Covid-19 en France : parmi les centres commerciaux, seuls les plus grands pourraient être soumis au passe sanitaire
Dans un entretien au « Journal du dimanche », le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, estime que la mesure « ne devrait pas affecter » les chiffres d’affaires. Le contrôle du passe ne s’imposerait qu’à partir de 20 000 mètres carrés.
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 02h19, mis à jour à 14h28
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Les contaminations au SARS-CoV-2 continuent d’augmenter en France, avec près de 11 000 nouveaux cas, samedi 17 juillet, sous l’effet du variant Delta. Une tendance qui a poussé le président de la République, Emmanuel Macron, à prendre des mesures fortes, dont les détails sont donnés par ses ministres.
Un projet de loi doit être adopté en conseil des ministres lundi, une semaine après les annonces du chef de l’Etat.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : ce que contient l’avant-projet de loi sanitaire
- Centres commerciaux : seuls ceux de plus de 20 000 m² pourraient être concernés

Seuls les centres commerciaux d’une superficie supérieure à 20 000 mètres carrés devraient être concernés par l’obligation de contrôler le passe sanitaire à partir du début d’août, a annoncé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, dansLe Journal du dimanche. « Un consensus de la profession sur ce seuil est à portée de main », a-t-il relevé.
Les centres commerciaux ont discuté toute la semaine passée avec le gouvernement pour définir les modalités d’application du passe sanitaire. Le seuil élevé de 20 000 mètres carrés était celui sur lequel la profession tablait depuis plusieurs jours. C’est le même qui avait été choisi en février, quand le gouvernement avait fermé les centres commerciaux non alimentaires de plus de 20 000 mètres carrés, soit environ 400 centres en France, un seuil qui avait été abaissé le mois suivant à 10 000 mètres carrés dans les départements à risque.
« Le passe sanitaire ne devrait pas affecter le chiffre d’affaires des secteurs concernés, que nous continuons par ailleurs à soutenir tout au long de l’été grâce au fonds de solidarité. Présenter un QR code, ça ne prend que quelques secondes et ça préserve du risque de contamination », a poursuivi le ministre.
Concernant les sanctions, « il serait injuste que ceux qui respectent les règles et qui feront contrôler le passe sanitaire à l’entrée de leur établissement soient pénalisés par ceux qui ne respecteraient pas ces règles », a-t-il souligné. « Les sanctions doivent être dissuasives, elles ne doivent pas être excessives. Ce sera aux parlementaires d’en débattre sur la base de la proposition du gouvernement et du projet de loi qui sera présenté demain en conseil des ministres. Nous avons toujours indiqué avec clarté que ceux qui ne respectent pas les règles ne seront plus éligibles au fonds de solidarité », a précisé le ministre de l’économie.Lire aussi : Dans le monde de la culture, le passe sanitaire obligatoire a du mal à passer
- « C’est soit la vaccination générale, soit le tsunami viral », prévient Gabriel Attal
« Il faut être clair : dorénavant, c’est soit la vaccination générale, soit le tsunami viral, il n’y a pas d’alternative », a prévenu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dans une interview parue samedi dans Le Parisien, tandis que les contaminations au SARS-CoV-2 continuent d’augmenter en France.
Réagissant aux manifestations contre le passe sanitaire et la vaccination qui ont rassemblé samedi près de 114 000 personnes à travers la France, Gabriel Attal a vertement critiqué « une frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l’inactivité » et appelle « chacun des 37 millions de vaccinés » à convaincre « ceux qui hésitent encore ». « Nous ne voulons pas faire peser sur les vaccinés le choix des non-vaccinés », a-t-il ajouté.Contexte : Covid-19 : l’épidémie repart, sa trajectoire suspendue à l’accélération de la vaccination
Les indicateurs de progression du Covid-19 repartent à la hausse sur l’ensemble du territoire. Vendredi, les contaminations sont repassées au-dessus de 10 000 pour la première fois depuis la fin mai. Samedi, près de 11 000 nouveaux cas ont été recensés. Le variant Delta, très contagieux, est responsable de la grande majorité d’entre eux. Du côté des hôpitaux, si le nombre d’hospitalisations continue à baisser, la décrue amorcée à la fin d’avril s’est ralentie depuis plusieurs jours, selon l’agence Santé publique France, qui recensait près de 7 000 patients samedi. Les services de soins critiques, chargés des cas les plus graves, comptent 890 malades.
Depuis le début de la campagne de vaccination, 37,4 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 55,5 % de la population totale) et 30,1 millions sont désormais complètement vaccinées, soit 44,8 % de la population totale.Notre décryptage : « Pas assez de recul sur les vaccins contre le Covid-19 » ? Ce que 3,5 milliards de doses injectées nous ont appris

- Huit mille spectateurs de retour dans un stade à Lyon pour une soirée test
Huit mille spectateurs ont assisté samedi au stade de Décines-Charpieu (métropole de Lyon) à deux matchs amicaux de l’Olympique lyonnais (OL), contre Villefranche et Wolsfburg, qui ont servi à tester le dispositif visant à accueillir le public muni désormais du fameux passe sanitaire. « C’était une soirée test. Nous avions organisé ce match pour cela », a expliqué le manager du stade de l’OL, Xavier Pierrot.
Sur les 8 000 spectateurs, seuls 300 ont posé problème, dont 200 ont été résolus rapidement, leur application TousAntiCovid n’étant notamment pas mise à jour. « Une centaine [de personnes ont] dû se soumettre à des tests antigéniques que nous avions prévus et qui nous ont permis de déceler un cas positif pour une personne, que nous n’avons pas laissée entrer », a-t-il poursuivi.
Parallèlement, le centre de vaccination, mis en place au stade depuis le début de mai, a permis à une centaine de personnes de se faire vacciner entre 18 h 30 et 21 heures, horaires des deux coups d’envoi. « Cette soirée était importante pour l’OL même si nous aurions aimé avoir plus de 8 000 personnes. Nous avons pu reprendre nos marques », « former les agents » et « éduquer le public », finalement accueilli « dans de bonnes conditions », s’est réjoui M. Pierrot.
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