Une vingtaine d’élus de gauche en appellent à un référendum sur l’hôpital
Les élus de gauche demandent « un financement à hauteur des besoins » de l’hôpital, regrettant les faibles réponses du gouvernement à ce problème.
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 06h26, mis à jour à 14h45
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Une vingtaine d’élus locaux, principalement socialistes, dont la maire de Paris, Anne Hidalgo, appellent à la tenue d’un « vrai débat sur la politique à mener pour l’hôpital » par le biais d’un référendum d’initiative partagée (RIP), déjà lancé par un collectif d’associations de soignants et de citoyens, dans Le Journal du dimanche du 13 juin.
« La crise sanitaire aura montré l’extraordinaire engagement, le sens du collectif et la conscience professionnelle sans faille de ces femmes et ces hommes qui font vivre l’hôpital. Elle aura aussi révélé au grand jour des conditions de travail difficiles et les limites de notre système hospitalier », soulignent ces élus, parmi lesquels figurent les maires de Lille, Martine Aubry, de Rennes, Nathalie Appéré, de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, et encore la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.
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Selon eux, « une évidence s’impose : l’hôpital ne peut remplir ses missions qu’au travers d’un financement à hauteur des besoins ». Et « en dehors des revalorisations salariales, les réponses apportées par le gouvernement à la suite du Ségur de la santé se limitent à des ajustements techniques sans changement de perspective ».
Volonté de lancer « un vrai débat sur la politique à mener pour l’hôpital »
Le référendum d’initiative partagée « doit permettre à notre pays d’avoir enfin un vrai débat sur la politique à mener pour l’hôpital », estiment les élus, appelant les parlementaires à soutenir l’initiative.
Le RIP permet de soumettre une proposition de loi au référendum si elle est soutenue par au moins un cinquième des membres du Parlement (185 parlementaires), puis 10 % des personnes inscrites sur les listes électorales (soit 4,7 millions de citoyens).
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Ce référendum sur l’hôpital public est porté depuis le 3 juin par l’association « Notre hôpital c’est vous », créée à l’initiative de soignants (Collectif inter-hôpitaux, Collectif inter-urgences…), de citoyens et d’ONG (ATD Quart Monde, Aides, Oxfam…). Il rassemble, au 13 juin, 180 promesses de signatures de députés et sénateurs de tous bords, socialistes, communistes, écologistes, insoumis, centristes, sans étiquette et républicains, selon l’association.
Le texte vise à « inscrire dans la loi des mesures importantes permettant de garantir au service public hospitalier qu’il aura les moyens de soigner chacun d’entre nous, en toute sécurité, selon les meilleurs standards et sans aucune discrimination ».Des milliards pour l’hôpital
La crise due au Covid-19 a changé les paramètres du débat sur les dépenses de santé. Aux plans d’économie ont succédé les plans d’investissement. Mais pour quels objectifs ?
- « Ce n’est pas là où les dépenses sont les plus élevées que les résultats sont les meilleurs », par Bruno Palier, politiste et directeur de recherche du CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po
- « Quelques solutions pour inverser la baisse du rendement des soins », par Samantha Jérusalmy, associée de la société de capital-risque Elaia, et Jean-David Zeitoun, médecin et docteur en épidémiologie clinique
- « Les travailleurs hospitaliers expérimentent tous la dégradation des termes de l’échange salarial », par Fanny Vincent, maîtresse de conférences en science politique à l’université de Saint-Etienne et chercheuse au laboratoire Triangle
- « La crise sanitaire nous amène à tenir compte de la relation entre la consommation et la santé », par Carine Milcent, chercheuse au CNRS et professeure d’économie associée à l’Ecole d’économie de Paris
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