En Corse, les clusters festifs font planer la menace du Covid-19 sur la saison estivale
Une cinquantaine de cas positifs au coronavirus ont été identifiés, samedi, en Balagne, dans le nord-ouest de l’île. D’autres foyers d’infection ont été localisés à Ajaccio.
Par Paul Ortoli(Ajaccio, correspondant)
Publié aujourd’hui à 10h38
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L’identification, samedi 10 juillet, d’un chapelet de clusters en Balagne, dans le nord-ouest de la Corse, entraînant une cinquantaine de cas positifs au Covid-19, inquiète au plus haut point les autorités. Dans un communiqué commun, la préfecture de Haute-Corse et l’agence régionale de santé (ARS) ont confirmé que les individus concernés sont « très majoritairement résidents corses », « âgés de 20 à 35 ans » ayant participé à des événements festifs – un mariage dans une auberge et deux soirées privées dans des villas –, survenus le week-end du 3 et 4.
« Ces clusters d’une ampleur jamais vue en Corse jusqu’à présent risquent de se traduire par de nombreux autres cas », souligne le communiqué qui anticipe « une sévère dégradation de la situation sanitaire dans le département ». D’autres foyers d’infection ont été localisés à Ajaccio à la suite de soirées festives, principalement dans des établissements, a pointé l’ARS.
Mise en place de la procédure de suivi de cas contacts
Pour l’heure, la directrice de l’ARS, Marie-Hélène Lecenne, a confirmé au Mondeque les personnes infectées ont été contactées par téléphone dans le cadre de la procédure de suivi de cas contacts et « respectent l’isolement ». « En général, leur état de santé est satisfaisant et ne présente pas d’inquiétude, même si certaines d’entre elles peuvent être asymptomatiques », précise Mme Lecenne, martelant l’importance des gestes barrières.
« Lors des vagues précédentes en Haute-Corse, nous n’avions eu que des clusters avec six personnes contaminées au maximum et dans des milieux professionnels », détaille Mejdi Jamel, le directeur de cabinet du préfet de Haute-Corse. « Certaines personnes ayant participé à l’une des soirées ont dit qu’elles étaient contaminées mais sont quand même venues sans masque et en ne respectant pas les gestes », peste l’une des patientes positives au Covid-19, isolée dans son appartement de Calvi.
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L’ARS attend, pour la fin de la semaine, les résultats du ciblage et du séquençage et saura si le variant Delta a débarqué en masse sur les côtes insulaires. Elle a d’ores et déjà identifié le 4 juillet les quatre premiers cas importés sur le territoire insulaire.
« Demain, nous aurons une vision plus globale sur l’ensemble de l’île, mais ce variant se développe rapidement : se faire vacciner est un acte de solidarité », martèle Mme Lecenne, à la veille de l’allocution du président de la République, qui devrait fixer de nouvelles mesures sanitaires.
Contrôles des voyageurs
A l’heure où le curseur économique est braqué en Corse sur la saison estivale, ces clusters en Balagne, – une microrégion qui est l’une des vitrines touristiques insulaires, attirant annuellement 650 000 touristes –, interrogent également les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. « Il y a plutôt un questionnement, mais pas une inquiétude majeure, les professionnels sont prêts pour la saison qui a très bien démarré en mai, juin, avec de très belles perspectives en août », estime Jean-Michel de Marco, le directeur de l’office de tourisme intercommunal de l’Ile-Rousse-Balagne.
Depuis le 1er juillet, tout voyageur en provenance du continent posant le pied sur l’île est dans l’obligation de fournir à l’embarquement un test négatif (PCR ou antigénique), un certificat d’immunité ou un justificatif vaccinal. Si les contrôles relèvent des compagnies aérienne et maritime, les services de l’Etat mènent également des contrôles aléatoires.
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« Pour l’heure, 100 % des personnes contrôlées dans les ports et aéroports de Haute-Corse respectent ces obligations », affirme le directeur de cabinet du préfet départemental, tout en affirmant que cette photographie ne préjuge en rien de la « contagiosité ». « Le message aujourd’hui, c’est de se faire vacciner en étant responsable, poursuit-il, et on peut le faire où l’on veut, des Corses qui voyagent sur le continent ou des touristes en Corse. »
L’île, qui a été cet hiver la région où l’on vaccinait le plus, ne caracole plus en tête du peloton, puisqu’on y dénombre au 7 juillet 48,6 % de personnes ayant reçu une première injection et 43 % de personnes vaccinées avec deux doses, pour un taux de positivité de 0,4 %.