Une étude anglaise montrant que les personnes vaccinées avec deux doses présentent un risque d’infection réduit d’environ 50 % à 60 % par rapport à celles non vaccinées (contre 39% dans l’étude d’Israël). 

Le risque d’être infecté par le Covid-19 est réduit de 50 % grâce aux vaccins, selon une étude britannique

L’Imperial College de Londres a publié mercredi une étude montrant que les personnes vaccinées avec deux doses présentent un risque d’infection réduit d’environ 50 % à 60 % par rapport à celles non vaccinées. 

Par Delphine RoucautePublié le 04 août 2021 à 16h59 – Mis à jour le 04 août 2021 à 18h39  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/04/le-risque-d-etre-infecte-par-le-covid-19-est-reduit-de-50-grace-aux-vaccins-selon-une-etude-britannique_6090541_3244.html

Des seringues contenant le vaccin d’AstraZeneca sont préparées à l’avance, à Luton, au Royaume-Uni, le 21 mars 2021.
Des seringues contenant le vaccin d’AstraZeneca sont préparées à l’avance, à Luton, au Royaume-Uni, le 21 mars 2021. ALBERTO PEZZALI / AP

Quelle est l’efficacité des vaccins contre le variant Delta du SARS-CoV-2 ? En pointe dans la vaccination comme dans l’analyse de ses résultats, Israël et le Royaume-Uni multiplient les études aux différents stades de la pandémie. Mais leurs conclusions ne sont pas toujours les mêmes. Une semaine après que le ministère de la santé israélien a dévoilé des données suggérant que le vaccin de Pfizer-BioNTech ne protégerait plus qu’à 39 % contre l’infection, l’Imperial College de Londres a mis en ligne, mercredi 4 août, une prépublication de l’étude montrant une efficacité des vaccins de 49 % contre l’infection et de 59 % contre les formes symptomatiques de la maladie.

Cette étude porte sur le risque d’infection et non sur le risque d’hospitalisation ou de mort à la suite d’une contamination qui, lui, est bien moindre chez les personnes vaccinées. Les différentes analyses menées sur le sujet montrent en effet une efficacité vaccinale très élevée pour éviter les formes graves du Covid-19. Selon une étude française publiée le 30 juillet, seules 7 % des personnes hospitalisées ont un schéma vaccinal complet. Paul Elliott, directeur du programme React-1, dans le cadre duquel l’étude britannique a été menée, commente :

« Ces résultats confirment nos données précédentes montrant que les deux doses d’un vaccin offrent une bonne protection contre la contamination. Cependant, nous pouvons également voir qu’il existe toujours un risque d’infection, car aucun vaccin n’est efficace à 100 %, et nous savons que certaines personnes doublement vaccinées peuvent encore tomber malades du virus. Donc, même avec l’assouplissement des restrictions, nous devons toujours agir avec prudence pour nous protéger les uns les autres et réduire le taux d’infection. »

L’analyse a été menée à partir des tests réalisés à domicile par près de 100 000 personnes vivant en Angleterre entre le 24 juin et le 12 juillet. La prévalence des personnes ayant déclaré n’être pas vaccinées était trois fois plus élevée que celle des personnes complètement vaccinées. Sur la base des données ainsi récoltées, les chercheurs estiment que les personnes vaccinées avec deux doses présentent un risque d’infection réduit d’environ 50 % à 60 %, y compris pour une infection asymptomatique, par rapport aux personnes non vaccinées. A noter que les personnes vaccinées sont moins susceptibles que celles non vaccinées d’être testées positives après avoir été en contact avec une personne atteinte du Covid-19 (3,84 % contre 7,23 %).

Un signal encourageant

Par ailleurs, l’étude a montré que les personnes vaccinées avaient une charge virale inférieure à celle des personnes non vaccinées. Des résultats en accord avec les études menées lorsque le variant Alpha – dit « britannique » – était dominant, qui affirmaient que les gens vaccinés présentaient un risque considérablement plus faible de transmettre la maladie. Un signal encourageant et un constat opposé à celui dressé par un rapport américain des centres de prévention et de lutte contre les maladies, qui alertait jeudi sur le fait que la charge virale des personnes vaccinées infectées par le variant Delta pourrait être aussi élevée que celle des personnes non vaccinées.

« Nous devons mieux comprendre à quel point les personnes entièrement vaccinées et malgré tout infectées sont contagieuses, car cela aidera à mieux anticiper la situation dans les mois à venir », a souligné Steven Riley, professeur de dynamique des maladies infectieuses à l’Imperial College, également auteur de l’étude.

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Malgré tout, les chercheurs britanniques soulignent que la hausse récente des contaminations et des hospitalisations au Royaume-Uni « reflète potentiellement l’augmentation de la prévalence et la sévérité de Delta par rapport à Alpha ». Fin mai, l’agence sanitaire nationale britannique, la Public Health England (PHE), publiait une étude confirmant que l’efficacité vaccinale diminuait un peu face au variant Delta, mais restait élevée, à 88 %, contre l’infection symptomatique.

Cette différence de résultats pourrait s’expliquer par la méthode d’analyse utilisée par l’équipe de l’Imperial College, qui a étudié un échantillon aléatoire de la population, comprenant donc des personnes asymptomatiques, alors que l’étude « populationnelle » de la PHE se concentrait plus, par définition, sur les personnes symptomatiques, ces dernières se faisant plus tester. « Mon message à tous ceux qui n’ont pas encore été vaccinés est de vous manifester et de vous protéger, ainsi que votre famille et votre communauté », a déclaré mercredi le secrétaire d’Etat à la vaccination, Nadhim Zahawi, en réaction à cette étude.

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Delphine Roucaute

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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