Vendredi 28 mai 2021
par Nicolas Demorand , Léa Salamé
Nathalie Heinich : « Nous sommes en guerre pour l’autonomie de la science »
21 minutes

Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, spécialiste de la sociologie de l’art, de l’identité et des valeurs, autrice de « Ce que le militantisme fait à la recherche » (Tracts-Gallimard), est l’invitée du Grand entretien de France Inter. https://www.dailymotion.com/embed/video/x81kik1?controls=true
Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, estime qu’elle a écrit ce tract sous l’effet de la colère et l’inquiétude : « Ce qui m’a poussée à faire ça c’est la colère et l’inquiétude de voir le monde universitaire poussé vers une conception militante de la recherche, utilisant des causes légitimes sur le plan politique pour en faire des visées de la production et de la transmission du savoir c’est un dévoiement fondamental de ce pourquoi nous sommes payés ».
Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, publie « Ce que le militantisme fait à la recherche » chez Gallimard : « Ce qui m’a poussée à faire ça c’est la colère et l’inquiétude de voir le monde universitaire poussé vers une conception militante de la recherche. » #le79interpic.twitter.com/DJxYwcjRoi— France Inter (@franceinter) May 28, 2021
Elle appelle ce phénomène « la glaciation du woke ». Pour mesurer l’importance du phénomène, elle explique « quand on reçoit tous les jours des invitations entièrement formaté sur le vocabulaire de l’intersectionnalité, et de la racialisation, on se demande comment les étudiants peuvent garder à l’idée que la recherche consiste à découvrir, et non pas à être monomaniaque, comme ça. »
L’intersectionnalité, « grand terme à la mode » qui consiste « à constater qu’une femme de couleur à moins de chance dans la vie qu’un homme blanc », c’est « découvrir la lune », juge Nathalie Heinich, sociologue au CNRS #le79interpic.twitter.com/uSqRaHPYiK— France Inter (@franceinter) May 28, 2021
Elle considère qu’à l’université actuellement, « nous sommes en guerre pour l’autonomie de la science. C’est un peu comme l’affaire Dreyfus, on y perd des amis. On voit des gens très proches basculer d’un coté ou de l’autre. «
Nathalie Heinich, sociologue au CNRS dénonce « la confusion des arènes »,des chercheurs qui « introduisent, dans le monde universitaire, des objectifs, un vocabulaire, qui sont légitimes dans le monde politique mais n’ont pas leur place dans le scientifique ».
« Une guerre importante pour l’autonomie de la recherche et de la science » se joue en ce moment à l’université selon Nathalie Heinich, sociologue au CNRS. « C’est un peu comme l’affaire Dreyfus, il y a un tel clivage qu’on y perd des amis. » #le79interpic.twitter.com/loa5845xQg— France Inter (@franceinter) May 28, 2021