivier Véran. Je veux bien entendre les peurs, tout faire pour rassurer. Mais à un moment, ça suffit. »
Mélange hétéroclite de « gilets jaunes » et de militants d’extrême gauche ou d’extrême droite, la mobilisation anti-passe compte aussi nombre de Français qui assurent se mobiliser dans la rue pour la première fois de leur vie. De quoi représenter un point de vigilance au sein du gouvernement, notamment en vue de la rentrée. « Ce n’est pas neutre d’avoir 200 000 personnes dans la rue à cette période, surtout quand on voit que c’est présenté positivement dans la presse quotidienne régionale, qui parle de manifestations familiales ou bon enfant, prévient un ministre. Il faut faire gaffe quand on les pointe du doigt. »
L’enjeu principal reste l’efficacité de la politique mise en place par l’exécutif. La mise en œuvre du passe sanitaire va ainsi faire l’objet d’une « semaine de rodage », a reconnu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, pendant laquelle l’indulgence sera de mise. Un assouplissement est d’ailleurs accordé, a annoncé Olivier Véran, puisque le passe sera valide – outre la vaccination – grâce à un dépistage négatif de moins de soixante-douze heures, et non plus quarante-huit heures. Les autotests « supervisés par un professionnel de santé » seront acceptés dans ce cadre, en plus des tests PCR et antigéniques.
« Je suis inquiet de la mise en œuvre, souffle une tête d’affiche du gouvernement. Les restaurants, ça va être autre chose que les cinémas. Puis, nous aurons les trains du retour des vacances, la rentrée scolaire… Et l’obligation de vaccination des soignants à partir du 15 septembre va être encore plus dure à exécuter. » Le moindre raté sera utilisé aussi bien par les opposants du gouvernement que les manifestants contre le passe.
Pendant ce temps-là, la Guadeloupe et la Martinique se trouvent confrontées à une « vague épidémique très intense », s’est inquiété Olivier Véran, tandis que des déprogrammations et des transferts de patients ont été demandés en métropole dans certains départements du sud, confrontés au variant Delta. Ces deux sujets devraient occuper le gros du conseil de défense sanitaire auquel Emmanuel Macron doit participer en visioconférence, mercredi 11 août, depuis le fort de Brégançon (Var). Le calendrier concernant l’injection d’une troisième dose de vaccin pour les personnes vulnérables pourrait être précisé à cette occasion. Une étape de plus dans le marathon de la lutte contre l’épidémie.Notre sélection d’articles sur le passe sanitaire
Retrouvez tous nos articles sur le passe sanitaire dans notre rubrique.
- Pratique : Comment télécharger et utiliser le passe sanitaire européen
- Nos réponses à vos questions : Où est-il exigé depuis le 21 juillet ? Quels tests sont acceptés ?
- Les antivax : Sur Internet, les antivax à la recherche de faux passes sanitaires
- Zoom : Les exclus involontaires du passe sanitaire et Les scientifiques partagés sur la possibilité d’enlever le masque quand le passe sanitaire est requis
- Passe sanitaire et licenciements : Des syndicats dénoncent les dispositions du projet de loi anti-Covid
- Tribune : « Face au passe sanitaire obligatoire, nous ne partons pas tous égaux »
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*Covid-19: une autre stratégie de lutte est possible, mobilisons-nous !
3 janvier 2021 admin COVID-19 0

« N’attendons pas le vaccin pour agir dès aujourd’hui, exiger des moyens et organiser la solidarité dans la lutte pour la santé, la dignité, la vie ». À l’initiative de l’association Henri Pézerat en lien avec des syndicats, collectifs et associations appellent à une autre stratégie de lutte contre le Covid-19, avec une attention particulière sur la situation des précaires et des habitants des quartiers populaires.
La Constitution « garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ». Préambule de la Constitution française, alinéa 11
Depuis des mois, nous subissons l’échec retentissant de la gestion politique d’une épidémie qui n’aurait jamais dû entraîner un tel désastre sanitaire, social, culturel et économique, désastre dont les conséquences se feront sentir pendant des mois et des années.
Les yeux rivés sur les vendeurs de vaccins-miracle à coups de milliards d’argent public drainé vers les multinationales du médicament, le gouvernement tente d’occulter la destruction du système de santé en France, et pas seulement de l’hôpital, du fait des politiques néo-libérales de démantèlement des services publics en vigueur depuis plus de 30 ans.
Pour les victimes du Covid et pour tous les malades, en particulier ceux atteints de cancer et d’autres maladies chroniques, la stratégie choisie signifie une non-assistance à personne en danger délibérée, tant les besoins les plus élémentaires des uns et des autres n’ont pas été entendus, qu’il s’agisse des diagnostics tardifs du fait de la déprogrammation des interventions et consultations, ou de l’absence de soins en kinésithérapie, psychothérapie, suivi de diabète, de maladies cardiovasculaires et autres.
L’exigence autoritaire de « mobilisation » s’accompagne d’un souverain mépris pour les revendications légitimes des soignants et des citoyens pour une réorganisation radicale de l’offre de soins, non pas « à budget constant », mais orientée par les besoins des malades, – Covid ou non – ce qui suppose l’embauche massive de personnels, la re-création d’unités de soins de santé de base, d’hôpitaux et de maternités de proximité, un soutien aux soignants de premier recours et à ceux des services publics, par l’amélioration de leurs conditions de travail, de formation et rémunération, un financement solidaire des soins de santé par une Sécurité sociale de haut niveau de remboursement.
Depuis des mois, nous vivons sous la férule d’une politique de double-standard, les uns – « inactifs » ou rendus chômeurs, – confinés et sanctionnés à la moindre sortie jugée intempestive, les autres, – les « actifs », enfants, jeunes et adultes – contraints d’aller à l’école ou au boulot, dans des conditions sanitaires de plus en plus déplorables et dangereuses au fur et à mesure qu’on s’éloigne des lieux de vie et de travail des tenants du pouvoir et de la classe dominante. Parmi les « actifs », il y a également les « nouveaux travailleurs à domicile » soumis à un télétravail délirant qui s’immisce dans leur vie privée.
Dans les écoles, collèges et lycées et même les universités de la Seine-Saint-Denis par exemple, ce territoire le plus pauvre du pays, quand y a-t-il du savon et du papier-wc dans les toilettes ? Entre 8h et 10h le lundi matin ? Quand sera-t-il possible d’ouvrir des fenêtres condamnées pour cause de vétusté ? Comment organiser le moindre protocole sanitaire dans des locaux, conçus pour 200 élèves, dans lesquels 400 s’y entassent ? Dans une classe surchargée, attendre -comme le recommandent les ARS – le 3e cas de Covid, avant de tester, isoler et suivre l’évolution au cas par cas, c’est – délibérément – laisser la contamination se répandre, non seulement parmi les élèves mais dans l’environnement familial, en jouant de surcroît sur la culpabilisation individuelle.
Toujours en Seine-Saint-Denis comme dans la plupart des quartiers ouvriers ailleurs en France, des centaines de milliers de travailleurs parmi les plus essentiels mais les plus mal payés et précaires – agent.e.s de nettoyage, caissières, aides-soignantes, auxiliaires de vie, éboueurs, ouvriers non qualifiés du BTP et de toutes les filières d’intérim et de sous-traitance de la production et de la maintenance industrielle, de la grande distribution, des transports, de la logistique – se pressent dans les métros du matin et du soir, quittant puis retrouvant des logements HLM exigus, souvent vétustes, humides, mal chauffés, voire carrément insalubres.
La contamination Covid y est pire qu’ailleurs. Et pour cause ! Ce gouvernement ne leur accorde aucune attention, aucune protection, alors que de leur travail dépendent la production et la vie. Pire encore, il cautionne la généralisation des pratiques esclavagistes des Uber, Deliveroo et autres « plateformes » d’exploitation humaine, à 2 euros de l’heure ! Dans toutes ces activités de travail et dans de telles conditions, la prévention de la contamination infectieuse n’est pas possible!
Les contre-pouvoirs syndicaux pour le droit à la santé des travailleurs ont été détruits (CHSCT). Les associations, collectifs, coordinations et autres réseaux de résistance sont interdits de rencontre, d’expression collective, de manifestation. Or ces contre-pouvoirs pourraient avoir un rôle majeur dans la lutte contre l’épidémie, sur les lieux de travail, mais aussi dans la cité.
Une autre stratégie est possible !
Dans la lutte contre toute épidémie de maladie infectieuse, les seules stratégies efficaces sont celles qui permettent d’organiser le suivi clinique, psychologique et social des malades et de leurs contacts, en ayant pour objectif d’accompagner, soigner, guérir, et d’interrompre les chaînes de contamination. Ce ne sont pas les bien-portants qu’il importe de confiner mais les malades et ceux qu’ils ont pu contaminer1.
Cela veut dire :
– Déploiement sur le terrain des moyens d’assurer, dans les collectivités concernées, dès le premier cas positif détecté, un test PCR de tous les résidants et professionnels, comme le ministère de la santé le recommande depuis le premier octobre comme stratégie de surveillance et de dépistage en EHPAD, à savoir celle qui aurait dû prévaloir depuis le début de l’épidémie.
– Dépistage précoce sur la base de symptômes peu graves, au niveau des soins de première ligne et dans le cadre de dépistages groupés et ciblés, par dizaines de milliers de tests PCR dans les écoles, universités, entreprises, centres d’hébergement collectif, hôtels, etc….
– Suivi de l’évolution clinique des malades avec surveillance de la saturation en oxygène de l’hémoglobine, oxygénothérapie à domicile dès les premiers signes de désaturation en oxygène.
– Isolement des malades ou porteurs sains (avec arrêt de travail immédiat sans jours de carence), par rapport aux personnes non contaminées, ce qui suppose la réquisition d’hôtels ou de logements inoccupés et l’aménagement humain, économique et social des mesures d’isolement.
– Recherche, avec les malades eux-mêmes, des sujets-contacts, principalement au niveau familial, scolaire et professionnel, et dépistage systématique du Covid chez ces contacts, avec isolement dans l’attente des résultats du test.
– Continuité des diagnostics et des soins pour les personnes atteintes d’autres pathologies.
– Lutte pour la réduction des inégalités en inversant la hiérarchie des priorités, soit l’attribution de moyens en priorité aux territoires les plus défavorisés.
– Recensement des cas et du devenir de ces derniers par des équipes pluridisciplinaires, en lieu et place d’une épidémiologie hors-sol.
Nos revendications
Dans les quartiers, les communes, en milieu rural comme en milieu urbain, mobilisons-nous pour des budgets alloués aux communes, aux associations, à tous les acteurs de vie sociale, pour organiser, non pas un programme vertical de dépistage, mais la re-création de structures de proximité, qui pourront, de façon humaine et gratuite, prendre en charge médicalement et humainement les malades, quelle que soit la ou les pathologies, mais aussi tous les laissés-pour- compte de cette crise.
Dans les écoles, collèges, lycées, exigeons non seulement un dédoublement pérenne des classes, mais tous les moyens nécessaires à la prévention de la contamination Covid et à la mission pédagogique qui est celle de l’école républicaine, à commencer par l’égalité.
Exigeons la remise en place des CHSCT et l’attribution de moyens de formation, d’heures de délégation et de recours à l’expertise, assurant le rétablissement de ce contre-pouvoir indispensable à la protection des droits des travailleurs en matière de santé.
Exigeons que cesse le confinement autoritaire et la politique de «double-standard» en reconnaissant la mobilisation citoyenne volontaire que chacun.e de nous met en pratique au quotidien, non seulement pour arrêter les chaînes de contamination Covid mais aussi pour l’avènement d’une véritable politique de prévention des atteintes à la santé professionnelles et environnementales.
Exigeons l’arrêt des « allègements » de cotisations sociales des grandes entreprises et le remboursement de la dette patronale à la sécurité sociale contractée depuis des décennies au détriment des droits de tous à une sécurité sociale de qualité.
Les morts – évitables – du Covid ne doivent faire oublier, ni les morts – évitables – de l’amiante et autres substances cancérogènes, mutagènes, neurotoxiques et reprotoxiques, ni les accidents mortels du travail – eux aussi évitables -, ni les suicides et burn out – oh ! combien évitables – dus à une organisation du travail mortifère. N’attendons pas le vaccin pour agir dès aujourd’hui, exiger des moyens et organiser la solidarité dans la lutte pour la santé, la dignité, la vie.
Signataires :
Association Henri Pézerat – Santé, Travail, environnement
Association départementale de défense des victimes de l’Amiante du Tarn
Association des Malades de la Chimie
Association Régionale de Défense des Victimes de l’Amiante du Sud-Est Association
Agir Autrement Pour la Xaintrie
Association a-SMT (Santé et Médecine du Travail)
Association femmes plurielles
Ban Asbestos France
Collectif Amiante Prévenir et Réparer – Clermont-Ferrand
Collectif des Irradiés des Armes Nucléaires de l’Ile Longue
Collectif des riverains et victimes du CMMP – Aulnay-sous-Bois Collectif pour l’avenir des foyers (COPAF)
Minga, Faire ensemble
Collectif violence du travail
Fédération sud-Rail
SUD SANTE SOCIAUX Finistère (29)
Syndicat de la Médecine Générale
Union Syndicale solidaire