Covid-19 en France : activation du plan blanc dans les hôpitaux de Corse et de PACA, masque obligatoire dans le Finistère
Le plan blanc vise à organiser des déprogrammations d’opérations tout en « sanctuarisant » les urgences, la cancérologie et les opérations « de tout patient dont le report de prise en charge induirait une perte de chances ».
Le Monde avec AFPPublié le 03 août 2021 à 19h32, mis à jour hier à 17h11
Temps de Lecture 5 min.
Plan blanc dans les hôpitaux de Corse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, masque obligatoire dans certaines communes du Finistère : de nouvelles mesures sont prises pour lutter contre la flambée de cas de Covid-19. Selon les chiffres publiés mardi 3 août par Santé publique France, 26 829 contaminations par le SARS-CoV-2 ont été recensées en vingt-quatre heures – contre 26 871 cas recensés il y a une semaine, le 27 juillet.
Le nombre de malades atteints du Covid-19 à l’hôpital est désormais de 7 974, soit 134 de plus que lundi et 837 de plus qu’il y a une semaine. Les services de soins critiques, qui reçoivent les cas les plus sévères, comptent 1 331 patients, contre 978 il y a une semaine. Les admissions en vingt-quatre heures sont également en hausse, avec 818 patients, contre 688 lundi, un chiffre au plus haut depuis la fin de mai.
Suivre les chiffres de la pandémie en France

- Trois mesures de soutien aux soignants réactivées
Le gouvernement a annoncé, mardi, « la réactivation de plusieurs leviers de mobilisation et de soutien aux soignants face au rebond épidémique ». Trois dispositifs nationaux, déjà utilisés lors des précédentes vagues, sont de nouveau effectifs depuis lundi, a annoncé le ministère de la santé dans un communiqué. Il s’agit du retour de la majoration de 50 % des heures supplémentaires (sur décision des agences régionales de santé), de la majoration du temps de travail additionnel pour les praticiens hospitaliers et des gardes pour les personnels hospitalo-universitaires, ainsi que de l’indemnité exceptionnelle de compensation des congés payés non pris pour raisons de service.
« La situation fait l’objet d’une vigilance constante de l’ensemble des acteurs, en particulier en cette période estivale qui est usuellement une période de tension pour la permanence et la continuité des soins », a précisé le ministère.
- Déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux de Corse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur
Face à la quatrième vague de Covid-19, l’agence régionale de santé (ARS) de Corse a activé mardi le plan blanc régional afin d’ouvrir « de nouvelles capacités d’hospitalisation » à Bastia, où le taux d’occupation « dépasse 79 % ».
« La circulation virale, et plus particulièrement [celle] du variant Delta, s’accélère en Corse, avec un taux d’incidence de 650 pour 100 000 habitants » et de « 830 pour 100 000 habitants en Haute-Corse », explique l’ARS dans un communiqué. Cette flambée du Covid-19 entraîne « une nette augmentation des hospitalisations », souligne l’agence de santé.
L’ARS justifie également l’activation du plan blanc « pour une durée minimale de quatre semaines » afin d’« anticiper l’adaptation du capacitaire au sein du centre hospitalier d’Ajaccio ». Ce plan vise à organiser la déprogrammation de certaines opérations tout en « sanctuarisant » les urgences, la cancérologie et les opérations « de tout patient dont le report de prise en charge induirait une perte de chances ».
Lire aussi Qu’est-ce que le plan blanc ?
Le plan blanc va aussi être activé dans les hôpitaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur, a annoncé l’ARS provençale mardi soir. En une semaine, « et en pleine période de congés pour les soignants comme pour les vacanciers de notre région », explique l’ARS dans un communiqué, « les hospitalisations pour Covid-19 ont connu une augmentation de 56 % ». En soins critiques, « cette augmentation atteint 46 % ».
Le taux d’incidence dans la région a fortement augmenté également en une semaine, atteignant 562 personnes pour 100 000 habitants, alors qu’il était de 404 à la fin de juillet.
- Dans le Finistère, retour du masque obligatoire dans 22 communes du littoral
Le préfet du Finistère a annoncé le retour du port du masque obligatoire dans une vingtaine de communes touristiques et à forte densité du littoral breton de 9 heures à 22 heures.
Les villes de Morlaix, Quimper, Brest ou encore l’Ile-Tudy (à l’exception de certaines zones, comme les plages) sont notamment concernées par le nouvel arrêté préfectoral pris « face au risque persistant de contamination dans les lieux denses » et « certaines zones des communes touristiques à forte densité », a justifié la préfecture dans un communiqué daté de lundi.
Depuis la fin du mois de juin, la situation sanitaire se dégrade dans le département avec une « augmentation significative du taux d’incidence », passé de « 19 cas pour 100 000 habitants le 30 juin à 90 cas pour 100 000 habitants le 30 juillet », a rappelé la préfecture, qui souligne les risques liés aux brassages de population en période estivale.
Lire le reportage : la vaccination bute sur la défiance autour du bassin d’Arcachon, où l’épidémie repart brutalement
- Le gouvernement veut accélérer la vaccination des demandeurs d’asile et des réfugiés précaires
Le gouvernement a demandé mardi aux préfets et directeurs généraux d’ARS d’accélérer la vaccination des demandeurs d’asile et réfugiés précaires, réitérant son objectif fixé le 5 juillet de vacciner toutes ces personnes « d’ici à la fin d’août ».
Les résidents des foyers de travailleurs migrants et les populations hébergées dans le dispositif national d’accueil « disposent d’une moins bonne couverture vaccinale que le reste de la population », rappelle la circulaire, signée par le ministre de la santé, Olivier Véran, et la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa.
« Malgré les efforts importants déployés par les opérateurs nationaux, des freins à la vaccination subsistent », écrivent les ministres, évoquant notamment « la barrière de la langue » et le « peu d’équipement informatique disponible dans les foyers et centres pour prendre rendez-vous en ligne ». Pour accélérer la campagne, le gouvernement demande aux préfets et aux ARS de privilégier les dispositifs « les plus efficaces », comme le déploiement de centres itinérants ou d’équipes mobiles de vaccination.
Lire aussi L’injection d’une troisième dose de vaccin est-elle nécessaire pour lutter contre le Covid-19 ?
- Préavis de grève des pompiers et des personnels de santé contre l’obligation vaccinale
La Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs et techniques spécialisés (FA SPP-PATS), l’un des principaux syndicats du secteur, a annoncé, mercredi, avoir déposé un préavis de grève national illimitée à partir de lundi, pour protester contre l’obligation vaccinale des pompiers.
« Le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, qui prévoit notamment, et sous peine de sanctions, l’obligation vaccinale pour les sapeurs-pompiers, porte atteinte à la Constitution », s’indigne le syndicat, qui espère que cette mesure sera censurée par le Conseil constitutionnel, jeudi. La nouvelle loi, qui prévoit également l’extension du passe sanitaire, doit entrer en vigueur lundi prochain.
La Fédération SUD-Santé Sociaux a, elle aussi, déposé un préavis de grève national pour un mois à compter de mercredi, réclamant notamment l’abrogation de l’obligation vaccinale et du passe sanitaire. Le préavis couvre l’ensemble des personnels, dans le public comme le privé, des secteurs de la santé (hôpitaux, cliniques, Ehpad…), du médico-social et social (service à la personne, à domicile, foyers…) et de l’éducation (centre de loisirs, crèches, maisons de jeunes…).
De son côté, la CGT-Santé Action sociale des Alpes-Maritimes a déposé un préavis de grève départemental pour jeudi, réclamant notamment « l’abandon du projet de loi instaurant l’obligation vaccinale, le passe sanitaire et les sanctions prévues envers les personnels non vaccinés ».
Lire aussi Projet de loi sanitaire : quelles mesures pourraient être censurées par le Conseil constitutionnel ?
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Le Monde avec AFP
Communiqué de l’ARS Occitanie ce jour
Publié le 04/08/2021 à 02:15Par Bernard Pradines
Extrait :
Le Tarn a entamé une dégradation depuis ce week-end et peu de départements sont à présent épargnés par cette 4ème vague. Les patients hospitalisés sont plus jeunes que lors des précédentes vagues (30 à 50 ans), présentant le plus souvent une obésité et quasiment systématiquement non vaccinés.
Texte :
La situation épidémiologique continue de se dégrader en région avec un taux d’incidence moyen à ce jour de 422 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Le département présentant à présent le taux d’incidence le plus fort est l’Hérault avec plus de 600/100 000 habitants. Seuls deux départements sont en dessous du seuil de 200 cas pour 100 000 habitants : Le Gers et la Lozère.
En relation directe, nous constatons un impact croissant sur le système de santé. Les flux d’admission en médecine ont doublé en une semaine, avec plus de 400 admissions par semaine et à présent 289 patients hospitalisés pour COVID. Les flux d’admissions en soins critiques ont également doublé en une semaine avec plus de 120 patients admis par semaine et aujourd’hui 117 patients présents en réanimation, représentant un quart des activités de réanimation en région. Ces activités se concentrent pour ¾ d’entre elles, sur la Haute Garonne et les départements du littoral : L’Hérault, l’Aude et les Pyrénées Orientales, qui voit pour sa part ses indicateurs de tension se stabiliser.
Le Tarn a entamé une dégradation depuis ce week-end et peu de départements sont à présent épargnés par cette 4ème vague. Les patients hospitalisés sont plus jeunes que lors des précédentes vagues (30 à 50 ans), présentant le plus souvent une obésité et quasiment systématiquement non vaccinés
Les prévisions actuellement connues du modèle Pasteur en activités de soins critiques nous laisse craindre une incapacité à faire face aux arrivées de patients COVID en soins critiques.
Dans ce contexte, nous sommes amenés à décider le passage en niveau 3 de la doctrine régionale d’adaptation de l’offre de soins en Occitanie et vous demander de le mettre en œuvre sans délai. Ce niveau amène au déclenchement du plan blanc des établissements et l’activation de vos cellules de crise.
Nous vous demandons de travailler dans le délai le plus court possible à l’armement de tous les lits de soins critiques possibles, d’un nombre de lits de médecine suffisant et d’un niveau adapté de lits d’aval à ces activités. La recherche d’une alternative à l’hospitalisation complète doit être systématique, en particulier le recours à l’HAD. La fluidification du parcours patient afin de réduire au maximum les durées d’hospitalisation doit être un objectif collectif sur chaque territoire de santé.
Il est dans ce cadre attendu la mise en œuvre effective du report des activités médico-chirurgicales à hauteur nécessaire pour permettre l’adaptation de la montée en puissance des réanimations, de surveillance continue et des unités de soins intensifs. Cette mesure doit permettre le redéploiement des personnels compétents en réanimation et soins critiques et ainsi amener à l’armement des capacités supplémentaires nécessaires pour faire face à la vague épidémique. Le recours aux personnels des établissements voisins, moins impactés par l’activité COVID du fait de leur typologie d’activité, doit permettre d’adapter les capacités de prise en charge des patients COVID aux besoins constatés dans le département. Ce moyen doit permettre par ailleurs de retarder autant que possible le rappel des personnels en vacances. Dans cette optique, nous vous demandons d’activer tous les leviers de valorisation de l’engagement de vos professionnels présents, en particulier via le recours aux heures supplémentaires et de privilégier la mobilisation des professionnels volontaires pour différer leurs congés.
Nous avons pleinement conscience du fait que le caractère estival de cette vague rend les leviers d’adaptation en région difficiles à actionner. La solidarité territoriale et interne à la région est de ce fait encore plus essentielle que lors des précédentes vagues et la mobilisation de tous les établissements et professionnels de santé est indispensable. A cet effet, les dispositifs de coordination sont réactivés dans tous les départements de la région et nous vous remercions d’y participer.
Des transferts entre établissements ont d’ores et déjà commencé et devront impérativement être poursuivis. La rapidité de la dégradation nécessitera probablement d’actionner des niveaux de mobilisation plus forts dans les prochains jours. Et il n’est pas à exclure la nécessité de transferts de réanimation hors région.
Enfin, nous vous rappelons l’absolue nécessité de renseigner les données SIVIC et ORU tous les jours y compris le week-end pour tous les établissements et deux fois par jour pour les établissements dotés de service d’urgence. Nous vous remercions par ailleurs de veiller au bon dimensionnement de vos stocks d’EPI, consommables et médicaments pour faire face à l’évolution péjorative de la situation.
Avec nos remerciements pour la prise en compte de ce message de mobilisation et de votre implication sur laquelle nous savons pouvoir compter.
Bien cordialement,
Jean-Jacques MORFOISSE
DGA ARS Occitanie
Covid-19 en France : activation du plan blanc dans les hôpitaux de Corse et de PACA, masque obligatoire dans le Finistère
Le plan blanc vise à organiser des déprogrammations d’opérations tout en « sanctuarisant » les urgences, la cancérologie et les opérations « de tout patient dont le report de prise en charge induirait une perte de chances ».
Le Monde avec AFPPublié le 03 août 2021 à 19h32, mis à jour hier à 17h11
Temps de Lecture 5 min.
Plan blanc dans les hôpitaux de Corse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, masque obligatoire dans certaines communes du Finistère : de nouvelles mesures sont prises pour lutter contre la flambée de cas de Covid-19. Selon les chiffres publiés mardi 3 août par Santé publique France, 26 829 contaminations par le SARS-CoV-2 ont été recensées en vingt-quatre heures – contre 26 871 cas recensés il y a une semaine, le 27 juillet.
Le nombre de malades atteints du Covid-19 à l’hôpital est désormais de 7 974, soit 134 de plus que lundi et 837 de plus qu’il y a une semaine. Les services de soins critiques, qui reçoivent les cas les plus sévères, comptent 1 331 patients, contre 978 il y a une semaine. Les admissions en vingt-quatre heures sont également en hausse, avec 818 patients, contre 688 lundi, un chiffre au plus haut depuis la fin de mai.
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- Trois mesures de soutien aux soignants réactivées
Le gouvernement a annoncé, mardi, « la réactivation de plusieurs leviers de mobilisation et de soutien aux soignants face au rebond épidémique ». Trois dispositifs nationaux, déjà utilisés lors des précédentes vagues, sont de nouveau effectifs depuis lundi, a annoncé le ministère de la santé dans un communiqué. Il s’agit du retour de la majoration de 50 % des heures supplémentaires (sur décision des agences régionales de santé), de la majoration du temps de travail additionnel pour les praticiens hospitaliers et des gardes pour les personnels hospitalo-universitaires, ainsi que de l’indemnité exceptionnelle de compensation des congés payés non pris pour raisons de service.
« La situation fait l’objet d’une vigilance constante de l’ensemble des acteurs, en particulier en cette période estivale qui est usuellement une période de tension pour la permanence et la continuité des soins », a précisé le ministère.
- Déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux de Corse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur
Face à la quatrième vague de Covid-19, l’agence régionale de santé (ARS) de Corse a activé mardi le plan blanc régional afin d’ouvrir « de nouvelles capacités d’hospitalisation » à Bastia, où le taux d’occupation « dépasse 79 % ».
« La circulation virale, et plus particulièrement [celle] du variant Delta, s’accélère en Corse, avec un taux d’incidence de 650 pour 100 000 habitants » et de « 830 pour 100 000 habitants en Haute-Corse », explique l’ARS dans un communiqué. Cette flambée du Covid-19 entraîne « une nette augmentation des hospitalisations », souligne l’agence de santé.
L’ARS justifie également l’activation du plan blanc « pour une durée minimale de quatre semaines » afin d’« anticiper l’adaptation du capacitaire au sein du centre hospitalier d’Ajaccio ». Ce plan vise à organiser la déprogrammation de certaines opérations tout en « sanctuarisant » les urgences, la cancérologie et les opérations « de tout patient dont le report de prise en charge induirait une perte de chances ».
Lire aussi Qu’est-ce que le plan blanc ?
Le plan blanc va aussi être activé dans les hôpitaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur, a annoncé l’ARS provençale mardi soir. En une semaine, « et en pleine période de congés pour les soignants comme pour les vacanciers de notre région », explique l’ARS dans un communiqué, « les hospitalisations pour Covid-19 ont connu une augmentation de 56 % ». En soins critiques, « cette augmentation atteint 46 % ».
Le taux d’incidence dans la région a fortement augmenté également en une semaine, atteignant 562 personnes pour 100 000 habitants, alors qu’il était de 404 à la fin de juillet.
- Dans le Finistère, retour du masque obligatoire dans 22 communes du littoral
Le préfet du Finistère a annoncé le retour du port du masque obligatoire dans une vingtaine de communes touristiques et à forte densité du littoral breton de 9 heures à 22 heures.
Les villes de Morlaix, Quimper, Brest ou encore l’Ile-Tudy (à l’exception de certaines zones, comme les plages) sont notamment concernées par le nouvel arrêté préfectoral pris « face au risque persistant de contamination dans les lieux denses » et « certaines zones des communes touristiques à forte densité », a justifié la préfecture dans un communiqué daté de lundi.
Depuis la fin du mois de juin, la situation sanitaire se dégrade dans le département avec une « augmentation significative du taux d’incidence », passé de « 19 cas pour 100 000 habitants le 30 juin à 90 cas pour 100 000 habitants le 30 juillet », a rappelé la préfecture, qui souligne les risques liés aux brassages de population en période estivale.
Lire le reportage : la vaccination bute sur la défiance autour du bassin d’Arcachon, où l’épidémie repart brutalement
- Le gouvernement veut accélérer la vaccination des demandeurs d’asile et des réfugiés précaires
Le gouvernement a demandé mardi aux préfets et directeurs généraux d’ARS d’accélérer la vaccination des demandeurs d’asile et réfugiés précaires, réitérant son objectif fixé le 5 juillet de vacciner toutes ces personnes « d’ici à la fin d’août ».
Les résidents des foyers de travailleurs migrants et les populations hébergées dans le dispositif national d’accueil « disposent d’une moins bonne couverture vaccinale que le reste de la population », rappelle la circulaire, signée par le ministre de la santé, Olivier Véran, et la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa.
« Malgré les efforts importants déployés par les opérateurs nationaux, des freins à la vaccination subsistent », écrivent les ministres, évoquant notamment « la barrière de la langue » et le « peu d’équipement informatique disponible dans les foyers et centres pour prendre rendez-vous en ligne ». Pour accélérer la campagne, le gouvernement demande aux préfets et aux ARS de privilégier les dispositifs « les plus efficaces », comme le déploiement de centres itinérants ou d’équipes mobiles de vaccination.
Lire aussi L’injection d’une troisième dose de vaccin est-elle nécessaire pour lutter contre le Covid-19 ?
- Préavis de grève des pompiers et des personnels de santé contre l’obligation vaccinale
La Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs et techniques spécialisés (FA SPP-PATS), l’un des principaux syndicats du secteur, a annoncé, mercredi, avoir déposé un préavis de grève national illimitée à partir de lundi, pour protester contre l’obligation vaccinale des pompiers.
« Le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, qui prévoit notamment, et sous peine de sanctions, l’obligation vaccinale pour les sapeurs-pompiers, porte atteinte à la Constitution », s’indigne le syndicat, qui espère que cette mesure sera censurée par le Conseil constitutionnel, jeudi. La nouvelle loi, qui prévoit également l’extension du passe sanitaire, doit entrer en vigueur lundi prochain.
La Fédération SUD-Santé Sociaux a, elle aussi, déposé un préavis de grève national pour un mois à compter de mercredi, réclamant notamment l’abrogation de l’obligation vaccinale et du passe sanitaire. Le préavis couvre l’ensemble des personnels, dans le public comme le privé, des secteurs de la santé (hôpitaux, cliniques, Ehpad…), du médico-social et social (service à la personne, à domicile, foyers…) et de l’éducation (centre de loisirs, crèches, maisons de jeunes…).
De son côté, la CGT-Santé Action sociale des Alpes-Maritimes a déposé un préavis de grève départemental pour jeudi, réclamant notamment « l’abandon du projet de loi instaurant l’obligation vaccinale, le passe sanitaire et les sanctions prévues envers les personnels non vaccinés ».
Lire aussi Projet de loi sanitaire : quelles mesures pourraient être censurées par le Conseil constitutionnel ?
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Le Monde avec AFP
« Ça va beaucoup plus vite avec le variant Delta » : l’hôpital face à la quatrième vague du Covid-19
A l’orée du mois d’août, les établissements sont en alerte face à la reprise des hospitalisations de patients atteints du Covid-19, avec une situation qui devient tendue dans certaines régions.
Par Camille StromboniPublié le 01 août 2021 à 05h04 – Mis à jour le 01 août 2021 à 11h58
Temps de Lecture 7 min.

Après un an et demi de crise épidémique, l’hôpital se retrouve de nouveau face à l’inconnu. Le niveau de vaccination suffira-t-il à amoindrir suffisamment la quatrième vague portée par le variant Delta qui arrive à ses portes, en plein été ? Une chose est sûre, la communauté médicale est en alerte. « Toutes les oreilles se sont redressées ces derniers jours », illustre François-René Pruvot, à la tête de la conférence des présidents de commission médicale d’établissement de CHU. Les « cellules de crise » ont été réactivées dans plusieurs établissements.

La situation épidémiologique continue à se dégrader
Dans son point épidémiologique du 29 juillet, Santé publique France (SPF) sonne de nouveau l’alarme. « Le nombre de nouveaux cas était près de deux fois supérieur à celui de la semaine précédente, dans toutes les classes d’âge, avec un taux d’incidence dépassant 600 pour 100 000 habitants chez les 20-29 ans », constate l’agence. En France métropolitaine, le taux d’incidence a continué d’augmenter fortement dans toutes les régions, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 habitants en Nouvelle-Aquitaine (219), Occitanie (368), Provence-Alpes-Côte d’Azur (412) et Corse (501). « Les données de suivi des contacts confirmaient une forte hausse du nombre de cas ayant fréquenté des lieux de rassemblement, notamment les bars et les discothèques, où les mesures barrières sont plus difficiles à maintenir », souligne SPF, en rappelant que seuls la moitié des Français sont complètement vaccinés. Les décès liés au Covid-19 ont augmenté à nouveau (+ 22 %), après douze semaines de diminution.
« La situation est disparate sur le territoire, avec des situations encore calmes comme à Lille ou en Ile-de-France, précise le professeur lillois. D’autres hôpitaux commencent à s’inquiéter, on voit bien un frémissement. » « On ne peut pas encore parler de tensions majeures, mais on sent la reprise ici et là », confirme le docteur Thierry Godeau, son homologue dans les centres hospitaliers. La prochaine quinzaine sera néanmoins « la zone de tous les dangers », selon lui.
« L’été, ce sont les congés des soignants, avec cette année beaucoup de lits fermés aussi par manque de personnels, souligne-t-il. Nous sommes dans une situation de fragilité plus importante que lors des vagues précédentes, nous serons donc en difficulté plus vite avec moins de patients Covid. » Sans compter les arrêts pour maladie de personnels dus au Covid-19 (déjà une trentaine depuis le début du mois dans son centre hospitalier à La Rochelle).
« Une situation qui tourne déjà à la catastrophe »
Premier signal à virer au rouge depuis déjà plusieurs semaines : les appels au SAMU et les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 poursuivent leur envolée, + 93 % en une semaine selon le bulletin de Santé publique France (SPF) du 29 juillet, avec 3 933 passages aux urgences.
« Ce ne sont pas encore des chiffres énormes ou un afflux massif, car nous partons de relativement bas », fait observer François Braun, président du syndicat SAMU – Urgences de France. « Mais cela vient s’ajouter à une situation qui tourne déjà à la catastrophe », reprend l’urgentiste, qui ne compte plus les remontées de services ou de lignes de SMUR (Service mobile d’urgence et de réanimation) en tension partout en France, risquant de devoir fermer en partie, faute de médecins en nombre suffisant en août. Cette pénurie médicale qui sévit chaque été aux urgences, s’est accrue cette année : « On ne veut pas être alarmiste, mais on a des raisons de se faire du souci, dit M. Braun. On a de l’eau jusqu’au nez, il suffit d’une vaguelette pour boire la tasse. »
Lire aussi A l’hôpital, les urgences sous tension pour l’été
Sur les lits d’hôpitaux occupés, l’augmentation se dessine désormais nettement, à un rythme qui reste soutenu pour l’hospitalisation (+ 50 %, avec 1 837 nouvelles admissions en une semaine, ce qui porte le total à 7 236, selon SPF) et qui s’accélère en soins critiques (+ 81 %, avec 376 nouvelles admissions). Ces services qui accueillent les formes les plus graves de la maladie sont repassés au-dessus de la barre des 1 000 lits occupés par des patients atteints du Covid-19 le 29 juillet, après être redescendus jusqu’à 859 au 21 juillet.
Sur le terrain, cette montée en charge se ressent avant tout dans les établissements du littoral atlantique et méditerranéen, dans ces départements balayés par l’explosion de la circulation virale. A Nice, la première cellule de crise de la quatrième vague a eu lieu mercredi, après un passage en dix jours seulement de zéro à onze patients atteints du Covid-19 en soins critiques, ainsi que seize hospitalisés.
« Nous constatons bien l’effet éminemment protecteur du vaccin sur les formes graves », précise le professeur Richard Nicollas, directeur médical de crise
La ville balnéaire a cette particularité de voir son activité aux urgences augmenter en période estivale : « Nous sommes un peu inquiets, reconnaît le professeur de médecine d’urgence Jacques Levraut, à la tête de la commission médicale d’établissement. Par rapport aux vagues précédentes, où l’activité aux urgences avait chuté à chaque fois, nous avons en ce moment une activité soutenue, à laquelle vient s’ajouter le Covid. » Aux 1 000 appels quotidiens au SAMU s’ajoutent désormais 200 appels pour suspicion de Covid-19.
Lire aussi Covid-19 : à l’hôpital, les premiers signaux de la quatrième vague
Même rebond sur les lignes du SAMU constaté à l’AP-HM (Assistance publique – hôpitaux de Marseille), où 83 patients atteints du Covid-19 sont hospitalisés, dont 24 en réanimation. « Il n’y a aucun patient vacciné en réanimation, tient à préciser le professeur Richard Nicollas, directeur médical de crise. Nous constatons bien l’effet éminemment protecteur du vaccin sur les formes graves. »
Avec ce nombre global de patients hospitalisés, « on reste loin de l’apocalypse, note le responsable, dont le grand groupe hospitalier a été touché de plein fouet par les dernières vagues. Mais nous sommes extrêmement vigilants au regard de la progression de l’épidémie, on est obligé d’anticiper pour adapter notre capacité, avec un certain nombre de lits prêts à être retransformés en lits Covid. »
Ici comme ailleurs, l’organisation est déjà écrite si les chiffres s’emballent, avec des paliers de montée en charge et une discussion régionale entre établissements qui a repris de manière régulière. Les premiers leviers seront le réaménagement des services, le passage des chambres simples en chambres doubles, et surtout le recours aux heures supplémentaires des soignants présents. « On garde un grand espoir avec la vaccination [50,8 % de la population est complètement vaccinée au 25 juillet, selon SPF] de voir une progression épidémique qui ne se retranscrive pas dans les mêmes proportions que lors des précédentes vagues dans nos lits de soins critiques », confie Richard Nicollas.
« Les soignants ont besoin de repos »
Le ministre de la santé, Olivier Véran, l’a souligné mardi : il existe pour l’heure une décorrélation entre l’explosion épidémique et les hospitalisations, ces dernières augmentant moins fortement que lors des précédentes vagues par rapport à l’incidence.
A Marseille comme dans d’autres hôpitaux concernés par des indicateurs en hausse, un sujet demeure extrêmement sensible pour le mois d’août : pourra-t-on éviter de rappeler des soignants en vacances ? « Les congés sont maintenus, assure Richard Nicollas. Il ne faut pas oublier que les soignants viennent de se prendre trois vagues, un an et demi sur la brèche, ils ont besoin de repos. » Des personnels venus en renfort lors de la troisième vague ont pu être prolongés jusqu’à septembre afin de tenir l’été.
D’autres hôpitaux, de plus petite taille, apparaissent déjà sous une tension plus forte. A Toulon, ces derniers jours, le centre hospitalier s’est rempli avec onze patients atteints du Covid-19 hospitalisés en médecine, cinq en gériatrie, deux femmes enceintes, et huit en réanimation. « On espérait que ça ne commence pas avant le 15 août… mais ça va beaucoup plus vite avec le variant Delta », souligne la docteure Clarisse Audigier-Valette.
Des patients plus jeunes
Avec une dimension marquante : « La population hospitalisée se rajeunit fortement », constate la pneumo-oncologue, qui souligne que tous ces patients sont non-vaccinés. Aux 40-65 ans de la précédente vague ont succédé de nombreuses personnes de moins de 40 ans. « Mercredi, nous avons admis en réanimation un patient de 27 ans, mardi un de 35 ans », illustre-t-elle. Des patients jeunes, bien portants, sans comorbidité, qu’elle ne voyait pas dans ces services lors des précédentes vagues. Le ministère de la santé a indiqué, fin juillet, que la moitié des personnes en réanimation avaient moins de 60 ans.
Si cette montée en charge parmi les populations plus jeunes sans comorbidités se confirme, cela ne sera pas sans conséquence sur la tension hospitalière. Ces patients, en cas d’aggravation de la maladie, ont en effet des indications médicales les menant plus volontiers en réanimation que des patients plus âgés et avec des comorbidités, dont le passage en réanimation peut être déraisonnable sur le plan médical.
« Dans ce contexte, le mois d’août risque d’être très compliqué, reprend Clarisse Audigier-Valette. On est dans une période charnière, on commence la phase ascendante, tout va se jouer selon la vitesse à laquelle ça va monter. » Si la responsable de l’unité Covid-19 de pneumologie n’a pas de doute sur la capacité de l’hôpital à accueillir les personnes atteintes du Covid-19, c’est le « non-Covid » qui l’inquiète : « Ce sont ces patients qui vont en pâtir, les débuts de cancer, les insuffisances cardiaques, les diabètes… si nous devons réduire nos capacités. » Si la déprogrammation n’est pas à l’ordre du jour dans l’établissement, la crainte de devoir en arriver à cet « ultime levier » est dans toutes les têtes.
A quelques centaines de kilomètres à l’ouest, au centre hospitalier de Narbonne, décision a été prise jeudi 29 juillet de commencer la déprogrammation de certaines interventions chirurgicales à compter de lundi, face au surcroît d’activité dû au tourisme conjugué à la montée des admissions de patients atteints du Covid-19.
Plus au nord, le centre hospitalier de La Rochelle a dû se résoudre à une autre solution extrême pour faire baisser la pression en évitant la déprogrammation des autres patients, dans un département qui fait la course en tête de l’explosion de la circulation virale. Depuis le milieu de la semaine, le transfert de patients de soins critiques vers d’autres établissements a commencé. « Trois patients (deux Covid, un non-Covid) ont été transférés vers Poitiers et Saintes ces dernières nuits », rapporte le docteur Godeau, à la tête de la Commission médicale d’établissement. Ce vendredi, l’hôpital comptait huit patients en réanimation, ainsi que dix-huit hospitalisés pour le Covid-19.
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« Notre réanimation est déjà saturée et je crains que le pire soit à venir, reprend Thierry Godeau. Quand on regarde l’incidence du département, avec le décalage de deux à trois semaines avec l’hospitalisation et la réanimation… on sait que ça va continuer à monter la prochaine quinzaine. » Les transferts doivent se poursuivre dans les jours qui viennent.
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