« La ville bas carbone pour tous est possible »
TRIBUNE
Collectif
Un collectif de près de 150 personnalités publiques, privées et scientifiques, réuni en une « Université de la Ville de Demain » par la Fondation Palladio avec l’appui de la Fabrique de la Cité propose une nouvelle méthode de coopération pour rendre nos villes à la fois bas carbone et inclusives.
Publié aujourd’hui à 10h00, mis à jour à 10h30 Temps de Lecture 3 min.
Tribune. Les villes sont les lieux incontournables du XXIe siècle. Une part grandissante de l’humanité y vit ou cherche à y vivre, par attraction ou par nécessité. Or, en concentrant les populations, les activités, les richesses et les infrastructures, les villes sont en première ligne face aux défis du changement climatique, de la crise de la biodiversité, ou de la fragmentation du vivre ensemble. La crise sanitaire de 2020 et ses conséquences socio-économiques ont encore accru l’urgence à agir.
En réalité, les villes constituent une partie essentielle de la réponse à ces défis, justement parce qu’elles concentrent les moyens humains, financiers et technologiques permettant de construire leur résilience. A condition toutefois de surmonter trois obstacles : les réticences face aux projets urbains, exacerbées par un déficit de dialogue entre sphère publique et privée ; la sédimentation et la complexification du droit ; des analyses souvent partielles, sectorielles ou obsolètes.
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Des bases encourageantes sont déjà posées, avec l’affirmation d’un objectif de neutralité carbone par la France et l’Europe en 2050, une prise de conscience collective des enjeux, l’expérimentation de solutions nouvelles, et la mobilisation des acteurs sur le terrain. Il faut à présent se fixer un horizon ambitieux : celui d’une ville durable, bas carbone, mais aussi plus juste, plus sûre, plus inclusive, pour tous.
Une indispensable action commune
Pour y réfléchir et initier une mobilisation commune, nous fondons aujourd’hui l’Université de la Ville de Demain. Depuis les cités médiévales jusqu’aux mégapoles contemporaines, l’université est le lieu par excellence de la production, du partage et de la transmission des savoirs, mais aussi de l’innovation et des débats libres, ouverts et constructifs, pour imaginer des solutions nouvelles.
Une action commune sera en effet nécessaire entre les acteurs de la ville : l’Etat, les collectivités locales, les entreprises de l’industrie urbaine mais aussi la société civile, embarquée de façon responsable notamment via des moyens numériques novateurs. Car la transformation de la ville passe par de nouvelles formes de démocraties locales, associant plus étroitement les citoyens.
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Il s’agit ainsi de créer un espace de collaboration pérenne, et d’orienter ce travail vers des actions concrètes, évaluables, en favorisant la gouvernance multi-échelles et multi-acteurs, en soutenant l’évolution de l’offre et les changements de comportements. Pour ce faire, nous mettrons en œuvre une nouvelle méthode de coopération reposant sur quatre pierres angulaires.
Les quatre grands principes de cette action
Premièrement, la combinaison d’une vision systémique et d’une approche locale. Il faut en effet partir d’une connaissance fine de l’ensemble des enjeux d’un territoire (ses héritages historiques, ses projets urbains…) pour pouvoir identifier les réalisations concrètes à engager au fur et à mesure. Et la réponse doit être globale : immobilier, technologies, gestion urbaine, politiques publiques d’infrastructures collectives, de mobilité, d’usages, d’implantation des services publics… En filigrane, c’est la prise en compte des aspirations des urbains d’aujourd’hui et de demain qui sera déterminante, pour que ces changements ne soient pas seulement acceptés, mais promus et portés par les urbains eux-mêmes.
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Deuxièmement : la coconstruction. Aucun des trois grands types d’acteurs de la ville (public, privé, experts/société civile) ne détient à lui seul la solution aux problématiques urbaines. Mieux faire la ville nécessite au contraire de rassembler toutes les parties prenantes responsables : le niveau national et les niveaux locaux, les acteurs publics et les acteurs privés, l’industrie de la fabrique de la ville et les associations, les décideurs politiques, les citoyens et les universitaires. Cette intelligence collective permettra de constituer et partager un ensemble de savoirs et de pratiques sur les questions urbaines. Face à l’ampleur de la tâche, nous devons continuer à apprendre, individuellement et collectivement.
Troisièmement : la transformation de la ville par des actions concrètes. La réflexion doit modeler la ville par des expérimentations sur des projets précis, adaptées aux réalités de chaque territoire. Chacune des parties prenantes doit s’engager à s’y investir en temps et en moyens.
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Quatrième pilier : le partage des pratiques et l’évaluation des progrès. Un double principe de transparence s’impose. Il faut disposer d’informations partagées pour poser un diagnostic commun et nouer des partenariats dans la durée. Mais aussi pour mesurer les progrès engagés vers chacun de nos grands objectifs. Cette double transparence sera déterminante pour asseoir la crédibilité de notre démarche et nourrir les formes de démocratie locale qui construiront la ville de demain.
Voici les engagements que nous prenons pour refonder ensemble un désir de villes et créer des environnements urbains toujours plus durables, résilients et inclusifs.
Liste des signataires de la tribune « ville bas carbone » by LeMonde.fr on Scribdhttps://fr.scribd.com/embeds/516401171/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-XsYFNFbLWmFAGEyYhkXU
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