Le bruit tue et coute très cher !

Pollution sonore : l’Ademe estime que le bruit coûte 155,7 milliards à la société 

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Chaque année, la pollution sonore engendre 155,7 milliards d’euros de coûts sociaux à cause des maladies qu’elle engendre ou la perte de valeur patrimoniale. Des mesures existent et peuvent être mutualisées pour lutter contre d’autres pollutions.

Risques  |  22 juillet 2021  |  Fanny Bouchaud  |  Actu-Environnement.com

Pollution sonore : l'Ademe estime que le bruit coûte 155,7 milliards à la société

© Friedberg 

Une étude de l’Agence de la Transition écologique (Ademe) a traduit les effets de la pollution sonore en coûts diverses pour la société. Elle remet ainsi à jour les données que le Conseil national du bruit (CNB) avait publiées en 2016. À l’époque, la facture s’élevait déjà à 57 milliards d’euros mais aujourd’hui, avec l’amélioration des connaissances et la multiplication des études sur le sujet, elle grimpe en flèche pour atteindre la somme astronomique de 155,7 milliards d’euros. L’équivalent d’une fois et demi le montant du plan France relance. Un enjeu public fort, souvent sous-estimé. « L‘acoustique est souvent délaissée, déplore René Gamba membre du Conseil national du bruit. Par exemple, chaque année 5 % du parc immobilier livré n’est pas aux normes acoustiques ». Heureusement, des solutions existent. Certaines d’entre elles présentent même une balance bénéfices/coûts avantageuse et peuvent être mutualisées pour faire face à plusieurs types de pollution.sonoreencoûts diverses. Elle remet ainsi à jour les données que le Conseil national du bruit (CNB) avait publiées en 2016. À l’époque, la facture s’élevait déjà à 57 milliards d’euros mais aujourd’hui, avec l’amélioration des connaissances et la multiplication des études sur le sujet, elle grimpe en flèche pour atteindre la somme astronomique de 155,7 milliards d’euros . L’équivalent d’une fois et demi le montant du plan France relance. Un enjeu public fort, souvent sous-estimé. « L‘acoustique est souvent délaissée, déplore René Gamba membre du Conseil national du bruit. Par exemple, chaque année 5 % du parc immobilier livré n’est pas aux normes acoustiques ». Heureusement, des solutions existent. Certaines d’entre elles sont même une balance bénéfices/coûts avantageux et peuvent être mutualisées pour faire face à plusieurs types de pollution.

En France, 25 millions de personnes sont touchées par les effets de la pollution sonore, et 9 millions sont surexposées avec des effets chroniques sur la santé. L’étude relève par exemple que 630 000 cas de maladies cardio-vasculaires sont 

40,6 millions de français sont exposés à une pollution sonore suppérieure au seuil recommandé par l’OMS du fait du trafic routier.© Ademe et Conseil national du bruit   imputables au bruit (pour un coût de 19,4 milliards d’euros en soins et médication), dont 2 600 décès directement liés au facteur pollution sonore. De même, l’exposition au bruit serait responsable de 1,4 million de cas d’obésité (18 milliards d’euros). Toutefois il n’est pas nécessaire de dépasser les seuils pour observer des effets négatifs sur le travail et la santé puisque la forte gêne ressentie par 17,2 millions de Français se traduit par une perte non négligeable de 45,3 milliards d’euros par an.

Le trafic routier, principale source de nuisances 

L’Ademe et ses partenaires ont identifié trois sources de bruit qui gênent les Français : les transports, le voisinage et le bruit au travail. Ce sont surtout les émergences de bruit comme le passage des voitures ou des avions qui sont en la cause. Sans surprise, le secteur des transports est la principale source de pollution sonore. Il compte à lui seul pour 106,4 milliards d’euros par an dans le calcul (68 %). Plus précisément, le transport routier représente 51,8 % des coûts, suivi par l’aérien (9,4 %) et les voies ferrées (7,2 %). Selon l’étude, 51,7 millions de Français sont exposés aux nuisances du trafic routier, dont 40,6 millions avec des niveaux sonores situés au-dessus de 55 dB « qui excèdent donc la valeur de 53 dB recommandée par l’OMS ».

À rajouter à cela, le bruit du voisinage et la pollution sonore au travail qui se partagent le reste du gâteau avec respectivement 26,3 milliards d’euros par an (16,9 %) et 21 milliards d’euros par an (13,5 %). Qu’il s’agisse de chantiers, d’espaces d’activité comme les bars et les terrasses, ou bien de voisins expansifs, les bruits du voisinage sont vraiment mal vécus par les Français. Ils peuvent même entraîner des troubles anxio-depressifs en affectant grandement le repos. Au travail, les coûts sont liés au bruit des machines, aux interactions entre collègues, et/ou aux déplacements.

Ce qui se traduit par une baisse de productivité, une gêne et des maladies du travail. L’Ademe estime que 270 000 années de productivité ont été perdues à cause du bruit et que 154 000 accidents du travail lui sont directement liés.

Faire d’une pierre deux coups

Pour remédier à ce problème, les scientifiques et ingénieurs ont identifié plusieurs leviers. Agir sur les formes urbaines, végétaliser les villes et les bâtiments, réduire et réguler le trafic, mettre en place des mesures de réduction des émissions sur les chantiers ou encore travailler à l’isolation thermique et acoustique des bâtiments en sont quelques exemples. « Les passoires thermiques sont aussi très souvent des passoires sonores », explique René Gamba. « Le Plan de relance met le paquet sur l’isolation thermique mais il ne s’occupe pas de l’isolation sonore, c’est une lacune. Il est possible de coupler les deux », remarque Laurianne Rossi, députée LREM dans les Hauts-de-Seine et présidente du Conseil national du bruit. Les mesures les plus efficaces sont celles qui réduisent ou éliminent le bruit à la source. Mais parmi ces leviers, quatre ont retenu l’attention de l’Ademe pour leur balance bénéfices/coûts particulièrement avantageuse. L’étude les détaille dans quatres « fiches actions » où le bénéfice des mesures anti-bruit est ajouté à celui des mesures contre la pollution de l’air.

La première concerne la réduction de 10 km/h de la vitesse sur les voies rapides. L’Ademe à étudié les retours d’expérience de Lyon et Grenoble et à conclu qu’au total « des coûts sociaux de 290 M€ pour Lyon et 48 M€ pour Grenoble sont évités par la mise en place de la mesure. À ces bénéfices s’ajoutent un gain de 2 M€ par agglomération lié à la réduction des émissions de NOx, de COV, de PM et de SO2 ». Le  bénéfice/coût calculé par les scientifiques est donc de 685. Le terme « bénéfice » désigne les bénéfices qui pourraient découler de la mesure en termes d’amélioration du bien-être de la population et de coûts évités pour la collectivité dans son ensemble et le terme « coûts » désigne les coûts nécessaires à la mise en œuvre de la mesure.

D’autres mesures sont mises en avant comme les Zones à faibles émissions (ZFE) avec un ratio bénéfices/coûts annuel de 13, la mise en place de la charte « chantier propre » avec une balance annuelle de 3 et enfin la rénovation acoustique des bâtiments scolaires, avec un ratio annuel de 10. Autant de solutions qui gagneraient donc à être connues.

L’Ademe et ses partenaires sont d’ailleurs en train de préparer une déclinaison de cette étude par régions pour septembre 2021.

Fanny Bouchaud, journaliste
Journaliste stagiaire

Neuf millions de Français victimes de nuisances sonores : « Au fur et à mesure, on perd de l’audition »

La dernière étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) estime que le stress, les dépressions, les maladies provoquées par le bruit en France, entrainent des dépenses allant jusqu’à 156 milliards d’euros chaque année.Article rédigé par 

Boris Hallier – franceinfoRadio FrancePublié le 22/07/2021 10:07Mis à jour le 22/07/2021 10:13 Temps de lecture :  2 min.

https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/neuf-millions-de-francais-victimes-de-nuisances-sonores-au-fur-et-a-mesure-on-perd-de-l-audition_4711971.html

Le bruit routier représente 52% des coûts calculés par l'ADEME. (GABRIELLE CEZARD / HANS LUCAS)
Le bruit routier représente 52% des coûts calculés par l’ADEME. (GABRIELLE CEZARD / HANS LUCAS)

Les chantiers, les routes, les aéroports, le voisinage… Tous sont des facteurs de nuisances sonores quotidiennes qui ont un impact négatif sur les Français. Ils coûtent 156 milliards d’euros chaque année en France, selon le dernier rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).

Plus de neuf millions de personnes sont concernées en France, et subissent du stress, des dépressions, voire des maladies cardio-vasculaires à cause du bruit. « Il suffit de rester cinq minutes ici, c’est insupportable, constate Yohann, ouvrier sur un chantier de démolition. Il se protège en vain des tractopelles et des marteaux-piqueurs grâce à son casque antibruit, mais « on se rend bien compte qu’on perd de l’audition, au fur et à mesure du temps. » Sans compter les migraines ou l’hypertension qui peuvent pousser certains à se mettre en arrêt maladie.

Les transports, principal problème sonore

Mais ce sont les transports qui causent le plus de pollution sonore et donc qui coûtent le plus cher en soins médicaux. « Moi j’ai du double vitrage, mais on entend quand même le bruit, constate Razika, qui a une vue plongeante sur le périphérique parisien. Surtout la nuit ! On se réveille le matin, on n’est pas bien et on arrive au boulot, on n’est pas en forme. »

Les urbains ne sont pas les seuls concernés. Jean-Paul habite en campagne, en Saône-et-Loire. Il croyait être au calme jusqu’à ce qu’un circuit de voitures et de motos soit construit à côté de chez lui.

« J’entendais tourner le circuit dans mes rêves. »Jean-Paul 

à franceinfo

« Je suis devenu quelqu’un de très nerveux, de très agressif. J’ai des anxiétés la nuit dues à ça. On a consulté des médecins. Leur solution : déménager. » La maison de Jean-Paul a perdu 40 % de sa valeur. Une dépréciation immobilière prise en compte dans l’étude de l’ADEME. Tout comme les hospitalisations, les traitements, pour dépressions notamment.

Le bruit routier représente 52% des coûts calculés par l’ADEME. Le bruit aérien 9% et le bruit ferroviaire 7%. Au total : 106 milliards d’euros sont dépensés à cause de la pollution sonore liée aux transports. 

Le bruit de voisinage a un coût social de 26,3 milliards d’euros par an (même si l’ADEME reconnaît que les connaissances en matière d’impact sanitaire et économique du bruit dans le voisinage sont encore limitées). Enfin, le bruit dans le milieu du travail coûte 21 milliards d’euros par an.

Réduire la vitesse des voitures, améliorer la qualité des bâtiments

Pour calculer ces 156 milliards d’euros, en forte hausse par rapport à la dernière étude en 2016 (57 milliards), l’ADEME a affiné sa méthodologie et a pris en compte de nouveaux facteurs. Les experts proposent quatre exemples de réduction du bruit et de pollution : la réduction de la vitesse sur les voies rapides ; le développement des ZFE (zones à faibles émissions) ; l’amélioration de la qualité acoustique des bâtiments scolaires et l’application d’une charte « chantier à faible nuisance ». Bruit : 9 millions de Français concernés –

Reportage de Boris Hallier

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Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/05/05/circuit-dalbi-un-arret-du-conseil-detat-qui-ne-resout-rien-la-prefecture-et-la-mairie-vont-probablement-continuer-a-ne-pas-faire-appliquer-le-code-de-sante-publique/

https://albivd.wordpress.com/2020/07/12/les-habitants-des-zones-densement-peuplees-perdent-en-moyenne-dix-mois-de-vie-en-bonne-sante-en-raison-du-bruit/

https://albivd.wordpress.com/2020/02/24/la-pollution-sonore-peut-etre-dangereuse-pour-notre-sante-et-pour-celle-des-animaux/

https://albivd.wordpress.com/2017/05/06/le-bruit-et-les-espaces-proteges/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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