Une synthèse des points d’accord des gauches sur la question européenne (fondati

Europe : des gauches pas si irréconciliables ?

A un an de l’élection présidentielle, une publication de la Fondation Jean Jaurès, diffusée vendredi 23 avril, tente une synthèse des points d’accord des gauches sur la question européenne. 

Par Sylvia ZappiPublié le 23 avril 2021 à 07h00 – Mis à jour le 24 avril 2021 à 08h57  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/23/europe-des-gauches-pas-si-irreconciliables_6077746_823448.html

Profiter du contexte propice à la remise en question des dogmes budgétaires européens pour trouver un programme européen à toute la gauche. A un an de l’élection présidentielle, l’ambition de la nouvelle publication de la Fondation Jean-Jaurès n’est pas mince. Dans une note fouillée et argumentée, intitulée « La gauche française et l’Europe : une synthèse possible pour 2022 ? », publiée vendredi 23 avril, la fondation tente une synthèse des points d’accord des gauches et souligne la faisabilité d’un consensus autour d’une plate-forme commune. Avec les transformations en cours de l’Union européenne sous la pression des crises sanitaire et économique, les divergences sur l’Europe ne seraient plus un obstacle majeur dans la perspective de la présidentielle.

Les deux auteurs, Théo Verdier, expert associé de la fondation, et Rémi Lauwerier, consultant indépendant, ont tout d’abord décortiqué les fondamentaux idéologiques de la gauche depuis les prémices de la construction européenne. Ils reviennent sur les grandes césures qui ont divisé d’abord la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et le Parti communiste. Les héritiers de la première se sont engagés dans l’élaboration d’une communauté européenne, notamment grâce à François Mitterrand qui va forger la doctrine socialiste. Les communistes ont refusé de manière viscérale toute entité supranationale, avant d’opérer un virage, sous le coup de la révolution eurocommuniste puis de la chute de l’Union soviétique, mettant fin à son refus de participer aux instances communautaires.

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Les deux auteurs décrivent ensuite les deux traumatismes qui vont durablement creuser le fossé entre les Français et l’Europe, et diviser les partis de gauche et écologistes : le référendum sur le traité de Maastricht puis celui de 2005 sur le traité constitutionnel européen.

Electorats plus aussi irréconciliables

Quelques années plus tard, ce sera à La France insoumise (LFI) de prendre le relais des eurosceptiques avec une critique radicale d’une « Europe libérale ». La question européenne est alors aussi devenue clivante au sein du Parti socialiste (PS) et des Verts. Le renoncement de François Hollande de renégocier ce traité en 2012 va ancrer durablement la méfiance des différents courants de la gauche sur la capacité – et volonté – des socialistes à provoquer des changements dans la conduite de l’Europe.

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Depuis 2017 pourtant, les choses ont bougé. D’abord parce que le PS, dans son inventaire des années Hollande, est revenu à une critique plus sévère du fonctionnement des instances européennes. D’autre part, Jean-Luc Mélenchon semble avoir mis de l’eau dans son vin : il paraît avoir abandonné l’idée de son « plan A/plan B » – engager le bras de fer avec les instances de Bruxelles pour une Europe plus sociale et démocratique et, sinon, sortir de l’euro et des traités européens. Son parti semble aujourd’hui défendre une forte résistance aux injonctions bruxelloises mais sans rupture, afin de ne pas s’aliéner les électeurs socialistes et écologistes.

En étudiant les différents sondages parus depuis trois ans, les deux auteurs remarquent cependant que les électorats des deux blocs qui pouvaient se faire face dans ce champ électoral ne sont plus aussi irréconciliables. Les élections européennes de 2019 avaient déjà montré les grandes similitudes des programmes des différentes listes sur des sujets aussi fondamentaux que le protectionnisme vert aux frontières de l’Europe, le nécessaire renforcement de la politique sociale commune ou la réforme des règles communautaires. La crise sanitaire et ses répercussions sur le modèle européen sont venues accentuer les points de convergence à gauche.

La crise « réduit les écarts programmatiques »

La crise économique et sanitaire actuelle a ainsi remis sur le devant de la scène le débat sur l’annulation de la dette, cheval de bataille de LFI.

La crise économique et sanitaire actuelle a ainsi remis sur le devant de la scène le débat sur l’annulation de la dette, cheval de bataille de LFI. La fameuse règle des 3 % est aujourd’hui, de fait, enterrée par des plans de sauvegarde et d’aide massifs des Etats comme de l’UE. Les capacités à provoquer les conditions d’une réorientation de l’Union en remettant en cause les traités européens ne semblent plus si indépassables. Et les questions de souveraineté ne sont plus des gros mots pour les socialistes et les écologistes. « La période de polycrise actuelle semble donner matière à unir les forces de gauche dans leur projet. (…) La période réduit de fait les écarts programmatiques sur le respect des contraintes budgétaires tout comme les normes européennes en matière d’aide d’Etat », souligne la note.

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Au final, si des divergences demeurent sur la stratégie concernant les méthodes de négociation avec les partenaires ou l’élargissement aux pays des Balkans, elles ne sont plus un obstacle insurmontable. A condition que LFI abandonne définitivement son idée de référendum et maintienne son mot d’ordre de « désobéissance des traités ». A défaut, la convergence entre les écologistes et les socialistes sur leur vision de l’Europe pourrait constituer le ferment d’une candidature commune entre ces deux familles.

Sylvia Zappi

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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